WEEKLY NEWS FLASH #148

C’est encore une semaine très agitée qui vient de s’achever aux Etats-Unis. Nous n’avions même pas fini d’analyser les résultats des élections de mi-mandat que Donald Trump annonçait déjà la « démission » de Jeff Sessions et retirait son badge d’accès à la Maison Blanche à un journaliste, avant de se rendre à Paris pour les commémorations du centenaire de l’Armistice de 1918…

L’ÉVÉNEMENT DE LA SEMAINE

Les midterms. Les Démocrates ont remporté la Chambre des Représentants et les Républicains ont conservé leur majorité au Sénat. Pour tout savoir sur les résultats de ces élections de mi-mandat, lisez notre article Midterms 2018 : Le bilan.

LA CONFÉRENCE DE PRESSE DE LA SEMAINE

Au lendemain des élections de mi-mandat, le président Trump s’est exprimé lors d’une longue conférence de presse à la Maison Blanche. Il a insisté sur le fait que son parti était parvenu à conserver sa majorité au Sénat. Donald Trump estime donc qu’il a fait mieux que la plupart de ses prédécesseurs, qui avaient perdu les deux chambres du Congrès lors des midterms suivant leur élection à la présidence. Ce qui n’est pas faux.

Donald Trump a en revanche rejeté toute responsabilité dans la défaite des Républicains à la Chambre des Représentants. Et il a même attaqué certains membres de son propre parti qui, selon lui, n’ont pas été réélus parce qu’ils se sont parfois montrés critiques à son égard. Le président a notamment cité Carlos Curbelo, candidat en Floride, et Mia Love, candidate en Utah.

Mia Love gave me no love. And she lost. Too bad. Sorry about that, Mia. (Mia Love ne m’a pas donné d’amour. Et elle a perdu. C’est dommage. Désolé, Mia)

Notez que la défaite de Mia Love n’est pas encore assurée puisque tous les bulletins de vote n’ont pas encore été comptabilisés dans sa circonscription de l’Utah. Mais il est vrai que son adversaire démocrate est en tête pour le moment.

Le président Trump s’est également une nouvelle fois attaqué à Jeff Flake, qui avait renoncé à se présenter en Arizona. Il s’est vanté d’avoir mis un terme à la carrière politique du sénateur.

I retired him. I’m very proud of it. I did the country a great service. (Je l’ai mis à la retraite. J’en suis très fier. J’ai rendu un grand service au pays)

L’une des personnes visées par le président, Carlos Curbelo, a répondu sur Twitter en rappelant que dans sa circonscription de Floride, il avait réalisé un meilleur score que le candidat républicain au poste de gouverneur, beaucoup plus proche du président Trump.

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Traduction: Hier, Donald Trump a déclaré que si je m’étais davantage aligné sur lui, j’aurais pu gagner. Vérifions. J’ai perdu dans la circonscription 26 de Floride 49-51. Mon collègue Ron DeSantis qui est très proche du président a perdu 46-53.

Ryan Costello, un autre député républicain modéré et régulièrement critique vis-à-vis du président Trump – mais qui, contrairement à Curbelo, avait choisi de ne pas se représenter – a également réagi sur Twitter. Et il était vraiment très énervé…

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Traduction: Faire face au harcèlement et à la crasse déversée sur les membres républicains du Congrès qui se trouvent dans des sièges difficiles à défendre tous les jours pendant 2 ans, à cause du Président des Etats-Unis; se mordre les lèvres plus de fois que vous ne le voudriez; ne pas être d’accord et se distancer du Président sur les principes et la civilité pendant votre campagne; perdre à cause du Président et le voir vous pisser dessus. Cela me met très profondément en colère.

Lors d’une interview sur CNN, Costello a aussi affirmé que les Républicains dont le président Trump s’était moqué représentaient le centre-droit du parti et étaient des personnalités indépendantes. Il a affirmé que la campagne avait été particulièrement rude pour eux puisqu’ils avaient dû faire face à la fois aux critiques de certains électeurs républicains qui les accusent de ne pas soutenir suffisamment le président et aux critiques des électeurs démocrates parce qu’ils sont membres du Parti Républicain et donc victimes de la mauvaise image que donne le président Trump au parti. D’après Costello, il était quasiment impossible pour ces députés d’être réélus et c’est essentiellement la faute du président Trump.

LA POLÉMIQUE DE LA SEMAINE

Lors de sa conférence de presse post-midterms, le président Trump s’est aussi embrouillé avec le journaliste Jim Acosta, correspondant de CNN à la Maison Blanche. Acosta a interrogé le président sur la caravane de migrants que Donald Trump a qualifiée d’ « invasion » au cours des derniers jours de la campagne électorale. « Comme vous le savez, M. le Président, la caravane n’est pas une invasion. C’est un groupe de migrants qui progresse d’Amérique Centrale vers la frontière des Etats-Unis. Pourquoi parlez-vous d’invasion? ». Réponse de Donald Trump: « Parce que je considère que c’est une invasion. Vous et moi n’avons pas la même opinion ». L’échange tendu s’est ensuite prolongé, jusqu’à ce que Donald Trump exige que Jim Acosta passe le micro à un autre journaliste.

Quelques heures plus tard, Jim Acosta annonçait qu’on lui avait retiré son badge d’accès à la Maison Blanche « jusqu’à nouvel ordre ». Il est extrêmement rare que la Maison Blanche retire ainsi son badge à un journaliste. Sarah Sanders a affirmé qu’Acosta était sanctionné en raison de sa « conduite inacceptable ». Elle l’a même accusé d’avoir touché de manière inappropriée une stagiaire de la Maison Blanche qui tentait de récupérer le micro qu’il tenait dans les mains, alors que les images de la scène ne montrent rien de tel. Pour beaucoup d’observateurs, le président Trump sanctionne en réalité un journaliste dont il n’apprécie pas les questions. Pour l’Association des Correspondants de la Maison Blanche, il s’agit d’une atteinte à la liberté de la presse. Les différents journaux et chaînes de télévision doivent être libres de nommer le correspondant de leur choix à la Maison Blanche. Ce choix ne devrait pas revenir au président des Etats-Unis.

LA « DÉMISSION » DE LA SEMAINE

Au lendemain des élections de mi-mandat, on a aussi appris la « démission » du ministre de la Justice Jeff Sessions ! Si nous parlons de « démission » entre guillemets, c’est parce que tout indique que le président Trump a en réalité forcé Sessions à démissionner. Les premiers mots de la lettre de démission du ministre sont les suivants: « M. le Président, à votre demande, je vous remets ma démission ».

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Donald Trump a nommé Matthew Whitaker, qui était jusqu’ici le chef de cabinet de Sessions, pour le remplacer par intérim. Ceci est assez inhabituel. Généralement, lorsqu’un ministre est licencié ou démissionne, c’est le numéro 2 du ministère qui assure l’intérim en attendant qu’un remplaçant soit nommé par le président et confirmé par le Sénat. Si Donald Trump n’a pas licencié le numéro 2 du Département de la Justice, Rod Rosenstein, il ne lui a pas non plus confié la tâche de remplacer Sessions par intérim. Rosenstein reste donc numéro 2.

Ce qui inquiète particulièrement les Démocrates et certains Républicains est que Matthew Whitaker est considéré comme un allié fidèle du président. Avant d’être recruté comme chef de cabinet par Jeff Sessions, il avait régulièrement critiqué l’enquête du procureur Robert Mueller sur la Russie. Or, en reprenant le poste de Sessions, il va superviser cette enquête. Il reprend cette prérogative à Rod Rosenstein, qui s’occupait de superviser l’enquête parce que Jeff Sessions s’était récusé. La décision de Sessions de se récuser avait mis en rage Donald Trump. Elle était pourtant logique puisque Sessions avait participé à la campagne électorale de Donald Trump en tant que conseiller. Il n’aurait donc pas été normal qu’il supervise une enquête portant sur d’éventuels agissements illégaux au cours de cette campagne.

Les Démocrates craignent que Whitaker mette des bâtons dans les roues au procureur Mueller, en réduisant par exemple drastiquement le budget qui lui est accordé pour mener ses investigations. Certains craignent même que Mueller soit licencié. Quelques Républicains semblent également soucieux et ont rappelé que le procureur Mueller devrait pouvoir mener son enquête jusqu’à son terme. Ils ont aussi invité le président Trump à nommer rapidement le remplaçant de Jeff Sessions pour qu’il soit confirmé par le Sénat. Mais le président ne semble pas pressé. Par ailleurs, on peut se demander qui va bien vouloir du poste d’Attorney General si Donald Trump le lui propose…

Après avoir salué Jeff Sessions, Jeff Flake a annoncé qu’en collaboration avec son collègue démocrate Chris Coons, il allait demander à ce qu’un vote sur le Special Counsel Independence and Security Act soit organisé au Sénat. En résumé, si elle était adoptée, cette loi interdirait désormais au président des Etats-Unis de licencier un procureur indépendant enquêtant à son sujet. Un tel procureur ne pourrait plus être licencié que par un ministre de la Justice confirmé par le Sénat. Dans le cas qui nous occupe, Donald Trump ne pourrait donc pas licencier Robert Mueller et Matthew Whitaker non plus puisque, même s’il est désormais ministre de la Justice par intérim, il n’a pas été confirmé à ce poste par le Sénat. Le Special Counsel Independence and Security Act a déjà été adopté en comité. Le Senate Judiciary Committee avait voté en faveur de cette législation en début d’année mais Mitch McConnell a toujours refusé d’organiser un vote final devant l’ensemble du Sénat.

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Traduction: Jeff Sessions a fait la chose juste en se récusant il y a presque deux ans. Il a payé un prix lourd pour son indépendance depuis lors. Nous lui devons notre gratitude.
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Traduction: Lorsque le Sénat se réunira la semaine prochaine, Chris Coons et moi allons demander qu’un vote ait lieu concernant le Special Counsel Independence and Integrity Act. Après le licenciement de l’Attorney General, il est plus important que jamais de protéger le procureur spécial.

Donald Trump – qui s’était déjà réjoui un peu plus tôt d’avoir mis un terme à la carrière de Jeff Flake lors de sa conférence de presse (une attaque à laquelle Flake n’avait pas répondu) – a réagi en publiant ce tweet alors qu’il était à bord d’Air Force One pour se rendre en France.

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Traduction: Jeff Flake(y) ne veut pas protéger le procureur spécial non confirmé par le Sénat, il veut protéger son futur après avoir été inéligible en Arizona à cause du « crime » d’avoir fait un horrible job! C’est un gars faible et inefficace!

Plusieurs centaines de manifestants se sont aussi rassemblés dans plusieurs villes américaines pour protester contre le licenciement de Jeff Sessions et réclamer que le procureur Mueller soit protégé. La photo ci-dessous a été prise devant la Maison Blanche.

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LES SANCTIONS DE LA SEMAINE

C’est passé quasiment inaperçu à la veille des élections de mi-mandat mais les Etats-Unis ont rétabli des sanctions drastiques contre l’Iran ce lundi 5 novembre.

Le rétablissement de ces sanctions était annoncé depuis longtemps. Après avoir retiré les Etats-Unis de l’accord sur le nucléaire iranien en mai dernier, l’administration Trump avait déjà rétabli certaines sanctions et avait annoncé que si l’Iran ne modifiait pas son comportement, les autres sanctions seraient rétablies au mois de novembre. C’est désormais chose faite.

Toutes les sanctions qui avaient été supprimées lorsque l’Iran avait accepté de signer l’accord sur le nucléaire iranien sont désormais rétablies, y compris celles sur le pétrole. Les entreprises ne respectant pas ces sanctions pourraient également être sanctionnées par les Etats-Unis. Les états européens ont toutefois annoncé vouloir trouver un moyen de permettre aux entreprises européennes de contourner les sanctions américaines et de continuer à investir en Iran, afin de sauver l’accord sur le nucléaire.

Les sanctions américaines risquent d’affaiblir considérablement l’économie iranienne. L’objectif avoué de l’administration Trump est de faire ainsi pression sur le régime iranien pour le forcer à abandonner certaines de ses politiques qui, selon les Américains, déstabilisent le Moyen-Orient, comme le soutien au Hezbollah libanais et aux rebelles Houthi au Yemen. Le Secrétaire d’Etat américain Mike Pompeo a aussi déclaré que les Etats-Unis voulaient « rétablir la démocratie » en Iran. Les Américains semblent donc espérer que la population iranienne mise en difficulté par les sanctions économiques se retourne contre son gouvernement.

L’ANNULATION DE LA SEMAINE

Une rencontre qui devait avoir lieu cette semaine entre Mike Pompeo et son homologue nord-coréen a été annulée. Aucune explication précise n’a été fournie. Cette annulation semble démontrer une nouvelle fois que les pourparlers entre la Corée du Nord et les Etats-Unis ne progressent plus beaucoup depuis le sommet de Singapour, même si Donald Trump affirme publiquement que tout se passe très bien.

POTUS IN PARIS 🇫🇷

Donald Trump était à Paris ce week-end. Comme de nombreux autres chefs d’état et de gouvernement, le président américain avait choisi d’assister aux commémorations organisées dans la capitale française à l’occasion du centenaire de l’Armistice ayant mis fin à la Première Guerre Mondiale.

Vendredi 9 novembre. Donald et Melania Trump arrivent à Paris dans la soirée. Peu avant d’atterrir, le président américain publie un tweet dans lequel il critique les récents propos du président français Emmanuel Macron, qui a appelé à la création d’une armée européenne.

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Traduction: Le Président de la France Emmanuel Macron vient de suggérer que l’Europe construise sa propre armée pour se protéger des Etats-Unis, de la Chine et de la Russie. C’est très insultant, mais peut-être que l’Europe devrait d’abord payer sa part juste au sein de l’OTAN, que les Etats-Unis subventionnent largement!

Samedi 10 novembre. En matinée, Donald Trump est reçu par Emmanuel Macron à l’Elysée. La relation entre les deux hommes ne semble plus aussi chaleureuse qu’auparavant et le tweet de la veille n’a probablement pas arrangé les choses. Devant les caméras, Emmanuel Macron vantera cependant la « grande solidarité » qui existe entre leurs deux pays.

Après sa rencontre avec Emmanuel Macron à l’Elysée, Donald Trump devait se rendre dans l’après-midi au cimetière américain du Bois Belleau, situé à environ 80 kilomètres de Paris. À la dernière minute, on apprend que la visite est annulée « à cause de la pluie ». Cette excuse officielle est loin de convaincre tout le monde aux Etats-Unis et les critiques s’abattent sur le président Trump. Le commandant en chef annule une visite en hommage à des soldats décédés à cause de quelques gouttes de pluie? Pourquoi s’être déplacé jusqu’à Paris pour les commémorations du centenaire de la Première Guerre Mondiale si c’est pour rester dans sa chambre d’hôtel?

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Traduction: Le président Trump ne se montre pas à cause de gouttes de pluie? Ces vétérans auxquels le président refuse de rendre hommage ont combattu sous la pluie, dans la boue, dans la neige – et beaucoup sont morts dans des tranchées pour la cause de la liberté. La pluie ne les a pas arrêtés et elle ne devrait pas arrêter un président américain.

Certains avanceront la thèse selon laquelle l’hélicoptère du président, Marine One, ne pouvait peut-être pas décoller en raison des intempéries. Mais, pour les critiques du président, cette excuse n’est guère valable. Si le président ne pouvait pas se déplacer en hélicoptère, pourquoi ne pas se rendre au Bois Belleau en voiture? L’ancien conseiller à la sécurité nationale de Barack Obama, Ben Rhodes, affirmera que lors de voyages à l’étranger comme celui-ci, la Maison Blanche prévoit toujours un plan A et un plan B pour chaque visite. Les critiques du président sont persuadés que celui-ci n’était tout simplement pas motivé. L’excuse de la pluie semble d’autant moins crédible que le chef de cabinet de Donald Trump, John Kelly, et le chef d’état-major des armées, Joseph Dunford, se rendent comme prévu au cimetière du Bois Belleau, sans le président.

L’absence de Donald Trump au cours de ce samedi après-midi de commémorations sera d’autant plus remarquée que de nombreux autres chefs d’état se rendent dans d’autres cimetières pour rendre hommage aux soldats tombés lors de la Grande Guerre. Emmanuel Macron et Angela Merkel apparaissent notamment ensemble à Rethondes, près de Compiègne, lieu où fut signé l’Armistice en 1918 et où une plaque commémorative réaffirme aujourd’hui l’importance de la réconciliation franco-allemande. L’image du président de la République française et de la chancelière allemande se tenant par la main fera le tour du monde.

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Dans la soirée, Donald Trump participe avec d’autres chefs d’état à un dîner organisé au Musée d’Orsay.

Dimanche 11 novembre. Une grande cérémonie est organisée sous l’Arc de Triomphe pour commémorer le centenaire de l’Armistice. Une centaine de chefs d’état sont présents.

Emmanuel Macron prend la parole durant la cérémonie et met en garde contre la résurgence du nationalisme un peu partout dans le monde. Il oppose la notion de nationalisme à celle de patriotisme.

Le patriotisme est l’exact contraire du nationalisme. Le nationalisme en est la trahison. En disant « nos intérêts d’abord et qu’importent les autres! », on gomme ce qu’une nation a de plus précieux, ce qui la fait vivre: ses valeurs morales.

À l’issue de la cérémonie et malgré la pluie, Donald Trump se rend au cimetière américain de Suresnes, non loin de Paris.

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Le président américain prononce un discours d’une dizaine de minutes dans lequel il ne répond pas directement aux propos tenus un peu plus tôt par le président Macron contre le nationalisme dont il se réclame (ndlr: le président Trump a récemment déclaré: « Je suis un nationaliste. Utilisez ce mot »). Il choisit plutôt de rendre hommage aux troupes américaines. Il qualifie les soldats américains de « très grands combattants » qui se sont sacrifiés pour leur pays et la liberté.

Après sa visite au cimetière américain de Suresnes, Donald Trump embarque à bord d’Air Force One pour rentrer à Washington.

L’IMAGE DE LA SEMAINE

Vladimir Poutine saluant Donald Trump à son arrivée sous l’Arc de Triomphe pour la cérémonie commémorant le centenaire de l’Armistice. À voir.

LE DESSIN DE LA SEMAINE

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VP IN ASIA

Alors que Donald Trump rentrait aux Etats-Unis, le vice-président Mike Pence s’envolait pour une tournée de huit jours en Asie et en Océanie. Il va se rendre au Japon, à Singapour, en Australie et en Papouasie-Nouvelle-Guinée, où il représentera les Etats-Unis au sommet de l’APEC.

LA NOMINATION DE LA SEMAINE

Vous souvenez-vous de Jim Gilmore, l’un des nombreux candidats républicains à l’élection présidentielle de 2016 (et aussi ex-gouverneur de Virginie)? Donald Trump vient de le nommer au poste d’ambassadeur des Etats-Unis auprès de l’OSCE.

L’HOMME DE LA SEMAINE

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Dan Crenshaw. Dans notre dernier Weekly News Flash, nous vous parlions déjà de ce vétéran candidat aux élections de mi-mandat et de la réprobation suscitée par une blague faite à son sujet par un humoriste du Saturday Night Live. Cet humoriste avait été très critiqué parce qu’il s’était moqué de l’apparence physique de Crenshaw, qui a perdu un œil lors d’une mission en Afghanistan.

Ce mardi 6 novembre, Dan Crenshaw, 34 ans, a été élu à la Chambre des Représentants. Il était candidat pour le Parti Républicain dans la 2ème circonscription du Texas, qui recouvre notamment la ville de Houston.

Quelques jours plus tard, il participait au Saturday Night Live aux côtés de Pete Davidson, l’humoriste qui s’était moqué de lui la semaine précédente. Ce dernier s’est excusé. Crenshaw a accepté ses excuses et a fait quelques blagues. Il a ensuite pris un ton plus sérieux pour délivrer un message d’unité. La séquence vaut la peine d’être vue.

Il n’en fallait évidemment pas plus pour que tous les regards se tournent vers Dan Crenshaw. Pourrait-il devenir la nouvelle star du Parti Républicain?

Le Washington Post lui a en tout cas rapidement consacré un portrait (à lire en entier ici). On y apprend notamment que son père travaillait dans l’industrie du gaz et du pétrole et que Dan Crenshaw a donc grandi en partie en Équateur et en Colombie, où il a appris l’espagnol. Sa mère est morte d’un cancer lorsqu’il avait dix ans. Il s’est ensuite engagé dans l’armée et est parvenu à intégrer l’unité d’élite des Navy SEALs. Il a été déployé deux fois en Irak et une fois en Afghanistan, où il a perdu son œil en 2012 dans l’explosion d’un engin improvisé. Malgré la douleur, il a refusé d’être transporté par ses camarades sur une civière parce que cela aurait pu les mettre en danger. Il s’est déplacé lui-même jusqu’à la base la plus proche pour y recevoir des soins. Son état était tellement sérieux qu’il fut plongé dans un coma artificiel. Il s’est réveillé plusieurs jours plus tard en Allemagne, avec un œil en moins.

En 2016, Dan Crenshaw a quitté l’armée pour raisons médicales et s’est inscrit à Harvard où il a obtenu un master en administration publique. Il a ensuite commencé à songer à s’impliquer en politique. En 2017, alors qu’il postulait pour un emploi au Capitole, il a été repéré par l’un des conseillers du sénateur républicain Tom Cotton, lui-même vétéran. Celui-ci lui a conseillé de se présenter aux élections de mi-mandat dans sa circonscription. Crenshaw s’est donc lancé et est parvenu à remporter une primaire républicaine l’opposant à sept autres candidats, avant d’être élu face à un adversaire démocrate cette semaine.

L’article du Washington Post révèle aussi qu’en 2015, Dan Crenshaw avait écrit sur Facebook que Donald Trump, alors candidat à l’élection présidentielle, était un idiot et que ses propos sur les musulmans étaient absurdes. Aujourd’hui, Crenshaw est plus prudent et déclare soutenir la politique du président, à quelques exceptions près, notamment concernant la guerre commerciale. Mais il a aussi affirmé qu’il n’appréciait pas spécialement le comportement du président et qu’il avait l’intention d’être un député respectueux de ses collègues démocrates et prêt à travailler avec eux.

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