WEEKLY NEWS FLASH #166

Cette semaine, le Sénat américain a désavoué le président Trump sur l’état d’urgence, Beto O’Rourke a annoncé sa candidature à l’élection présidentielle de 2020 et le gouverneur Gavin Newsom a signé un moratoire sur la peine de mort en Californie. Bonne lecture !

INONDATIONS HISTORIQUES DANS LE MIDWEST

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Le Midwest – plus particulièrement le Nebraska et l’Iowa – est touché par des inondations de très grande ampleur. Des barrages et des digues ont cédé sous le poids de l’eau et de gigantesques blocs de glace descendant le cours de plusieurs rivières. Ces blocs de glace s’étaient accumulés en amont durant un hiver historiquement froid. La photo ci-dessous a été partagée par le sénateur du Nebraska Ben Sasse sur son compte Twitter. On y voit bien ces impressionnants blocs de glace.

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Le gouverneur du Nebraska, Pete Ricketts, a déclaré que son état était confronté aux pires inondations de son histoire.

La Offutt Air Force Base, l’une des bases militaires les plus importantes des Etats-Unis, s’est même retrouvée partiellement sous eau (photo ci-dessous). Certains y voient la preuve ultime que le changement climatique représente bel et bien une menace pour la sécurité nationale américaine.

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MEANWHILE, IN NEW ZEALAND…

Un homme a ouvert le feu dans deux mosquées de la ville de Christchurch, tuant 49 fidèles musulmans. L’assaillant n’a pas hésité à filmer le massacre et à le diffuser en direct sur Facebook. Il a été arrêté. La police néo-zélandaise a retrouvé un manifeste de 87 pages qu’il avait préalablement rédigé. Il s’y décrit comme un « suprémaciste blanc » voulant venger les victimes des divers attentats terroristes perpétrés par des musulmans en Europe ces dernières années. Dans son manifeste, le terroriste décrit aussi les musulmans comme des « envahisseurs ». L’attentat a eu un retentissement mondial considérable. Il a beaucoup ému aux Etats-Unis, où un autre homme se décrivant comme un « suprémaciste » a récemment assassiné 11 fidèles juifs dans une synagogue de Pittsburgh.

BOEING DANS LA TOURMENTE

Boeing, l’une des plus importantes et prestigieuses entreprises américaines, est dans la tourmente. L’un de ses avions 737 Max 8 appartenant à la compagnie Ethiopian Airlines s’est écrasé cette semaine. Les 157 personnes présentes à bord de l’appareil sont décédées dans le crash. En octobre dernier, un appareil semblable appartenant à la compagnie Lion Air s’était écrasé en Indonésie, faisant 189 victimes.

À la suite de ce deuxième accident, de nombreux pays ont rapidement pris la décision d’interdire les Boeing 737 Max 8 de voler au-dessus de leur territoire. Dans un premier temps, les Etats-Unis ont refusé de faire de même. Cependant, plusieurs membres du Congrès ont rapidement réclamé que le principe de précaution soit appliqué aux Etats-Unis comme ailleurs. Ce fut notamment le cas des sénateurs Mitt Romney (R) et Richard Blumenthal (D). Ce dernier a même affirmé lors d’une interview qu’il avait conseillé aux membres de sa famille et à ses amis de ne pas monter à bord d’un Boeing 737 Max 8.

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Au bout de quelques jours, le président Trump a finalement annoncé que les Boeing 737 Max 8 ne seraient plus autorisés à voler aux Etats-Unis tant que l’enquête sur les récents accidents ne serait pas clôturée.

LE VOTE DE LA SEMAINE

Après la Chambre des Représentants, c’est le Sénat, dominé par les Républicains, qui a voté en faveur de la résolution visant à mettre fin à l’état d’urgence décrété par le président Trump pour la construction d’un mur à la frontière avec le Mexique (59-41). Ces 12 sénateurs républicains ont voté en faveur de la résolution avec leurs collègues démocrates, désavouant ainsi le président:

Lamar Alexander

Roy Blunt

Susan Collins

Mike Lee

Jerry Moran

Lisa Murkowski

Rand Paul

Rob Portman

Mitt Romney

Marco Rubio

Pat Toomey

Roger Wicker

Notez l’absence dans cette liste de Thom Tillis, qui fut pourtant l’un des premiers sénateurs républicains à critiquer la décision de Donald Trump et qui avait, il y a quelques semaines à peine, publié une carte blanche dans le Washington Post pour expliquer pourquoi il y était catégoriquement opposé. Il déclare avoir changé d’avis depuis lors. Ses explications n’ont évidemment pas convaincu grand monde et sa volte-face restera très certainement dans les annales. (PS: Thom Tillis joue sa réélection en 2020).

Le Congrès a donc désormais officiellement rejeté la déclaration de l’état d’urgence du président Trump puisque les deux chambres ont adopté une résolution visant à y mettre fin. Mais Donald Trump a immédiatement opposé son veto à cette résolution. C’est le premier veto de sa présidence. Pour outrepasser ce veto, le Congrès devrait revoter en faveur de la résolution et l’adopter cette fois à la majorité des 2/3. Or, une telle majorité ne semble pas atteignable. L’état d’urgence va donc persister malgré l’opposition du Congrès. Rappelons qu’en vertu de cet état d’urgence, le président Trump entend utiliser une partie des fonds du Pentagone – initialement alloués par le Congrès à d’autres projets – pour financer la construction de son mur à la frontière.

LE MORATOIRE DE LA SEMAINE

Le gouverneur de Californie, Gavin Newsom, a signé un décret imposant un moratoire sur la peine de mort dans son état. Concrètement, il s’engage à ce qu’aucune exécution n’ait lieu en Californie tant qu’il y occupera le poste de gouverneur. 737 prisonniers condamnés à mort sont actuellement détenus dans les prisons californiennes en attente de leur exécution.

Attention ! Gavin Newsom agit ici par ordre exécutif. Il ne s’agit pas d’une modification de la législation californienne par le parlement. Autrement dit, la peine de mort reste légale en Californie. Les tribunaux pourront continuer à condamner des gens à mort et les prisonniers qui attendent dans le couloir de la mort ne verront pas leur peine allégée. Gavin Newsom leur offre simplement un sursis en s’engageant à ce que personne ne soit exécuté tant qu’il occupe le poste de gouverneur (ndlr: rappelons que le gouverneur donne toujours son accord avant une exécution). Gavin Newsom milite depuis longtemps contre la peine de mort et espère sans doute que le parlement californien l’abrogera d’ici à la fin de son mandat. Mais, si ce n’est pas le cas, son successeur pourra très facilement rétablir les exécutions par un autre décret exécutif. La décision de Gavin Newsom est d’ailleurs critiquée. Certains de ses opposants estiment qu’il agit unilatéralement et contre la volonté de la majorité du peuple californien. Celui-ci a effectivement voté contre l’abolition de la peine de mort lors de récents référendums.

De son côté, Gavin Newsom affirme mener un combat juste. Il s’est expliqué en affirmant que la peine de mort n’est pas conciliable avec les valeurs qu’il défend. Il a également souligné que les Afro-Américains étaient plus souvent condamnés à la peine de mort que les Blancs, tout comme les personnes ne sachant pas se payer un bon avocat. C’est la preuve, selon lui, que le système en place est profondément injuste. Il estime qu’il est aussi inefficace puisque l’usage de la peine de mort n’a jamais fait baisser les chiffres de la criminalité. Autrement dit, la peine de mort coûte très cher au contribuable mais ne lui garantit pas plus de sécurité.

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Traduction: La peine de mort est un échec abject. Elle fait de le discrimination en fonction de la couleur de votre peau ou de l’argent dont vous disposez. Elle est inefficace, irréversible et immorale. Elle va à l’encontre de toutes les valeurs que nous défendons – et c’est pourquoi la Californie va mettre un terme à ce système.

Enfin, Gavin Newsom a également rappelé que des innocents étaient parfois condamnés à la peine de mort. Il a cité un chiffre interpellant paru récemment dans le Los Angeles Times. Depuis 1973, 164 condamnés à mort ont été innocentés et libérés du couloir de la mort avant leur exécution. Combien d’innocents n’ont pas eu cette chance et ont été injustement exécutés?

La peine de mort aux Etats-Unis. Pour rappel, la peine de mort est aujourd’hui abolie dans 20 états américains sur 50, ainsi que dans le District of Columbia. Elle est toujours légale dans les 30 autres états, ainsi qu’au niveau fédéral. Cependant, 11 des 30 états dans lesquels la peine de mort est toujours légale n’ont plus exécuté aucun détenu depuis plus de dix ans. C’est le cas de la Californie, où la dernière exécution a eu lieu en 2006.

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Au total, 892 personnes ont été exécutées aux Etats-Unis entre 2000 et 2018, dont 359 rien qu’au Texas. Le Texas est l’état qui a exécuté le plus grand nombre de prisonniers au cours de cette période.

Selon un récent sondage (2018), 54% des Américains se disent toujours favorables à la peine de mort pour les personnes reconnues coupables d’un homicide. 39% des Américains s’y déclarent opposés.

ROAD TO 2020

La Betomania succèdera-t-elle à l’Obamania? Beto O’Rourke a en tout cas officialisé sa candidature à la prochaine élection présidentielle…

  • La Convention Nationale Démocrate 2020 aura lieu à Milwaukee

Le Parti Démocrate a annoncé que la prochaine Convention Nationale Démocrate aurait lieu à Milwaukee, dans le Wisconsin, du 13 au 16 juillet 2020.

Le parti n’a sans doute pas choisi Milwaukee par hasard. Donald Trump avait en effet créé la surprise en l’emportant face à Hillary Clinton dans le Wisconsin en 2016. La candidate démocrate n’avait pas mis une seule fois les pieds dans cet état au cours de sa campagne. Le message est assez clair: les Démocrates veulent reconquérir les ouvriers et autres travailleurs du Wisconsin et des autres états du Midwest qui ont fait confiance à Trump lors de la dernière élection. « Le Parti Démocrate est le parti des ouvriers et Milwaukee est une ville d’ouvriers », a déclaré Tom Perez, le président du parti.

Pour rappel, la Convention Nationale Républicaine 2020 aura quant à elle lieu à Charlotte, en Caroline du Nord, du 25 au 27 août.

  • Beto O’Rourke est candidat à l’élection présidentielle de 2020

On s’y attendait. C’est désormais officiel. Beto O’Rourke est bel et bien candidat à l’élection présidentielle. L’ex-député du Texas à la Chambre des Représentants était candidat au Sénat lors des dernières élections de mi-mandat. Sa campagne avait mobilisé les foules et suscité un grand enthousiasme, au point de le faire connaître au niveau national. Il s’est finalement incliné face à Ted Cruz, mais non sans avoir mis ce dernier en danger comme aucun Républicain ne l’avait plus été depuis bien longtemps au Texas. Il était donc presque naturel qu’il se lance dans la course à la présidence. L’engouement qu’il suscite dans les médias n’est pas sans rappeler celui suscité par un certain Barack Obama. Cette semaine, Beto (et son chien!) faisaient par exemple la Une du magazine Vanity Fair.

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Beto O’Rourke a d’ores et déjà reçu le soutien de plusieurs de ses anciens collègues démocrates à la Chambre des Représentants (Stephanie Murphy, Kathleen Rice, Veronica Escobar, etc.), ainsi que de Martin O’Malley, ex-gouverneur du Maryland et ex-candidat à l’élection présidentielle en 2016.

Fun fact. Le logo de campagne de Beto O’Rourke ne ressemble-t-il pas étrangement au design que l’on peut retrouver sur certains produits Whataburger, une très célèbre chaîne de restaurants fast-food texane? Beto, génie du marketing?

  • Kirsten Gillibrand est candidate à l’élection présidentielle de 2020

Comme Beto O’Rourke, la sénatrice de New York a officiellement annoncé sa candidature cette semaine. Elle avait déjà annoncé la création d’un exploratory committee en janvier.

Gillibrand organisera son premier grand meeting de campagne le 24 mars prochain, juste devant le Trump International Hotel de New York ! Elle déclare vouloir y présenter sa vision « pour restaurer l’intégrité morale de l’Amérique ». Tout un programme.

  • Le point sur les candidats démocrates à l’élection présidentielle de 2020

✅John Delaney

✅Andrew Yang

✅Tulsi Gabbard

✅Julián Castro

✅Kamala Harris

✅Marianne Williamson

✅Cory Booker

✅Elizabeth Warren

✅Amy Klobuchar

✅Bernie Sanders

✅Jay Inslee

✅John Hickenlooper

✅Beto O’Rourke

✅Kirsten Gillibrand

  • Dans les années 70, Bernie Sanders voulait nationaliser la plupart des entreprises

Le passé de Bernie Sanders continue de refaire surface. Après la diffusion de vidéos dans lesquelles on le voit vanter les mérites de plusieurs dictateurs communistes latino-américains, CNN a rappelé que le sénateur du Vermont avait été membre et même président du Liberty Union Party dans les années 70. Ce petit parti d’extrême gauche militait alors entre autres pour la nationalisation de toutes les grandes entreprises, notamment celles actives dans les secteurs de l’énergie et de la finance. Bernie Sanders s’est présenté à plusieurs reprises à des élections sous les couleurs de ce parti – au poste de gouverneur du Vermont et au Sénat. Sans succès. (Il fut élu plus tard au poste de maire de Burlington puis de sénateur en tant que candidat indépendant, c’est-à-dire n’étant affilié à aucun parti politique).

En 1977, Bernie Sanders a quitté le Liberty Union Party parce qu’il estimait que le parti n’était pas assez actif en dehors des périodes électorales et qu’un tel activisme ne suffirait pas à permettre aux ouvriers de « prendre ce qui leur appartient ».

The function of a radical political party is very simple. It is to create a situation in which the ordinary working people take what rightfully belongs to them. Nobody can predict the future of the workers’ movement in this country or the state of Vermont. It is my opinion, however, that if workers do not take power in a reasonably short time this country will not have a future. (La fonction d’un parti politique radical est très simple. C’est de créer une situation permettant aux ouvriers ordinaires de prendre ce qui leur appartient. Personne ne peut prédire le futur du mouvement ouvrier dans ce pays ou dans l’état du Vermont. C’est mon opinion, toutefois, que si les travailleurs ne prennent pas le pouvoir dans un délai rapide, ce pays n’aura pas de futur)

En 1974, Bernie Sanders a aussi défendu l’idée d’interdire à quiconque de gagner plus d’un million de dollars par an. Les revenus dépassant cette somme auraient été taxés à 100%. « Personne ne devrait gagner plus d’un million de dollars », avait-il alors déclaré.

Si vous le désirez, vous pouvez lire l’article complet de CNN consacré au passé de Bernie Sanders au sein du Liberty Union Party en cliquant ici.

  • L’actrice Rosario Dawson confirme qu’elle est en couple avec Cory Booker !

On se disait aussi que ce début de campagne manquait d’une touche glamour… L’actrice Rosario Dawson a confirmé qu’elle était bien en couple avec le sénateur et candidat à la présidence Cory Booker. Les rumeurs allaient bon train depuis plusieurs mois. Pour la petite histoire, Cory Booker n’a jamais été marié et aucun homme célibataire et/ou non marié n’a encore jamais été élu à la présidence des Etats-Unis.

  • Jeb Bush espère qu’un Républicain défiera Donald Trump en 2020

Dans une interview accordée à CNN, Jeb Bush a indiqué qu’il espérait que quelqu’un se présenterait face au président Trump dans le cadre d’une primaire républicaine.

I think someone should run. Just because Republicans ought to be given a choice. (Je pense que quelqu’un devrait se présenter. Parce que les Républicains méritent qu’on leur donne le choix)

Pour rappel, l’ancien gouverneur du Massachusetts Bill Weld envisage déjà de se présenter face à Donald Trump. Il a formé un exploratory committee. Les rumeurs à Washington parlent aussi d’une possible candidature de Larry Hogan, actuel très populaire gouverneur républicain du Maryland. Affaire à suivre…

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