LE BILAN DE LA NUIT ÉLECTORALE 2016

J+7 depuis la victoire de Donald Trump à l’élection présidentielle. Après avoir pris un peu de recul, il est temps de vous présenter notre bilan de cette incroyable nuit électorale du 8 novembre 2016.

CHRONIQUE D’UNE NUIT ÉLECTORALE COMPLÈTEMENT FOLLE

Mardi 8 novembre 2016, 22h00 (heure française). La soirée électorale débute déjà sur CNN. En attendant la fermeture des premiers bureaux de vote et les premiers résultats, les journalistes n’ont pas grand-chose à raconter. On nous montre des images d’Hillary Clinton et de Donald Trump, qui ont tous les deux voté à New York.

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L’image de Donald Trump semblant contrôler le vote de sa femme Melania suscite immédiatement de nombreux commentaires satiriques sur Twitter.

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Un tweet de la compagnie aérienne jordanienne Royal Jordanian connaît également un franc succès. Traduction: Juste au cas où il gagnerait… Partez aux Etats-Unis tant que vous y êtes encore autorisés !

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On apprend ensuite que le sénateur républicain Lindsey Graham, fervent critique de Donald Trump, a voté pour le candidat indépendant Evan McMullin.

Traduction: J'ai voté pour Evan McMullin à la présidence. J'apprécie ses opinions au sujet d'une Amérique forte et du besoin de reconstruire notre armée.
Traduction: J’ai voté pour Evan McMullin à la présidence. J’apprécie ses opinions au sujet d’une Amérique forte et du besoin de reconstruire notre armée.

On apprend également que l’ex-président George W. Bush et son épouse Laura ont voté blanc à l’élection présidentielle. Ils ont en revanche voté républicain pour les autres élections. Dans une interview accordée à une chaîne de radio, Donald Trump qualifie la décision de George W. Bush de ne pas voter en sa faveur de « triste » mais assure que cela n’aura aucun impact auprès des électeurs.

23h00. On évoque brièvement un comté de l’Utah dans lequel certaines machines permettant aux électeurs de voter auraient rencontré de petits problèmes techniques. Un bandeau visible à l’écran sur CNN indique: Utah officials report voting machine problems across entire county (Les autorités de l’Utah rapportent des problèmes avec les machines de vote dans tout le comté). Dans un tweet, Donald Trump transforme cela en: Utah officials report voting machine problems across entire country (Les autorités de l’Utah rapportent des problèmes avec les machines de vote dans tout le pays). Une simple lettre peut parfois faire une grosse différence… Il s’agit évidemment d’un mensonge de la part de Donald Trump. Sans compter que cela n’a pas de sens puisque les autorités de l’Utah n’ont pas vocation à s’occuper de ce qu’il se passe dans les autres états. Le lieutenant-gouverneur de l’Utah, Spencer Cox (un Républicain anti-Trump), répond rapidement à Donald Trump sur Twitter.

Traduction: Nous avons eu un problème avec les machines de vote dans 1 de nos 29 comtés ce matin. Je ne suis pas certain que cela puisse être qualifié de "tout le pays" mais peu importe.
Traduction: Nous avons eu un problème avec les machines de vote dans 1 de nos 29 comtés ce matin. Je ne suis pas certain que cela puisse être qualifié de « tout le pays » mais peu importe.

1h20. Les bureaux de vote ont fermé dans certains états et les tous premiers résultats nous parviennent. Donald Trump a remporté l’Indiana – état dont son colistier Mike Pence est le gouverneur – et le Kentucky. Rien de bien surprenant. Pendant ce temps-là, Twitter s’enflamme suite à la diffusion de cette photo.

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Il s’agit d’un gâteau au chocolat géant à l’effigie de Donald Trump. Des journalistes l’ont aperçu alors qu’il était amené à l’intérieur de la Trump Tower. On apprendra un peu plus tard qu’il s’agit d’une réalisation de la pâtissière/artiste Melissa Art. Elle affirme qu’elle a mis 50 heures à réaliser cette œuvre d’une valeur de 7,000$.

2h00. Les résultats continuent de tomber les uns après les autres. Et surprise ! Donald Trump est en tête dans la plupart des swing states. Oui, il pourrait bien remporter l’élection !

3h30. Le New York Times, qui créditait Hillary Clinton de 84% de chances de remporter l’élection au début de la soirée, indique désormais que le résultat du scrutin est incertain.

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À ce moment-là, Donald Trump a en effet remporté plus de voix et de Grands Électeurs qu’Hillary Clinton. Il n’a cependant pas encore atteint la barre fatidique des 270 Grands Électeurs et on ne connaît pas encore les résultats des principaux swing states. Mais Donald Trump fait toujours la course en tête dans la majorité d’entre eux.

4h30. Premier coup de tonnerre ! La victoire de Donald Trump en Ohio est officiellement annoncée. Il s’agit d’un swing state très important. Et surtout, un vieux dicton prétend que le candidat qui remporte l’Ohio remporte l’élection. As Ohio goes, so goes the nation…

4h45. Hillary Clinton remporte la Virginie et le Colorado. Petit ouf de soulagement dans son camp. Cela ne va pas durer.

5h10. Après l’Ohio, Donald Trump remporte la Caroline du Nord. Un autre swing state très important. D’après les prédictions du New York Times, ses chances d’accéder à la Maison Blanche dépassent désormais les 90%.

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5h30. Donald Trump remporte la Floride. Des journalistes rapportent qu’au Javits Center, le bâtiment où sont rassemblés les supporters d’Hillary Clinton et où celle-ci aurait dû prononcer son discours de victoire, les gens sont sous le choc. Certains fondent en larmes. D’autres quittent les lieux, dépités. La victoire de Donald Trump n’est pas encore officielle mais elle semble désormais inévitable. En effet, il ne lui manque plus que 32 Grands Électeurs et il fait toujours la course en tête en Utah, en Arizona, en Pennsylvanie, au Wisconsin et dans le Michigan.

6h30. Hillary Clinton remporte le Nevada, l’un des rares swing states où elle sera parvenue à s’imposer.

8h00. Les seuls états dont on ne connaît pas encore les résultats officiels sont la Pennsylvanie, le Michigan, le Wisconsin, l’Arizona, le New Hampshire, le Maine et le Minnesota. Donald Trump est néanmoins en tête dans la majorité de ces états. Au Javits Center, John Podesta, le directeur de campagne d’Hillary Clinton, vient brièvement s’exprimer devant les supporters de la candidate démocrate. Il leur conseille de rentrer chez eux parce que le comptage des voix dans les derniers états pourrait encore prendre du temps. Il ajoute que l’équipe de campagne de Clinton aura plus de commentaires à faire le lendemain. Autrement dit, Hillary Clinton ne viendra pas saluer ses supporters.

8h30. Donald Trump remporte le Wisconsin et est officiellement déclaré vainqueur de l’élection présidentielle. Il sera bien le 45e président des Etats-Unis d’Amérique ! Tout le monde commence à réaliser que l’on vient d’assister à la plus grosse surprise de l’histoire politique américaine.

9h00. Il est alors 3h du matin à New York. Donald Trump apparaît devant ses supporters rassemblés au Hilton Hotel et prononce son discours de victoire. Le candidat républicain commence par annoncer qu’il a reçu un coup de téléphone de la part d’Hillary Clinton. Elle vient de le féliciter. Il appelle ensuite au rassemblement et à l’unité.

To all Republicans and Democrats and Independents across this nation, I say it is time for us to come together as one united people. (À tous les Républicains et Démocrates et Indépendants de cette nation, je dis qu’il est temps pour nous de nous rassembler comme un peuple uni)

Il assure qu’il sera le président de tous les américains et qu’il reconstruira le pays, notamment ses infrastructures.

The forgotten men and women of our country will be forgotten no longer. We are going to fix our inner cities and rebuild our highways, bridges, tunnels, airports, schools, hospitals. We’re going to rebuild our infrastructure […] And we will put millions of our people to work as we rebuild it. (Les hommes et les femmes oubliés de notre pays ne seront plus oubliés. Nous allons réparer nos centre-villes et reconstruire nos autoroutes, nos ponts, nos tunnels, nos aéroports, nos écoles, nos hôpitaux. Nous allons reconstruire nos infrastructures […] Et nous allons mettre des millions de gens au travail en les reconstruisant)

Donald Trump tente également de rassurer la communauté internationale par ces quelques mots.

I want to tell the world community that while we will always put America’s interests first, we will deal fairly with everyone, with everyone. All people and all other nations. We will seek common ground, not hostility; partnership, not conflict. (Je veux dire à la communauté internationale que même si nous donnerons toujours la priorité aux intérêts de l’Amérique, nous nous comporterons équitablement avec tout le monde, avec tout le monde. Tous les peuples et toutes les autres nations. Nous rechercherons le bien commun, pas l’hostilité; le partenariat, pas le conflit)

Enfin, Donald Trump termine son discours par de longs remerciements. Il remercie d’abord toute sa famille. Ses parents, ses frères et sœurs, son épouse Melania et ses cinq enfants. Il remercie ensuite ceux qui l’ont soutenu: Kellyanne Conway, Steve Bannon, Rudy Giuliani, Chris Christie, Jeff Sessions, Ben Carson, Mike Huckabee et sa fille Sarah (qui était membre de son équipe de campagne), le Général Michael Flynn et Reince Priebus, le patron du Parti Républicain. Trump qualifiera même ce dernier de « superstar ». Enfin, il remercie également les Services Secrets qui l’ont protégé tout au long de sa campagne et la police de New York.

Après le discours de victoire de Donald Trump, il est temps de se reposer un peu. Notons que les résultats tombés tout au long de la soirée sont excellents pour le Parti Républicain. Outre la victoire de son candidat à la présidence, le GOP conserve sa majorité à la Chambre des Représentants et au Sénat. Nous y reviendrons.

LE JOUR D’APRÈS

Mercredi 9 novembre. Voici la Une du quotidien USA Today au lendemain de l’élection.

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12h30. Donald Trump publie son premier tweet depuis l’annonce de sa victoire.

Traduction: Une soirée si belle et importante! Les hommes et femmes oubliés ne seront plus jamais oubliés. Nous allons tous nous rassembler comme jamais auparavant.
Traduction: Une soirée si belle et importante! Les hommes et femmes oubliés ne seront plus jamais oubliés. Nous allons tous nous rassembler comme jamais auparavant.

Les Républicains anti-Trump se résignent à le féliciter.

Traduction: Félicitations pour ta victoire Donald Trump. En tant que Président, Columba et moi prierons pour toi dans les jours et mois à venir.
Traduction: Félicitations pour ta victoire Donald Trump. En tant que Président, Columba et moi prierons pour toi dans les jours et mois à venir.
Traduction: Meilleurs vœux à notre président élu: Que son discours de victoire soit son guide et que préserver la République soit son objectif.
Traduction: Meilleurs vœux à notre président élu: Que son discours de victoire soit son guide et que préserver la République soit son objectif.

17h15. Paul Ryan, qui a été réélu la veille à son poste de député, organise une brève conférence de presse. Il qualifie la victoire de Donald Trump de « the most incredible political feat I have seen in my lifetime » (l’exploit politique le plus incroyable que j’aie vu de ma vie). Il assure aussi que le Congrès républicain est prêt à travailler avec Donald Trump.

17h30. C’est au tour d’Hillary Clinton de s’exprimer. Elle qui n’a pas eu le courage de se présenter face à ses supporters rassemblés au Javits Center la veille a choisi le New Yorker Hotel pour prononcer un discours devant les membres de son équipe de campagne et de nombreux journalistes. Visiblement émue, Clinton déclare qu’il s’agit d’une défaite très douloureuse.

This is painful, and it will be for a long time. (C’est douloureux, et cela le restera pendant longtemps)

Elle déclare ensuite qu’il faut accepter le résultat de l’élection et laisser une chance à Donald Trump.

We have seen that our nation is more deeply divided than we thought. But I still believe in America, and I always will. And if you do, then we must accept this result and then look to the future. Donald Trump is going to be our president. We owe him an open mind and the chance to lead. (Nous avons vu que notre nation est bien plus divisée que nous ne le pensions. Mais je crois encore en l’Amérique, et j’y croirai toujours. Et si c’est le cas, alors nous devons accepter ce résultat et regarder vers le futur. Donald Trump sera notre président. Nous lui devons un esprit ouvert et une chance de diriger)

Enfin, Hillary Clinton s’adresse aux femmes.

I know we have still not shattered that highest and hardest glass ceiling but someday, someone will – and hopefully sooner than we might think right now. (Je sais que nous n’avons pas encore brisé ce très haut et très résistant plafond de verre mais un jour, quelqu’un le fera – et j’espère que cela arrivera plus vite que nous ne pourrions le penser en ce moment)

18h20. Moins d’une heure après Hillary Clinton, c’est le président Obama qui prend la parole. Il s’exprime depuis la Maison Blanche. Le vice-président Biden est présent à ses côtés mais il ne prendra pas la parole. Barack Obama, qui avait qualifié Trump d’ « inapte » à exercer la fonction de président pendant la campagne, assure qu’il fera tout pour que la passation de pouvoir se passe dans les meilleures conditions possibles. Il annonce avoir invité Donald Trump à la Maison Blanche le lendemain.

Everybody is sad when their side loses an election but the day after, we have to remember that we’re actually all on one team. […] We’re not Democrats first. We’re not Republicans first. We are Americans first. (Tout le monde est triste lorsque son camp perd une élection mais le jour d’après, nous devons nous souvenir que nous sommes en réalité tous membres de la même équipe. […] Nous ne sommes pas d’abord des Démocrates. Nous ne sommes pas d’abord des Républicains. Nous sommes d’abord des Américains)

Tout le monde ne semble toutefois pas accepter la victoire de Donald Trump aussi facilement que Barack Obama. Le soir venu, des milliers de personnes manifestent contre le président élu. Leur slogan? Not my president. Ils sont 5,000 à New York, où ils se rassemblent au bas de la Trump Tower. À Los Angeles, ils sont également des milliers. Ils bloquent le trafic sur une autoroute et brûlent même une piñata représentant Donald Trump.

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Ils sont aussi nombreux à se rassembler devant la Maison Blanche à Washington et dans d’autres villes du pays.

LES RÉSULTATS DE L’ÉLECTION PRÉSIDENTIELLE

Penchons-nous maintenant plus attentivement sur les résultats de cette élection présidentielle. Voici la carte électorale, version 2016. [Vous connaissez le principe: en rouge, les états remportés par Donald Trump et en bleu, ceux remportés par Hillary Clinton]

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Au total, Donald Trump a remporté 30 états (Alabama, Alaska, Arizona, Arkansas, Caroline du Nord, Caroline du Sud, Dakota du Nord, Dakota du Sud, Floride, Géorgie, Idaho, Indiana, Iowa, Kansas, Kentucky, Louisiane, Michigan, Mississippi, Missouri, Montana, Nebraska, Ohio, Oklahoma, Pennsylvanie, Tennessee, Texas, Utah, Virginie Occidentale, Wisconsin et Wyoming). Il réalise son meilleur score dans le Wyoming, où il obtient 70% des voix !

Hillary Clinton a quant à elle remporté 20 états (Californie, Colorado, Connecticut, Delaware, Hawaï, Illinois, Maine, Maryland, Massachusetts, Minnesota, Nevada, New Hampshire, New Jersey, New York, Nouveau Mexique, Oregon, Rhode Island, Vermont, Virginie et Washington), ainsi que le District of Columbia. C’est là, dans la capitale fédérale, qu’elle réalise son meilleur score. Un score incroyable puisqu’elle obtient 92,8% des voix !

Les états où la lutte entre les deux candidats aura été la plus serrée? Le New Hampshire et le Michigan. Dans le New Hampshire, Hillary Clinton a remporté 47,6% des voix, contre 47,3% pour Donald Trump. Dans le Michigan, c’est exactement l’inverse.

Grâce à ses victoires dans 30 états sur 50, Donald Trump remporte le vote électoral. En nombre de Grands Électeurs [Rappel: Il en faut 270 pour remporter l’élection], cela donne:

Trump ⇒ 306

Clinton ⇒ 232

Hillary Clinton réalise là le plus mauvais score d’un candidat démocrate au Collège Électoral depuis Michael Dukakis en 1988 ! Et pourtant, elle a remporté le vote populaire. Cela signifie qu’elle a obtenu plus de voix que Donald Trump dans l’ensemble du pays.

Clinton ⇒ 47,8%

Trump ⇒ 47,3%

Hillary Clinton perd donc l’élection en ayant remporté plus de voix que son adversaire, comme Al Gore en 2000 face à George W. Bush. De quoi relancer une nouvelle fois les discussions quant à la nécessité de réformer le système électoral américain et de supprimer le Collège Électoral.

Et les petits candidats dans tout cela ?

Gary Johnson a réalisé le meilleur score de l’histoire du Parti Libertarien ! Au total, il a obtenu plus de 4 millions de voix dans tout le pays. Cela représente 3% des voix au niveau national. Il en avait obtenu 1% en 2012. C’est au Nouveau Mexique, état dont il a été le gouverneur, qu’il obtient son meilleur score (9,3% des voix). Mais il dépasse les 4% dans 16 autres états. Après le Nouveau Mexique, il enregistre ses meilleurs scores au Dakota du Nord (6,3%), en Alaska (5,9%), en Oklahoma (5,7%) et au Dakota du Sud et Montana (5,6%).

Jill Stein, candidate du Parti Vert, se situe aux alentours de 1% des voix dans l’immense majorité des états. Son meilleur score? 3% à Hawaï.

Enfin, l’indépendant Evan McMullin ne réalise un score significatif qu’en Utah. Il y obtient 20,9% des voix. C’est un joli score mais il est loin de lui permettre d’empêcher la victoire de Donald Trump. Il termine même derrière Hillary Clinton.

Les résultats en Utah

Trump ⇒ 46,3%

Clinton ⇒ 27,7%

McMullin ⇒ 20,9%

Johnson ⇒ 3,3%

Stein ⇒ 0,7%

Revenons-en quelques instants à notre carte électorale. Si Donald Trump a gagné, c’est parce qu’il est parvenu à remporter presque tous les fameux swing states, comme la Floride ou l’Ohio. Mais aussi, et c’est encore plus remarquable, parce qu’il a remporté des états comme la Pennsylvanie, le Wisconsin et le Michigan. Ces trois états de la Rust Belt, frappés par la désindustrialisation, n’avaient plus voté pour le candidat républicain à la présidence depuis 1984 ou 1988 ! Si les victoires de Trump dans les états de la Rust Belt s’expliquent sans doute par ses promesses en matière d’économie (renégocier les traités commerciaux pour empêcher les délocalisations), l’économie n’est pas le seul facteur qui explique son succès. En effet, d’après les sondages de sortie des urnes, 52% des électeurs estimant que l’économie était le problème le plus important dans le pays ont voté pour Hillary Clinton, et non pour Donald Trump. Donald Trump a en revanche remporté la majorité des voix des électeurs estimant que le problème principal était le terrorisme (57%) et l’immigration (64%). En réalité, la victoire de Donald Trump s’explique très certainement par une combinaison de plusieurs facteurs: la peur du déclassement économique dans certains états, de l’immigration et du terrorisme dans d’autres, mais aussi et surtout la colère contre la classe politique traditionnelle et les faiblesses d’Hillary Clinton. Plus de détails ci-dessous.

CE QU’IL FAUT RETENIR DES EXIT POLLS

Les exit polls sont des sondages réalisés à la sortie des urnes. Comme tous les sondages, ils ont bien sûr leurs limites et leur marge d’erreur. Ils ne sont réalisés que sur un petit échantillon d’électeurs. Il s’agit néanmoins des seuls chiffres dont les politologues disposent pour analyser les résultats d’une élection. Et ils sont généralement riches d’enseignements. Voici ce que nous avons retenu des exit polls, version 2016.

  • Le vote en fonction de l’affiliation politique

Première surprise? Davantage d’électeurs démocrates ont voté pour Donald Trump que d’électeurs républicains pour Hillary Clinton ! En effet, 7% des électeurs républicains ont voté pour Hillary Clinton et 9% des électeurs démocrates ont voté pour Donald Trump. Enfin, Donald Trump a remporté le vote des électeurs indépendants (48% vs 42%).

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  • Le vote des minorités

Cette année, les électeurs blancs représentaient 70% de l’électorat et ils ont voté majoritairement en faveur de Donald Trump (58%). Les afro-américains et les latinos ont quant à eux choisi Hillary Clinton. Cependant, la candidate démocrate n’est pas parvenue à mobiliser autant cet électorat que ne l’avait fait Barack Obama en 2012. Elle obtient par exemple 88% des voix afro-américaines. Une immense majorité, mais moins que les 93% de Barack Obama il y a quatre ans. En ce qui concerne les latinos, Hillary Clinton fait également moins bien que Barack Obama. Et surtout, malgré ses propos parfois dégradants à l’encontre des immigrés mexicains, Donald Trump fait mieux que Mitt Romney ! Il remporte 29% des voix latinos, alors que Romney en avait remporté 27%. Trump fait en revanche moins bien que John McCain en 2008 (31%) et beaucoup moins bien que George W. Bush en 2004 (44%, le record pour un candidat républicain).

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Outre les afro-américains et les latinos, Hillary Clinton a également eu du mal à mobiliser les jeunes électeurs. Elle l’a emporté sur Trump chez les 18-29 ans (55%) mais elle fait là aussi moins bien qu’Obama en 2012 (60%).

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  • Le vote des femmes

L’électorat féminin, déjà majoritairement démocrate, allait-il massivement rejeter Donald Trump après qu’il ait prononcé des propos misogynes et qu’il ait été accusé d’agression sexuelle par une dizaine de femmes? La réponse est non. 42% des femmes américaines ont voté pour Trump. C’est à peine moins que pour Mitt Romney en 2012 (44%). Et Donald Trump obtient même la majorité des voix (53%) chez les femmes blanches.

  • Le vote en fonction de l’éducation

Donald Trump l’a emporté chez les américains n’ayant pas de diplôme universitaire (52%), alors qu’Hillary Clinton l’a emporté auprès des américains ayant un diplôme universitaire (52%).

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  • Le vote en fonction des revenus

Contrairement à ce que l’on pourrait penser, les électeurs les plus pauvres n’ont pas voté majoritairement pour Donald Trump.

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  • Le fossé urbain/rural

On parle souvent du fossé existant entre l’Amérique des côtes Est et Ouest, majoritairement démocrate, et le reste du pays, majoritairement républicain. Mais un autre fossé spectaculaire oppose l’Amérique des villes à celle des campagnes. Si Hillary Clinton l’emporte largement dans les grandes villes, Donald Trump l’emporte largement dans les zones rurales.

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  • Le vote en fonction de la religion

Donald Trump a remporté 81% des voix chez les électeurs évangéliques. Cela peut paraître surprenant compte tenu de ses trois mariages et de sa conduite en général. L’un des grands mystères de cette élection. Peut-être la position très pro-avortement d’Hillary Clinton a-t-elle suffi à convaincre les évangéliques de voter Trump? Donald Trump l’a également emporté chez les protestants (60%) et les catholiques (52%). Hillary Clinton a quant à elle remporté le vote juif (71%). En ce qui concerne les mormons, qui sont réputés pour être le groupe religieux le plus conservateur du pays mais qui semblaient avoir de sérieuses réserves à l’encontre de Donald Trump, ils ont voté à 61% en faveur du candidat républicain (alors qu’ils avaient voté à 78% pour Mitt Romney en 2012). 25% d’entre eux ont voté pour Hillary Clinton et 14% (un chiffre élevé) pour un autre candidat.

  • Le vote des vétérans

Les vétérans (= personnes ayant servi dans l’armée) ne représentaient que 13% de l’électorat. Mais il est intéressant de constater qu’ils ont majoritairement voté en faveur de Donald Trump (61%).

  • Une forte envie de changement

C’est sans doute l’une des explications les plus importantes à la victoire de Trump. Les électeurs américains étaient en colère contre le fonctionnement de leur gouvernement fédéral et contre l’ « élite » politicienne et médiatique. Ils voulaient du changement. 39% des électeurs ont déclaré que la qualité qu’ils recherchaient le plus chez un candidat cette année était la capacité à « apporter un changement dont le pays a besoin ». Parmi eux, 83% ont voté en faveur de Donald Trump. Encore plus incroyable: 38% seulement des électeurs interrogés à la sortie des urnes ont affirmé penser que Donald Trump était apte à devenir président. De nombreuses personnes pensant que le candidat républicain n’était pas qualifié pour le job ont donc tout de même voté en sa faveur ! Signe que la volonté de changement (et sans doute aussi le rejet d’Hillary Clinton cf. point suivant) était vraiment grande.

  • Les faiblesses d’Hillary Clinton

Si Donald Trump a gagné, c’est aussi probablement en partie à cause des faiblesses de la candidate Clinton. Les électeurs démocrates ont été moins nombreux à se rendre aux urnes qu’en 2012, malgré que Donald Trump ait été présenté comme un danger pour la démocratie par leur parti. Comment ne pas interpréter ce manque de mobilisation comme un signe du manque de popularité d’Hillary Clinton, même au sein de son propre camp? Un chiffre démontre à quel point le rejet d’Hillary Clinton a pu jouer un rôle important dans la victoire de Trump. Un quart de l’électorat (25%) a déclaré que la première raison de son vote pour tel ou tel candidat était son opposition aux autres candidats. Et parmi ces électeurs, 51% ont choisi Donald Trump, 29% ont choisi Hillary Clinton et 10% ont choisi un autre candidat. Le vote anti-Clinton semble donc bien avoir été plus important que le vote anti-Trump ! Enfin, les sondages de sortie des urnes suggèrent également que l’affaire de ses e-mails a nui à Hillary Clinton. 63% des électeurs ont affirmé que l’usage d’un serveur privé par la candidate démocrate était un problème pour eux. Et parmi ces électeurs, Donald Trump a remporté 70% des voix. À l’inverse, chez les électeurs affirmant ne pas être dérangés par l’affaire des e-mails, Hillary Clinton a recueilli 90% des voix.

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AUTRES STATISTIQUES INTÉRESSANTES

Donald Trump sera le tout premier président de l’histoire des Etats-Unis à n’avoir jamais exercé de fonction politique ou servi dans l’armée avant de prêter serment ! Seuls trois présidents américains avaient jusqu’ici été élus sans jamais avoir exercé de fonction politique, mais ils avaient tous les trois servi dans l’armée (Zachary Taylor, Ulysses S. Grant et Dwight Eisenhower).

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Donald Trump est aussi le président le plus âgé jamais élu pour un premier mandat. Quant à Melania Trump, elle ne sera que la deuxième First Lady des Etats-Unis à ne pas être née sur le sol américain. C’était aussi le cas de Louisa Catherine Adams, la femme de John Quincy Adams, sixième président des Etats-Unis (1825-1829). Elle était née à Londres d’une mère anglaise et d’un père américain. Melania Trump est née en Slovénie et est arrivée aux Etats-Unis en 1996. Elle a depuis acquis la nationalité américaine.

LES AUTRES RÉSULTATS ÉLECTORAUX

Il n’y avait pas que l’élection présidentielle ce 8 novembre 2016 ! Les américains votaient également pour élire l’ensemble de leurs députés et un tiers de leurs sénateurs. Dans certains états, on votait également pour élire le gouverneur, les députés du parlement de l’état, des élus locaux etc. Petit tour d’horizon.

LE CONGRÈS

Les Républicains sont les grands vainqueurs des élections du 8 novembre. Ils conservent en effet leur majorité à la Chambre des Représentants et au Sénat. Autrement dit, à partir du 20 janvier 2017, le Parti Républicain contrôlera à la fois la Maison Blanche, la Chambre des Représentants et le Sénat.

À la Chambre des Représentants, les Républicains auront désormais 239 sièges, alors qu’il en faut 218 pour avoir la majorité. Nous n’allons pas vous détailler tous les résultats mais sachez que dans sa circonscription du Wisconsin, Paul Ryan a été réélu en remportant 65% des voix.

Au Sénat, les Républicains occuperont 52 sièges sur 100. Tous les sénateurs républicains qui se représentaient devant les électeurs ont été réélus, sauf deux. Il s’agit de Mark Kirk, battu en Illinois par la Démocrate Tammy Duckworth, et de Kelly Ayotte, battue de justesse par Maggie Hassan dans le New Hampshire (moins de 1,000 voix d’écart!). Parmi les sénateurs républicains réélus, mentionnons John McCain en Arizona (53,4% des voix), Marco Rubio en Floride (52%), Rand Paul au Kentucky (57,3%), Mike Lee en Utah (68,2%), Tim Scott en Caroline du Sud (60,5%), Chuck Grassley en Iowa (60,2%)*, mais aussi Rob Portman en Ohio (58,3%), Richard Burr en Caroline du Nord (51,1%) et Pat Toomey en Pennsylvanie (48,9%).

*Chuck Grassley a 83 ans. Il est donc encore plus âgé que John McCain (80 ans). Il occupe son siège de sénateur depuis 1981 (contre 1987 pour John McCain) !

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Côté démocrate, mentionnons l’élection de trois nouvelles sénatrices. Tammy Duckworth, qui a battu le candidat républicain sortant Mark Kirk en Illinois, a combattu en Irak et sera la première sénatrice d’origine thaïlandaise. Elle est née à Bangkok. Catherine Cortez Masto, élue au Nevada, sera la première sénatrice hispanique. Il y avait en effet déjà des hommes latinos au Sénat (Marco Rubio et Ted Cruz notamment) mais aucune femme. Kamala Harris, élue en Californie, sera la première sénatrice à la fois afro-américaine et d’origine asiatique. Elle est aussi l’une des étoiles montantes du Parti Démocrate.

D’autres femmes ont marqué ces élections au niveau local. Ilhan Omar a été élue au parlement du Minnesota. Elle est ainsi devenue la première réfugiée somalienne à être élue aux Etats-Unis. Zena Stephens est quant à elle devenue la première femme afro-américaine à être élue au poste de shérif. Cela s’est passé dans le Jefferson County, au Texas.

LES GOUVERNEURS ET PARLEMENTS DES ÉTATS

Dans certains états, on élisait aussi un nouveau gouverneur et/ou de nouveaux députés au parlement de l’état. Et là aussi, ce sont les Républicains qui l’ont largement emporté. Seulement trois gouverneurs sortants n’ont pas été réélus. Ils étaient tous démocrates et ont été battus par leurs opposants républicains. Cela s’est passé dans le Missouri, le New Hampshire et même le Vermont, état traditionnellement démocrate ! Un gouverneur républicain sortant pourrait toutefois avoir été battu. Il s’agit de Pat McCrory, gouverneur de Caroline du Nord, très controversé depuis l’adoption d’une loi interdisant aux personnes transsexuelles d’utiliser les toilettes publiques de leur choix. On ne connaît pas encore le résultat final de cette élection mais McCrory est pour l’instant mené d’une courte tête par son adversaire démocrate (48,9% vs 49%). Le scrutin est tellement serré que McCrory pourrait demander un recomptage des voix.

Pour vous montrer à quel point les Républicains dominent désormais le pays, voici trois cartes éloquentes réalisées par le Washington Post.

Carte n°1 : Les états ayant un gouverneur démocrate et un parlement à majorité démocrate

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Carte n°2 : Les états ayant un gouverneur démocrate et un parlement à majorité républicaine ou l’inverse

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Carte n°3 : Les états ayant un gouverneur républicain et un parlement à majorité républicaine

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Et il faut encore ajouter à cela le niveau fédéral, où les Républicains auront désormais la majorité au Congrès et le contrôle de la Maison Blanche. Welcome to a red America !

LES BALLOT MEASURES

Enfin, les électeurs de certains états devaient se prononcer par référendum sur des sujets divers et variés.

Les habitants de cinq états devaient se prononcer sur la légalisation de la consommation de cannabis. En Californie, au Nevada, au Massachusetts et dans le Maine, on a voté en faveur de la dépénalisation. En Arizona, on a voté contre.

Les habitants de l’Arizona, du Colorado, de l’état de Washington et du Maine ont voté pour une augmentation du salaire minimum.

Les habitants de la Californie et du Nebraska votaient pour ou contre l’abolition de la peine de mort. Ils ont choisi de la conserver.

Les habitants de l’état de Washington ont voté contre la mise en place d’une taxe carbone.

Et les habitants du Massachusetts ont voté en faveur de l’adoption d’une loi qui obligera les éleveurs à donner plus d’espace vital à leurs animaux (poules pondeuses, porcs, etc.) et interdira aux producteurs ne respectant pas les mêmes standards dans d’autres états de vendre leurs produits au Massachusetts ! La loi n’entrera toutefois en vigueur qu’en 2022.

VAINQUEURS ET PERDANTS

Terminons cet article consacré au bilan des élections en désignant nos vainqueurs et perdants.

  • Les gagnants

Donald Trump. Il a déjoué tous les pronostics pour devenir le nouveau président des Etats-Unis. Chapeau l’artiste !

Mike Pence. Il avait pris un gros risque en acceptant de devenir le colistier de Donald Trump. Une défaite aurait en effet pu signifier la fin de sa carrière politique. Il va désormais devenir vice-président des Etats-Unis.

Kellyanne Conway. Recrutée par Donald Trump au début de l’été (ndlr: elle soutenait auparavant Ted Cruz et avait parfois critiqué Trump), Kellyanne Conway était alors devenue la première femme à diriger la campagne d’un candidat républicain à la présidence. Elle en est ressortie victorieuse et pourrait désormais se voir proposer un poste dans la nouvelle administration.

Traduction: Le peuple a parlé. Il a choisi une nouvelle direction et un leadership différent. Il faut le respecter. Se rassembler. Nous vivons dans une nation merveilleuse.
Traduction: Le peuple a parlé. Il a choisi une nouvelle direction et un leadership différent. Il faut le respecter. Se rassembler. Nous vivons dans une nation merveilleuse.

Rudy Giuliani, Chris Christie, Ben Carson, Sarah Palin et les autres. Impossible de tous les citer mais vous aurez compris. Tous ces Républicains, plus ou moins modérés, qui ont pris le risque de soutenir Donald Trump et de s’impliquer dans sa campagne et ont désormais une chance de se voir offrir un poste au sein de son administration.

Le Parti Républicain. Tous les candidats républicains élus ou réélus (Marco Rubio, John McCain, Rand Paul, etc.) comptent parmi les gagnants mais il serait trop long de tous les citer. Grâce à eux, c’est le Parti Républicain qui ressort renforcé de cette élection. En 2017, il contrôlera la Maison Blanche, la Chambre des Représentants et le Sénat. Il ne faut pas pour autant oublier toutes les divisions qui ont éclaté au sein du parti pendant la campagne. Le Congrès républicain sera-t-il toujours sur la même longueur d’ondes que le président Trump? Ce n’est pas certain.

Reince Priebus. En tant que président du Parti Républicain, Priebus n’avait guère d’autre choix que de soutenir Donald Trump (à moins de démissionner). La campagne de Trump étant assez désorganisée, il a en partie pris les choses en main. Le parti s’est ainsi chargé de nombreuses opérations de terrain habituellement effectuées par l’équipe du candidat (coups de téléphone, aller frapper aux portes, etc.). Et cela a fonctionné ! Priebus a aussi joué un rôle important de médiateur entre Donald Trump et les Républicains du Congrès, notamment son très bon ami Paul Ryan. Si Trump avait perdu l’élection, Priebus aurait sans doute été démis de ses fonctions. Il se retrouve aujourd’hui en position de force.

Gary Johnson. Il a réalisé le meilleur score de l’histoire du Parti Libertarien à une élection présidentielle.

As Ohio goes, so goes the nation. Ce dicton bien connu des politologues s’est encore une fois avéré pertinent. La dernière fois qu’un candidat a remporté l’élection présidentielle sans remporter l’Ohio? 1960.

  • Les perdants

Hillary Clinton. Elle aura été deux fois candidate à la présidence et aura échoué à deux reprises. Elle ne sera pas la première femme élue présidente des Etats-Unis. Cette défaite inattendue face à Donald Trump signe aussi sans doute la fin de sa carrière politique.

Tim Kaine. Le colistier d’Hillary Clinton n’avait encore jamais perdu une élection. C’est désormais chose faite. Au moins, il ne se retrouve pas au chômage. Il continuera d’occuper son poste de sénateur jusqu’en 2018.

Barack Obama. Le président des Etats-Unis s’est fortement impliqué dans la campagne électorale. Il a prononcé des discours et participé à des meetings. Il a décrit Hillary Clinton comme la candidate à la présidence la plus qualifiée de l’histoire. Il a incité les électeurs américains à se rendre aux urnes. Il a violemment critiqué Donald Trump, le qualifiant notamment de dangereux et d’inapte à exercer la fonction de président. Mais il a beau être très populaire pour un président en fin de mandat (54% d’opinions favorables), il n’a pas convaincu sur ce point. Enfin, c’est aussi son héritage politique qui est en jeu. Donald Trump et les Républicains ont notamment promis d’abroger l’Obamacare.

Le Parti Démocrate. Pendant toute la campagne, c’est le Parti Républicain qui est apparu comme un parti en crise. Le Parti Démocrate l’est aujourd’hui tout autant, voire davantage, et va devoir se remettre en question. Pourquoi cette défaite d’une candidate aussi qualifiée qu’Hillary Clinton face à Donald Trump? Pourquoi les travailleurs américains de la Rust Belt ont-ils tourné le dos au parti? etc.

Les sondages. Après le Brexit et le référendum en Colombie, cette élection présidentielle américaine est un nouveau fiasco pour les sondeurs. Tous les sondages prédisaient la victoire d’Hillary Clinton, même si son avance s’était réduite lors de la dernière semaine de campagne. Presque tous les spécialistes de la politique américaine (journalistes, politologues, etc.) prédisaient également la victoire de Clinton. Grosse remise en question à venir ?

Les célébrités. Elles ont été très nombreuses à afficher leur soutien à Hillary Clinton et/ou à critiquer ouvertement Donald Trump. Katy Perry, Lady Gaga, Bruce Springsteen, Jon Bon Jovi, Madonna, Beyoncé, Jay-Z et beaucoup d’autres. Cela n’a rien changé. Les stars ont bien sûr le droit de s’exprimer comme n’importe quel autre citoyen. Mais il serait peut-être temps que les politiciens comprennent que les inviter à leurs meetings pour qu’ils y prononcent des discours n’a que très peu d’influence sur les électeurs.

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