WEEKLY NEWS FLASH #195

Donald Trump n’a pas reçu le Prix Nobel de la Paix cette semaine. La prestigieuse récompense a été attribuée au premier ministre éthiopien Abiy Ahmed. Mais venons-en tout de suite à ce qui a fait la Une de l’actualité aux Etats-Unis au cours des sept derniers jours, à commencer par la décision très controversée du président Trump de retirer les troupes américaines du nord-est de la Syrie.

LA DÉCISION DU PRÉSIDENT TRUMP DE RETIRER LES TROUPES AMÉRICAINES DU NORD-EST DE LA SYRIE SUSCITE L’INDIGNATION DANS LES RANGS RÉPUBLICAINS

C’est le gros dossier de la semaine. La Turquie a lancé une offensive militaire dans le nord-est de la Syrie après que le président Trump ait annoncé que les troupes américaines présentes dans cette région allaient se retirer. La décision du président américain a suscité une vague d’indignation dans les rangs des Républicains du Congrès. Retour sur la chronologie des événements.

Dimanche 6 octobre. À 22h50, peu après avoir parlé avec le président turc Recep Tayyip Erdogan au téléphone, le président Trump annonce que la Turquie va bientôt lancer une offensive dans le nord-est de la Syrie et que les troupes américaines présentes dans la zone proche de la frontière turco-syrienne – soit un contingent d’environ 50 soldats – vont évacuer la zone.

« La Turquie va bientôt lancer son opération planifiée depuis longtemps dans le nord de la Syrie. Les forces armées des Etats-Unis ne soutiendront pas et ne seront pas impliquées dans cette opération, et les forces américaines, après avoir vaincu le califat de l’Etat Islamique, ne seront plus présentes dans cette zone », indique un communiqué de la Maison Blanche. Autrement dit, les Etats-Unis disent ne pas soutenir l’action du président turc mais ils lui laissent le champ libre.

L’objectif de la Turquie est de repousser les combattants kurdes du YPG – qu’elle considère comme des terroristes apparentés à ceux du PKK – loin de sa frontière et d’établir une « safe zone » dans le nord-est de la Syrie, afin d’y renvoyer une partie des 3,6 millions de réfugiés syriens qui séjournent actuellement sur son territoire.

L’objectif affiché de Donald Trump est de « mettre fin aux guerres sans fin » et de ramener les troupes américaines à la maison. C’était l’une de ses promesses de campagne.

Lundi 7 octobre. La décision du président Trump suscite une indignation quasiment unanime dans les rangs de son propre parti. Seul le sénateur Rand Paul et quelques autres élus bien connus pour leurs opinions isolationnistes approuvent la décision du président. D’après eux, l’Etat Islamique a été vaincu et l’Amérique n’a donc plus aucun intérêt à garder des troupes en Syrie.

Les sénateurs Lindsey Graham, Marco Rubio et Mitt Romney comptent parmi les élus républicains qui dénoncent le plus fortement la décision du président Trump. Ils mettent plusieurs arguments en avant:

1. Les Kurdes, alliés des Américains dans la lutte contre l’Etat Islamique, risquent de se faire massacrer par l’armée turque. ll faut savoir que les combattants kurdes, soutenus par les Etats-Unis, ont assuré l’essentiel des combats au sol contre l’Etat Islamique. On estime qu’environ 11,000 d’entre eux sont morts pour faire tomber le califat. Les détracteurs du président Trump affirment donc que celui-ci abandonne purement et simplement ses alliés kurdes au moment où ils risquent de se faire massacrer par la Turquie, ce qui est moralement condamnable et nuira fortement à l’image des Etats-Unis dans le monde.

2. De nombreux combattants de l’Etat Islamique pourraient profiter du chaos pour s’échapper des camps et prisons dans lesquels ils sont retenus et dont les Kurdes assurent la surveillance. Si les Kurdes doivent partir au front pour se défendre contre la Turquie, qui va s’assurer que les combattants de l’EI ne s’évadent pas?

3. Le régime de Bachar El-Assad, la Russie et l’Iran pourraient également profiter de la situation pour renforcer leurs positions respectives dans le nord-est de la Syrie.

Dans un tweet, Lindsey Graham qualifie l’abandon des Kurdes de future « tache sur l’honneur de l’Amérique ».

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Traduction: Je ne connais pas tous les détails entourant la décision du Président Trump dans le nord de la Syrie. Je suis en train de m’organiser pour avoir une conversation téléphonique avec le Secrétaire Pompeo. Si ce que la presse rapporte est vrai, c’est un désastre qui est en train de se dérouler. *Assure le retour de l’Etat Islamique. *Force les Kurdes à s’aligner avec Assad et l’Iran. *Détruit la relation de la Turquie avec le Congrès américain. *L’abandon des Kurdes sera une tache sur l’honneur de l’Amérique.

Mitt Romney ajoute que la trahison des Kurdes donne l’image d’une Amérique à qui on ne peut pas faire confiance en tant qu’allié.

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Traduction: La décision du Président d’abandonner nos alliés kurdes alors qu’ils font face à une agression de la Turquie est une trahison. Cela signifie que l’Amérique n’est pas un allié fiable; cela facilite la résurgence de l’Etat Islamique; et cela annonce un autre désastre humanitaire.

Marco Rubio répond quant à lui directement à un tweet du président Trump dans lequel ce dernier affirme que « les Etats-Unis ne devaient rester en Syrie que 30 jours » et que, l’Etat Islamique ayant été vaincu, il est désormais temps de ramener les troupes américaines à la maison. Rubio réplique que les Etats-Unis ont vaincu l’Etat Islamique grâce à l’aide des Kurdes et regrette qu’ils choisissent maintenant de les abandonner, alors qu’ils risquent de se faire massacrer.

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Traduction: Nous avons dégradé l’Etat Islamique en utilisant les Kurdes comme force au sol. Maintenant nous les avons abandonnés et ils risquent d’être annihilés par l’armée turque. L’Etat Islamique pourrait être revigoré quand des milliers de combattants emprisonnés s’évaderont lorsque les gardes kurdes seront obligés de quitter leur poste pour aller se battre contre la Turquie.

En réponse aux nombreuses critiques, le président Trump affirme sur Twitter que si la Turquie fait quoi que ce soit qu’il juge « dans sa grande et sans égale sagesse » hors limites, il détruira totalement l’économie turque. Le président ne précise toutefois pas quelles sont les limites que la Turquie ne devrait pas franchir.

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Traduction: Comme je l’ai dit clairement auparavant, et juste pour le réitérer, si la Turquie fait quoi que ce soit que, dans ma grande et sans égale sagesse, je considère comment étant hors limites, je détruirai totalement l’économie de la Turquie. (Je l’ai fait avant!). Ils doivent, avec l’Europe et les autres, surveiller les combattants de l’Etat Islamique capturés et leurs familles. Les Etats-Unis ont fait bien plus que ce que n’importe qui pouvait espérer, y compris capturer 100% du califat de l’Etat Islamique. Il est temps maintenant pour les autres dans la région, dont certains sont très riches, de protéger leur propre territoire. LES ETATS-UNIS SONT GRANDS!

Mercredi 9 octobre. Trois jours après l’annonce du retrait des troupes américaines par Donald Trump, la Turquie lance son opération militaire en Syrie. Des accusations de nettoyage ethnique émergent rapidement. On rapporte aussi que des centaines de combattants de l’Etat Islamique auraient déjà profité de la situation pour s’évader des camps dans lesquels ils étaient retenus, comme les détracteurs du président Trump l’avaient prédit. Interrogé à ce sujet par des journalistes à la Maison Blanche, le président américain minimise, affirmant que les Etats-Unis n’ont pas grand-chose à craindre puisque ces combattants vont se diriger vers l’Europe. « C’est là qu’ils veulent aller », dit-il. Et au sujet des reproches qui lui sont adressés sur l’abandon des Kurdes, le président déclare que ceux-ci « ne nous ont pas aidés durant la Seconde Guerre Mondiale, ils ne nous ont pas aidés en Normandie par exemple. Ils sont là pour nous aider sur leur propre territoire, et c’est une chose différente ».

Les critiques des Républicains (et aussi des Démocrates) redoublent.

Jeb Bush parle de « tragédie ».

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Lindsey Graham affirme que les Kurdes ont été « honteusement abandonnés » par l’administration Trump et que l’Etat Islamique va renaître de ses cendres.

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Traduction: Prions pour nos alliés kurdes qui ont été honteusement abandonnés par l’administration Trump. Cette décision assure la résurgence de l’Etat Islamique.

Graham et son collègue démocrate Chris Van Hollen annoncent aussi qu’ils ont rédigé une proposition de loi visant à mettre en place des sanctions contre la Turquie. Ils affirment que leur texte devrait être soutenu presque unanimement au Congrès.

Jeudi 10 octobre. CNN rapporte que le commandant kurde des Forces Démocratiques Syriennes (SDF) – dont le YPG fait partie -, le général Mazloum Kobani, a déclaré à un diplomate américain que « Vous êtes en train de nous laisser nous faire massacrer ». Il lui aurait aussi expliqué que si les Etats-Unis ne faisaient rien pour empêcher la Turquie de continuer à massacrer son peuple, il n’aurait pas d’autre choix que de se tourner vers le régime de Bachar El-Assad et la Russie.

La presse américaine commence aussi à rapporter les propos de plusieurs militaires américains qui affirment avoir honte pour la première fois depuis le début de leur carrière. Voyez par exemple ce tweet d’une journaliste de Fox News.

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Traduction: Je viens de parler à un soldat bouleversé des forces spéciales américaines. Il fait partie du contingent d’environ 1000 soldats américains présents en Syrie et qui combattent aux côtés des forces kurdes. Ce fut l’un des coups de téléphone les plus difficiles de ma vie. « J’ai honte pour la première fois de ma carrière ».

À Washington, les critiques continuent de pleuvoir sur le président Trump. Le député républicain de l’Illinois John Shimkus annonce dans un communiqué qu’il a demandé à être retiré de la liste officielle des soutiens du président en vue de sa réélection.

Vendredi 11 octobre. Le Secrétaire à la Défense Mark Esper s’exprime lors d’une conférence de presse au Pentagone. Il affirme que les Etats-Unis ne soutiennent pas l’offensive turque contre les Kurdes et que la Turquie doit mettre fin à ses opérations militaires. (Mark Esper annoncera aussi lors de cette conférence de presse que 3,000 soldats américains supplémentaires vont être déployés en Arabie Saoudite).

Dimanche 13 octobre. Les Forces Démocratiques Syriennes (SDF) annoncent qu’elles ont conclu un accord avec le président syrien Bachar El-Assad, afin que l’armée syrienne les aide à repousser l’armée turque. Les forces gouvernementales syriennes commencent donc à revenir dans une région que le régime d’Assad ne contrôlait plus depuis des années. Abandonnés par les Américains, les Kurdes ont choisi de faire alliance avec le diable pour échapper au massacre perpétré contre eux par la Turquie. C’est ce qu’explique le général Mazloum dans Foreign Policy:

If we have to choose between compromises and the genocide of our people, we will surely choose life for our people. (Si nous devons choisir entre des compromis et le génocide de notre peuple, nous choisirons évidemment la vie pour notre peuple)

Pendant ce temps-là, le Secrétaire à la Défense Mark Esper annonce que TOUTES les forces américaines encore présentes dans le nord de la Syrie (environ 1,000 soldats) vont se retirer. Rappelons que la décision initiale du président Trump ne concernait qu’une petite partie de ces troupes, à savoir celles situées au plus près de la frontière turque (environ 50 soldats). Les critiques contre le président Trump redoublent une nouvelle fois.

La députée Liz Cheney parle de « désastre honteux ».

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Traduction: Désastre honteux en cours en Syrie.

L’ancien sénateur et ancien président du comité des Affaires Étrangères du Sénat Bob Corker fait un retour remarqué sur Twitter pour affirmer que les récentes décisions de l’administration sont une « erreur stratégique » et « ternissent encore davantage la réputation de notre nation ».

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Traduction: Les récentes décisions de l’administration concernant la Syrie sont une erreur stratégique et ternissent encore davantage la réputation de notre nation.

Le président Trump affirme quant à lui que les Etats-Unis sont en train d’œuvrer pour la paix dans le monde.

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Traduction: Nous sommes devenus une puissance économique bien plus grande que jamais auparavant, et nous utilisons cette puissance pour la PAIX MONDIALE!

LA NOMINATION DE LA SEMAINE

Donald Trump a nommé le Secrétaire d’Etat adjoint John Sullivan au poste d’ambassadeur des Etats-Unis en Russie. Sullivan devrait donc succéder prochainement à Jon Huntsman, qui avait annoncé cet été qu’il quitterait son poste au mois d’octobre. Sa nomination doit toutefois encore être confirmée par le Sénat.

NBA, CALL YOUR OFFICE

De nombreux membres de la classe politique américaine ont fortement critiqué la NBA après que celle-ci ait présenté des excuses officielles à ses fans chinois à la suite d’un tweet pro-Hong Kong publié par le coach des Houston Rockets.

Tout a commencé le week-end dernier, lorsque l’entraîneur des Houston Rockets, Daryl Morey, a publié un message de soutien aux manifestants hongkongais sur son compte Twitter (« Fight for freedom, stand with Hong Kong »). Très rapidement, la Fédération chinoise de basketball a annoncé qu’elle allait suspendre toute collaboration avec les Houston Rockets. Plusieurs sponsors chinois ont aussi annoncé vouloir couper les ponts avec l’équipe texane. La chaîne de télévision CCTV5, qui retransmet les matchs de NBA en Chine, a quant à elle annoncé qu’elle ne diffuserait plus les matchs des Houston Rockets. Idem pour Tencent, le service qui retransmet les matchs de NBA en streaming sur Internet en Chine.

Le lendemain, la NBA publiait un communiqué officiel pour présenter des excuses à ses fans chinois. Elle y affirmait notamment que l’opinion exprimée par Daryl Morey avait « profondément offensé beaucoup de nos amis et fans en Chine, ce qui est regrettable ». De son côté, le coach des Houston Rockets effaçait son tweet original de soutien aux manifestants hongkongais et publiait un autre message dans lequel il affirmait qu’il n’avait jamais voulu froisser les fans chinois de son équipe.

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Traduction: Je n’avais pas l’intention d’offenser les fans des Rockets et mes amis en Chine avec mon tweet. J’exprimais une pensée, basée sur une interprétation d’un événement complexe. Depuis la publication de ce tweet, j’ai eu l’opportunité d’entendre et de considérer d’autres perspectives. J’ai toujours apprécié le soutien important que nos fans et sponsors chinois nous ont apporté et j’espère que ceux qui sont en colère savent que les offenser ou mal les comprendre n’était pas mon intention. Mes tweets sont personnels et ne représentent en aucun cas les Rockets ou la NBA.

Il faut savoir que la Chine représente un énorme marché pour la NBA. Le basketball est devenu l’un des sports les plus populaires dans ce pays, notamment grâce à Yao Ming, qui a joué pour les Houston Rockets entre 2002 et 2011. Aujourd’hui, environ 300 millions de personnes pratiquent le basket en Chine, soit un Chinois sur cinq ! La NBA est aussi le sport professionnel le plus regardé par les Chinois à la télévision et/ou en streaming sur Internet.

Les excuses présentées par la NBA à la Chine ont suscité la colère de nombreux membres de la classe politique américaine, Républicains comme Démocrates. Ils ont accusé leur ligue nationale de basketball d’accorder plus d’importance à l’argent qu’aux droits de l’homme et à la liberté d’expression des citoyens américains.

« Il est clair que la NBA est plus intéressée par l’argent que par les droits de l’homme », a par exemple écrit le sénateur républicain de Floride Rick Scott sur Twitter. Beto O’Rourke, candidat démocrate à l’élection présidentielle de 2020, a déclaré que « la seule chose pour laquelle la NBA devrait s’excuser est sa priorisation flagrante des profits aux dépens des droits de l’homme ».

La récupération politique de l’affaire a contribué à en faire un véritable scandale national. Plusieurs hommes politiques et journalistes en ont profité pour souligner, à juste titre, que la NBA n’était pas la première entreprise américaine à se plier ainsi aux diktats du régime communiste chinois. L’entreprise Marriott s’est par exemple excusée récemment auprès de la Chine. Le gouvernement chinois s’était plaint du fait que Hong Kong, Taïwan, le Tibet et Macao se retrouvent dans la liste des « pays » mentionnés sur le site web de la chaîne hôtelière et avait bloqué l’accès à ce site. Pour débloquer la situation, Marriott a été contraint de publier un communiqué affirmant que « nous ne soutenons pas les groupes séparatistes qui mettent à mal la souveraineté et l’intégrité territoriale de la Chine ». De même, les trois plus grandes compagnies aériennes américaines – American Airlines, United Airlines et Delta Airlines – ont toutes récemment effacé toute référence à Taïwan en tant que pays indépendant de leurs sites web et autres prospectus, à la demande des autorités chinoises.

LES DERNIÈRES NOUVELLES DE L’IMPEACHMENT INQUIRY

Cette semaine, de nouveaux témoins ont été interrogés par les comités compétents de la Chambre des Représentants.

  • Marie Yovanovitch a témoigné devant le Congrès

L’ex-ambassadrice des Etats-Unis en Ukraine, licenciée en mai dernier, a témoigné à huis clos. Elle aurait affirmé que le président Trump l’avait démise de ses fonctions parce qu’il la suspectait de ne pas être assez loyale envers lui. D’après elle, ce serait Rudy Giuliani qui aurait informé le président Trump qu’il la soupçonnait de protéger les intérêts de la famille Biden en Ukraine, ce qu’elle dément formellement. Yovanovitch aurait déclaré qu’elle avait été très étonnée qu’un ambassadeur puisse désormais être démis de ses fonctions en raison de simples « fausses accusations ».

  • Un proche conseiller de Mike Pompeo a démissionné

Michael McKinley, l’un des plus proches conseillers du Secrétaire d’Etat, a démissionné. Ce diplomate expérimenté travaillait au Département d’Etat depuis près de 40 ans. Il a entre autres été ambassadeur des Etats-Unis au Pérou, en Colombie, au Brésil et en Afghanistan. Mike Pompeo l’avait choisi comme conseiller en mai 2018. McKinley affirme que sa décision de démissionner est personnelle, mais la presse américaine s’interroge. Ce départ intervient en effet au moment où de nombreux diplomates se disent mécontents du manque de soutien qui leur est apporté par Mike Pompeo face aux attaques émanant de la Maison Blanche.

  • Deux associés de Rudy Giuliani ont été arrêtés et mis en examen pour violation de la loi relative au financement des campagnes électorales

Lev Parnas et Igor Fruman ont été arrêtés à l’aéroport de Washington, alors qu’ils s’apprêtaient à prendre un avion pour Francfort. Ils sont soupçonnés d’avoir enfreint la loi encadrant le financement des campagnes électorales. Ils ont notamment fait des dons à la campagne de Donald Trump en 2016. Clients de Rudy Giuliani, ils auraient aussi contribué à introduire ce dernier auprès de plusieurs personnalités ukrainiennes.

  • Joe Biden a appelé pour la première fois à l’impeachment du président Trump

La majorité des candidats démocrates à la présidentielle de 2020 avaient déjà appelé à l’impeachment du président Trump depuis longtemps, mais Joe Biden s’était pour l’instant gardé d’aller jusque-là. Il a franchi le cap cette semaine. Il estime notamment que le refus de la Maison Blanche de coopérer avec l’enquête menée par le Congrès dénote un manque flagrant de respect pour les institutions et la Constitution américaines.

« Afin de préserver notre Constitution, notre démocratie, notre intégrité, il devrait faire l’objet d’une procédure de destitution », a déclaré Biden au sujet du président. Il a ajouté que ce dernier était prêt à tout pour être réélu, y compris à violer les normes démocratiques les plus élémentaires. « Aucun président dans l’histoire n’a jamais osé avoir un comportement aussi inimaginable ».

LA DÉCLARATION DE LA SEMAINE

(Toutes nos excuses pour le langage, mais nous ne faisons que reprendre les mots du président Trump)

Hunter, you know nothing about energy, you know nothing about China, you know nothing about anything, frankly. Hunter, you’re a loser. Your father was never considered smart. He was only a good Vice President because he understood how to kiss Barack Obama’s ass. (Hunter, tu ne sais rien à propos de l’énergie, tu ne sais rien à propos de la Chine, tu ne sais rien sur aucun sujet, pour être franc. Hunter, tu es un perdant. Ton père n’a jamais été considéré comme quelqu’un d’intelligent. Il a seulement été un bon vice-président parce qu’il avait compris comment lécher le cul de Barack Obama)

Le président Trump au sujet de Hunter Biden et Joe Biden lors d’un meeting dans le Minnesota. C’était le premier meeting du président depuis le lancement officiel de l’impeachment inquiry le concernant.

LA DÉMISSION DE LA SEMAINE

Kevin McAleenan, le ministre par intérim de la sécurité intérieure, a démissionné cette semaine. Au sein de l’administration Trump, nous en sommes donc désormais au stade où les ministres *par intérim* démissionnent…..

McAleenan assurait l’intérim à la tête du Department of Homeland Security depuis la démission de Kirstjen Nielsen au mois d’avril dernier.

Officiellement, McAleenan a décidé de partir parce qu’il désire passer davantage de temps avec sa famille. Le président Trump l’a félicité pour son bon travail.

LE CHIFFRE DE LA SEMAINE

1 million ou le nombre de migrants qui ont été arrêtés au cours des douze derniers mois alors qu’ils tentaient de franchir illégalement la frontière entre le Mexique et les Etats-Unis. Cela représente une augmentation de 88% par rapport aux douze mois précédents. Le chef de la Customs and Border Protection, Mark Morgan, a affirmé que « ces chiffres sont des chiffres qu’aucun système d’immigration au monde n’est destiné à gérer, pas même le nôtre ».

ROAD TO 2020

Elizabeth Warren est en colère contre Facebook, Anthony Scaramucci veut que Mitt Romney soit candidat à l’élection présidentielle de 2020 et nous connaissons d’ores et déjà les dates des trois débats présidentiels de l’automne 2020 !

  • Elizabeth Warren entre en guerre contre Facebook

Elizabeth Warren s’est toujours montrée très critique vis-à-vis de Facebook. Cette semaine, la candidate démocrate a carrément fait circuler sur le site une publicité électorale mensongère affirmant que Mark Zuckerberg avait apporté son soutien officiel à Donald Trump pour sa réélection en 2020. L’objectif était de prouver que les candidats aux élections peuvent diffuser tout et n’importe quoi sur Facebook et que Facebook ne vérifie pas la véracité des informations contenues dans leurs publicités électorales avant d’accepter de les diffuser. CQFD.

Elizabeth Warren reproche à Facebook de laisser à Donald Trump la possibilité de diffuser énormément de publicités mensongères sur son site, alors que certaines chaînes de télévision ont refusé de diffuser certains spots du président. La campagne de Donald Trump a par exemple récemment diffusé un spot intitulé « Corruption », qui affirmait sans preuves que Joe Biden avait offert 1 milliard de dollars à l’Ukraine pour aider son fils Hunter Biden. Joe Biden s’est plaint auprès de Facebook, mais Facebook a refusé de cesser de diffuser la vidéo.

« Facebook encaisse simplement les chèques de Trump. Facebook a déjà aidé Donald Trump à se faire élire une fois. Maintenant, ils permettent délibérément à un candidat de mentir intentionnellement au peuple américain », a déclaré Warren.

  • La réponse de la semaine

I’m going to assume it is a guy who said that. And I’m going to say, « Well, then just marry one woman. I’m cool with that…. Assuming you can find one » (Je vais supposer que c’est un homme qui a dit cela. Et je lui répondrais, « Et bien, ne te marie qu’avec une seule femme. Je suis d’accord avec cela…. En supposant que tu puisses en trouver une »)

Elizabeth Warren lors d’un town-hall, en réponse à quelqu’un qui lui demandait ce qu’elle dirait à une personne affirmant que le mariage ne peut concerner qu’un homme et une femme.

  • La différence de la semaine

Lors d’une interview diffusée sur ABC, le journaliste Jonathan Karl a demandé à Bernie Sanders ce qui le différenciait d’Elizabeth Warren, soulignant que leurs programmes électoraux sont assez semblables. Bernie Sanders a déclaré que la principale différence entre eux est que Warren est une capitaliste, alors que ce n’est pas son cas.

There are differences between Elizabeth and myself. Elizabeth has said that she is a capitalist through her bones. I’m not. (Il y a des différences entre Elizabeth et moi-même. Elizabeth a dit qu’elle était une capitaliste jusqu’au bout des ongles. Je ne le suis pas)

  • Dianne Feinstein apporte son soutien à Joe Biden

La sénatrice de Californie Dianne Feinstein a apporté officiellement son soutien à Joe Biden dans le cadre des primaires démocrates. Elle a donc choisi le camp de l’ancien vice-président plutôt que celui de sa collègue sénatrice de Californie Kamala Harris. Celle-ci dispose toutefois déjà du soutien de plusieurs figures politiques importantes dans son état, dont le gouverneur Gavin Newsom.

  • Le cinquième débat démocrate aura lieu le 20 novembre

Le quatrième débat démocrate n’a même pas encore eu lieu (ndlr: il aura lieu demain, 15 octobre) que l’on parle déjà du suivant. Le Parti Démocrate a annoncé que son cinquième débat aurait lieu le 20 novembre en Géorgie. Il sera co-organisé par MSNBC et le Washington Post.

  • À vos agendas !

En parlant de débats….

La Commission des débats présidentiels a d’ores et déjà annoncé le calendrier des débats pour l’élection générale. Pour rappel, contrairement aux débats pour les primaires, les débats entre le candidat démocrate et le candidat républicain à l’élection générale sont organisés par cette commission indépendante. Il y en a traditionnellement trois, auquel il faut ajouter l’unique débat entre les deux candidats à la vice-présidence.

Voici donc le calendrier pour 2020. À vos agendas !

Mardi 29 septembre 2020 – Premier débat présidentiel, à l’Université Notre Dame, Indiana

Mercredi 7 octobre 2020 – Débat vice-présidentiel, à l’Université de l’Utah, Salt Lake City

Jeudi 15 octobre 2020 – Deuxième débat présidentiel, à l’Université du Michigan, Ann Arbor

Jeudi 22 octobre 2020 – Troisième débat présidentiel, à la Belmont University, Nashville

  • Anthony Scaramucci essaye de convaincre Mitt Romney d’être candidat à l’élection présidentielle de 2020

L’ancien directeur de la communication de la Maison Blanche, qui n’était resté que 11 jours à son poste et qui est depuis devenu un farouche opposant au président Trump, a créé le site web Mitt2020.org.

On peut notamment y lire que « Nous ne pouvons pas avoir quatre années supplémentaires de Donald Trump » et que « un seul homme peut ramener la décence, la civilité et la dignité à notre pays et il s’agit de Mitt Romney ».

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Des t-shirts sont en vente sur le site au prix de $20,20.

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L’objectif est de montrer à Mitt Romney que beaucoup d’Américains l’apprécient et de le convaincre ainsi de se présenter à la prochaine élection présidentielle.

L’ÉLECTION DE LA SEMAINE

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Historique ! Pour la toute première fois, un afro-américain a été élu au poste de maire de la ville de Montgomery, la capitale de l’Alabama.

Steven Reed a remporté 67% des voix lors du deuxième tour de l’élection municipale.

D’après le dernier recensement, 60% de la population de la ville de Montgomery est aujourd’hui afro-américaine. Le National Memorial for Peace and Justice, premier mémorial consacré aux victimes de lynchage aux Etats-Unis, y a été inauguré cette année.

LE LIVRE DE LA SEMAINE

Le sénateur républicain Rand Paul vient de publier un ouvrage intitulé « The Case Against Socialism ».

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MEANWHILE, IN CALIFORNIA…

La Californie s’est retrouvée au cœur de l’actualité pour deux raisons distinctes ces derniers jours:

1. La compagnie Pacific Gas & Electric (PG&E) a décidé de couper totalement l’électricité dans plusieurs comtés de Californie pendant plusieurs jours, afin d’éviter le déclenchement d’incendies. Il faut savoir que le spectaculaire incendie qui avait totalement détruit la ville de Paradise l’an dernier avait été déclenché par la chute d’une ligne à haute tension de la compagnie PG&E. Celle-ci a donc décidé qu’elle couperait désormais préventivement l’électricité en cas de vents violents, afin d’éviter qu’un accident semblable se reproduise. Certains élus locaux affirment que cette situation n’est pas acceptable et qu’on ne peut pas régulièrement priver des centaines de milliers de citoyens d’électricité pendant plusieurs jours. Le débat est lancé.

2. Le gouverneur de Californie Gavin Newsom a signé une nouvelle loi interdisant la production et la vente de fourrure dans son état. La nouvelle législation entrera en vigueur le 1er janvier 2023. La Californie devient ainsi le tout premier état américain à interdire la vente de fourrure.

Gavin Newsom a également signé d’autres nouvelles lois relatives au bien-être animal. L’une d’entre elles interdit par exemple l’usage d’animaux sauvages tels que les ours, les éléphants ou les tigres dans les cirques.

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Traduction: Je viens de signer la loi #AB44 – l’une des lois sur les droits des animaux la plus ferme de l’histoire des Etats-Unis – qui fait de la Californie le premier état de la nation à interdire la vente de fourrure. J’ai également signé un ensemble de lois importantes qui mettront fin au traitement cruel de beaucoup d’animaux dans notre état.

 

 

 

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