WEEKLY NEWS FLASH #14

La semaine écoulée faisait suite aux attentats de Paris. Elle a donc été avant tout dominée par les débats sur la lutte contre l’Etat Islamique et sur l’accueil des réfugiés syriens. Nous avons jugé utile d’y consacrer un article à part entière (Et maintenant? Après les attentats de Paris, l’Amérique s’interroge). Dans ce Weekly News Flash, nous évoquerons les autres points de l’actualité politique de la semaine.

L’ABANDON DE LA SEMAINE

Bobby Jindal n’est plus candidat à la Maison Blanche. C’est le troisième candidat républicain à mettre un terme à sa campagne électorale, après Rick Perry et Scott Walker. Dans un texte publié sur sa page Facebook, il déclare que cela a été un honneur pour lui de faire campagne pour la présidence et que ses parents, arrivés aux Etats-Unis il y a 45 ans, n’auraient certainement jamais imaginé que leur fils arrive jusque-là.

They raised me to believe Americans can do anything, and they were right, we can. But this is not my time, so I am suspending my campaign for President. (Ils m’ont élevé à croire que les américains peuvent réaliser n’importe quoi, et ils avaient raison, nous le pouvons. Mais ce n’est pas le bon moment pour moi, et je suspends donc ma campagne pour la présidence)

Les autres candidats républicains ont tenu à saluer leur ancien adversaire. Ils ont tous présenté Jindal comme une incarnation du rêve américain et ont tous assuré qu’ils étaient persuadés qu’il serait encore amené à jouer un rôle important au sein du Parti dans les années à venir. Mike Huckabee est peut-être celui qui s’est montré le plus élogieux à son égard.

Traduction: Le gouverneur Bobby Jindal est l'une des personnes les plus intelligentes de notre Parti Républicain.
Traduction: Le gouverneur Bobby Jindal est l’une des personnes les plus intelligentes de notre Parti Républicain.

 

 

 

 

 

 

 

 

Traduction: Le prochain Président devrait espérer que le gouveneur Bobby Jindal soit disposé à apporter son intelligence et son expérience au sein de son cabinet.
Traduction: Le prochain Président devrait espérer que le gouveneur Bobby Jindal soit disposé à apporter son intelligence et son expérience au sein de son cabinet.

 

Depuis le début de sa campagne, Jindal n’avait jamais réussi à grimper dans les sondages et n’avait par conséquent jamais réussi à se qualifier pour les débats principaux. Il devait à chaque fois se contenter de participer au Happy Hour Debate. Il n’avait plus non plus beaucoup d’argent pour financer sa campagne (moins de 300,000$), ce qui a sans doute largement contribué à sa décision. D’autre part, son mandat de gouverneur de Louisiane touche à sa fin. Son successeur a été élu ce week-end (voir ci-dessous). Jindal n’occupera donc bientôt plus aucune fonction politique. Il a annoncé qu’il continuerait de travailler pour le think tank qu’il a lui-même créé, America Next. On ignore s’il a d’autres objectifs professionnels. Quoi qu’il en soit, il est peu probable qu’il ait dit son dernier mot en politique. Même si sa campagne a été un échec, il reste un homme brillant et il est encore très jeune. S’il décidait de se présenter à la prochaine élection présidentielle (en 2020), il n’aurait encore que 49 ans. Et seulement 53 ans en 2024. N’oubliez donc pas trop vite son nom.

LE VAINQUEUR DE LA SEMAINE

John Bel Edwards. Ce Démocrate a été élu au poste de gouverneur de Louisiane ce samedi 21 novembre. Il succèdera donc à Bobby Jindal. L’élection d’un Démocrate à la tête de la Louisiane, état du Sud traditionnellement très conservateur, est une surprise. C’est d’ailleurs la première élection d’un Démocrate à un tel poste dans un état du Sud depuis 2009 ! Il faut dire qu’Edwards n’a pas hésité à mener une campagne très négative à l’encontre de son opposant républicain David Vitter, qui avait été épinglé pour avoir eu recours aux services d’une prostituée en 2007. Suite à cette défaite, Vitter a annoncé qu’il mettrait fin à sa carrière politique l’année prochaine, au terme de son mandat de sénateur.

LE DISCOURS DE LA SEMAINE

Bernie Sanders a prononcé un discours très attendu cette semaine, à la Georgetown University. Il s’agissait d’un discours lors duquel il devait expliquer sa vision du « socialisme démocratique » dont il se réclame. Le discours a duré plus d’une heure mais n’était finalement pas très différent des discours habituels du sénateur du Vermont. Il a notamment insisté sur le fait que certaines mesures prises à l’époque par les présidents Franklin D. Roosevelt et Lyndon B. Johnson avaient été considérées par leurs opposants comme des mesures « socialistes » et qu’aujourd’hui tout le monde en était satisfait (création de la sécurité sociale, semaine de travail de 40h etc.)

Traduction: Programmes "socialistes" de FDR et LBJ : Sécurité sociale Salaire minimum Medicare et Medicaid Semaine de travail de 40 heures
Traduction: Programmes « socialistes » de FDR et LBJ :
Sécurité sociale
Salaire minimum
Medicare et Medicaid
Semaine de travail de 40 heures

Let me define for you, simply and straightforwardly, what democratic socialism means to me. It builds on what Franklin Delano Roosevelt said when he fought for guaranteed economic rights for all Americans. And it builds on what Martin Luther King, Jr. said in 1968, when he stated that « this country has socialism for the rich and rugged individualism for the poor ». It builds on the success of many other countries around the world who have done a far better job than we have in protecting the needs of their working families, their elderly citizens, their children, their sick and their poor. (Laissez-moi définir pour vous, simplement et franchement, ce que le socialisme démocratique signifie pour moi. Il s’appuie sur ce qu’a dit Franklin Delano Roosevelt lorsqu’il s’est battu pour des droits économiques garantis à tous les américains. Et il s’appuie sur ce que Martin Luther King Jr. a dit en 1968, lorsqu’il a déclaré que « ce pays a un socialisme pour les riches et un individualisme rude pour les pauvres ». Il s’appuie sur le succès de nombreux autres pays du monde qui ont fait un bien meilleur boulot que nous pour protéger les besoins de leurs familles de travailleurs, de leurs citoyens âgés, de leurs enfants, de leurs malades et de leurs pauvres)

Sanders a également répété ce qu’il déclare depuis le début de sa campagne : le gouvernement doit travailler pour tous et pas seulement pour les milliardaires, l’accès aux soins de santé doit être un droit et non un privilège, etc.

LE SOUTIEN DE LA SEMAINE

Celui du député très conservateur de l’Iowa Steve King à Ted Cruz. King aurait beaucoup d’influence sur les électeurs chrétiens conservateurs de l’Iowa, où aura lieu le premier caucus. Ce soutien pourrait donc être une très bonne nouvelle pour Ted Cruz. King a déclaré :

I believe Ted Cruz is the candidate that’s the answer to my prayers. A candidate whom God will use to restore the soul of America. (Je crois que Ted Cruz est le candidat qui est la réponse à mes prières. Un candidat que Dieu utilisera pour restaurer l’âme de l’Amérique)

LES SOUCIS DE LA SEMAINE

Ceux de Ben Carson, qui a plutôt passé une mauvaise semaine. Ses compétences en matière de politique étrangère ont été une fois de plus remises en question dans un article du New York Times. L’article mettait en avant les propos de Duane Clarridge, présenté comme l’un des principaux conseillers de Ben Carson en matière de politique étrangère.

Nobody has been able to sit down with him and have him get one iota of intelligent information about the Middle East. (Personne n’est parvenu à s’asseoir avec lui et à lui faire comprendre un iota d’information intelligente sur le Moyen-Orient)

L’attaque est pour le moins violente puisque Clarridge a l’air de se plaindre tout simplement de l’inculture totale et de la bêtise de Carson en la matière. La campagne de Ben Carson a répliqué en disant que Clarridge n’était en réalité pas l’un de ses plus proches conseillers mais avait seulement participé à quelques réunions. Le communiqué ajoutait aussi que le New York Times aurait « profité d’un homme âgé ».

Un malheur n’arrivant jamais seul, l’équipe de Ben Carson a commis une bourde qui a bien fait rire les internautes. Une carte des Etats-Unis quelque peu étrange a en effet été postée sur les profils Twitter et Facebook officiels du candidat. Cinq états du Nord-Est du pays y étaient mal positionnés !

Source: Washington Post
Source: Washington Post

La carte a rapidement suscité les moqueries des internautes et a été retirée. Il s’agissait probablement d’une simple gaffe commise par le web designer de l’équipe de Carson mais ce n’était pas le moment idéal pour la commettre, d’autant plus que c’était justement la semaine de la géographie (Geography Awareness Week) aux Etats-Unis !

L’ÉTUDE DE LA SEMAINE

Une étude du très respecté Pew Research Center qui suggère que l’Amérique est bien le pays de la liberté d’expression. L’étude a été réalisée entre le 5 avril et le 21 mai 2015 dans 38 pays. Plus de 40,000 personnes ont été interrogées. Les questions portaient principalement sur la liberté d’expression et les éventuelles restrictions légales que le gouvernement devrait lui apporter. C’est aux Etats-Unis, en Amérique Latine et en Europe que les gens sont les plus attachés au principe de liberté d’expression sans aucune censure du gouvernement. 71% des américains pensent que les citoyens doivent pouvoir dire tout ce qu’ils veulent en public. Les pourcentages dans les autres régions du monde sont les suivants : 69% en Amérique Latine, 65% en Europe, 50% en Asie/Pacifique, 46% en Afrique et 43% au Moyen-Orient.

Certaines questions portaient ensuite sur d’éventuelles restrictions à apporter à certains types de discours (discours raciste ou appelant à la violence par exemple). Là aussi, les américains sont à chaque fois plus tolérants que la moyenne.

Source: Pew Research Center
Source: Pew Research Center

Les gens doivent-ils pouvoir faire des déclarations publiques :

– Qui critiquent la politique du gouvernement ? 80% de oui en moyenne / 95% aux Etats-Unis

– Qui sont offensantes pour les croyances religieuses ? 35% de oui en moyenne / 77% aux Etats-Unis

– Qui sont offensantes pour les minorités (déclarations pouvant être jugées racistes) ? 35% de oui en moyenne / 67% aux Etats-Unis

– Qui sont sexuellement explicites ? 26% de oui en moyenne / 52% aux Etats-Unis

– Qui appellent à des manifestations violentes ? 25% de oui en moyenne / 44% aux Etats-Unis

Il est intéressant de remarquer que, aux Etats-Unis comme ailleurs, les gens supportent davantage le droit à pouvoir proférer des propos racistes que des propos sexuellement explicites.

LE COUP DE GUEULE DE LA SEMAINE

Celui de Donald Trump contre John Kasich. Alors que la presse venait de révéler qu’un groupe soutenant la candidature à la présidence de John Kasich allait dépenser 2,5 millions de $ pour une campagne publicitaire visant à discréditer Trump, celui-ci a poussé un véritable coup de gueule contre le gouverneur de l’Ohio. Comme à son habitude, il a utilisé le réseau social Twitter pour faire part de son mécontentement et a ainsi publié pas moins de 12 tweets (!) peu aimables à l’encontre de Kasich. En voici deux :

Traduction: John Kasich, bien qu'étant gouverneur de l'Ohio, perd contre moi dans les sondages en Ohio. Pathétique!
Traduction: John Kasich, bien qu’étant gouverneur de l’Ohio, perd contre moi dans les sondages en Ohio. Pathétique!
Traduction: Je veux faire de la publicité négative contre John Kasich, mais il est tellement peu pertinent pour l'élection que je ne veux pas gaspiller mon argent.
Traduction: Je veux faire de la publicité négative contre John Kasich, mais il est tellement peu pertinent pour l’élection que je ne veux pas gaspiller mon argent.

Un peu plus tard, lors d’un rassemblement, il a déclaré :

I understand social media. Maybe better than anybody, ever. Somebody said I’m the Ernest Hemingway of 140 characters. (Je comprends les médias sociaux. Peut-être mieux que quiconque ne l’a jamais fait. Quelqu’un a dit que j’étais le Ernest Hemingway des 140 caractères)*

*Référence aux 140 caractères maximum que peut comporter un tweet

LES TWEETS DE LA SEMAINE

Justement, terminons par les tweets de la semaine :

1 – Ce tweet de Donald Trump critiquant les médias qui qualifient de « cerveaux » les organisateurs des attentats de Paris.

Traduction: Les médias doivent dénigrer l'Etat Islamique à tous les niveaux ou les jeunes continueront à être attiré vers lui. Ce sont des dégénérés de bas niveau, PAS des cerveaux!
Traduction: Les médias doivent dénigrer l’Etat Islamique à tous les niveaux ou les jeunes continueront à être attirés vers lui. Ce sont des dégénérés de bas niveau, PAS des cerveaux!

2 – Ce tweet de Mike Huckabee défendant l’usage du terme de guerre contre l’Islam radical

Traduction: En dépit de ce que dit cette Maison Blanche, nous ne sommes pas en guerre contre des militants Méthodistes, des extrémistes Episcopaliens, ou des Catholiques radicalisés.
Traduction: En dépit de ce que dit cette Maison Blanche, nous ne sommes pas en guerre contre des militants Méthodistes, des extrémistes Episcopaliens, ou des Catholiques radicalisés.

3- Ce tweet de Carly Fiorina qui nous apprend que la candidate républicaine aime la bière. Fiorina intervenait dans une conversation réunissant plusieurs femmes journalistes. L’une d’entre elles, Meghan McCain (qui n’est autre que la fille de John McCain) proposait d’organiser une réunion réunissant toutes les personnes ayant été insultées par Donald Trump. Elle proposait d’amener de la bière. Fiorina a donc répondu de la manière suivante à cette invitation :

Traduction: Les femmes fortes et conservatrices n'one pas besoin d'une excuse pour boire une bière. Je suis partante.
Traduction: Les femmes fortes et conservatrices n’ont pas besoin d’une excuse pour boire de la bière. Je suis partante.

C’est tout pour cette semaine…

 

 

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