HILLARY CLINTON S’IMPOSE AU NEVADA, DONALD TRUMP S’IMPOSE EN CAROLINE DU SUD ET JEB BUSH JETTE L’ÉPONGE

On votait ce samedi 20 février au Nevada et en Caroline du Sud. Retour sur les victoires d’Hillary Clinton et de Donald Trump, ainsi que sur l’abandon de Jeb Bush.

HILLARY CLINTON REMPORTE LE CAUCUS DÉMOCRATE DU NEVADA

5

NEVADA (NV)

Capitale: Carson City

Ville la plus peuplée: Las Vegas

Population: 2,890,845 (estimation 2015)

Surnom: The Silver State

Devise: All for Our Country // Tout pour notre pays

Gouverneur actuel: Brian Sandoval (R)

3

Le Nevada est un état avant tout réputé pour ses casinos. Qui ne connaît pas Las Vegas? L’économie du Nevada est donc basée en grande partie sur le tourisme et le jeu, mais pas uniquement. L’extraction minière (argent et or) reste un secteur important, tout comme l’élevage du bétail. C’est le seul état des Etats-Unis où la prostitution est légale. Un quart de la population du Nevada (26%) est hispanique.

Vainqueurs des derniers caucus démocrates :

2000 –  Al Gore

2004 – John Kerry

2008 – Hillary Clinton

Le caucus démocrate du Nevada, version 2016, était fermé. Cela signifie que seuls les électeurs démocrates avaient le droit d’y participer. Et c’est Hillary Clinton qui l’a emporté face à Bernie Sanders, comme elle l’avait déjà fait en 2008 face à Barack Obama.

HILLARY CLINTON 53%

Bernie Sanders 47%

Le calcul du nombre de délégués attribué à chaque candidat n’était pas tout à fait terminé à l’heure où nous écrivions ces lignes.

DONALD TRUMP REMPORTE LA PRIMAIRE RÉPUBLICAINE DE CAROLINE DU SUD

6

SOUTH CAROLINA (SC)

Capitale: Columbia

Ville la plus peuplée: Columbia

Population: 4,896,146 (estimation 2015)

Surnom: The Palmetto State

Devise: Dum Spiro Spero (en latin) // Pendant que je respire, j’espère

Gouverneur actuel: Nikki Haley (R)

4

La Caroline du Sud est un état du Sud, qui a fait partie de la Confédération lors de la guerre de Sécession (soit les états défendant l’esclavage). C’est même le premier état à avoir fait sécession. Les afro-américains y représentent aujourd’hui 28% de la population. La Caroline du Sud s’est retrouvée à la Une de l’actualité en juin 2015 lorsqu’un jeune blanc a froidement assassiné plusieurs noirs dans une église de la ville de Charleston. Il avait rapidement avoué que la motivation de son crime était purement raciste. La tuerie avait été suivie d’un débat sur le drapeau confédéré. Celui-ci trônait encore sur plusieurs monuments, et notamment à l’entrée du Capitole (le bâtiment abritant le parlement de l’état). La gouverneure républicaine de l’état, Nikki Haley, avait finalement pris la décision de le retirer. La Caroline du Sud abrite une large communauté de vétérans. L’état abrite de nombreuses bases militaires ainsi que la prestigieuse Citadel, une académie militaire basée à Charleston. Les électeurs de l’état sont donc en général sensibles aux questions de sécurité nationale et de politique étrangère. Les autres secteurs d’activité en Caroline du Sud incluent l’agriculture, l’élevage, l’industrie textile, l’industrie automobile ou encore le tourisme. Politiquement, la Caroline du Sud (comme beaucoup d’états du Sud) est un état fortement républicain.

Vainqueurs des dernières primaires républicaines :

2000 – George W. Bush

2008 – John McCain

2012 – Newt Gingrich

La primaire républicaine de Caroline du Sud, version 2016, était ouverte. Cela signifie que tous les électeurs de l’état (Républicains, Démocrates et Indépendants) pouvaient y participer. C’est Donald Trump qui l’a largement emporté puisqu’il compte 10 points d’avance sur ses deux challengers, Marco Rubio et Ted Cruz. L’écart de voix entre ces deux-là est faible (un peu plus de 1,000 voix d’écart) mais c’est finalement Rubio qui termine à la seconde place devant Cruz. Jeb Bush espérait quant à lui réaliser un bon score qui lui permettrait de relancer sa campagne électorale, d’autant plus que sa famille avait jusqu’ici toujours bien réussi en Caroline du Sud. Son père comme son frère avaient remporté la primaire de cet état lorsqu’ils y avaient participé. Mais Bush n’a finalement terminé qu’à la quatrième place avec seulement 8% des voix. Suite à l’annonce des résultats, il a immédiatement annoncé qu’il mettait un terme à sa campagne électorale.

DONALD TRUMP 32,5% ⇒ 50 délégués

Marco Rubio 22,5%

Ted Cruz 22,3%

Jeb Bush 7,8%

John Kasich 7,6%

Ben Carson 7,2%

La victoire est d’autant plus écrasante pour Donald Trump qu’il remporte les 50 délégués de l’état.

QUELQUES CHIFFRES INTÉRESSANTS

Voici quelques chiffres qui nous semblent significatifs.

Chez les Démocrates

Hillary Clinton l’a emporté face à Bernie Sanders. Mais contrairement à ce qui était annoncé, elle n’a pas emporté la majorité des voix chez les électeurs latinos*.

*Sont considérés comme latinos ou hispaniques tous les immigrés et descendants d’immigrés venus d’Amérique Latine. Les latinos représentaient 16% de la population des Etats-Unis en 2010, et bien plus dans certains états (ex: près de 40% de la population en Californie ou au Texas). Ils sont devenus la première minorité du pays, dépassant les afro-américains. La majorité des latino-américains sont d’origine mexicaine (près de 70%). Les autres sont d’origine cubaine, portoricaine etc.

Source: Washington Post
Source: Washington Post

Les sondages prédisaient une victoire de Clinton auprès des minorités, c’est-à-dire les afro-américains d’une part et les latinos d’autre part. Elle l’a bien emporté largement auprès des premiers (près de 75% des voix) mais pas auprès des seconds. Bernie Sanders a remporté un peu plus de 50% des voix latinos. Et ce fut sans doute la plus grosse surprise de la soirée.

Chez les Républicains

Le soutien de la très populaire gouverneure de Caroline du Sud, Nikki Haley, à Marco Rubio a-t-il persuadé certains électeurs de voter en faveur de ce dernier? Il faut relativiser car seulement un quart des électeurs républicains ont déclaré que la décision d’Haley avait été un facteur important pour eux. Mais parmi ceux-là, la moitié a voté en faveur de Rubio.

En ce qui concerne Ted Cruz, nous avons eu la confirmation en Caroline du Sud que son succès repose bien sur le vote des électeurs évangéliques. En effet, parmi les personnes ayant voté en sa faveur, 84% se décrivaient comme évangéliques et seulement 16% comme non-évangéliques ! Bref, Cruz ne semble pas parvenir à séduire au-delà de la droite chrétienne et ne semble avoir aucune chance de l’emporter sans le soutien massif des évangéliques. Or, et c’est inquiétant pour lui, il n’a pas remporté une majorité des voix évangéliques samedi. Sur les 72% d’électeurs républicains se déclarant évangéliques (soit plus qu’en Iowa où le chiffre était de 64%), 33% ont voté en faveur de Donald Trump, contre 27% pour Cruz et 22% pour Rubio.

L’ABANDON DE JEB BUSH

Davantage que les victoires d’Hillary Clinton et de Donald Trump, qui étaient attendues, l’événement de la soirée fut l’abandon de Jeb Bush. Les résultats de la primaire de Caroline du Sud à peine connus, Bush a prononcé un discours lors duquel il a annoncé qu’il mettait un terme à sa campagne électorale. Visiblement ému, il a déclaré :

The people of Iowa, New Hampshire and South Carolina have spoken and I really respect their decision. So, tonight, I’m suspending my campaign. (Les citoyens de l’Iowa, du New Hampshire et de la Caroline du Sud ont parlé et je respecte vraiment leur décision. Donc, ce soir, je mets un terme à ma campagne)

Jeb Bush n’a pas cité Donald Trump lors de ce discours mais on peut raisonnablement penser qu’il le visait lorsqu’il a dit :

Despite what you might have heard, ideas matter, policy matters. (Malgré ce que vous avez pu entendre, les idées ont de l’importance, la politique a de l’importance)

Ou encore :

I firmly believe the American people must entrust this office to someone who understands that whoever holds it is a servant, not the master. Someone who will commit to that service with honor and decency. (Je crois fermement que le peuple américain doit confier cette fonction à quelqu’un qui comprenne que quiconque l’occupe est un serviteur, pas le maître. Quelqu’un qui s’engage à servir avec honneur et décence)

Jeb Bush a aussi pris le temps de remercier chaleureusement Lindsey Graham, qui était présent à ses côtés, pour son soutien et son humour. Il a déclaré qu’il était devenu « un ami pour la vie ».

Graham a quant à lui publié un communiqué où l’on pouvait notamment lire :

I’m very proud of Jeb Bush and the campaign he ran for President. He spoke out against demagoguery. He brought forth realistic solutions to difficult problems. […] I’m disappointed his campaign came to an end, but I’m very proud to have been part of Jeb’s team. (Je suis très fier de Jeb Bush et de la campagne pour la présidence qu’il a menée. Il a dénoncé la démagogie. Il a proposé des solutions réalistes à des problèmes difficiles. […] Je suis déçu que sa campagne prenne fin, mais je suis très fier d’avoir fait partie de l’équipe de Jeb)

Graham n’a pas été le seul à saluer Jeb Bush. Ce fut par exemple également le cas de Mitt Romney, ancien candidat républicain à la présidence en 2012. Il a publié le message suivant sur son compte Facebook.

2

En français, cela donne :

Aujourd’hui, Jeb Bush a suivi l’exemple de sa famille en plaçant le pays au-dessus de lui. Sa campagne a consisté en réponses à de vrais problèmes et en politiques pour renforcer notre pays. Ce fut une campagne conduite dans la plus élégante tradition de dignité et d’intégrité et Jeb Bush y a tout donné: il ne doit avoir aucun regret. Je suis fier de pouvoir le considérer comme un ami.

Hormis Donald Trump, les désormais anciens adversaires de Bush l’ont également salué. Ted Cruz a par exemple déclaré qu’il avait apporté « de la sincérité, de la dignité et de l’honneur à la campagne ». Mais la réaction la plus remarquable fut sans doute celle de Marco Rubio, son ancien protégé. Rappelons que c’est Jeb Bush qui a largement contribué à lancer la carrière politique de Rubio en Floride et qu’il a longtemps été son mentor. Dans son discours prononcé peu après l’annonce des résultats, Rubio a rendu hommage à Bush en le qualifiant de « greatest governor in the history of Florida » (le meilleur gouverneur de l’histoire de la Floride). Il a ajouté qu’il espérait que cela n’était pas la fin de son service pour le pays et enfin, il l’a remercié pour avoir mené une campagne « basée sur les idées ». La question est désormais de savoir si Jeb Bush apportera un soutien officiel à Rubio dans les jours ou les semaines à venir.

Au-delà de toutes ces réactions, la presse s’est bien sûr interrogée sur les raisons de l’échec de la campagne de Jeb Bush. Les gens ne voulaient-ils simplement pas d’un troisième Bush à la Maison Blanche? Probable, d’autant plus que cette campagne semble démontrer que les américains sont avides de changement. Plus largement, beaucoup d’observateurs, ainsi que bon nombre de conseillers de Bush, semblent s’accorder pour dire que l’électorat américain est en colère en 2016 et que la personnalité réservée de Bush ne pouvait tout simplement pas convenir dans un tel état d’esprit. Bush n’était pas prêt à changer, à tomber dans certains discours caricaturaux, même si cela pouvait être plus rentable électoralement. Autre élément d’explication: l’influence de Donald Trump. Dès les premiers jours de sa campagne, ce dernier a fait de Bush sa cible préférée (sans doute parce qu’il faisait alors figure de favori). Trump n’a cessé de répéter que Bush était un homme sans énergie (low energy) et que cela ne correspondait pas au profil d’un président. Il semble que Trump soit curieusement parvenu à ancrer cette idée dans la tête de bon nombre d’électeurs. Le fait que Bush ne soit pas très à l’aise lors des débats télévisés (bien qu’il se soit amélioré au fil du temps) a sans doute contribué à renforcer cette image. Des journalistes qui ont suivi toute la campagne de Bush ont pu témoigner du fait que de nombreuses personnes venues assister à ses meetings en ressortaient étonnées, déclarant à la sortie qu’il était bien plus énergique qu’elles ne l’imaginaient. Preuve que l’image véhiculée par Trump avait fini par lui coller à la peau. Bush en était d’ailleurs conscient puisqu’il avait déclaré à ce sujet :

You know what? I’ve never understood this. For a guy who doesn’t even know me, he just repeats it over and over again, it becomes the truth. It’s the weirdest thing in the world. (Vous savez quoi? Je n’ai jamais compris cela. Pour quelqu’un qui ne me connaît même pas, il répète juste cela encore et encore, et cela devient la vérité. C’est la chose la plus étrange au monde)

Et justement, il semble que Bush n’ait jamais compris l’attrait que Trump pouvait exercer sur les électeurs. Ce qui l’a peut-être empêché de mettre en place une stratégie efficace pour le contrer, si tant est qu’il y en ait une.

Enfin, notons que l’échec de Bush, dont la campagne avait recueilli plus de 100 millions de dollars, prouve que si l’argent est indispensable pour faire campagne aux Etats-Unis, il ne fait pas tout.

VAINQUEURS ET PERDANTS

Quels sont les vainqueurs et les perdants de cette soirée électorale ?

  • Les gagnants

Hillary Clinton. Après une victoire d’une très courte tête en Iowa et une lourde défaite dans le New Hampshire, Hillary Clinton avait besoin de remporter le caucus du Nevada. Elle y est parvenue.

Traduction: À tous ceux qui sont venus de tous les coins du Nevada avec détermination et cœur: Ceci est votre victoire. Merci.
Traduction: À tous ceux qui sont venus de tous les coins du Nevada avec détermination et cœur: Ceci est votre victoire. Merci.

Donald Trump. Donald Trump a remporté la primaire de Caroline du Sud avec 10 points d’avance sur Marco Rubio et Ted Cruz. Ce score lui a permis d’empocher les 50 délégués de l’état. Trump s’impose de plus en plus comme le favori à l’investiture républicaine.

Traduction: Quelle superbe soirée. Merci la Caroline du Sud, un endroit spécial avec des gens vraiment incroyables ! LOVE
Traduction: Quelle superbe soirée. Merci la Caroline du Sud, un endroit spécial avec des gens vraiment incroyables ! LOVE

Marco Rubio. Certes, Marco Rubio n’arrive qu’en deuxième position et compte 10 points de retard sur Trump. Pire, il n’a toujours pas gagné un seul état (Ted Cruz l’a emporté en Iowa et Donald Trump au New Hampshire et en Caroline du Sud). Mais Rubio est parvenu à s’imposer comme le seul candidat « modéré » à pouvoir faire barrage à Trump. De plus, il a pris le dessus sur son ancien mentor Jeb Bush et l’abandon de celui-ci est probablement une bonne chose pour lui. De nombreux électeurs favorables à Bush devraient désormais se tourner vers lui, tout comme l’ensemble de l’establishment du Parti Républicain qui veut éviter une victoire de Trump ou de Cruz. La tâche s’annonce tout de même difficile pour Rubio. Il lui reste peu de temps pour rattraper son retard sur Donald Trump.

La diversité. Sans vouloir manquer de respect à John Kasich et à Ben Carson, il semble désormais presque certain que la présidence reviendra à Donald Trump, Ted Cruz, Marco Rubio, Hillary Clinton ou Bernie Sanders. Cela veut donc dire qu’il y a une chance sur cinq (si l’on écarte Donald Trump) que le nouveau Président incarne une première historique. Hillary Clinton serait la première femme à accéder à la présidence. Bernie Sanders serait le premier juif (bien qu’il ne soit pas pratiquant) à y accéder. Ted Cruz ou Marco Rubio serait le premier latino-américain à y accéder (et Rubio le deuxième catholique seulement, après Kennedy). Si vous ajoutez à cela qu’un afro-américain est toujours candidat côté républicain (Ben Carson) et qu’un indo-américain fut également candidat pendant un temps (Bobby Jindal), vous vous rendez compte que cette élection reflète assez bien la diversité de la société américaine. Et quoi qu’on puisse en dire, le Parti Républicain incarne cette année autant, voire plus, cette diversité que le Parti Démocrate.

  • Les perdants

Jeb Bush, et la famille Bush en général. Jeb Bush est évidemment le grand perdant de la soirée puisque son mauvais résultat l’a poussé à mettre un terme à sa campagne. La famille Bush dans son ensemble est aussi perdante puisque la mobilisation de Barbara Bush et même de l’ancien Président George W. Bush, qui sont venus faire campagne aux côtés de Jeb, n’aura rien changé. Les Bush vont devoir s’y faire, ils ne semblent plus correspondre à ce que les électeurs républicains recherchent aujourd’hui.

Ted Cruz. Ted Cruz termine troisième derrière Donald Trump et Marco Rubio dans un état où 72% des électeurs républicains se considèrent comme évangéliques. Comme nous l’avons expliqué ci-dessus, ce constat est inquiétant pour lui.

Bernie Sanders. Certes, le résultat de Bernie Sanders au Nevada reste honorable. De plus, le fait qu’il soit parvenu à remporter une majorité de voix latinos démontre encore une fois qu’il est toujours capable de créer la surprise. Néanmoins, ses chances de remporter l’investiture démocrate semblent réduites. Beaucoup d’états du Sud vont voter prochainement et, dans ces états, les afro-américains constituent une part importante de l’électorat démocrate. Or, ces électeurs semblent très majoritairement acquis à la cause d’Hillary Clinton. De plus, n’oublions pas que la quasi-totalité des super-délégués devraient voter en faveur de Clinton lors de la Convention démocrate.

PS: Prochain rendez-vous électoral pour les Républicains ⇒ caucus du Nevada ce mardi 23 février. Pour les Démocrates ⇒ primaire de Caroline du Sud samedi 27 février. Ensuite, ce sera le Super Tuesday le mardi 1er mars.

 

 

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