COMPTE-RENDU DU DÉBAT RÉPUBLICAIN DE HOUSTON

Le dixième débat républicain (et oui, déjà!) se tenait à Houston, au Texas. C’est l’opposition entre Marco Rubio et Donald Trump qui a dominé la soirée. Compte-rendu.

INTRODUCTION

Jeudi 25 février 2016. Houston, Texas. Nouveau débat républicain opposant les cinq candidats encore en lice pour l’investiture. C’était aussi le dernier débat avant le Super Tuesday, lors duquel 600 délégués (soit environ un quart du nombre total de délégués) seront élus. Le débat était organisé par CNN, en partenariat avec Telemundo, une chaîne hispanophone. C’était la première fois depuis le début de la campagne qu’une chaîne hispanophone était partie prenante lors d’un débat.

Un large public assistait à ce débat dans l’une des salles de spectacle de l’Université de Houston. Et il y avait quelques invités de marque. L’ancien Président George H. W. Bush et son épouse Barbara, qui vivent à Houston, étaient présents. Le gouverneur du Texas Greg Abbott (qui a annoncé son soutien à Ted Cruz), ainsi que son prédécesseur à ce poste, Rick Perry (lui aussi soutien de Ted Cruz), étaient également présents. Enfin, on a aussi pu apercevoir l’ex-gouverneur de Louisiane (et soutien de Marco Rubio) Bobby Jindal.

Jeb Bush n’étant désormais plus de la fête, on pouvait se demander qui allait s’en prendre le plus violemment à Donald Trump. Ses deux principaux adversaires, Ted Cruz et Marco Rubio, s’y sont finalement mis à deux pour le critiquer tout au long de la soirée. Ils n’ont même pas pris la peine de s’attaquer mutuellement, concentrant tous leurs efforts contre Trump. Quand on sait à quel point ils ont pu s’opposer lors des débats précédents, c’est étonnant. La preuve que l’heure était à l’union sacrée contre The Donald. Mais à ce petit jeu, c’est Marco Rubio qui s’est distingué en mettant Trump en difficulté à plusieurs reprises.

LE DÉBAT

1

Participants: Donald Trump, Ted Cruz, Marco Rubio, John Kasich, Ben Carson

Modérateur: Wolf Blitzer, journaliste à CNN, assisté de Dana Bash, Hugh Hewitt et Maria Celeste Arraras

Durée du débat: 2h30

Compte-rendu:

  • Marco Rubio et l’avenir du Parti Républicain

Lors de sa première comme de sa dernière prise de parole, Marco Rubio a insisté sur le fait que les Républicains allaient faire un choix qui aurait un impact sur l’identité même de leur parti. Dans son opening statement, il a d’emblée rendu hommage au Président George Bush, qui était présent dans la salle. D’après lui, Bush représente l’identité qui est celle du Parti Républicain depuis de nombreuses années. Un parti conservateur mais positif, qui accorde de l’importance à l’espoir et non à la colère et à la peur.

Now we have to decide if we are still that kind of party and still that kind of movement, or if we’re simply going to become a party that preys on people’s angers and fears. (Maintenant nous devons décider si nous sommes encore ce genre de parti et ce genre de mouvement, ou si nous allons simplement devenir un parti qui est en proie aux colères et aux peurs des gens)

Dans son closing statement, Rubio répétera le même message et appellera les conservateurs à le rejoindre afin de mettre fin à l’ « absurdité » et à la « folie ». Sous-entendu de la candidature de Trump bien sûr.

  • Marco Rubio vs Donald Trump, épisode 1

Il n’aura pas fallu attendre longtemps pour que Marco Rubio s’en prenne directement à Donald Trump. Cela s’est passé alors que les candidats débattaient de l’immigration, le premier sujet abordé lors de ce débat.

Acte 1 – Rubio présente Donald Trump comme un hypocrite lorsqu’il prétend vouloir redonner du travail aux américains. Il fait remarquer qu’il a embauché de nombreux travailleurs étrangers alors qu’il aurait pu embaucher des américains à leur place. Trump se défendra en disant que s’il a embauché des travailleurs étrangers en Floride, c’est parce qu’il s’agissait de contrats à temps partiel qu’aucun américain n’aurait accepté.

Acte 2 – Rubio passe à la vitesse supérieure. Il accuse Trump d’avoir eu des ennuis avec la justice pour avoir employé des travailleurs polonais en situation irrégulière.

RUBIO : You’re the only person on this stage that has ever been fined for hiring people to work on your projects illegally. You hired some workers from Poland… (Tu es la seule personne sur ce plateau à avoir été pénalisée pour avoir embauché des gens pour travailler illégalement sur tes projets. Tu as engagé des travailleurs de Pologne…)

TRUMP : No, no, I’m the only one on the stage that has hired people. You haven’t hired anybody. (Non, non, je suis le seul sur ce plateau à avoir engagé des gens. Tu n’as jamais engagé personne)

RUBIO : He hired workers from Poland. And he had to pay a million dollars or so in a judgment… (Il a engagé des travailleurs de Pologne. Et il a dû payer un million de dollars ou quelque chose comme ça suite à un jugement…)

TRUMP : That’s wrong. That’s wrong. Totally wrong. (C’est faux. C’est faux. Totalement faux)

RUBIO : That’s a fact. People can look it up. I’m sure people are googling it right now. Look it up. « Trump Polish workers », you’ll see. A million dollars for hiring illegal workers on one of his projects. He did it. That happened. (C’est un fait. Les gens peuvent chercher. Je suis sûr que les gens sont en train de chercher sur Google en ce moment même. Cherchez. « Trump travailleurs polonais », vous verrez. Un million de dollars pour avoir engagé des travailleurs illégaux sur l’un de ses projets. Il l’a fait. Cela s’est passé)

TRUMP : I’ve hired tens of thousands of people over my lifetime. Tens of thousands. (J’ai engagé des dizaines de milliers de personnes au cours de ma vie. Des dizaines de milliers)

RUBIO : Many from other countries instead of hiring Americans. (Beaucoup d’autres pays au lieu d’engager des américains)

TRUMP : Be quiet. Just be quiet. Let me talk. I’ve hired tens of thousands of people. He brings up something from 30 years ago. It worked out very well. Everybody was happy. (Tais-toi. Tais-toi. Laisse-moi parler. J’ai engagé des dizaines de milliers de personnes. Il évoque quelque chose qui date d’il y a 30 ans. Cela s’est très bien résolu. Tout le monde était content)

RUBIO : You paid a million dollars. (Tu as payé un million de dollars)

TRUMP : And by the way, the laws were totally different. That was a whole different world. But I’ve hired people. Nobody up here has hired anybody. (Et au fait, les lois étaient totalement différentes. C’était un monde totalement différent. Mais j’ai engagé des gens. Personne ici n’a jamais engagé qui que ce soit)

Qu’est-ce que cette histoire de travailleurs polonais? Rubio l’a évoquée à plusieurs reprises au cours de la soirée et semblait vraiment tenir à ce que les américains se renseignent à ce sujet. La presse l’a fait. Voici ce qu’on peut en dire. Nous sommes au début des années 80. Donald Trump désire construire la Trump Tower sur la 5e Avenue à New York. Mais pour cela, il faut d’abord démolir un autre bâtiment. Trump engage un entrepreneur qui fait venir 200 travailleurs polonais en situation irrégulière pour effectuer les travaux de démolition. Ces travailleurs effectueront les travaux dans de très mauvaises conditions. Ils travaillaient 12 heures par jour, 7j/7, pour un salaire de 5$ de l’heure. Ils n’avaient aucune assurance. Et surtout, certains ne seront même pas payés pour l’ensemble des heures de travail effectuées. Quelques années plus tard, certains de ces travailleurs engagent des poursuites judiciaires contre Donald Trump. Celui-ci se défend en disant que c’est l’entrepreneur qui les a engagés et qu’il ignorait tout de leur statut et de leurs conditions de travail. Il est néanmoins reconnu coupable par un juge et condamné à verser 325,000$ de dommages et intérêts. Mais il fait appel de la décision et la procédure s’éternise. Elle finira par être réglée « à l’amiable ». Personne ne sait donc quelle somme a finalement versée Trump aux plaignants pour mettre fin à la procédure judiciaire. Quand Rubio avance le chiffre d’un million de dollars, il n’en a donc aucune preuve (à moins qu’il soit le seul à avoir réussi à obtenir ce renseignement). Toutefois, la somme d’un million de dollars était celle qui avait été réclamée par l’accusation lors du premier procès (le juge n’avait finalement condamné Trump qu’à 325,000$ avant que ce dernier ne fasse appel de la décision). C’est peut-être là que Rubio est allé chercher ce chiffre.

  • Le mur de Donald Trump

Ce fameux mur ! Wolf Blitzer a demandé à Donald Trump comment il entendait tenir sa promesse d’en faire payer la construction au gouvernement mexicain, alors que celui-ci a d’ores et déjà indiqué qu’il refuserait. Blitzer a aussi évoqué les propos de Vicente Fox, ex-président du Mexique (de 2000 à 2006), qui, quelques heures avant le débat, déclarait lors d’une interview télévisée (en anglais dans le texte) : I’m not paying for that f*** wall (Je ne payerai pas pour ce p*** de mur). Trump s’est déclaré choqué par le vocabulaire utilisé par Fox.

He should be ashamed of himself and he should apologize. (Il devrait avoir honte de lui et il devrait s’excuser)

Il a ensuite répété que son mur coûterait entre 10 et 12 milliards de dollars (ndlr: il l’avait d’abord évalué à 8 milliards de dollars) et que le gouvernement mexicain paierait bien cette somme. Lorsque Wolf Blitzer a voulu savoir comment Trump s’y prendrait concrètement pour forcer le gouvernement mexicain à payer, Trump n’a jamais réellement répondu. Il s’est seulement déclaré prêt à engager une guerre commerciale avec le Mexique si nécessaire. Blitzer a ensuite demandé son avis à Marco Rubio sur la question et celui-ci en a profité pour attaquer Trump une nouvelle fois.

  • Marco Rubio vs Donald Trump, épisode 2

Interrogé au sujet du mur de Donald Trump, Rubio a choisi de mettre en avant une seconde fois l’histoire des travailleurs polonais de la Trump Tower.

If he builds the wall the way he built Trump Tower, he’ll be using illegal immigrant labor to do it. (S’il construit le mur comme il a construit la Trump Tower, il utilisera des travailleurs immigrés illégaux pour le faire)

Puis d’ajouter au sujet d’une éventuelle guerre commerciale avec le Mexique:

About the trade war, I don’t understand, because your ties and the clothes you make is made in Mexico and in China. So you’re gonna be starting a trade war against your own ties and your own suits? (À propos de la guerre commerciale, je ne comprends pas, parce que tes cravates et les vêtements que tu fabriques sont made in Mexico et made in China. Donc tu vas entamer une guerre commerciale contre tes propres cravates et tes propres costumes?)

Rubio demandera ensuite à Trump pourquoi il ne fait pas fabriquer les vêtements de sa marque aux Etats-Unis. Trump, agacé, accusera Rubio de ne rien y connaître en affaires.

You don’t know a thing about business. You lose on everything you do. (Tu n’y connais rien en affaires. Tu perds dans tout ce que tu fais)

Réponse de Rubio ?

Well, I don’t know anything about bankrupting four companies. I don’t know anything about starting a university, and that was a fake university. (Et bien, je n’y connais rien en ce qui concerne la mise en faillite de quatre compagnies. Je n’y connais rien en ce qui concerne le lancement d’une université, et c’était une fausse université)

Après l’affaire des travailleurs polonais de la Trump Tower, Rubio ramène ici sur le tapis l’affaire de la Trump University. Il s’agit d’un autre dossier encombrant pour Donald Trump, et bien plus récent puisque la procédure judiciaire est encore en cours. Voici ce que nous écrivions à ce sujet dans le portrait que nous avions consacré à Donald Trump en septembre dernier :

D’autre part, Trump fait actuellement face à une class action (action en justice commune de plusieurs plaignants visant à obtenir une indemnisation financière). Le motif? En 2005, Trump a créé la Trump University, qui devait consister en une série de séminaires apprenant aux étudiants inscrits toutes les astuces nécessaires pour devenir un bon investisseur dans le secteur immobilier. Le premier séminaire de 90 minutes était gratuit. Le second durait trois jours et coûtait 1,495 $. Les étudiants étaient ensuite invités à payer 35,000 $ pour s’inscrire à la suite du programme. Plusieurs étudiants l’ont fait et estiment avoir été arnaqués car certains instructeurs ne sont jamais venus donner les cours prévus, d’où la class action intentée contre Trump qui était censé gérer le programme.

  • Marco Rubio vs Donald Trump, épisode 3

Marco Rubio lancera aussi une attaque beaucoup plus personnelle à Donald Trump.

If he hadn’t inherited 200 million dollars, you know where Donald Trump would be right now? Selling watches in Manhattan. (S’il n’avait pas hérité de 200 millions de dollars, vous savez où serait Donald Trump à l’heure qu’il est? Il vendrait des montres à Manhattan)

Cette attaque avait sans doute été minutieusement préparée puisqu’avant même que le débat ne se termine, on pouvait déjà trouver ceci sur le site web officiel de Marco Rubio.

3

Les sympathisants de Rubio sont invités à faire un don de 10$ à sa campagne. Il est écrit qu’ils ne recevront en réalité pas de montre cassée de Donald Trump en échange, mais que leur contribution aidera Rubio à « le stopper ».

  • La diversité au sein du Parti Républicain

La journaliste de Telemundo a interrogé Ted Cruz et Marco Rubio sur l’opportunité qu’ils ont, en tant que latino-américains, d’attirer les électeurs hispaniques vers le Parti Républicain. Elle semblait toutefois penser qu’ils ne saisissaient pas cette opportunité en affichant des positions trop strictes sur l’immigration. Ted Cruz a répondu qu’il était extraordinaire d’avoir deux candidats d’origine cubaine sur le plateau et que cela démontrait les opportunités qu’offre la société américaine. Ensuite, il a déclaré que l’idée selon laquelle les hispaniques sont forcément démocrates est une fausse idée. En effet, d’après Cruz, les valeurs les plus importantes pour les latinos sont la foi, la famille et le patriotisme. La défense de ces valeurs les rapprocherait davantage du Parti Républicain que du Parti Démocrate. Marco Rubio notera quant à lui que sur les cinq candidats présents sur le plateau, deux sont d’origine cubaine et un est afro-américain.

We are the party of diversity, not the Democratic party. (Nous sommes le parti de la diversité, pas le Parti Démocrate)

On peut sans doute donner raison à Rubio en ce qui concerne les candidats à l’élection présidentielle de 2016. Par contre, comme le faisait remarquer le Washington Post, 90% des électeurs du Parti Républicain sont encore blancs, alors que ce n’est le cas que de 60% des électeurs du Parti Démocrate.

  • Marco Rubio vs Donald Trump, épisode 4

Rubio attaquera encore Trump lors de la discussion autour des soins de santé. Tous les candidats se sont exprimés au sujet de leur volonté de mettre fin à l’Obamacare et de le remplacer par un système plus efficace et axé davantage sur le libre marché. La discussion était parfois relativement technique. Mais Donald Trump ne semblait lui pas avoir de plan détaillé à ce sujet. Il insistait uniquement sur la nécessité de supprimer les « lignes entre les états », c’est-à-dire de laisser la possibilité à plusieurs compagnies d’assurance d’être en concurrence dans les différents états au lieu d’en laisser une seule avoir le monopole. Pour Rubio, c’est loin d’être suffisant. Il a demandé à Trump de détailler davantage son plan.

RUBIO : What is your plan? I understand the lines around the states, whatever that means. This is not a game where you draw maps… (Quel est ton plan? Je comprends bien qu’il y a les lignes entre les états, peu importe ce que cela veut dire. Ce n’est pas un jeu où tu dessines des cartes…)

TRUMP : And you don’t know what it means… (Et tu ne sais pas ce que cela veut dire…)

RUBIO : What is your plan, Mr. Trump? What is your plan on healthcare? (Quel est votre plan, Mr. Trump? Quel est votre plan pour les soins de santé?)

TRUMP : You don’t know. The biggest problem… (Tu ne sais pas. Le plus grand problème…)

RUBIO : What’s your plan? (Quel est ton plan?)

TRUMP : The biggest problem, I’ll have you know… (Le plus grand problème, je vais te le faire savoir…)

RUBIO : What’s your plan? (Quel est ton plan?)

TRUMP : You know, I watched him meltdown two weeks ago with Chris Christie. I got to tell you, the biggest problem he’s got is he really doesn’t know about the lines. The biggest thing we’ve got, and the reason we’ve got no competition, is because we have lines around the state, and you have essentially…. (Vous savez, je l’ai vu s’effondrer il y a deux semaines face à Chris Christie. Je dois vous dire, le plus grand problème qu’il a est qu’il ne sait vraiment rien à propos des lignes. La plus grande chose que nous ayons, et la raison pour laquelle nous n’avons pas de compétition, est parce que nous avons des lignes autour des états, et vous avez essentiellement…)

RUBIO : We already mentioned that, I know what that is, but what else is part of your plan? (Nous avons déjà mentionné cela, je sais de quoi il s’agit, mais qu’y a-t-il d’autre dans ton plan?)

TRUMP : You don’t know much… (Tu ne sais pas grand-chose…)

RUBIO : So, your only thing is to get rid of the lines around the states. What else is part of your healthcare plan? (Donc, la seule chose est de se débarrasser des lignes autour des états? Qu’y a-t-il d’autre dans ton plan pour la santé?)

TRUMP : The lines around the states… (Les lignes autour des états…)

RUBIO : That’s your only plan? (C’est ton seul plan?)

(On vous épargne quelques lignes)

TRUMP : You get rid of the lines, it brings in competition. So, instead of having one insurance company taking care of New York, or Texas, you’ll have many. They’ll compete, and it’ll be a beautiful thing. (Tu te débarasses des lignes, cela apporte de la compétition. Donc, au lieu d’avoir une compagnie d’assurance qui s’occupe de New York, ou du Texas, tu en auras plusieurs. Elles se feront concurrence, et ce sera une bonne chose)

RUBIO : Alright. So, that’s the only part of the plan? Just the lines? (D’accord. Donc, c’est la seule partie du plan? Juste les lignes?)

TRUMP : The nice part of the plan – you’ll have many different plans. You’ll have competition, you’ll have so many different plans. (La belle partie du plan – il y aura beaucoup de plans différents. Il y aura de la compétition, il y aura beaucoup de plans différents)

RUBIO : Now he’s repeating himself. (Maintenant il se répète)

TRUMP : No, no, no. I watched him repeat himself five times four weeks ago. (Non, non, non. Je l’ai regardé se répéter cinq fois il y a quatre semaines)

RUBIO : I just watched you repeat yourself five times five seconds ago. (Je viens de te regarder te répéter cinq fois il y a cinq secondes)

TRUMP : I watched him meltdown on the stage like that, I’ve never seen it in anybody. (Je l’ai regardé s’effondrer sur le plateau comme ça, je n’ai jamais vu ça chez personne)

DANA BASH : Let’s stay focused on the subject… (Restons concentrés sur le sujet…)

TRUMP : I thought he came out of the swimming pool. (Je pensais qu’il sortait de la piscine)

RUBIO : I see him repeat himself every night. He says five things : everyone’s dumb, he’s gonna make America great again… (Je le vois se répéter tous les soirs. Il dit cinq choses : tout le monde est stupide, il va rendre l’Amérique grande à nouveau…)

DANA BASH : Senator Rubio… (Sénateur Rubio…)

RUBIO: We’re going to win, win, win, he’s winning in the polls… (On va gagner, gagner, gagner, il gagne dans les sondages…)

DANA BASH : Senator Rubio, please, stop. (Sénateur Rubio, s’il-vous-plaît, arrêtez)

RUBIO : And the lines around the states. (Et les lignes autour des états)

  • La déclaration d’impôts de Donald Trump

Quelques jours avant le débat, Mitt Romney suggérait qu’il serait temps pour Donald Trump de rendre publiques ses déclarations de revenus et que s’il ne le faisait pas, c’est qu’il avait peut-être des choses à cacher. Interrogé à ce sujet, Trump a répliqué que Romney avait lui aussi tardé à rendre publiques ses propres déclarations lorsqu’il était candidat (ce qui est vrai). Il a aussi affirmé qu’il aimerait rendre les siennes publiques mais qu’il ne peut pas le faire pour le moment car un audit est en cours.

I get audited every year. I will absolutely give my return, but I’m being audited now for two or three years, so I can’t do it until the audit is finished, obviously. And I think people would understand that. (Je suis contrôlé chaque année. Je rendrai absolument ma déclaration publique, mais je suis contrôlé maintenant depuis deux ou trois ans, donc je ne peux pas le faire tant que l’audit n’est pas terminé, évidemment. Et je pense que les gens peuvent comprendre cela)

  • Israël et le conflit israélo-palestinien

Donald Trump a déclaré qu’il entendait rester neutre dans le conflit israélo-palestinien. ll a même dit espérer pouvoir parvenir à sceller un accord de paix entre Israéliens et Palestiniens grâce à ses qualités de négociateur.

If I could bring peace, that would be a fantastic thing. It would be one of my greatest achievements as president. (Si je pouvais apporter la paix, ce serait une chose fantastique. Ce serait l’une de mes plus grandes réussites en tant que président)

Ted Cruz et Marco Rubio critiqueront tous les deux Trump. Ils estiment que ce dernier ne prend pas suffisamment position en faveur d’Israël. Cruz et Rubio ont assuré qu’en ce qui les concernait, ils seraient toujours du côté d’Israël. Rubio a même déclaré que le Hamas continuait de lancer des roquettes sur Israël et qu’on ne pouvait pas négocier avec des terroristes.

  • Ted Cruz vs Donald Trump

Les confrontations entre Marco Rubio et Donald Trump ont dominé le débat. Mais Ted Cruz s’en est aussi pris à Trump à plusieurs reprises, en rappelant notamment qu’il avait contribué financièrement aux campagnes électorales de nombreux Démocrates. Trump a répliqué qu’il lui avait aussi donné de l’argent. Cruz a reconnu que Trump lui avait en effet un jour versé 5,000$ mais a ajouté

You’re welcome to have the check back. (Tu es le bienvenu pour reprendre ton chèque)

  • Les phrases de la soirée

1.

In 2013, when I was fighting against the gang of eight amnesty bill, where was Donald? He was firing Dennis Rodman on Celebrity Apprentice. (En 2013, lorsque je me battais contre la loi d’amnistie du gang des huit, où était Donald? Il était en train de virer Dennis Rodman dans Celebrity Apprentice)

– Ted Cruz

2.

When you say crazy zealot, are you talking about you? (Quand tu parles de fou fanatique, tu parles de toi?)

– Donald Trump à Ted Cruz

3.

You should be ashamed of yourself. (Tu devrais avoir honte de toi)

– Donald Trump à Ted Cruz, après avoir mentionné le fait que ce dernier n’est soutenu par aucun de ses collègues sénateurs.

4.

This guy is a choke artist, and this guy is a liar. (Ce gars-là est un artiste raté, et celui-ci un menteur)

– Donald Trump au sujet de Marco Rubio et Ted Cruz

5.

I don’t believe anything Telemundo says. (Je ne crois rien de ce que dit Telemundo)

– Donald Trump

6.

At least they killed terrorists. (Au moins ils tuaient des terroristes)

– Donald Trump au sujet de Saddam Hussein et de Mouammar Kadhafi. Il a assuré que le monde se porterait mieux s’ils étaient encore au pouvoir.

7.

The fruit salad of their life is what I will look at. (La salade de fruits de leur vie est ce que je regarderai)

– Ben Carson au sujet de la nomination des juges à la Cour Suprême.

8.

Can somebody attack me please? (Est-ce que quelqu’un peut m’attaquer s’il-vous-plaît?)

– Ben Carson. Lorsqu’un candidat est attaqué, il a le droit de répondre et obtient donc du temps de parole. Or, Ben Carson n’était pas souvent interrogé par les journalistes.

VAINQUEURS ET PERDANTS

Qui sont les gagnants et les perdants de ce débat ?

  • Le gagnant

Marco Rubio. Le débat s’est quasiment résumé à l’affrontement entre Rubio et Trump. Et Rubio en est sorti gagnant. Il a trouvé un nouvel angle d’attaque contre Donald Trump, en évoquant l’affaire des ouvriers polonais de la Trump Tower ou encore celle de la Trump University. Et lors de l’échange qui l’a opposé à Trump sur les soins de santé, Rubio a réussi à mettre en avant le fait que Trump n’avait pas de véritable plan détaillé. Tout cela sans jamais perdre son sang-froid et en affichant la plupart du temps un large sourire.

2

Bien évidemment, cela ne signifie pas que ce débat infléchira la popularité de Donald Trump. Rien ne l’a entamée jusqu’ici et on voit donc difficilement pourquoi il en serait autrement cette fois-ci. Si jamais cela s’avérait être le cas dans les prochains jours, on pourra dire que Rubio a réalisé un véritable exploit. Mais cela reste très peu probable. Par contre, la très bonne performance de Rubio lui aura peut-être permis de séduire des électeurs encore indécis. Et surtout, elle lui aura permis de s’ériger en adversaire numéro 1 de Trump.

Même Glenn Beck, célèbre animateur de télévision conservateur qui soutient ouvertement Ted Cruz, a publié un tweet saluant la performance de Rubio pendant le débat.

7

  • Les perdants

Donald Trump. On l’a dit, rien ne semble affecter la popularité de Trump. Il ne faut donc pas surestimer l’influence qu’aura ce débat. Mais il n’empêche qu’il a été mis mal à l’aise par les attaques de Rubio, auxquelles il a eu beaucoup de mal à répondre. Nous le classons donc parmi les perdants de la soirée.

Ted Cruz. Ted Cruz a tenté de s’en prendre à Trump mais ses attaques se sont avérées beaucoup moins efficaces que celles de Marco Rubio. Pire, Rubio s’est imposé comme la star de la soirée alors que Cruz a semblé plus effacé que d’habitude.

Ben Carson & John Kasich. Invisibles. Il faut dire qu’ils n’ont pas été aidés par les journalistes qui les ont largement ignorés. Ils ont été interrogés beaucoup moins fréquemment que Trump, Rubio et Cruz.

Wolf Blitzer. Nous aimons beaucoup Wolf Blitzer mais il faut reconnaître qu’il n’a pas été à la hauteur lors de ce débat. Alors que plusieurs candidats parlaient parfois en même temps dans la cacophonie la plus totale, Blitzer se contentait de les supplier de se calmer (Gentlemen, please), sans succès.

La publicité. La première page de pub a été lancée par CNN après 1h20 (!) de débat sans interruption. Du jamais vu !

L’APRÈS-DÉBAT : LA LUTTE ENTRE MARCO RUBIO ET DONALD TRUMP CONTINUE

Quelques minutes après le débat, Donald Trump partageait ses impressions au micro d’un journaliste de CNN. Et il s’en est rapidement pris à Rubio en déclarant qu’il fallait élire à la présidence « quelqu’un qui ne transpire pas ». Cela n’est pas la première fois que Trump se moque de Rubio en prétendant qu’il transpire beaucoup.

Le lendemain du débat, Donald Trump publiait plusieurs tweets peu aimables à l’égard de Rubio. Il en a effacé certains qui contenaient des fautes d’orthographe. En voici d’autres qui sont toujours en ligne.

Traduction: Le menteur Ted Cruz et le poids léger raté Marco Rubio ont fait équipe la nuit dernière dans un dernier effort pour stopper notre grand mouvement. Ils ont échoué !
Traduction: Le menteur Ted Cruz et le poids léger raté Marco Rubio ont fait équipe la nuit dernière dans un dernier effort pour stopper notre grand mouvement. Ils ont échoué !
Traduction: Le poids léger raté Marco Rubio ressemble à un petit garçon sur scène. Pas d'étoffe présidentielle !
Traduction: Le poids léger raté Marco Rubio ressemble à un petit garçon sur scène. Pas d’étoffe présidentielle !
Traduction: Le poids léger Marco Rubio travaillait dur la nuit dernière. Le problème est, il est un raté, et raté une fois, raté pour toujours ! Mr. Effondrement.
Traduction: Le poids léger Marco Rubio travaillait dur la nuit dernière. Le problème est, il est un raté, et raté une fois, raté pour toujours ! Mr. Effondrement.

Un peu plus tard, Trump s’exprimait lors d’un meeting lors duquel Chris Christie était présent pour annoncer qu’il lui apportait son soutien [Ceci est une nouvelle à la fois étonnante et importante ! mais nous vous en parlerons dans notre prochain Weekly News Flash]. Lors de ce meeting, Trump a passé de longues minutes à se moquer encore de Rubio et de sa transpiration. Il a par exemple déclaré :

Have you ever seen someone sweating like that? (Avez-vous jamais vu quelqu’un transpirer autant?)

Ou encore :

It looked like he had just jumped into a swimming pool with his clothes on. (On aurait dit qu’il venait de plonger tout habillé dans une piscine)

Il a même prétendu qu’il avait regardé à côté de lui lors du débat et qu’il avait vu une flaque d’eau aux pieds de Rubio. Trump s’est ensuite moqué de l’habitude qu’a Rubio de boire beaucoup d’eau et d’avoir toujours une bouteille d’eau avec lui, même lors des débats. Voici donc l’imitation de Marco Rubio par Donald Trump. On vous laisse admirer.

Jusqu’ici, Rubio n’avait jamais répondu aux attaques personnelles de Trump et ne parlait que très rarement de lui lors de ses meetings. Mais au lendemain du débat, peut-être exaspéré par les propos de Trump, il a décidé de lui répondre en se moquant de lui en retour. Lors d’un meeting, il a lu à haute voix certains des tweets du milliardaire, en soulignant qu’ils contenaient des fautes d’orthographe. Rubio a également déclaré que lors d’une pause publicitaire durant le débat, Trump avait demandé un grand miroir dans lequel il pourrait se regarder entièrement. « Peut-être pour vérifier que son pantalon n’était pas mouillé », a-t-il plaisanté.

 

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