WEEKLY NEWS FLASH #36

Retour sur l’actualité politique de la semaine dernière, largement dominée par les prises de position anti-Trump de certains membres du Parti Républicain. Mais nous vous parlerons aussi d’un animal plus emblématique que jamais…

LA VICTOIRE DÉCISIVE DE DONALD TRUMP EN INDIANA ET LA DIVISION QU’ELLE CRÉE AU SEIN DU PARTI RÉPUBLICAIN

C’est LE feuilleton qui a dominé l’actualité politique de la semaine. Mardi 3 mai, Donald Trump a largement remporté la primaire de l’Indiana, empochant les 57 délégués de cet état du Midwest. Cette victoire décisive, couplée aux abandons de ses deux derniers rivaux, Ted Cruz et John Kasich, lui assure de remporter l’investiture républicaine. Trump sera bien le candidat républicain à l’élection présidentielle américaine ! Mais son sacre crée plus que jamais la division au sein même du Parti Républicain. Parce que nous ne voudrions pas nous répéter inutilement ici, nous vous invitons vraiment à lire notre article Victoire décisive de Donald Trump en Indiana, le Parti Républicain se déchire pour tout comprendre. Depuis la publication de cet article il y a quelques jours, de nouvelles personnalités ont toutefois pris position. Il nous faut donc résumer la situation.

Rappelons tout d’abord qu’habituellement, une fois le vainqueur des primaires désigné, tout le monde (y compris ses anciens adversaires) se rassemble autour de lui avant d’affronter le parti adverse lors de l’élection générale. Mais ce n’est pas le cas avec Donald Trump, ce qui fait dire à certains observateurs que le Parti Républicain est sur le point d’imploser. L’avenir nous le dira. Mais ce qui est certain, c’est qu’il s’agit d’un parti plus divisé que jamais. Certains de ses membres influents refusent en effet d’apporter leur soutien à Donald Trump, même s’il a remporté les primaires. Ils estiment soit qu’il n’est pas un véritable conservateur, soit qu’il est dangereux. Ou les deux à la fois. En réalité, on peut désormais distinguer trois camps au sein du Parti Républicain:

1 – La Team Trump, c’est-à-dire les membres du parti qui ont apporté leur soutien à Donald Trump bien avant de savoir s’il remporterait ou non l’investiture. Citons, entre autres, l’ex-gouverneure de l’Alaska, Sarah Palin ; l’ex-gouverneure de l’Arizona, Jan Brewer ; le gouverneur de Floride, Rick Scott ; ou le gouverneur du Maine, Paul LePage. Le gouverneur du New Jersey, Chris Christie, ainsi que Ben Carson, ont également rejoint l’équipe de campagne de Donald Trump après avoir mis fin à leur propre campagne électorale.

2 – Les pro-Trump par défaut. Il s’agit de ceux qui ne soutenaient pas Trump avant sa victoire décisive en Indiana, et qui l’ont même parfois violemment critiqué, mais qui estiment qu’il faut désormais le soutenir face à Hillary Clinton. Ils ont aussi tendance à penser que ne pas accepter la victoire de Trump serait aller à l’encontre de la volonté des électeurs. Depuis une semaine, ils ont ainsi été nombreux à apporter leur soutien à Trump. Citons, entre autres, ses ex-adversaires aux primaires, Mike Huckabee, Bobby Jindal, Scott Walker, Jim Gilmore et Rick Perry ; le chef de file des Républicains au Sénat, Mitch McConnell ; l’ancien vice-président, Dick Cheney ; ou encore Bob Dole, candidat républicain à la présidentielle de 1996. John McCain a quant à lui déclaré qu’il serait « idiot » d’ignorer la volonté des électeurs et semble donc prêt à soutenir Trump. Il a cependant appelé ce dernier à s’excuser pour les propos désobligeants qu’il a tenus à l’encontre des prisonniers de guerre. Le soutien hésitant de McCain à Trump peut paraître surprenant, mais n’oublions pas que le sénateur de l’Arizona joue sa réélection en novembre. Or, Donald Trump a largement remporté la primaire de l’Arizona. McCain ne veut sans doute pas se mettre les partisans de Trump à dos. Enfin, le soutien à Trump étant désormais le mot d’ordre officiel de la direction du parti, le camp des pro-Trump par défaut devrait continuer de s’agrandir dans les jours et les semaines à venir.

3 – Les anti-Trump. Ceux qui refusent de soutenir Donald Trump même s’il a remporté les primaires de leur parti. Des figures importantes du Parti Républicain ont ainsi annoncé qu’elles ne voteraient pas pour Donald Trump au mois de novembre. Du jamais vu ! La grande majorité de ces anti-Trump a cependant précisé qu’elle ne voterait pas pour autant en faveur d’Hillary Clinton. Autrement dit, ces personnes s’abstiendront ou voteront pour le candidat d’un « petit parti » (ou pour un éventuel candidat indépendant qui se déclarerait, mais cette hypothèse semble peu probable). Seules quelques personnes ont carrément appelé à voter en faveur d’Hillary Clinton pour faire barrage à Donald Trump. C’est par exemple le cas de Mark Salter, un ancien collaborateur de John McCain. Venons-en maintenant à la question que vous vous posez tous: qui sont ces personnalités influentes qui ont déclaré qu’elles ne soutiendraient pas Donald Trump, le nominé de leur propre parti? Voici les personnalités les plus importantes qui ont confirmé cette semaine qu’elles ne voteraient pas pour Donald Trump (ni pour Hillary Clinton) en novembre. La plupart ont aussi indiqué qu’elles ne se rendraient pas à la Convention Républicaine au mois de juillet.

  • Les anciens présidents George H.W. Bush et George W. Bush. Donald Trump ne sera donc pas soutenu par les deux derniers Républicains à avoir occupé la Maison Blanche !
  • Jeb Bush, ex-gouverneur de Floride et ex-adversaire de Trump lors des primaires
  • Mitt Romney, ex-gouverneur du Massachusetts et dernier candidat républicain à la présidence (en 2012)
  • Charlie Baker, gouverneur du Massachusetts
  • Les sénateurs républicains Ben Sasse (Nebraska) et Lindsey Graham (Caroline du Sud)

On pourrait ajouter à la liste les noms de quelques députés républicains à la Chambre des Représentants et de plusieurs journalistes conservateurs. Lindsey Graham et Jeb Bush sont les deux derniers à avoir rejoint cette liste. Ils ont tous les deux annoncé vendredi, à quelques heures d’intervalle, qu’ils ne voteraient pas en faveur de Donald Trump lors de l’élection générale. Graham l’a déclaré clairement lors d’une interview accordée à CNN, avant de le confirmer sur son compte Twitter. Jeb Bush s’est contenté d’un message sur Facebook.

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Le premier paragraphe du message de Bush semble ironique, puisqu’il y félicite Donald Trump d’avoir remporté l’investiture républicaine en exploitant la colère et la frustration des américains. Il précise toutefois que cette colère et cette frustration sont justifiées. Il explique ensuite pourquoi il ne votera pas pour Donald Trump. En résumé: parce qu’il n’a pas démontré avoir le tempérament nécessaire pour être président, qu’il ne fait preuve d’aucun respect pour la Constitution, et qu’il n’est pas un vrai conservateur. Quant à Hillary Clinton, elle n’est pas digne de confiance et ne ferait que poursuivre la politique désastreuse de Barack Obama.

Notons que Graham et Bush sont les deux seuls ex-candidats aux primaires à avoir affiché une position anti-Trump cette semaine. Peut-être parce qu’en septembre dernier, tous les candidats aux primaires républicaines avaient signé un document rédigé par la direction du parti, dans lequel ils s’engageaient solennellement à soutenir le candidat qui remporterait l’investiture. Ce document n’a aucune valeur juridique mais Donald Trump n’a pas manqué de faire remarquer que Graham et Bush n’avaient pas tenu parole.

Traduction: Vous vous souvenez quand les deux candidats ratés, Lindsey Graham et Jeb Bush, ont signé un serment? Ils ont brisé l'accord, aucun honneur!
Traduction: Vous vous souvenez quand les deux candidats ratés, Lindsey Graham et Jeb Bush, ont signé un serment? Ils ont brisé l’accord, aucun honneur!

Trump a également publié un communiqué très violent à l’égard de Lindsey Graham. Il y déclare que Graham n’a aucune crédibilité, qu’il fait honte aux habitants de Caroline du Sud qu’il représente au Sénat et que son cas est « au-delà de la réhabilitation ».

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Trump n’a pas publié de communiqué semblable au sujet de Jeb Bush. Il s’est contenté de se moquer une nouvelle fois de lui lors d’un meeting.

Pour le moment, parmi les 16 ex-adversaires de Trump aux primaires :

Ont annoncé qu’ils le soutiendraient face à Clinton – Chris Christie*, Ben Carson*, Rick Perry, Scott Walker, Bobby Jindal, Mike Huckabee, Jim Gilmore, Rand Paul

*Christie et Carson font partie de l’équipe de campagne de Trump depuis qu’ils ont mis fin à leur propre campagne électorale

Ont annoncé qu’ils ne le soutiendraient PAS et ne voteraient pas en sa faveur lors de l’élection générale – Jeb Bush, Lindsey Graham, George Pataki?*

*George Pataki avait déclaré il y a plusieurs mois qu’il ne voterait pas pour Donald Trump si celui-ci remportait les primaires. À notre connaissance, il ne s’est toutefois pas exprimé cette semaine pour confirmer qu’il n’avait pas changé d’avis.

Doivent encore se prononcer – Ted Cruz, John Kasich, Marco Rubio, Carly Fiorina, Rick Santorum

LE TWEET DE LA SEMAINE

Un tweet publié par Donald Trump à l’occasion du Cinco de Mayo* a suscité d’innombrables moqueries sur le web.

*Le Cinco de Mayo (5 mai en espagnol) est une fête qui commémore la victoire du Mexique contre la France lors de la bataille de Puebla, le 5 mai 1862. Curieusement, on célèbre aujourd’hui davantage le Cinco de Mayo aux Etats-Unis qu’au Mexique. Plus que la célébration de la victoire des troupes mexicaines, il est devenu aujourd’hui un moyen de célébrer la culture mexicaine importée aux Etats-Unis par de très nombreux immigrants.

Traduction: Joyeux Cinco de Mayo! Les meilleurs taco bowls sont préparés au Trump Tower Grill. J'aime les Hispaniques!
Traduction: Joyeux Cinco de Mayo! Les meilleurs taco bowls sont préparés au Trump Tower Grill. J’aime les Hispaniques!

Après avoir assimilé l’ensemble des mexicains à des violeurs, Donald Trump était-il vraiment en train d’essayer de les convaincre de son amitié en mangeant un plat mexicain pour le Cinco de Mayo? Ou s’agissait-il simplement d’une nouvelle provocation? Quoi qu’il en soit, les internautes s’en sont donnés à cœur joie, y compris certains journalistes politiques. L’un d’entre eux a ainsi affirmé qu’il avait contacté le Trump Tower Grill, restaurant situé au rez-de-chaussée de la Trump Tower, à New York, et que son correspondant lui avait assuré qu’en réalité, le restaurant ne vendait pas de taco bowls.

Traduction: Je viens d'être en ligne avec le Trump Grill, ils ont dit qu'ils ne servaient pas de taco bowls. Ce n'est pas sur le menu en ligne.
Traduction: Je viens d’être en ligne avec le Trump Grill, ils ont dit qu’ils ne servaient pas de taco bowls. Ce n’est pas sur le menu en ligne.

Un autre journaliste a fait remarquer que l’un des magazines situé sous l’assiette de Trump affichait une vieille photo de son ex-femme en bikini.

Traduction: Donald Trump mange une salade taco sur une photo de son ex-femme, Marla Maples, en bikini.
Traduction: Donald Trump mange une salade taco sur une photo de son ex-femme, Marla Maples, en bikini.

L’IMAGE DE LA SEMAINE

4 (AP Photo)

Barack Obama s’est rendu à Flint cette semaine. Il a bu un verre contenant de l’eau de la ville afin de démontrer aux habitants que la consommation de cette eau n’était désormais plus dangereuse, à condition d’utiliser le filtre qui a été distribué gratuitement à tous les habitants.

If you’re using a filter, if you’re installing it, then Flint water at this point is drinkable. (Si vous utilisez un filtre, si vous l’installez, alors l’eau de Flint est à ce stade potable)

Lors de sa visite, le Président a rencontré des habitants ainsi que les autorités de la ville et le gouverneur de l’état du Michigan, Rick Snyder.

LA DÉCLARATION DE LA SEMAINE

Been a long time since a girl said that to me. (Cela faisait longtemps qu’une fille ne m’avait pas dit cela)

Bill Clinton, après qu’une femme lui ait adressé un You look great! (Vous avez l’air en pleine forme!) alors qu’il faisait campagne pour son épouse en Californie.

L’ANIMAL DE LA SEMAINE

Le bison, qui a désormais le statut de « mammifère national » des Etats-Unis. Autrement dit, il devient un symbole officiel du pays, au même titre que l’aigle à tête blanche. Tout ceci est très sérieux puisqu’une loi nommée National Bison Legacy Act a été approuvée par la Chambre des Représentants et le Sénat, avant d’être signée par le Président Obama. Le bison est le plus grand mammifère d’Amérique du Nord. Il a frôlé l’extinction avant qu’on ne se décide à le protéger. Il est aujourd’hui présent dans les cinquante états américains. D’après les chiffres du Département de l’Agriculture, il y a 162,000 bisons d’élevage aux Etats-Unis, contre 20,000 à l’état sauvage. Près d’un quart de ces derniers (4,900 individus) réside dans le parc national du Yellowstone.

 

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