COMPTE-RENDU DU TROISIÈME ET DERNIER DÉBAT PRÉSIDENTIEL

Les débats présidentiels version 2016, c’est terminé ! Le troisième et dernier duel opposant Donald Trump à Hillary Clinton fut encore une fois tendu. En voici le compte-rendu.

INTRODUCTION

Ce troisième et dernier débat présidentiel a eu lieu mercredi 19 octobre à Las Vegas. Il rentrera dans les livres d’histoire comme le tout premier débat présidentiel ayant été modéré par un journaliste de Fox News. En l’occurrence, Chris Wallace. Avant que le débat ne débute, c’est pourtant un autre homme qui faisait l’objet de la curiosité des médias : Malik Obama, le demi-frère de Barack. Donald Trump avait en effet choisi de l’inviter à assister au débat auprès de ses proches. Malik Obama est né au Kenya mais a la nationalité américaine. Il n’est pas très proche du président et avait annoncé depuis un bon moment qu’il soutenait le candidat républicain.

LE DÉBAT

Participants: Hillary Clinton, Donald Trump

Modérateur: Chris Wallace (Fox News)

Durée du débat: 1h30

Compte-rendu:

  • La Cour Suprême et l’avortement

La toute première question posée par Chris Wallace aux candidats portait sur la Cour Suprême. Quelle direction aimeraient-ils la voir prendre? Comment pensent-ils que les juges doivent interpréter la Constitution? Hillary Clinton a choisi d’insister sur la nécessité de nommer des juges qui feront en sorte de protéger le droit à l’avortement et qui ne reviendront pas sur la décision de reconnaître aux homosexuels le droit de se marier. Donald Trump a quant à lui insisté sur la nécessité de protéger le Second Amendement, qui serait aujourd’hui en danger.

La discussion sur l’avortement a ensuite été prolongée. Donald Trump a promis de nommer des juges pro-life mais n’a pas répondu clairement à la question de savoir s’il voudrait que la Cour revienne complètement sur l’arrêt Roe v. Wade. Chris Wallace a ensuite interrogé Hillary Clinton, lui demandant de justifier son opposition à l’interdiction des avortements tardifs (au-delà de vingt semaines de grossesse). La candidate démocrate a répondu qu’elle y était opposée parce qu’une anomalie ou un danger pour la santé de la mère pouvaient être détectés sur le tard.

  • L’immigration

Concernant l’immigration, Donald Trump a répété les grandes lignes de son programme : construction d’un mur à la frontière avec le Mexique pour stopper l’immigration illégale et le trafic de drogue et expulsion des personnes en situation irrégulière, en priorité les criminels. Le candidat républicain a marqué les esprits avec cette petite phrase contenant un mot en espagnol.

We have some bad hombres here, and we’re going to get them out. (Nous avons des hommes mauvais ici, et nous allons les mettre dehors)

Hillary Clinton a déclaré qu’elle ne voulait pas du programme d’expulsion de Donald Trump.

I don’t want to rip families apart. I don’t want to be sending parents away from children. I don’t want to see the deportation force that Donald has talked about in action in our country. […] He said as recently as a few weeks ago in Phoenix that every undocumented person would be subject to deportation. Now, here’s what that means. It means you would have to have a massive law enforcement presence, where law enforcement officers would be going school to school, home to home, business to business, rounding up people who are undocumented. And we would then have to put them on trains, on buses to get them out of our country. I think that is an idea that is not in keeping with who we are as a nation. (Je ne veux pas déchirer des familles. Je ne veux pas envoyer des parents loin de leurs enfants. Je ne veux pas voir la force d’expulsion dont Donald a parlé en action dans notre pays. […] Pas plus tard qu’il y a quelques semaines, il a dit à Phoenix que toute les personnes sans-papiers seraient susceptibles d’être expulsées. Voici ce que cela signifie. Cela signifie que vous devriez avoir une présence massive des forces de police, où les officiers de police iraient d’école en école, de maison en maison, d’entreprise en entreprise, rassemblant les gens qui n’ont pas de papiers. Et nous devrions ensuite les placer dans des trains, dans des bus pour les renvoyer hors de notre pays. Je pense que c’est une idée qui ne correspond pas à ce que nous sommes en tant que nation)

Hillary Clinton a aussi promis de lancer une réforme de l’immigration dans les cent premiers jours de sa présidence. Cette réforme inclura la possibilité pour les illégaux d’acquérir la nationalité américaine.

  • WikiLeaks et Vladimir Poutine

On a beaucoup parlé de Vladimir Poutine lors de ce débat. Hillary Clinton a affirmé que WikiLeaks, qui a récemment publié des milliers d’e-mails échangés par les membres de son équipe de campagne, travaille pour la Russie et que Vladimir Poutine cherche à favoriser l’élection de Donald Trump. D’après Clinton (et les agences de renseignements américaines), la Russie pirate des sites web américains puis transmet les informations à WikiLeaks qui les publie sur son site Internet. Hillary Clinton a même déclaré que Vladimir Poutine aimerait que Trump soit élu parce qu’il serait sa « marionnette ».

Donald Trump s’est quant à lui défendu d’avoir des liens avec Poutine.

I never met Putin. This is not my best friend. (Je n’ai jamais rencontré Poutine. Ce n’est pas mon meilleur ami)

Il a aussi déclaré que Vladimir Poutine n’avait aucun respect pour Hillary Clinton, ni pour Barack Obama. Et que si Hillary Clinton ne l’aimait pas, c’est tout simplement parce qu’il était plus intelligent qu’elle.

  • L’économie

En ce qui concerne l’économie, rien de bien nouveau sous le soleil. Hillary Clinton a répété qu’elle avait l’intention de lancer un grand programme de création d’emplois (dans les infrastructures et les énergies renouvelables), d’augmenter le salaire minimum, d’obliger les entreprises à rémunérer les femmes autant que les hommes, et de garantir la gratuité de l’enseignement supérieur pour les enfants issus de familles gagnant moins de 125,000$ par an. Toutes ces mesures seraient financées par l’augmentation des impôts pour les personnes les plus riches et les grandes entreprises. Elles n’augmenteraient donc pas la dette du pays. Hillary Clinton l’a promis.

I will not add a penny to the debt. (Je n’ajouterai pas un seul penny à la dette)

Une promesse électorale qui sera peut-être difficile à tenir.

Donald Trump a quant à lui répété que sa priorité était de ramener des emplois aux Etats-Unis. Pour cela, outre la renégociation des traités de libre-échange, il promet avant tout de baisser les impôts de tous les américains et de diminuer les charges pesant sur les entreprises. Ces mesures auraient pour effet de relancer la croissance économique.

  • La déclaration de la soirée

Ce qui suit fut sans doute le meilleur moment de la soirée pour Hillary Clinton. Après que Donald Trump l’ait accusée, comme lors du débat précédent, de beaucoup parler mais de n’avoir rien fait pendant trente ans, elle s’est lancée dans la tirade suivante :

He raised the 30 years of experience, so let me just talk briefly about that. You know, back in the 1970s, I worked for the Children’s Defense Fund. And I was taking on discrimination against African-American kids in schools. He was getting sued by the Justice Department for racial discrimination in his apartment buildings. In the 1980s, I was working to reform the schools in Arkansas. He was borrowing $14 million from his father to start his businesses. In the 1990s, I went to Beijing and I said women’s rights are human rights. He insulted a former Miss Universe, Alicia Machado, called her an eating machine. And on the day when I was in the Situation Room, monitoring the raid that brought Osama bin Laden to justice, he was hosting the Celebrity Apprentice. (Il a évoqué mes 30 ans d’expérience, donc laissez-moi juste en parler brièvement. Vous savez, dans les années 70, je travaillais pour le Children’s Defense Fund. Et je m’attaquais à la discrimination contre les enfants afro-américains dans les écoles. Il était poursuivi par le Département de la Justice pour discrimination raciale dans ses immeubles. Dans les années 80, je travaillais pour réformer les écoles en Arkansas. Il empruntait 14 millions de dollars à son père pour lancer ses entreprises. Dans les années 90, j’allais à Pékin et je disais que les droits des femmes étaient des droits de l’homme. Il insultait une ex-Miss Univers, Alicia Machado, en la qualifiant de machine à manger. Et le jour où je me trouvais dans la Situation Room, surveillant le raid qui a puni Oussama Ben Laden, il présentait Celebrity Apprentice)

  • Les accusations d’agressions sexuelles à l’encontre de Donald Trump

Lors du débat précédent, Donald Trump avait affirmé n’avoir jamais eu de gestes déplacés vis-à-vis d’une femme. Depuis, neuf femmes l’ont accusé d’attouchements inappropriés et/ou d’agression sexuelle. Chris Wallace a interrogé Donald Trump à ce sujet. Le candidat républicain a affirmé que toutes ces femmes mentaient, soit pour obtenir leur quart d’heure de gloire, soit parce qu’elles y étaient poussées par Hillary Clinton et son équipe de campagne. Il s’agirait donc d’une conspiration.

Hillary Clinton a quant à elle répété que Donald Trump n’avait aucun respect pour les femmes. Elle a même affirmé qu’il avait dit que ces femmes n’étaient pas assez séduisantes pour qu’il les agresse.

He said that he could not possibly have done those things to those women because they were not attractive enough for them to be assaulted. (Il a dit qu’il n’était pas possible qu’il ait fait ces choses à ces femmes parce qu’elles n’étaient pas assez séduisantes pour être agressées)

Trump affirmera ne jamais avoir dit cela. Il ne l’a certes pas dit exactement de cette manière mais c’est bien ce qu’il a sous-entendu lors de plusieurs meetings. Comme l’a précisé Clinton elle-même, il a affirmé en parlant de l’une de ses accusatrices : « Regardez-la. Je ne crois pas ». Et à propos d’une autre : « Elle ne serait pas mon premier choix ».

  • La politique étrangère

Le débat sur la politique étrangère ne nous a rien appris de nouveau. Hillary Clinton a répété qu’elle n’enverrait pas de troupes au sol en Irak et en Syrie (hormis des forces spéciales chargées d’épauler les forces locales) mais qu’elle était en revanche favorable à l’établissement d’une zone d’exclusion aérienne au-dessus de la Syrie. Chris Wallace lui a demandé si elle ne craignait pas, comme Barack Obama, que la mise en place d’une telle zone d’exclusion aérienne conduise à un conflit avec la Russie. Ordonnerait-elle d’abattre un avion russe survolant la zone interdite? Hillary Clinton s’est contentée d’expliquer pourquoi la zone d’exclusion aérienne serait utile (essentiellement, pour empêcher les bombardements syriens et russes qui touchent des civils) mais elle n’a pas répondu clairement à la question de Wallace.

Donald Trump a quant à lui été très vague sur ses plans en matière de politique étrangère et s’est lancé dans un discours assez surprenant. Il a tout d’abord affirmé que l’on avait entendu parler de l’offensive de Mossoul avant qu’elle n’ait lieu et que c’était totalement stupide. D’après lui, l’opération aurait dû rester entièrement secrète et créer la surprise chez l’ennemi. Il estime que, l’opération ayant été annoncée à l’avance, tous les membres importants de l’Etat Islamique auront eu le temps de quitter la ville. L’opération ne servirait donc plus à rien. On pourrait lui rétorquer qu’elle devrait en principe au moins permettre à l’armée irakienne de reprendre le contrôle de la ville et à ses habitants d’être libérés du joug de l’Etat Islamique. Ensuite, Trump a déclaré ceci :

But you know who the big winner in Mosul is going to be after we eventually get it? And the only reason they did it is because she’s running for the office of president and they want to look tough. They want to look good. He [Barack Obama] violated the red line in the sand, and he made so many mistakes, made all the mistakes. That’s why we have the great migration. But she wanted to look good for the election. So they’re going in. (Mais vous savez qui va être le grand gagnant de Mossoul après que nous y soyons finalement entrés? Et la seule raison pour laquelle ils l’ont fait est qu’elle est candidate à la présidence et ils veulent paraître solides. Ils veulent faire bonne impression. Il [Barack Obama] a violé la ligne rouge dans le sable, et il a fait tellement d’erreurs, il a fait toutes les erreurs. C’est pourquoi nous avons la grande migration. Mais elle voulait faire bonne impression pour l’élection. Alors ils entrent dans Mossoul)

L’armée irakienne aurait donc décidé de reprendre Mossoul pour donner une bonne image d’Hillary Clinton avant l’élection? Nous ne sommes pas certains d’avoir tout compris.

  • Donald Trump critique Ronald Reagan

Qui aurait cru entendre un jour le candidat du Parti Républicain critiquer Ronald Reagan lors d’un débat présidentiel? Probablement personne. Et pourtant, Donald Trump l’a fait. Il a affirmé qu’il n’avait jamais été d’accord avec la politique commerciale de l’ex-président.

I did disagree with Ronald Reagan very strongly on trade. I disagreed with him. We should have been much tougher on trade even then. I’ve been waiting for years. Nobody does it right. (Je n’étais pas du tout d’accord avec Ronald Reagan sur le commerce. Je n’étais pas d’accord avec lui. Même à l’époque, nous aurions dû être beaucoup plus durs en matière de commerce. J’ai attendu pendant des années. Personne ne fait les choses correctement)

  • Le moment clé de la soirée : Donald Trump refuse de s’engager à accepter le résultat de l’élection présidentielle

Dans les jours ayant précédé le débat, Donald Trump s’est mis à répéter lors de ses meetings que le scrutin du 8 novembre serait vraisemblablement truqué. Chris Wallace lui a donc demandé s’il était prêt à s’engager à accepter le résultat de l’élection. Réponse?

I will look at it at the time. (Je verrai le moment venu)

Trump a ensuite répété que les médias étaient corrompus et avaient « empoisonné l’esprit des électeurs ». Il a aussi affirmé qu’Hillary Clinton n’aurait jamais dû être autorisée à se présenter.

Hillary Clinton a réagi en qualifiant les propos de son adversaire de « terrifiants ». Certains élus républicains ont également condamné les propos de Trump. Ce fut notamment le cas de Lindsey Graham et de Jeff Flake, deux sénateurs républicains qui ne le soutiennent pas. Dans un bref communiqué, Graham écrivait que Trump faisait du tort à son parti et à son pays en suggérant que l’élection pourrait être truquée. Il ajoutait :

If he loses, it will not be because the system is rigged but because he failed as a candidate. (S’il perd, ce ne sera pas parce que le système est truqué mais parce qu’il aura échoué en tant que candidat)

Jeff Flake publiait quant à lui le tweet suivant.

Traduction: Donald Trump disant qu'il pourrait ne pas accepter les résultats de l'élection est inadmissible.
Traduction: Donald Trump disant qu’il pourrait ne pas accepter les résultats de l’élection est inadmissible.

Le candidat indépendant à la présidence Evan McMullin a également eu des mots forts.

Traduction: Honte à Donald Trump de refuser de s'engager à une passation de pouvoir pacifique. L'Amérique est une démocratie, pas une république bananière.
Traduction: Honte à Donald Trump de refuser de s’engager à une passation de pouvoir pacifique. L’Amérique est une démocratie, pas une république bananière.
  • La petite phrase de la soirée

Such a nasty woman ! (Quelle méchante femme !)

Donald Trump interrompant Hillary Clinton alors que celle-ci s’exprimait au sujet de la Sécurité Sociale.

VAINQUEURS ET PERDANTS

Qui sont les vainqueurs et les perdants de ce dernier débat de l’année 2016 ? Notre verdict ci-dessous.

  • Les gagnants

Chris Wallace. Le vrai vainqueur du débat, c’est lui. Il est parvenu à maintenir l’ordre et bien qu’il ait posé quelques questions sur les polémiques du moment, il a majoritairement orienté le débat vers de vraies questions politiques (politique étrangère, Sécurité Sociale, immigration, Cour Suprême etc.). Résultat? Un débat encore tendu mais correspondant bien plus que les deux premiers à ce que les américains sont en droit d’attendre d’un tel événement. La performance de Wallace a d’ailleurs mis tout le monde d’accord. Le journaliste de Fox News a été unanimement salué. Par ses confrères, par des hommes et femmes politiques républicains comme démocrates, et même par des célébrités comme l’auteur Stephen King. Voici à quoi ressemblait notre fil d’actualité Twitter à la fin du débat.

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Et voici les derniers mots prononcés par Chris Wallace à la fin du débat, à l’attention des téléspectateurs :

Now the decision is up to you. While millions have already voted, Election Day, November 8th, is just 20 days away. One thing everyone here can agree on : we hope you will go vote. It is one of the honors and obligations of living in this great country. Thank you, and good night. (Et maintenant la décision finale vous revient. Alors que des millions de personnes ont déjà voté, il ne reste plus que 20 jours avant le jour de l’élection, le 8 novembre. Il y a une chose que tout le monde ici s’accorde à dire : nous espérons que vous irez voter. C’est l’un des honneurs et des devoirs lorsque l’on vit dans ce grand pays. Merci, et bonne nuit)

Hillary Clinton. Comme lors des deux débats précédents, Hillary Clinton n’a pas été flamboyante. Elle a même soigneusement évité de répondre à certaines questions posées par Chris Wallace. Mais le fait que Donald Trump ait refusé de s’engager à accepter le résultat de l’élection – ce qui devrait effrayer à peu près tous les américains ne comptant pas parmi ses supporters les plus fervents – suffit à la déclarer gagnante de ce troisième et dernier duel.

Jésus. Un groupe de manifestants dont nous ignorons l’identité et les motivations exactes s’était rassemblé juste derrière le plateau depuis lequel les journalistes de CNN analysaient le débat. Leurs pancartes, bien visibles des téléspectateurs, affichaient des messages tels que Don’t give up, talk to Jesus (N’abandonnez pas, parlez à Jésus) ou Ask Jesus to save you before it’s too late (Demandez à Jésus de vous sauver avant qu’il ne soit trop tard).

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  • Le perdant

Donald Trump. Donald Trump s’est montré très calme et sérieux lors de la première demi-heure du débat. Au total, sa performance lors de ce troisième débat a été bien meilleure que lors des deux débats précédents. Mais son refus de s’engager à accepter le résultat de l’élection a éclipsé tout le reste. Le lendemain, les médias américains ne parlaient que de cela et s’inquiétaient de ce manque de respect pour la démocratie. Il est raisonnable de penser que bon nombre d’américains auront été tout aussi stupéfaits.

 

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