WEEKLY NEWS FLASH #68

On ne sait plus trop comment qualifier ce qu’il se passe en ce moment aux Etats-Unis. Surréaliste? Réjouissant? Inquiétant? À vous de juger.

LA DÉMISSION DE LA SEMAINE

Michael Flynn, le controversé conseiller à la sécurité nationale de Donald Trump, a démissionné lundi dernier. Jamais un conseiller à la sécurité nationale n’était resté en poste aussi peu de temps. Vingt-quatre jours exactement. Pour la petite histoire, le poste de conseiller à la sécurité nationale a été créé en 1953 par le président Dwight Eisenhower. Depuis sa création, 25 personnes l’ont occupé, Flynn inclus. Presque toutes sont restées en poste au moins un an. La moyenne est de deux ans et demi. La personne qui détenait jusqu’ici le record du mandat le plus court est William Jackson, nommé par Eisenhower en 1956 et viré seulement quatre mois plus tard. Le conseiller à la sécurité nationale étant resté le plus longuement à son poste est Henry Kissinger (1969-1975).

Pourquoi Michael Flynn a-t-il démissionné? La presse avait révélé quelques jours plus tôt qu’il avait discuté de la levée des sanctions contre la Russie avec l’ambassadeur russe en poste à Washington, et ce avant même que Donald Trump ne prête serment et ne devienne officiellement le nouveau président des Etats-Unis. Pour y voir plus clair et tenter de comprendre tous les tenants et aboutissants de cette affaire digne d’un polar, nous vous proposons un petit bond dans le temps.

Décembre 2016. Michael Flynn, qui a déjà été nommé par Donald Trump au poste de futur conseiller à la sécurité nationale, s’entretient par téléphone avec Sergey Kislyak, l’ambassadeur russe en poste à Washington. Ils discutent notamment des nouvelles sanctions qui viennent d’être imposées à la Russie par le président Obama et de leur possible suppression une fois que Donald Trump aura prêté serment. (Rappel: Barack Obama avait décidé de mettre en place ces nouvelles sanctions contre la Russie en raison des piratages informatiques commandités par celle-ci pendant la campagne électorale de 2016 afin de tenter d’en influencer le résultat).

12 janvier 2017. Un article du Washington Post rapporte pour la première fois que Michael Flynn a discuté de la levée des sanctions avec l’ambassadeur russe, alors qu’il n’est pas encore entré en fonctions. Or, une loi fédérale (le Logan Act) interdit en principe aux citoyens américains de passer des accords avec des gouvernements étrangers. Flynn aurait donc peut-être enfreint la loi.

13 janvier 2017. La Maison Blanche réagit à la publication de l’article du Washington Post. Son porte-parole, Sean Spicer, affirme que Michael Flynn n’a PAS discuté des sanctions avec l’ambassadeur russe. Les deux hommes n’auraient fait que discuter de l’organisation d’une future conversation téléphonique entre Donald Trump et Vladimir Poutine.

15 janvier 2017. Le futur vice-président des Etats-Unis, Mike Pence, défend Michael Flynn lors d’une interview télévisée. Il explique qu’il a eu une discussion avec Flynn et que celui-ci lui a assuré ne pas avoir discuté des sanctions avec l’ambassadeur russe. Pence n’apprendra que bien plus tard que Flynn lui a menti.

26 janvier 2017. Donald Trump est président depuis six jours. Le Département de la Justice informe le conseiller juridique de la Maison Blanche, Don McGahn, du fait que Michael Flynn a menti et a bien discuté des sanctions avec l’ambassadeur russe plusieurs semaines auparavant. Le Département de la Justice met aussi en garde la Maison Blanche sur le fait que Flynn pourrait faire l’objet de chantage de la part des russes. Donald Trump est immédiatement informé de la situation par McGahn. Mais le président ne sanctionne pas Flynn et rien de tout cela n’est révélé au grand public. De plus, Mike Pence n’est quant à lui pas averti de la situation. Il ignore donc toujours que Flynn lui a menti avant qu’il aille le défendre sur un plateau de télévision. Pourquoi Mike Pence n’est-il pas tenu au courant par Donald Trump ou par l’un de ses conseillers? Mystère.

8 février 2017. Dans une interview accordée au Washington Post, Michael Flynn nie encore une fois catégoriquement avoir discuté des sanctions avec l’ambassadeur russe. Un mensonge de plus.

9 février 2017. Le Washington Post publie l’interview de Flynn mais ajoute que, contrairement à ce qu’il prétend, il a bien, d’après plusieurs nouveaux témoignages, discuté des sanctions avec l’ambassadeur russe. Suite à la publication de cet article, Flynn commence à être sérieusement mis sous pression.

13 février 2017, aux alentours de 17h. Kellyanne Conway assure que Michael Flynn a toujours la « pleine confiance » de Donald Trump. Au même moment, Sean Spicer, le porte-parole de la Maison Blanche, la contredit en affirmant dans un communiqué que « le président est en train d’évaluer la situation ».

13 février 2017, à 20h. Un nouvel article du Washington Post fait l’effet d’une bombe. Le journal révèle que le Département de la Justice a prévenu la Maison Blanche des agissements de Flynn plusieurs semaines auparavant, ainsi que du fait qu’il pourrait être victime de chantage de la part des russes. Ce n’est qu’en lisant cet article que Mike Pence apprend l’existence de cette mise en garde du Département de la Justice à la Maison Blanche.

13 février 2017, à 23h. Michael Flynn annonce sa démission. Dans sa lettre de démission, il reconnaît avoir fourni des « informations incomplètes » à ses supérieurs au sujet de ses conversations avec l’ambassadeur russe. Il déclare s’être excusé auprès de Donald Trump et de Mike Pence et affirme que ceux-ci ont accepté ses excuses.

La lettre de démission de Michael Flynn

14 février 2017. Kellyanne Conway et Sean Spicer commentent la démission de Flynn et donnent une nouvelle fois deux versions des faits différentes. Dans la matinée, Conway indique que Flynn a démissionné sans y avoir été forcé. Dans l’après-midi, Spicer affirme quant à lui en conférence de presse que c’est bien Donald Trump qui a demandé à Flynn de démissionner. Il affirme également que le président a avant tout pris cette décision parce qu’il ne pouvait plus faire confiance à Flynn après que celui-ci ait menti à Mike Pence.

Plusieurs questions se posent.

1. Si l’on en croit la version de Sean Spicer, Donald Trump n’a pas demandé à Michael Flynn de démissionner en raison de ses discussions avec l’ambassadeur russe, mais parce qu’il a menti à Mike Pence. Or, Trump savait que Flynn avait menti à Pence depuis qu’il avait reçu l’avertissement du Département de la Justice le 26 janvier. Pourquoi ne pas avoir sanctionné Flynn à ce moment-là? Et pourquoi ne pas avoir averti Mike Pence? En réalité, il semble plutôt que ce soient les révélations de la presse qui aient finalement poussé Donald Trump à réagir. Ce qui pose évidemment une autre question.

2. Michael Flynn a-t-il agi seul ou Donald Trump lui avait-il demandé de discuter de la levée des sanctions avec l’ambassadeur russe? On ne connaît pour l’instant pas la réponse à cette question.

3. Qui va succéder à Michael Flynn? Pour l’instant, le général Keith Kellogg, qui faisait partie de son équipe, assure l’intérim. Mais on ignore encore le nom de son remplaçant. On a appris que le président Trump avait proposé le poste à Bob Harward, un autre militaire à la retraite. Mais celui-ci a refusé. Harward a avancé des raisons familiales pour justifier son refus, mais l’un de ses amis a confié à la presse qu’il était réticent à accepter l’offre de Donald Trump en raison des dysfonctionnements apparents au sein de la Maison Blanche.

Par la suite, la presse révélera encore que plusieurs conseillers de Donald Trump, dont Michael Flynn, auraient été en contact constant avec la Russie pendant toute la durée de la campagne électorale. Il faut ici utiliser le conditionnel puisque ces révélations sont pour l’instant uniquement basées sur des témoignages effectués sous couvert d’anonymat. La Maison Blanche nie évidemment catégoriquement. Donald Trump accuse même les médias de le haïr et d’inventer de fausses histoires (fake news) pour mettre à mal sa présidence.

Il semble pourtant que le FBI soit en possession d’informations sérieuses tendant à confirmer la véracité de certains faits troublants. En effet, le directeur du FBI a organisé une rencontre à huis clos avec les sénateurs membres du comité du renseignement. Aucun des sénateurs n’a souhaité faire de commentaire à la presse après la rencontre. Mais, quelques heures plus tard, Marco Rubio publiait ce tweet.

Traduction: Je suis maintenant convaincu que le comité du renseignement du Sénat dont je fais partie va mener une enquête bipartisane minutieuse sur l'interférence et l'influence de Poutine
Traduction: Je suis maintenant convaincu que le comité du renseignement du Sénat dont je fais partie va mener une enquête bipartisane minutieuse sur l’interférence et l’influence de Poutine

Une commission d’enquête parlementaire pourrait donc bien être mise sur pied dans un futur proche. Affaire à suivre…

LA CONFÉRENCE DE PRESSE DE LA SEMAINE

Après la démission de Michael Flynn, Donald Trump a une nouvelle fois attaqué férocement les médias lors d’une conférence de presse surréaliste. Au départ, cette conférence de presse avait été organisée pour que le président présente son nouveau Ministre du Travail, Alexander Acosta. En réalité, il n’a évoqué la nomination d’Acosta que durant quelques minutes, avant de s’en prendre longuement à la presse. Il a notamment qualifié les informations concernant la Russie de fake news inventées par les médias pour trouver des excuses à la défaite des Démocrates à l’élection présidentielle. Il a assuré que, contrairement à ce que disent les médias, les premières semaines de sa présidence ont été un grand succès. Il a ajouté que la tâche n’était pas facile parce qu’il avait hérité d’un véritable « foutoir ». Et il s’est encore une fois vanté d’avoir déjoué tous les pronostics en remportant l’élection présidentielle, ajoutant qu’il avait obtenu le plus grand nombre de voix au Collège Électoral depuis Ronald Reagan. Ce qui est faux. Donald Trump a obtenu 306 voix au Collège Électoral. En 1988, George H.W. Bush avait obtenu 426 voix. Bill Clinton en avait obtenues 370 en 1992 et 379 en 1996. Barack Obama en a obtenues 365 en 2008 et 332 en 2012. Autrement dit, depuis Reagan, tous les présidents élus ont en réalité obtenu plus de voix que Donald Trump au Collège Électoral, à l’exception de George W. Bush.

Lors de la séance de questions-réponses avec les journalistes, les choses se sont encore envenimées. Voici quelques-unes des déclarations assez hallucinantes d’un Donald Trump passablement énervé.

I don’t mind bad stories. I can handle a bad story better than anybody as long as it’s true and, you know, over a course of time, I’ll make mistakes, and you’ll write badly and I’m okay with that. But I’m not okay when it is fake. I mean, I watch CNN, it’s so much anger and hatred. (Je ne vois pas d’objection à la publication d’articles négatifs. Je peux faire face à un article négatif mieux que quiconque tant qu’il est vrai et, vous savez, au fil du temps, je ferai des erreurs, et vous écrirez des articles à ce propos et je suis ok avec cela. Mais je ne suis pas ok lorsque c’est faux. Je veux dire, je regarde CNN, ce n’est que de la colère et de la haine)

I won with news conferences and probably speeches. I certainly didn’t win by people listening to you. That’s for sure. But I’m having a good time. Tomorrow, they will say « Donald Trump rants and raves at the press ». I’m not ranting and raving. I’m just telling you. You know, you’re dishonest people. But I’m not ranting and raving. (J’ai gagné grâce aux conférences de presse et probablement grâce à mes discours. Je n’ai certainement pas gagné parce que les gens vous écoutent. C’est certain. Mais je passe un bon moment. Demain, ils vont dire « Donald Trump pousse un coup de gueule contre la presse ». Je ne pousse pas de coup de gueule. Je vous le dis simplement. Vous savez, vous êtes des gens malhonnêtes. Mais je ne pousse pas de coup de gueule)

The public doesn’t believe you people anymore. Now, maybe I had something to do with that. I don’t know. But they don’t believe you. (Le public ne vous croit plus. Peut-être que j’ai quelque chose à voir avec cela. Je ne sais pas. Mais ils ne vous croient pas)

Donald Trump s’est aussi fâché contre un journaliste qui lui posait une question sur l’antisémitisme. Il l’a interrompu avant qu’il n’ait eu le temps de finir sa question.

He said he was going to ask a very simple, easy question. And it’s not a simple question, not a fair question. Okay, sit down, I understand the rest of your question. So here’s the story, folks. Number 1, I am the least anti-Semitic person that you’ve ever seen in your entire life. Number 2, racism, the least racist person. In fact, we did very well relative to other people running as a Republican – quiet, quiet, quiet. See, he lied about – he was going to get up and ask a very straight, simple question. So, you know, welcome to the world of the media. But let me just tell you something, that I hate the charge, I find it repulsive. I hate even the question because people that know me and you heard the prime minister, you heard Ben Netanyahu yesterday, did you hear him, Bibi? He said, I’ve known Donald Trump for a long time and then he said « forget it ». So you should take that instead of having to get up and ask a very insulting question like that. (Il a dit qu’il allait poser une question très simple, très facile. Mais ce n’est pas une question simple, ce n’est pas une question juste. Ok, assieds-toi, j’ai compris le reste de ta question. Alors voilà l’histoire, les gars. Premièrement, je suis la personne la moins antisémite que vous n’ayez jamais vue dans toute votre vie. Deuxièmement, en ce qui concerne le racisme, la personne la moins raciste. En réalité, nous avons fait mieux que d’autres candidats républicains – taisez-vous, taisez-vous, taisez-vous. Vous voyez, il a menti – il devait poser une question très simple. Donc, vous savez, bienvenue dans le monde des médias. Mais laissez-moi vous dire quelque chose, je déteste cette accusation, je la trouve répugnante. Je hais la question en tant que telle parce que les gens qui me connaissent et vous avez entendu le premier ministre, vous avez entendu Ben Netanyahu hier, vous l’avez entendu, Bibi? Il a dit, je connais Donald Trump depuis longtemps et puis il a dit « oubliez cela ». Alors c’est ce que vous devriez faire au lieu de me poser une question insultante comme celle-là)

Il y a aussi eu cet échange tendu avec une journaliste afro-américaine qui demandait au président s’il avait l’intention de discuter avec le Congressional Black Caucus (ndlr: un groupe regroupant les parlementaires afro-américains).

Well, I would. I tell you what, do you want to set up the meeting? Are they friends of yours? (Et bien, je vais le faire. Je vais vous dire, voulez-vous organiser la rencontre? Ce sont des amis à vous?)

Et enfin, terminons par une dernière déclaration de Trump lors de cette conférence de presse, au sujet de la Russie et de la nécessité d’avoir de bonnes relations avec ce pays.

We’re a very powerful nuclear country and so are they. I have been briefed. And I can tell you one thing about a briefing, that we’re allowed to say because anybody that ever read the most basic book can say it: nuclear holocaust would be like no other. They’re a very powerful nuclear country and so are we. If we have a good relationship with Russia, believe me, that’s a good thing, not a bad thing. (Nous sommes un pays nucléaire très puissant et eux aussi. J’ai été informé. Et je peux vous dire une chose à propos de ce briefing, que je suis autorisée à dire parce que toute personne ayant déjà lu le livre le plus basique peut le dire: un holocauste nucléaire ne serait comparable à aucun autre. Ils sont un pays nucléaire très puissant et nous aussi. Si nous avons une bonne relation avec la Russie, croyez-moi, c’est une bonne chose, pas une mauvaise chose)

LA PRESSE, « ENNEMIE DU PEUPLE »

Au lendemain de cette folle conférence de presse, Donald Trump est allé encore plus loin dans sa critique des médias, les qualifiant d’ « ennemis du peuple » dans un tweet.

Traduction: Les médias FAKE NEWS (le New York Times en faillite, NBC News, ABC, CBS, CNN) ne sont pas mon ennemi, ils sont l'ennemi du peuple américain!
Traduction: Les médias FAKE NEWS (le New York Times en faillite, NBC News, ABC, CBS, CNN) ne sont pas mon ennemi, ils sont l’ennemi du peuple américain!

Une déclaration condamnée par plusieurs membres du Parti Républicain, notamment John McCain. Lors d’une interview dans l’émission dominicale Meet the Press, le sénateur de l’Arizona a rappelé que la première mesure généralement mise en place par les dictateurs était de s’attaquer à la liberté de la presse.

LE DISCOURS DE LA SEMAINE

John McCain a aussi prononcé un discours lors de la conférence de Munich, une conférence annuelle consacrée à la sécurité internationale. Le vice-président américain, Mike Pence, et le Secrétaire à la Défense, James Mattis, ont également assisté à cette conférence et ont tenté tant bien que mal de rassurer les alliés européens.

Le discours de John McCain, que vous pouvez lire dans son entièreté ici, n’était autre qu’un rejet complet de la vision du monde de Donald Trump. Voyez par exemple cet extrait.

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Traduction: Que diraient les membres de la génération de von Kleist (ndlr: le fondateur de la conférence de Munich) s’ils voyaient notre monde aujourd’hui? Je crains que beaucoup de choses leur seraient bien trop familières, et ils en seraient inquiets. Ils seraient inquiets du rejet grandissant des valeurs universelles et de la marche vers les vieux liens du sang, de la race, et du sectarisme. Ils seraient inquiets du ressentiment de plus en plus fort que nous voyons contre les immigrants, et les réfugiés, et les minorités, notamment les musulmans. Ils seraient inquiets de l’incapacité grandissante, et même du manque de volonté, de séparer la vérité des mensonges. Ils seraient inquiets que de plus en plus de nos concitoyens semblent flirter avec l’autoritarisme et l’imaginent être notre équivalent moral.

THE TRUMP TRANSITION STORY

  • Les nominations de Steven Mnuchin, Scott Pruitt, Mick Mulvaney, Linda McMahon et David Shulkin confirmées par le Sénat

Le Sénat a confirmé cette semaine les nominations de plusieurs nouveaux membres de l’administration Trump:

Steven Mnuchin au Trésor (53-47).

Scott Pruitt à la tête de l’Agence de protection de l’environnement (52-46). Une sénatrice républicaine a voté contre (Susan Collins).

Mick Mulvaney au poste de directeur du budget (51-49). John McCain est le seul Républicain à s’y être opposé, accusant Mulvaney de vouloir réduire trop drastiquement le budget consacré à la défense.

Linda McMahon à la tête de la Small Business Administration (81-19).

Enfin, David Shulkin a été plébiscité puisque TOUS les sénateurs ont voté en faveur de sa nomination à la tête du Département aux Anciens Combattants (100-0).

  • Andrew Puzder renonce

Vous souvenez-vous d’Andrew Puzder, ce patron de deux chaînes de restaurants fast-food que Donald Trump avait nommé au poste de Ministre du Travail? Et bien, il a annoncé qu’il renonçait à ce poste. En réalité, le Parti Républicain aurait fait pression sur la Maison Blanche pour que la candidature de Puzder soit retirée, après que plusieurs révélations aient été faites à son sujet. On a notamment appris qu’il avait employé une femme de chambre en situation irrégulière ou qu’il avait été accusé de violences conjugales par son ex-femme. Suite à ces révélations, plus d’une dizaine de sénateurs républicains menaçaient de voter contre sa nomination.

Donald Trump a déjà annoncé le nom du remplaçant de Puzder. Il s’agit d’Alexander Acosta. D’origine cubaine, il est le premier latino nommé par Trump pour intégrer son administration. Sa nomination devra évidemment être confirmée par le Sénat.

  • L’audition mouvementée de David Friedman

David Friedman, candidat au poste d’ambassadeur en Israël, a été auditionné par le comité des Affaires Étrangères du Sénat cette semaine. Et son audition a été quelque peu mouvementée. Elle a en effet été interrompue à plusieurs reprises par des manifestants qui ont dû être évacués de la salle. Certains ont brandi le drapeau palestinien. L’un d’entre eux a notamment crié que « David Friedman supporte le vol du territoire palestinien ». Mais certains manifestants étaient aussi des juifs membres d’un groupe qui dénonce la politique d’occupation du gouvernement d’Israël. Ils se sont mis à chanter Olam chesed yibaneh, ce qui signifie « Nous construirons ce monde avec de la gentillesse » en hébreu.

Si la nomination de David Friedman est si controversée, c’est parce qu’il a tenu des propos très polémiques par le passé. Il avait notamment comparé les juifs qui dénoncent la colonisation à des kapos. De plus, Friedman est un avocat n’ayant aucune expérience passée en matière de diplomatie. Un sénateur démocrate a d’ailleurs affirmé lors de l’audition: « Le langage que vous avez régulièrement utilisé contre ceux qui ne sont pas d’accord avec vous m’inquiète quant à votre capacité à entrer dans le monde de la diplomatie ».

David Friedman a déclaré qu’il regrettait avoir utilisé un tel langage. Il a aussi affirmé que la solution des deux états (Israël/Palestine) restait la meilleure chance de paix dans la région et que les colonies représentaient probablement un obstacle à la paix. Des propos qui sont toutefois à l’opposé des positions qu’il a défendues pendant des années.

LE SCOOP DE LA SEMAINE

Le quotidien USA Today a révélé que certains textes publiés sur le site web de la Maison Blanche n’étaient pas totalement identiques à la version officielle transmise au Registre Fédéral. Les différences sont le plus souvent des différences de style. Des changements grammaticaux, quelques mots manquants ou des paragraphes présentés dans un ordre différent. Mais USA Today a aussi repéré quelques erreurs bien plus gênantes. Par exemple, le texte officiel du décret de Donald Trump sur l’immigration mentionne la nécessité d’appliquer l’article 8 U.S.C. 1202, qui prévoit que toute personne demandant un visa soit conviée à un entretien à l’ambassade américaine. Mais dans la version du texte publiée sur le site web de la Maison Blanche, c’est l’article 8 U.S.C. 1222 qui est mentionné par erreur. Or, cet article prévoit un examen physique et mental des candidats au visa !

LES RENCONTRES DE LA SEMAINE

Au milieu du chaos entourant la démission de Michael Flynn, Donald Trump accueillait deux chefs d’état étrangers à la Maison Blanche. D’abord, le premier ministre canadien Justin Trudeau. Ensuite, le premier ministre israélien Benjamin Netanyahu.

Justin Trudeau n’a pas caché ses différences d’opinion avec Donald Trump mais a déclaré qu’il n’était pas là pour donner des leçons au président des Etats-Unis. Les deux hommes ont déclaré espérer pouvoir renforcer la relation entre leurs deux pays. Ils ont aussi lancé une initiative commune visant à encourager les femmes à créer leur propre entreprise. Ivanka Trump ne serait pas étrangère à la mise en place de cette initiative. Elle a d’ailleurs assisté à une réunion aux côtés de son père, de Justin Trudeau et de plusieurs femmes d’affaires.

Traduction: Une discussion importante avec deux leaders au sujet de l'importance pour les femmes d'avoir une place à la table!
Traduction: Une discussion importante avec deux leaders au sujet de l’importance pour les femmes d’avoir une place à la table!

La rencontre entre Donald Trump et Benjamin Netanyahu fut encore plus chaleureuse. On sait que le premier ministre israélien, qui entretenait une relation exécrable avec Barack Obama, s’est montré plutôt joyeux à l’idée de l’arrivée au pouvoir de Donald Trump. Lors d’une conférence de presse, le président américain a fait part de sa volonté de défendre Israël. Il s’est aussi montré plutôt vague quant à sa vision du processus de paix idéal. Il a affirmé n’être opposé ni à la solution des deux états, ni à celle d’un seul état. « Je suis en faveur de la solution que les Israéliens et les Palestiniens préfèrent », a-t-il déclaré. Jusqu’ici, tous les dirigeants américains avaient toujours clairement affiché leur soutien à la solution des deux états.

Point Fashion. Melania Trump était présente pour accueillir l’épouse de Benjamin Netanyahu à la Maison Blanche, dans un ensemble signé Karl Lagerfeld qui n’est pas passé inaperçu.

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LES SANCTIONS DE LA SEMAINE

Les autorités américaines accusent le vice-président du Venezuela, Tareck El Aissami, de trafic de drogue ! D’après les conclusions d’une longue enquête, il serait notamment intervenu pour que les cargaisons d’avions transportant de la drogue du Venezuela vers le Mexique ou les Etats-Unis ne soient pas contrôlées. Le Département du Trésor a annoncé avoir pris des sanctions à son égard. Tous ses avoirs aux Etats-Unis ont été gelés. Ceci ne devrait évidemment pas contribuer à apaiser les tensions diplomatiques déjà existantes entre les Etats-Unis et le Venezuela.

LE DÎNER DE LA SEMAINE

Puisque l’on parle du Venezuela… Donald Trump a demandé aux autorités vénézuéliennes de libérer Leopoldo Lopez, un opposant au régime actuellement emprisonné. Il semble que Marco Rubio ait profité d’une invitation à dîner à la Maison Blanche pour demander au président d’agir en ce sens. En tant que sénateur, Rubio est très impliqué dans la lutte contre les régimes autoritaires latino-américains. Il est en contact régulier avec des opposants et leurs familles.

Traduction: Le Venezuela devrait autoriser Leopoldo Lopez, un prisonnier politique et le mari de Lilian Tintori (nous venons de rencontrer Marco Rubio) à sortir immédiatement de prison.
Traduction: Le Venezuela devrait autoriser Leopoldo Lopez, un prisonnier politique et le mari de Lilian Tintori (nous venons de rencontrer Marco Rubio) à sortir immédiatement de prison.

Par ailleurs, le tweet ci-dessus est la seule image qui ait filtré de la rencontre Trump/Rubio à la Maison Blanche. On ignore comment s’est déroulé leur dîner commun. Il était quelque peu étonnant d’apprendre que Trump ait invité Rubio à la Maison Blanche, puisque celui-ci l’avait critiqué à plusieurs reprises dernièrement. Peut-être voulait-il justement l’amadouer et/ou lui mettre la pression? Quant à Rubio, que cherchait-il en acceptant cette invitation? On imagine évidemment qu’il ne doit pas être facile de refuser une invitation du président lorsque celui-ci est membre de votre propre parti. Mais le sénateur de Floride avait-il l’intention d’essayer de raisonner Donald Trump? Il publiait en tout cas ce tweet étrange quelques heures avant leur entrevue.

Traduction: Une oreille attentive à une correction saine se retrouve chez lui en compagnie du sage.
Traduction: Une oreille attentive à une correction saine se retrouve chez lui en compagnie du sage.

LE TÉMOIGNAGE DE LA SEMAINE

L’acteur Ashton Kutcher a témoigné devant le comité des Affaires Étrangères du Sénat, dans le cadre d’une séance consacrée à l’esclavage moderne et au trafic d’êtres humains. Kutcher est en effet le président d’une organisation qui crée des outils informatiques pour lutter contre le trafic d’êtres humains en ligne. Son discours fut assez poignant. Il a notamment expliqué avoir vu des choses que personne ne devrait jamais voir.

I’ve seen video content of a child that’s the same age as mine being raped by an American man that was a sex tourist in Cambodia. And this child was so conditioned by her environment that she thought she was engaging in play. (J’ai vu la vidéo d’une enfant de l’âge de la mienne en train de se faire violer par un homme américain faisant du tourisme sexuel au Cambodge. Et cette enfant était tellement conditionnée par son environnement qu’elle pensait être en train de jouer)

La séance a aussi été marquée par un moment plus léger. John McCain, qui n’est pas membre du comité des Affaires Étrangères, avait tout de même tenu à assister à une partie de la séance. La traite des êtres humains est en effet un sujet qui lui tient à cœur et sur lequel il a beaucoup travaillé au fil des années, tout comme son épouse. Alors qu’il saluait Kutcher, il a plaisanté en lui disant qu’il paraissait plus beau dans ses films. L’acteur lui a répondu en lui adressant un baiser.

LE SONDAGE DE LA SEMAINE

C-SPAN a interrogé plus de 90 historiens pour savoir quel était, d’après eux, le plus grand président de l’histoire des Etats-Unis. Les historiens devaient juger chaque président en fonction de plusieurs critères spécifiques, avant de leur attribuer une note globale. Résultat? Pour les historiens interrogés, Abraham Lincoln reste le meilleur président de l’histoire. Voici le Top 10 du classement.

  1. Abraham Lincoln
  2. George Washington
  3. Franklin D. Roosevelt
  4. Theodore Roosevelt
  5. Dwight Eisenhower
  6. Harry Truman
  7. Thomas Jefferson
  8. John F. Kennedy
  9. Ronald Reagan
  10. Lyndon B. Johnson

Barack Obama faisait son entrée dans le classement et a obtenu la 12ème place. Plutôt pas mal ! Son prédécesseur, George W. Bush, n’est classé qu’à la 33ème place, mais il a progressé depuis le dernier sondage, qui avait été réalisé en 2007. Son père occupe quant à lui la 20ème place du classement, et Bill Clinton la 15ème.

LE MEETING DE LA SEMAINE

Samedi soir, après une semaine très mouvementée, Donald Trump était en meeting en Floride. Oui, vous avez bien lu. Bien que la campagne électorale soit désormais terminée, le président des Etats-Unis a tenu à organiser un grand meeting pour aller à la rencontre de ses supporters. Le rassemblement a eu le succès escompté puisque près de 9,000 personnes avaient fait le déplacement !

Donald Trump a profité de ce meeting pour défendre le bilan de ses premières semaines de présidence et pour continuer à critiquer la presse. Il a aussi fait monter l’un de ses « fans » sur scène, au grand dam des agents des Services Secrets chargés d’assurer sa sécurité. Mais surtout, alors qu’il évoquait les récents attentats ayant eu lieu en Europe (Paris, Nice, Bruxelles, etc.), il a ajouté à la liste un événement survenu la veille en Suède.

Look what’s happening last night in Sweden. (Regardez ce qu’il s’est passé hier soir en Suède)

Problème? Il n’y avait eu aucun attentat ni aucun incident majeur en Suède la veille, ni même ces derniers mois. Les réactions ont été nombreuses sur les réseaux sociaux. Même l’ex-Premier Ministre suédois Carl Bildt a fait part de son étonnement.

Traduction: La Suède? Un attentat terroriste? Qu'est-ce qu'il a fumé? Les questions abondent.
Traduction: La Suède? Un attentat terroriste? Qu’est-ce qu’il a fumé? Les questions abondent.

Le lendemain, Trump expliquait sur Twitter qu’il avait en réalité voulu faire référence à un reportage sur la Suède diffusé sur Fox News.

Traduction: Ma déclaration sur ce qu'il se passe en Suède faisait référence à un reportage diffusé sur Fox News au sujet des immigrants et de la Suède.
Traduction: Ma déclaration sur ce qu’il se passe en Suède faisait référence à un reportage diffusé sur Fox News au sujet des immigrants et de la Suède.

Un reportage sur la Suède a bien été diffusé sur Fox News vendredi soir. Il expliquait que la Suède avait accueilli 160,000 réfugiés en 2016 et que seulement 500 d’entre eux avaient trouvé un emploi. Le reportage affirmait également que le taux de criminalité en Suède était en hausse.

LES TWEETS DE LA SEMAINE

1. Le tweet de Michelle Obama pour la St-Valentin.

20-1

2. Quand Jeb Bush partage un article du Wall Street Journal évoquant les difficultés pratiques que Donald Trump pourrait rencontrer en voulant construire son mur et l’accompagne de la légende La réalité s’en mêle.

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3. Le commentaire de Vicente Fox après que Donald Trump ait accusé la presse de propager des fake news. On avoue, on l’adore.

Traduction: Tu sais ce qui est vraiment faux, Donald Trump? TOUT CE QUE TU DIS! Le monde n'est pas comme tu l'imagines, s'il-te-plaît regarde au-dessus de ton p***** de mur
Traduction: Tu sais ce qui est vraiment faux, Donald Trump? TOUT CE QUE TU DIS! Le monde n’est pas comme tu l’imagines, s’il-te-plaît regarde au-dessus de ton p***** de mur

LA UNE DE LA SEMAINE

Pour terminer, voici la Une du prochain TIME.

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