WEEKLY NEWS FLASH #90

L’actualité fut vraiment très chargée ces sept derniers jours. Let’s go ! 

LA CATASTROPHE DE LA SEMAINE

Une semaine après le passage de l’ouragan Maria, 44% des habitants de Porto Rico n’avaient toujours pas d’eau potable et 97% étaient toujours privés d’électricité. Le gouverneur de l’île, Ricardo Rossello, a parlé de « crise humanitaire » et l’administration Trump a commencé à être critiquée pour sa gestion de la crise. Ce qui n’a pas du tout plu au président.

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Traduction: Aux habitants de Porto Rico: Ne croyez pas les Fake News !

D’après ses détracteurs, le président se montrerait moins préoccupé par le sort des habitants de Porto Rico que par celui des habitants du Texas et de Floride parce qu’ils sont hispaniques. Des critiques à l’égard de la maire de San Juan et un tweet dans lequel il écrivait que les porto-ricains « veulent que tout soit fait pour eux alors que cela devrait être un effort commun » n’ont évidemment pas contribué à dissiper cette impression.

En réalité, les critiques doivent être nuancées. Il est certain que de nombreux problèmes logistiques empêchent les opérations de secours de se dérouler de manière optimale. Certaines critiques sont donc justifiées. Néanmoins, il est faux de dire que le gouvernement fédéral néglige totalement Porto Rico. La FEMA, agence fédérale qui s’occupe de l’aide d’urgence en cas de catastrophe naturelle, a envoyé plus de 10,000 hommes sur place. Des milliers de containers contenant de l’eau, de la nourriture et des générateurs sont également arrivés sur l’île mais ils restent bloqués dans le port de San Juan. La raison? Il n’y a pas assez de chauffeurs de poids lourds disponibles pour acheminer cette aide vers les régions qui en ont le plus besoin. Seulement 20% des chauffeurs se sont présentés au travail après le passage de l’ouragan. Les autres sont injoignables puisque toute communication téléphonique est actuellement impossible sur l’île. De plus, il n’y a pas assez d’essence en stock pour faire rouler un grand nombre de poids lourds et de nombreuses routes sont totalement impraticables.

Plusieurs députés et sénateurs, notamment Marco Rubio, qui s’est rendu sur place, ont tiré la sonnette d’alarme, exhortant la Maison Blanche à redoubler d’efforts pour éviter un désastre humanitaire comparable à celui qui avait suivi Katrina. Marco Rubio et John McCain ont demandé à ce que la Maison Blanche suspende temporairement le Jones Act, une loi qui interdit aux navires étrangers de délivrer des marchandises à Porto Rico. Après plus d’une semaine de tergiversations, la Maison Blanche a obtempéré. Elle a aussi nommé un lieutenant-général de l’armée ayant combattu en Irak et en Afghanistan à la tête des opérations de secours sur l’île.

Quelques données sur Porto Rico

Tout d’abord, rappelons que Porto Rico est un territoire américain. Ses habitants sont donc citoyens américains et peuvent circuler librement partout aux Etats-Unis. Mais Porto Rico n’étant pas un état à part entière, les porto-ricains ne votent pas à l’élection présidentielle.

Porto Rico compte 3,4 millions d’habitants. C’est plus que 21 des 50 états américains, y compris le Nevada ou l’Arkansas. Le PIB de l’île est également supérieur à celui de plusieurs états américains, dont le Nouveau Mexique ou le New Hampshire. Cependant, 43,5% des habitants de l’île vivent sous le seuil de pauvreté. C’est plus du double du score du Mississippi (21%), l’état américain qui compte le taux de pauvreté le plus élevé du pays.

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Le buzz de la semaine. Lors d’un discours, Donald Trump a évoqué la situation catastrophique à Porto Rico et a tenté d’expliquer pourquoi il était difficile d’acheminer de l’aide rapidement sur l’île.

This is an island. Surrounded by water. Big water. Ocean water. (C’est une île. Entourée d’eau. Beaucoup d’eau. De l’eau de l’océan)

La séquence a évidemment fait le buzz sur les réseaux sociaux, suscitant les moqueries des internautes.

TRAVEL BAN, NOUVELLE VERSION

La Maison Blanche a annoncé de nouvelles restrictions de voyage qui vont s’appliquer aux ressortissants de certains pays à partir du 18 octobre. Ce nouveau travel ban remplace le précédent, qui interdisait depuis trois mois aux ressortissants de six pays (Syrie, Iran, Libye, Yémen, Somalie et Soudan) de se rendre aux Etats-Unis, à quelques rares exceptions près. Les pays concernés par le nouveau travel ban sont la Syrie, l’Iran, la Libye, le Yémen, la Somalie, le Tchad, la Corée du Nord et le Venezuela.

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Les ressortissants des pays visés par le nouveau travel ban ne sont pas tous soumis exactement aux mêmes restrictions. Les citoyens syriens et nord-coréens sont totalement interdits d’entrée aux Etats-Unis. Pour les autres, certains visas seront encore acceptés sous certaines conditions drastiques. Enfin, en ce qui concerne le Venezuela, seuls certains citoyens ayant des liens avec le régime de Nicolas Maduro sont concernés par les restrictions. Tous les détails dans le tableau ci-dessous (Source: CNN).

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La Maison Blanche qualifie ces mesures d’essentielles pour assurer la sécurité des citoyens américains.

Pourquoi le Tchad?

Personne ne semble vraiment comprendre pourquoi le Tchad a été inclus dans le nouveau travel ban. La presse américaine s’est beaucoup interrogée à ce sujet. De nombreux diplomates ayant travaillé en Afrique disent ne pas comprendre la décision de l’administration Trump. La Maison Blanche s’est justifiée en évoquant la présence de groupes terroristes dans le pays et le fait que le Tchad ne partage pas correctement les informations concernant ses ressortissants et/ou le terrorisme avec les autorités américaines. Que penser de ces deux justifications?

1. Il est vrai que des groupes terroristes sont actifs au Tchad. Cependant, beaucoup d’autres pays dans la région sont confrontés au même problème et ne sont pas concernés par le travel ban. On pense notamment au Nigeria, au Mali ou au Niger, voisins du Tchad. Les groupes terroristes tels que Boko Haram et AQMI y sont même plus actifs et mieux implantés qu’au Tchad, selon de nombreux experts et diplomates.

2. Le partage d’informations n’est certes pas optimal entre le Tchad et les Etats-Unis mais, d’après les experts et diplomates interrogés par la presse américaine, c’est davantage la conséquence d’un manque de moyens matériels que d’un refus du gouvernement tchadien de lutter contre le terrorisme ou de collaborer avec le gouvernement américain.

La décision de la Maison Blanche est d’autant plus étonnante que le Tchad est considéré depuis de nombreuses années comme un partenaire important des Américains et des Européens dans la lutte contre le terrorisme en Afrique. La capitale du Tchad, N’Djamena, accueille le quartier général de la mission « Opération Barkhane » de l’armée française. 4,000 soldats français y séjournent. Des soldats américains sont également stationnés au Tchad. Le pays sert de base arrière à l’armée américaine pour ses opérations de surveillance de Boko Haram. Le gouvernement du Tchad est donc fortement impliqué dans la lutte antiterroriste. L’armée tchadienne a d’ailleurs participé à des opérations de combat contre Boko Haram et Al-Qaeda. Des soldats tchadiens sont déjà intervenus dans des missions au Nigeria, au Mali et en République Centrafricaine.

LA TENTATIVE D’ASSASSINAT DE LA SEMAINE

Les Talibans ont tenté d’assassiner le Secrétaire américain à la Défense, James Mattis, lors de sa visite en Afghanistan. Ils ont lancé des roquettes sur l’aéroport de Kaboul, où Mattis avait atterri en compagnie du Secrétaire général de l’OTAN, Jens Stoltenberg. L’attaque a échoué et personne n’a été blessé. Les Talibans ont confirmé que le but de leur attaque était bien de toucher l’avion de Mattis.

LES TWEETS DE LA SEMAINE

Ce samedi, Rex Tillerson annonçait lors d’une conférence de presse à Pékin que les Etats-Unis disposaient de lignes de communication directes avec la Corée du Nord et cherchaient actuellement à « calmer les choses ». Des remarques qui n’ont apparemment pas plu à Donald Trump. Au lendemain de la conférence de presse de son Secrétaire d’Etat, le président publiait deux tweets le décrédibilisant aux yeux du monde entier. Et il qualifiait au passage une nouvelle fois Kim Jong Un de « Rocket Man ».

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Traduction: J’ai dit à Rex Tillerson, notre merveilleux Secrétaire d’Etat, qu’il perdait son temps à essayer de négocier avec Little Rocket Man… Ne te fatigue pas Rex, nous ferons ce qui doit être fait!

Quelques heures plus tard, le président publiait encore cet autre tweet.

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Traduction: Être gentil avec Rocket Man n’a pas fonctionné pendant 25 ans, pourquoi est-ce que cela fonctionnerait maintenant? Clinton a échoué, Bush a échoué, et Obama a échoué. Je n’échouerai pas.

LES RAPATRIEMENTS DE LA SEMAINE

Le Département d’Etat américain a annoncé le rapatriement de la majorité de son personnel diplomatique en poste à Cuba après que 21 diplomates américains aient été victimes de mystérieuses « attaques acoustiques » dont on ignore toujours les causes exactes. Rex Tillerson assure que la décision a été prise pour assurer la sécurité des diplomates américains et précise que les relations diplomatiques avec Cuba ne sont pas rompues. Le Département d’Etat déconseille aussi aux citoyens américains de se rendre à Cuba.

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Le gouvernement cubain nie toujours toute implication dans les mystérieuses attaques et dit vouloir collaborer avec les autorités américaines pour en découvrir les responsables. Le FBI a d’ailleurs été exceptionnellement autorisé à envoyer des enquêteurs à La Havane. Néanmoins, Rex Tillerson a rappelé que le gouvernement cubain, comme tout gouvernement, a le devoir d’assurer la protection des diplomates étrangers travaillant sur son sol. Le sénateur Marco Rubio ne cesse quant à lui d’affirmer qu’il est absurde de croire que le gouvernement cubain ne sache rien des attaques alors que l’immense majorité des diplomates américains vit dans un quartier truffé de caméras de surveillance et étroitement surveillé par la police du régime. (La résidence du président Raul Castro se situe dans le même quartier).

Les diplomates ayant été victimes des mystérieuses attaques souffrent de divers symptômes tels que vertiges, maux de tête, fatigue, problèmes nerveux et perte d’audition. Les attaques ont débuté en novembre dernier, peu après l’élection de Donald Trump. Il y en aurait eu au moins 50 selon les autorités américaines. D’après CNN, certains diplomates ayant été victimes des attaques racontent avoir été éveillés pendant la nuit en raison de bruits étranges ressemblant à des insectes courant sur le sol et/ou des bruits métalliques. Ils se seraient sentis mal et auraient été victimes des symptômes décrits ci-dessus suite à l’audition de ces bruits mystérieux, ce qui explique que l’on parle d’ « attaques acoustiques ». Les diplomates expliquent ne pas avoir réussi à identifier d’où provenaient exactement les bruits mystérieux, mais ils cessaient lorsqu’ils quittaient leur chambre à coucher ou leur domicile. Tous les diplomates ont été « attaqués » à leur domicile et non au sein de l’ambassade américaine.

LA POLÉMIQUE DE LA SEMAINE

Le Département d’Etat a tenu à se distancer de son ambassadeur en Israël. David Friedman a déclaré dans une interview accordée à un média israélien que « les colonies font partie d’Israël ». Le Département d’Etat a rappelé qu’il ne s’agissait pas de la position officielle du gouvernement américain. Les Etats-Unis considèrent en effet officiellement les colonies comme des violations du droit international.

LA DÉMISSION DE LA SEMAINE

Tom Price a démissionné ! Le ministre de la Santé était accusé d’avoir effectué de nombreux voyages à bord de jets privés aux frais du contribuable. Nous vous en parlions déjà la semaine dernière. Cette semaine, de nouvelles révélations sont venues s’ajouter aux précédentes. Par exemple, au mois de juin, Tom Price a voyagé à bord d’un jet privé pour se rendre à Nashville. Le vol a coûté $17,760, alors que des vols commerciaux étaient disponibles aux mêmes heures pour des sommes n’excédant pas $500. Au total, tous les vols intérieurs en jet privé effectués par Tom Price depuis son arrivée à la tête du ministère de la Santé auraient coûté plus de $400,000 aux contribuables américains.

De plus, Politico a aussi révélé que Tom Price avait voyagé à bord d’avions militaires pour se rendre en Europe, en Afrique et en Asie, pour un montant de plus d’1 million de dollars. Ces déplacements avaient toutefois reçu le feu vert de la Maison Blanche. (NB: Pour pouvoir effectuer un déplacement à bord d’un avion militaire, les ministres doivent en effet recevoir une autorisation de la Maison Blanche. Ce n’est possible que pour des déplacements à l’étranger et le plus souvent réservé aux membres du Cabinet dont la fonction est liée à la défense nationale et qui doivent se rendre dans des endroits dangereux, comme le Secrétaire d’Etat ou le Secrétaire à la Défense). Les déplacements de Tom Price l’ont emmené à Berlin, Genève, Pékin, Ho Chi Minh City et Tokyo, pour participer à des forums internationaux consacrés au thème de la santé. Il s’est aussi rendu au Libéria pour discuter de la réponse qu’a apportée ce pays à la crise du virus Ebola.

Suite à toutes ces révélations gênantes, Tom Price a annoncé sa démission ce vendredi 29 septembre. La Maison Blanche en a profité pour adresser un memo à toutes les agences du gouvernement pour leur rappeler que les membres de l’administration devaient toujours privilégier les déplacements à bord de vols commerciaux.

On ignore encore qui remplacera Tom Price à la tête du ministère de la Santé. Par ailleurs, Donald Trump n’a toujours pas nommé le remplaçant de John Kelly à la tête du ministère de la Sécurité Intérieure. Deux postes de ministres importants sont donc actuellement vacants.

David Shulkin, call your office

David Shulkin sera-t-il le prochain Tom Price? Dans un article, le Washington Post révèle que le Secrétaire aux Anciens Combattants a profité d’un voyage officiel de 10 jours en Europe pour assister à un match de tennis à Wimbledon et visiter l’abbaye de Westminster avec son épouse. Durant ce voyage, Shulkin se rendait à Londres et au Danemark pour des réunions professionnelles mais des activités touristiques et de loisir effectuées avec sa femme auraient occupé la moitié de son temps.

LA RÉFORME FISCALE À VENIR

La Maison Blanche a dévoilé les grandes lignes d’une réforme fiscale qu’elle espère voir votée avant la fin de l’année par le Congrès. Les Républicains du Congrès vont pour cela devoir rédiger un texte plus précis qui soit en adéquation avec les grandes lignes du plan dévoilé par la Maison Blanche. Les principes de la réforme sont simples: simplifier le code fiscal, réduire les impôts de tous les Américains, particulièrement de la classe moyenne, et baisser les charges sur les entreprises américaines pour les rendre plus compétitives. Les députés et sénateurs républicains sont évidemment tous d’accord avec les grandes lignes de ce plan mais le diable se cache dans les détails. Il s’agit notamment de trouver comment financer une telle réforme sans creuser le déficit. D’après certains experts, les réductions d’impôts voulues par les Républicains pourraient faire perdre 5 mille milliards de dollars de revenus à l’état au cours des dix prochaines années.

Les discussions autour de la rédaction d’un texte vont être au cœur du travail du Congrès dans les semaines à venir. La pression est d’autant plus grande sur les épaules des Républicains qu’ils ont échoué à abroger l’Obamacare. Ils doivent donc absolument parvenir à faire passer leur réforme fiscale (autre promesse électorale importante) s’ils veulent avoir au moins un succès probant à présenter aux électeurs lors de la campagne électorale pour les midterms de 2018.

Les grandes lignes du plan dévoilé par la Maison Blanche

Pour les particuliers

Réduire les tranches d’imposition sur le revenu au nombre de trois (12%, 25% et 35%) contre 7 actuellement, dont la plus élevée est de 39,6%.

Augmenter le crédit d’impôt accordé aux parents (tax child credit). La réduction d’impôt s’élève aujourd’hui à $1,000 maximum par enfant.

Supprimer les droits de succession.

Pour les entreprises

Réduire le taux d’imposition sur les sociétés à 20%, contre 35% actuellement.

LES MENSONGES DE LA SEMAINE

Mitch McConnell a annoncé cette semaine qu’aucun vote ne serait organisé au Sénat sur la proposition de loi Graham/Cassidy, dernière tentative d’abrogation de l’Obamacare. En effet, trop de sénateurs républicains sont opposés au texte et celui-ci ne pourrait donc pas être adopté. La réaction de Donald Trump à ce nouvel échec s’est avérée totalement surréaliste.

Au lendemain de l’annonce de Mitch McConnell, le président répondait aux questions de la presse avant d’embarquer à bord de son hélicoptère pour un déplacement. Et il n’hésitait pas à affirmer que « En ce qui concerne la réforme de la santé, nous avons les votes ». C’était totalement faux. Et Donald Trump ne s’est pas arrêté là. Il a aussi affirmé que le vote n’avait pas encore eu lieu parce qu’un sénateur républicain était hospitalisé et ne pouvait donc pas venir à Washington pour participer au vote.

We have one senator that’s in the hospital. He can’t vote because he’s in the hospital. (Nous avons un sénateur à l’hôpital. Il ne peut pas voter parce qu’il est à l’hôpital)

Lorsqu’il a prononcé ces mots, personne ne savait à qui il faisait allusion. Aucun journaliste ne semblait être informé du fait qu’un sénateur républicain soit hospitalisé. Après vérification, il s’est avéré que Donald Trump avait raconté n’importe quoi. Aucun sénateur républicain n’était à l’hôpital. L’un d’entre eux, Thad Cochran, avait simplement effectué un examen dans un hôpital. (Il souffre d’un problème urologique). Le principal intéressé a même publié un tweet pour clarifier la situation et préciser qu’il n’était pas hospitalisé !

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Traduction: Merci pour vos vœux de prompt rétablissement. Je ne suis pas hospitalisé, mais je récupère chez moi au Mississippi et je suis impatient de reprendre le travail bientôt.

Interrogé sur CNN, un autre sénateur républicain, John Thune, reconnaissait que le président avait menti.

If we had the votes, we would be voting right now. (Si nous avions les voix nécessaires, nous serions en train de voter en ce moment)

Surréaliste.

L’ÉLECTION DE LA SEMAINE

On a voté en Alabama pour le deuxième tour d’une primaire républicaine visant à désigner le candidat qui représentera le Parti Républicain lors d’une élection qui aura lieu au mois de décembre et désignera le remplaçant de Jeff Sessions au Sénat. Cette primaire opposait Roy Moore à Luther Strange. Les deux hommes étaient arrivés en tête d’un premier tour, devant le député Mo Brooks. L’élection était très attendue et c’est Roy Moore qui l’a emporté.

Les deux candidats

Luther Strange. Strange occupe actuellement le siège laissé vacant par Jeff Sessions au Sénat. Au début de l’année, il a en effet été désigné par le gouverneur de l’Alabama de l’époque pour assurer l’intérim. Mais ce gouverneur a depuis été contraint de démissionner après que l’on ait découvert qu’il avait exercé des pressions sur certains de ses collaborateurs pour étouffer une affaire de liaison extra-conjugale. Les liens de Strange avec l’ex-gouverneur jouaient évidemment en sa défaveur et constituaient un facteur local important pour comprendre la dynamique de cette élection. Néanmoins, Strange disposait du soutien de Donald Trump et de l’establishment du Parti Républicain, pour une fois unis contre la candidature du sulfureux Roy Moore.

Roy Moore. Moore était quant à lui ouvertement soutenu par Steve Bannon et Sarah Palin, qui ont fait campagne à ses côtés. Pour une fois, la branche pro-Trump du Parti Républicain ne soutenait donc curieusement pas le même candidat que Donald Trump lui-même !

Roy Moore est un personnage très controversé. Il s’est fait connaître pour avoir été deux fois élu à un poste de juge à la Cour Suprême de l’Alabama puis suspendu pour avoir refusé d’obéir à des décisions fédérales dont il estimait qu’elles violaient ses convictions religieuses personnelles. En 2003, Moore est ainsi suspendu une première fois parce qu’il refuse d’obéir à la décision d’un juge fédéral lui ordonnant de retirer une statue imposante des Dix Commandements qu’il avait fait placer dans le hall d’entrée du tribunal. Moore s’est ensuite présenté deux fois aux élections pour le poste de gouverneur, sans succès. Il a ensuite été réélu comme juge à la Cour Suprême de l’Alabama en 2012. Et de nouveau suspendu en 2016 de ce même poste après avoir incité les juges de son état à ne pas respecter la décision de la Cour Suprême légalisant le mariage entre personnes de même sexe.

Moore est connu pour ses positions homophobes. Il a affirmé à plusieurs reprises que l’homosexualité et les « comportements homosexuels » devraient être illégaux. Lors d’une interview, il a aussi comparé l’homosexualité à la zoophilie.

Just because it’s done behind closed doors, it can still be prohibited by state law. Do you know that bestiality, the relationship between man and beast, is prohibited in every state? (Même si cela se passe en privé, cela peut être interdit par la loi. Vous savez que la zoophilie, la relation entre un homme et un animal, est interdite par la loi dans tous les états?)

Moore défend aussi la thèse selon laquelle la loi chrétienne devrait être appliquée avant la Constitution. Il a toujours affirmé que les Etats-Unis se détournaient trop de Dieu et de la morale chrétienne. Il a même suggéré récemment que les attentats du 11 septembre 2001 avaient été une punition divine, en s’appuyant sur un passage de la Bible qui parle d’un « grand massacre lorsque les tours tomberont ».

We’ve suffered a lot in this country, maybe, just maybe, because we’ve distanced ourselves from the one that has it within his hands to heal this land. (Nous avons beaucoup souffert dans ce pays, peut-être parce que nous nous sommes éloignés de celui qui a le pouvoir de guérir ce pays)

Si Roy Moore défend la morale chrétienne, il n’est pas forcément tolérant vis-à-vis des autres religions, et notamment de l’Islam. Cet été, il a qualifié l’Islam de « fausse religion ». Et lors d’une récente interview, il a affirmé que la sharia était actuellement appliquée dans certains états américains ! Ce qui est évidemment totalement faux.

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Extrait d’une interview de Roy Moore (Source: Vox)

Roy Moore s’est aussi fait remarquer en brandissant une arme lors d’un récent meeting.

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Roy Moore a désormais toutes ses chances de remporter l’élection générale contre le Démocrate Doug Jones au mois de décembre. (Nous sommes en Alabama, un état très conservateur).

Beaucoup de Républicains au Congrès semblent désormais craindre que la victoire de Roy Moore n’incite d’autres personnalités du même type à se présenter lors de primaires contre des élus républicains sortants lors des prochaines élections de mi-mandat en 2018. Steve Bannon a d’ailleurs assuré qu’il entendait bien recruter de tels candidats et les soutenir via son site web Breitbart. Il entend ainsi mener une véritable « guerre » contre l’ « establishment » du parti. Et une partie des électeurs républicains semble réellement séduite par cette idée. Les divisions au sein du camp républicain ne sont donc pas prêtes de s’atténuer.

Des tweets effacés. Donald Trump n’aime pas perdre. Suite à la victoire de Roy Moore contre Luther Strange, le président a effacé trois tweets de soutien qu’il avait rédigés en faveur de ce dernier. Deux de ces tweets incitaient les électeurs de l’Alabama à voter pour « Big Luther ». Le troisième affirmait que les sondages lui étaient plus favorables depuis que le président lui avait apporté son soutien.

LA RETRAITE ANNONCÉE DE LA SEMAINE

Le sénateur républicain du Tennessee Bob Corker a annoncé qu’il ne serait pas candidat à sa propre réélection aux prochaines élections de mi-mandat. Il quittera donc le Sénat en janvier 2019. Au mois d’août, Corker avait fortement critiqué Donald Trump suite aux événements de Charlottesville. Il est aussi l’actuel président du comité des Affaires Etrangères du Sénat.

Dans le communiqué de Corker, notez cette phrase: « Je crois aussi que le service public le plus important que je puisse offrir à mon pays pourrait bien se produire au cours des 15 prochains mois » 🤔

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De nombreux sénateurs, y compris Démocrates, ont annoncé qu’ils regrettaient la décision de leur collègue. Ci-dessous, les tweets des sénateurs démocrates Chuck Schumer et Tim Kaine.

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Tradution: Bob Corker est un ami, consciencieux et travailleur. Sa gentillesse et son dévouement en font un sénateur modèle. Nous regrettons son départ.
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Traduction: Très triste d’apprendre que Bob Corker prend sa retraite. Le président de mon comité des affaires étrangères et un vrai homme d’état.

LA NOMINATION DE LA SEMAINE

Le Sénat a voté en faveur de la nomination de Jon Huntsman au poste d’ambassadeur des Etats-Unis en Russie. Un poste important, surtout dans le contexte actuel. Lors de son audition devant le Sénat, Huntsman a déclaré que la Russie avait sans aucun doute tenté d’influencer le résultat de l’élection présidentielle américaine. Huntsman a été gouverneur de l’Utah et a déjà été deux fois ambassadeur. À Singapour pendant la présidence de George W. Bush et en Chine pendant la présidence de Barack Obama. Il a aussi été candidat à l’élection présidentielle en 2012.

LE COME BACK DE LA SEMAINE

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Steve Scalise est de retour au Capitole ! Trois mois et demi après avoir été grièvement blessé lors de la fusillade ayant touché des élus républicains qui jouaient au baseball, le député de Louisiane a effectué son retour à la Chambre des Représentants. Scalise a reçu une standing ovation de la part de l’assemblée et a prononcé un discours émouvant.

Il a notamment déclaré être « la preuve vivante que les miracles existent ». Il a aussi déclaré qu’il avait été touché par les nombreuses marques de soutien qu’il avait reçues tout au long de sa convalescence.

While some people might focus on a tragic event and an evil act, to me, all I remember are the thousands of acts of kindness. (Alors que beaucoup de gens se focaliseraient sur un événement tragique et un acte diabolique, je veux seulement me souvenir de milliers d’actes de gentillesse)

Steve Scalise a également accordé sa première interview depuis la fusillade à la chaîne CBS. Des journalistes l’ont interrogé pour l’émission 60 Minutes. Le reportage complet est à voir ici. Il nous rappelle que Steve Scalise a été touché par une balle qui a pénétré dans son corps à hauteur de la hanche et perforé plusieurs organes vitaux.

Scalise rappelle que le bilan de la fusillade aurait pu être bien plus terrifiant.

If you said to us, at the end of this, the only person who would be dead would be the shooter, no one would have believed it. (Si vous nous aviez dit que quand tout serait terminé, la seule personne décédée serait le tireur, personne ne l’aurait cru)

Il se souvient de ses collègues qui se sont précipités vers lui dès que le tireur a été neutralisé. L’un d’entre eux, Brad Wenstrup, qui a servi dans l’armée, lui a notamment fait un garrot. Mais Scalise perdait énormément de sang et, interrogé dans le reportage, Wenstrup avoue avoir craint qu’il ne s’en tire pas vivant.

It reminded me of a case in Iraq where it didn’t have a good ending. (Cela me rappelait un cas en Irak où les choses ne s’étaient pas bien terminées)

Scalise dit se souvenir de l’attente interminable de l’arrivée de l’hélicoptère devant l’évacuer. Lorsqu’il est arrivé à l’hôpital, il était entre la vie et la mort. Il l’est resté pendant plusieurs jours et a ensuite dû subir un grand nombre d’opérations chirurgicales, puis effectuer un long travail de rééducation pour réapprendre à marcher. Dans le reportage, les caméras ont capté les images de ses premiers pas. Scalise va désormais poursuivre sa revalidation tout en reprenant son travail de député à Washington. En attendant de pouvoir remarcher parfaitement, il se déplace dans les couloirs du Capitole à bord d’un fauteuil électrique.

Les caméras de CBS ont aussi capturé ces belles images. Le moment où Paul Ryan découvre que son collègue et ami est de retour au Capitole.

LA DÉCLARATION DE LA SEMAINE

Any woman who voted against Hillary Clinton voted against their own voice. What does it mean for us as women that we look at those two candidates, as women, and many of us said, « that guy, he’s better for me, his voice is more true to me ». Well, to me that just says you don’t like your voice. You like the thing you’re told to like. (Chaque femme qui a voté contre Hillary Clinton a voté contre ses propres intérêts. Qu’est-ce que cela signifie pour nous en tant que femmes lorsqu’en regardant ces deux candidats, en tant que femmes, un grand nombre d’entre nous disent, « ce gars-là est mieux pour moi, il représente mieux ma voix ». Et bien, d’après moi cela signifie simplement que vous n’aimez pas votre propre voix. Vous aimez la chose que l’on vous a dit d’aimer)

Déclaration surprenante de Michelle Obama qui semble considérer que les femmes qui ont voté pour Donald Trump ne sont pas assez intelligentes pour savoir ce qui est bon pour elles et sont trop influençables. Drôle de manière pour une féministe autoproclamée de considérer des femmes n’ayant pas la mêmes opinion qu’elle. Oui, c’est aussi notre coup de gueule de la semaine.

LA CONDAMNATION DE LA SEMAINE

Vous souvenez-vous d’Anthony Weiner? Cet ex-député démocrate et ex-mari de Huma Abedin, l’une des plus proches collaboratrices d’Hillary Clinton, vient d’être condamné à 21 mois de prison ferme pour avoir échangé des messages à caractère sexuel avec une jeune fille mineure. Weiner sera désormais également inscrit au fichier des délinquants sexuels.

LE SCOOP DE LA SEMAINE

Le rappeur 50 Cent affirme que l’équipe de campagne de Donald Trump lui a proposé $500,000 en échange de son soutien lors de la campagne électorale de 2016. Il affirme avoir refusé parce que cela n’en valait pas la peine. Faut-il le croire?

CHACUN SES COMBATS POLITIQUES…

Angus King, sénateur du Maine, se bat pour qu’un emoji homard soit créé. Il a adressé une lettre à Unicode Consortium, la société qui choisit quels seront les prochains emojis rendus disponibles sur les principaux sites web. D’après Angus King, les emojis sont devenus un outil de communication important pour les individus et les entreprises présentes sur le web. Or, la pêche du homard est un secteur économique important dans le Maine. Angus King fait remarquer qu’il existe déjà des emojis poissons (🐠🐟🐡), crevette (🦐) et crabe (🦀), mais aucun à l’effigie du homard. Le mot « homard » fait pourtant l’objet de plus de recherches effectuées sur Google et Instagram que le mot « crabe ».

LE SELFIE DE LA SEMAINE (ET POTENTIELLEMENT LE MEILLEUR SELFIE DE L’HISTOIRE)

Un homme chanceux a eu l’opportunité de prendre un selfie avec trois anciens présidents des Etats-Unis: Barack Obama, George W. Bush et Bill Clinton. Les trois hommes assistaient ensemble à un tournoi de golf prestigieux.

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LES TWEETS DE LA SEMAINE (SUITE)

1. John McCain a été désigné par Russia Today, média russe très proche du Kremlin, comme « numéro 1 des russophobes ». Voilà comment le sénateur républicain a réagi sur Twitter.

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Traduction: Une reconnaissance supplémentaire de la part de mes amis au Kremlin!

2. Le sénateur républicain Ben Sasse n’a pas apprécié le titre d’un article paru dans le New York Times, « Malgré tous ses défauts, la révolution communiste a appris aux femmes chinoises à rêver grand ».

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Traduction: « Défauts » = environ 100,000,000 de personnes tuées par le communisme au siècle dernier, la moitié d’entre elles en Chine

À VOS AGENDAS !

Le président Trump se rendra en Asie du 3 au 14 novembre. Il visitera le Japon, la Corée du Sud, la Chine, le Vietnam et les Philippines. Il profitera également du déplacement pour faire un stop à Hawaï.


PS: CONSEIL CINÉMA

Nous avons aimé ce film inspiré de la vraie et folle histoire de Barry Seal, un pilote d’avion recruté à la fois par la CIA et Pablo Escobar.

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