WEEKLY NEWS FLASH #92

Les Etats-Unis ne participeront pas à la Coupe du Monde de football l’été prochain. Pour la première fois depuis 1986, ils ont échoué à se qualifier 😥😥😥 Mais passons tout de suite à l’actualité politique de la semaine.

L’ÉVÉNEMENT DE LA SEMAINE

Cette semaine, Donald Trump a refusé de certifier l’accord sur le nucléaire iranien. Attention ! Cette absence de certification ne signifie pas que les Etats-Unis se soient retirés de l’accord. Du moins pas encore. Explications.

1) Qu’est-ce que l’Iran Deal?

Le Joint Comprehensive Plan of Action (JCPOA), plus connu sous le nom d’accord sur le nucléaire iranien ou Iran Deal, est un accord international qui a été signé en 2015 par l’Iran, les Etats-Unis, le Royaume-Uni, la France, l’Allemagne, la Russie, la Chine et l’Union européenne. En résumé, l’Iran a accepté de mettre fin à son programme nucléaire en échange de la levée de nombreuses sanctions économiques à son égard. De nombreuses entreprises américaines et surtout européennes ont investi en Iran depuis la levée des sanctions.

2) Pourquoi Donald Trump devait-il certifier l’accord?

En 2015, lorsque Barack Obama a signé l’accord au nom des Etats-Unis, il l’a signé en tant qu’accord international et non en tant que traité. En effet, un traité aurait nécessité un vote de ratification au Sénat, dominé par les Républicains. Ceux-ci n’auraient probablement pas voté en faveur de l’accord, très controversé aux Etats-Unis.

L’une des principales critiques émises par les Républicains est que le gel du programme nucléaire iranien n’est que temporaire. L’accord prévoit en effet une limitation du programme nucléaire pendant minimum 10 ans et non un démantèlement complet de ce programme. Les Républicains craignent donc que l’Iran ne profite de la levée des sanctions économiques pendant dix ans et reprenne ensuite son programme nucléaire.

En raison de la polémique entourant l’accord, le Sénat a passé une loi (co-rédigée par le Républicain Bob Corker et le Démocrate Ben Cardin) baptisée Iran Nuclear Agreement Review Act (INARA) et qui oblige le Président des Etats-Unis à certifier l’accord tous les 90 jours. Depuis son arrivée à la Maison Blanche, Donald Trump avait donc déjà certifié l’accord à deux reprises avant de refuser de le faire cette fois-ci.

En certifiant l’accord, le Président des Etats-Unis confirme au Congrès que l’Iran respecte bien ses engagements. D’après les inspecteurs de l’Agence Internationale de l’Energie Atomique (AIEA), c’est bien le cas. Mais l’une des clauses de l’INARA oblige aussi le président à certifier que la levée des sanctions contre l’Iran est toujours dans l’intérêt de la sécurité nationale des Etats-Unis. C’est en vertu de cette clause que Donald Trump a refusé de certifier l’accord, affirmant que certaines activités du régime iranien (tests réguliers de missiles, soutien au gouvernement de Bachar El-Assad en Syrie ou encore soutien au Hezbollah libanais, considéré comme une organisation terroriste par les Etats-Unis) menacent la sécurité nationale américaine.

En refusant de certifier l’accord, Donald Trump a renvoyé la balle dans le camp du Congrès.

3) Que peut faire le Congrès après la non certification de l’accord par Donald Trump?

Trois scénarios sont envisageables.

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Infographie: The Atlantic

Scénario n°1

Le Congrès décide de réimposer des sanctions précédemment en vigueur contre l’Iran. Dans ce cas, l’Iran Deal pourrait être réellement en danger. En effet, en réimposant les sanctions, les Etats-Unis ne respecteraient plus les termes de l’accord. Que feraient alors les autres signataires, notamment la France, l’Allemagne et le Royaume-Uni? Suivraient-ils les Etats-Unis ou tenteraient-ils de poursuivre la collaboration avec l’Iran sans le soutien des Américains? Difficile à dire mais les tensions seraient en tout cas nombreuses sur la scène internationale. À terme, l’accord pourrait rester en vigueur sans les Etats-Unis ou être abandonné si l’Iran décidait, en guise de représailles, de s’en dégager. Dans ce cas, Téhéran pourrait immédiatement redémarrer son programme nucléaire. Les experts estiment qu’il faudrait alors environ 12 mois à l’Iran pour se doter de l’arme atomique.

Scénario n°2

Le Congrès choisit de ne pas réimposer de sanctions contre l’Iran mais modifie la législation existante. Autrement dit, l’INARA serait amendé afin de mettre la pression sur l’Iran et les autres signataires de l’accord. La nouvelle législation pourrait par exemple prévoir que la pratique de certaines activités par le régime iranien conduise immédiatement à la réimposition de sanctions par les Etats-Unis (ce qui nous ramènerait au scénario n°1 en cas de nouveaux tirs de missiles de la part de Téhéran). Pour éviter que cela ne se produise, les signataires de l’accord pourraient décider de le renégocier complètement. C’est ce que semble espérer Donald Trump. Le pari est toutefois risqué car l’Iran pourrait tout aussi bien très mal réagir au vote d’une nouvelle législation par le Congrès américain et se retirer unilatéralement de l’accord.

Scénario n°3

Le Congrès ne fait rien avant la nouvelle échéance de certification (dans 90 jours). Dans ce cas, la balle sera à nouveau dans le camp du président Trump. Or, celui-ci a annoncé que si le Congrès ne parvenait pas à faire bouger les choses, il pourrait décider de retirer unilatéralement les Etats-Unis de l’accord.

LES ETATS-UNIS SE RETIRENT DE L’UNESCO

C’est l’autre événement de la semaine. Le Département d’Etat américain a annoncé que les Etats-Unis quittaient l’Organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture, citant notamment un biais anti-israélien de plus en plus important en son sein. Peu après l’annonce des Etats-Unis, le premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a annoncé qu’Israël allait également se retirer de l’organisation.

Attention ! Ce n’est pas la première fois que les Etats-Unis se retirent de l’UNESCO. Ronald Reagan avait déjà claqué la porte de l’organisation en 1984, estimant qu’elle était corrompue et trop influencée par Moscou. En 2002, George W. Bush avait réintégré son pays au sein de l’UNESCO.

LA DÉCLARATION DE LA SEMAINE

I think it’s fake news, but if he did that, I guess we’ll have to compare IQ tests. And I can tell you who is going to win. (Je pense que c’est une fake news, mais s’il a fait cela, je suppose que nous devrons comparer nos tests de QI. Et je peux vous dire qui gagnera)

Donald Trump lors d’une interview accordée au magazine Forbes, au sujet de son Secrétaire d’Etat Rex Tillerson qui l’aurait traité d’ « abruti » cet été, d’après NBC News.

Ce n’est pas la première fois que Donald Trump évoque son formidable QI. Ci-dessous, quelques exemples issus des archives de Twitter pour votre plus grand plaisir…

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Traduction: Je sais que certains d’entre vous pensent que je suis dur et sévère mais en fait je suis une personne très empathique (avec un QI très élevé) dotée de beaucoup de bon sens
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Traduction: Désolé les perdants et les haineux, mais mon QI est l’un des plus élevés – et vous le savez tous! S’il-vous-plaît ne vous sentez pas si stupides et ne manquez pas de confiance en vous, ce n’est pas de votre faute.
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Traduction: En réponse à un internaute – « Est-ce qu’un QI de 60 veut dire qu’on est intelligent? » Non, malheureusement vous êtes très bête – mais probablement né comme cela.
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Traduction: En réponse à un internaute – « Prouvez-le. Et tant que vous y êtes, prouvez que votre QI est aussi élevé que vous ne le prétendez ». Le plus élevé, connard!
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Traduction: Jeb n’a pas de QI… comme son frère
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Traduction: Le gouverneur Perry a échoué à la frontière. Il devrait être obligé de passer un test de QI avant d’être autorisé à participer au débat du Parti Républicain.

D’autre part, sachez que Donald Trump a aussi continué à s’en prendre au sénateur Bob Corker, auquel il a désormais attribué un surnom: Liddle’ Bob Corker.

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Traduction: Le New York Times en faillite a piégé Liddle’ Bob Corker en enregistrant sa conversation. Tout a été fait pour le faire passer pour un idiot, et c’est ce à quoi j’ai affaire!

Nous ne pouvons que supposer que Liddle est une variante de Little, déjà attribué à Marco Rubio. Bob Corker est effectivement très petit. Il ne mesure qu’1,69m, contre 1,75m pour Marco Rubio. PS: Bob Corker n’a pas été piégé par le New York Times. Il a au contraire insisté pour que ses propos soient enregistrés et publiés. (Pour en savoir plus sur les déclarations de Bob Corker, voir le Weekly News Flash de la semaine dernière).

LES NOMINATIONS DE LA SEMAINE

On connaît enfin le nom du remplaçant de John Kelly à la tête du Département de la Sécurité Intérieure. Ou plutôt de sa remplaçante. Donald Trump a en effet choisi de nommer Kirstjen Nielsen à ce poste. Elle était la cheffe de cabinet de John Kelly lorsqu’il l’occupait, avant de le suivre à la Maison Blanche en tant qu’assistante. Nielsen a également travaillé au sein de l’administration de George W. Bush.

D’autre part, Hogan Gidley a été nommé au poste de porte-parole adjoint de la Maison Blanche. Il sera donc le premier adjoint de Sarah Huckabee Sanders, qui occupait elle-même ce poste avant d’être promue au poste de porte-parole après le départ de Sean Spicer. Hogan Gidley a autrefois travaillé pour le père de Sarah Huckabee Sanders, Mike Huckabee, ainsi que pour Rick Santorum.

ROAD TO 2018

La sénatrice démocrate de Californie Dianne Feinstein, 84 ans, a annoncé qu’elle serait candidate à sa réélection aux élections de mi-mandat de 2018. Elle est l’élue la plus âgée du Sénat et occupe son siège depuis 1992. Longtemps très populaire dans son état, elle commence aujourd’hui à être contestée par la frange la plus libérale de son parti. Elle est accusée de ne pas se montrer assez combative face à l’administration Trump. Un homme a donc décidé de la défier lors d’une primaire. Il s’agit de Kevin De Leon, 50 ans, qui siège actuellement au Sénat de Californie. Voici son premier spot de campagne:

La sénatrice républicaine Susan Collins a quant à elle annoncé qu’elle ne serait pas candidate au poste de gouverneur dans le Maine en 2018, contrairement à ce que certaines rumeurs laissaient présager. Elle a déclaré qu’elle resterait au Sénat jusqu’à la fin de son mandat en 2020.

LE LIVRE DE LA SEMAINE

Ivana Trump, ex-femme de Donald Trump et mère de ses trois premiers enfants (Donald Jr., Ivanka et Eric), publie un livre intitulé Raising Trump. Il s’agit d’une autobiographie dans laquelle elle évoque notamment son mariage et son divorce avec Donald et raconte comment elle a élevé leurs trois enfants.

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Nous n’avons pas lu le livre, seulement quelques extraits parus dans la presse. Ivana Trump écrit notamment que Donald Trump était un père aimant mais qu’il ne consacrait pas beaucoup de temps à l’éducation de ses enfants parce qu’il était sans cesse en train de travailler.

He was not a father which would take a stroll and go to Central Park or go play baseball with them. It was only until they were about 18 years old he could communicate with them, because he could talk business with them. (Il n’était pas le genre de père à aller faire une ballade à Central Park ou jouer au baseball avec eux. Ce n’est que lorsqu’ils ont eu 18 ans qu’il a pu communiquer avec eux, parce qu’il pouvait parler business avec eux)

Ivana Trump raconte aussi que Michael Jackson était un ami de la famille et passait régulièrement du temps à la Trump Tower.

Michael was a 30-year-old kid. He could relate to Ivanka and the boys better than to us (…) He was a child himself in a man’s body (…) I never believed the accusations that he molested those kids. There’s no way he could have hurt anyone. (Michael était un enfant de 30 ans. Il s’identifiait davantage à Ivanka et aux garçons qu’à nous (…) Il était lui-même un enfant dans un corps d’homme (…) Je n’ai jamais cru aux accusations selon lesquelles il aurait agressé sexuellement ces enfants. Il n’aurait pas pu faire de mal à quiconque)

Ivana Trump a aussi accordé plusieurs interviews aux chaînes de télévision américaines pour faire la promotion de son livre. Dans l’une de ces interviews, elle a déclaré en plaisantant qu’elle était la « First Lady » parce qu’elle avait été la première épouse de Donald Trump. Une remarque qui n’a apparemment pas plu à Melania Trump puisque la véritable First Lady a tenu à publier un communiqué qualifiant les propos d’Ivana Trump de  « propos cherchant à attirer l’attention et à faire vendre son livre ».

Ivana Trump a aussi affirmé être en bons termes avec son ex-mari et lui parler régulièrement au téléphone. Elle prétend aussi que le président lui a proposé le poste d’ambassadrice des Etats-Unis en République Tchèque, son pays d’origine. Elle aurait refusé, ne voyant pas l’intérêt de changer de vie.

LE FREESTYLE DE LA SEMAINE

The Storm ou le dernier freestyle du rappeur Eminem, dans lequel il s’en prend violemment à Donald Trump. Il qualifie entre autres le président de « grand-père raciste de 94 ans ». Extraits:

What we got in office now is a kamikaze that will probably cause a nuclear holocaust. (Ce que nous avons à la Maison Blanche en ce moment est un kamikaze qui va probablement provoquer un holocauste nucléaire)

He gets an enormous reaction when he attacks the NFL, so we focus on that instead of talking Puerto Rico or gun reform for Nevada. All these horrible tragedies and he’s bored and would rather cause a Twitter storm. (Il reçoit beaucoup de réactions lorsqu’il attaque la NFL, et nous nous concentrons là-dessus au lieu de parler de Porto Rico ou de la législation sur les armes dans le Nevada. Toutes ces horribles tragédies et il s’ennuie et préfère causer une tempête sur Twitter)

Incroyable mais vrai, Donald Trump n’a pas réagi à la publication de la vidéo d’Eminem, vue des dizaines de milliers de fois sur Internet.

MEANWHILE, IN CALIFORNIA…

Une nouvelle loi a été adoptée en Californie. À partir de 2019, tous les animaux vendus dans les animaleries devront être issus de refuges ou autres organisations recueillant des animaux en détresse. La Californie est le premier état américain à adopter une telle législation.

LA PHOTO DE LA SEMAINE

Les Etats-Unis vus de l’espace en pleine nuit (photo de la NASA, 2012)

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