WEEKLY NEWS FLASH #94

Le sénateur républicain Jeff Flake accuse Donald Trump d’être un danger pour la démocratie. Retour sur son discours ainsi que sur les autres infos de la semaine. 

LE DISCOURS DE LA SEMAINE

Après Bob Corker, c’est Jeff Flake, un autre sénateur républicain, qui a annoncé qu’il renonçait à se présenter aux élections de 2018. Il avait pourtant déjà commencé à faire campagne pour sa réélection. Mais les sondages lui étaient très défavorables. Il était donné perdant face à Kelli Ward, son adversaire pro-Trump à la primaire républicaine. Le fait que Flake ait refusé de soutenir Donald Trump en 2016 et ait publié un livre le critiquant cet été explique sans doute sa récente impopularité auprès de l’électorat républicain.

Jeff Flake a donc annoncé qu’il renonçait à se représenter et qu’il quitterait ses fonctions de sénateur à l’issue de son mandat, début 2019. Mais il a surtout prononcé un discours mémorable au Sénat pour exprimer par la même occasion son désarroi face à l’attitude et à la politique de Donald Trump. Un discours qui, selon certains observateurs, devrait entrer dans les annales de l’histoire politique américaine. Jeff Flake y a notamment dénoncé la complicité de son propre parti vis-à-vis du président Trump et de certains de ses faits et gestes qui « mettent à mal les normes démocratiques ».

Le discours de Jeff Flake vaut évidemment la peine d’être lu dans son entièreté (cliquez ici). Ci-dessous, quelques extraits particulièrement marquants.

It is time for our complicity and our accommodation of the unacceptable to end. (Il est temps que notre complicité et notre complaisance à l’égard de l’inacceptable cessent)

Without fear of the consequences, and without consideration of the rules of what is politically safe or palatable, we must stop pretending that the degradation of our politics and the conduct of some in our executive branch are normal. They are not normal. Reckless, outrageous, and undignified behavior has become excused and countenanced as « telling it like it is », when it is actually just reckless, outrageous and undignified. And when such behavior emanates from the top of our government, it is something else: It is dangerous to a democracy. (Sans craindre les conséquences, et sans considération pour les règles qui établissent ce qui est politiquement sûr ou acceptable, nous devons arrêter de faire semblant que la dégradation de notre politique et la conduite de certaines personnes au sein de notre exécutif sont normales. Ce n’est pas normal. Un comportement irréfléchi, scandaleux et indigne est désormais excusé et décrit comme « dire les choses telles qu’elles sont », alors que c’est en réalité juste un comportement irréfléchi, scandaleux et indigne. Et lorsqu’un tel comportement émane du sommet de notre gouvernement, c’est quelque chose de plus: c’est un danger pour la démocratie)

It is often said that children are watching. Well, they are. And what are we going to do about that? When the next generation asks us « Why didn’t you do something? Why didn’t you speak up? », what are we going to say? Mr. President, I rise today to say: Enough. We must dedicate ourselves to making sure that the anomalous never becomes normal. With respect and humility, I must say that we have fooled ourselves for long enough that a pivot to governing is right around the corner, a return to civility and stability right behind it. We know better than that. By now, we all know better than that. (On dit souvent que les enfants nous regardent. Et bien, c’est vrai. Et qu’allons-nous faire à ce propos? Quand la prochaine génération nous demandera « Pourquoi n’as-tu rien fait? Pourquoi n’as-tu pas dit ce que tu pensais? », qu’allons-nous répondre? Mr. le Président, je m’exprime aujourd’hui pour dire: Assez. Nous devons faire en sorte que l’anormal ne devienne jamais la norme. Avec respect et humilité, je dois dire que nous nous sommes voilé la face assez longtemps en pensant qu’un tournant vers la bonne gouvernance était sur le point de se produire, suivi d’un retour à la civilité et à la stabilité. Nous savons que ce ne sera pas le cas. Nous le savons tous)

When we remain silent and fail to act when we know that that silence and inaction is the wrong thing to do – because of political considerations, because we might make enemies, because we might alienate the base, because we might provoke a primary challenge, because ad infinitum, ad nauseam – when we succumb to those considerations in spite of what should be greater considerations and imperatives in defense of the institutions of our liberty, then we dishonor our principles and forsake our obligations. Those things are far more important than politics. Now, I am aware that more politically savvy people than I caution against such talk. I am aware that a segment of my party believes that anything short of complete and unquestioning loyalty to a president who belongs to my party is unacceptable and suspect. If I have been critical, it is not because I relish criticizing the behavior of the president of the United States. If I have been critical, it is because I believe that it is my obligation to do so, as a matter of duty and conscience. The notion that one should stay silent as the norms and values that keep America strong are undermined and as the alliances and agreements that ensure the stability of the entire world are routinely threatened by the level of thought that goes into 140 characters – the notion that one should say and do nothing in the face of such mercurial behavior is ahistoric and, I believe, profoundly misguided. (Lorsque nous restons silencieux et que nous échouons à agir bien que nous sachions que ce silence et cette inaction sont la mauvaise chose à faire – à cause de considérations politiques, parce que nous ne voulons pas nous faire des ennemis, parce que nous ne voulons pas nous éloigner de la base électorale, parce que nous pourrions susciter la candidature d’un adversaire lors d’une primaire, parce que ad infinitum, ad nauseam – lorsque nous succombons à ces considérations en dépit de ce que devraient être des considérations plus grandes et des impératifs pour défendre les institutions de notre liberté, nous déshonorons nos principes et renonçons à nos obligations. Ces choses sont bien plus importantes que la politique. Bien sûr, je suis conscient que des gens qui s’y connaissent politiquement mieux que moi mettent en garde contre ce genre de discours. Je suis conscient qu’une partie de mon parti croit que la moindre chose qui s’éloigne de la loyauté complète et incontestable vis-à-vis d’un président qui appartient à mon parti est inacceptable et suspect. Si je suis critique, ce n’est pas parce que je prends plaisir à critiquer le comportement du président des Etats-Unis. Si je suis critique, c’est parce que je crois que c’est mon obligation de le faire, par devoir et conscience. La notion selon laquelle quelqu’un devrait rester silencieux alors que les normes et les valeurs qui gardent l’Amérique forte sont ébranlées et alors que les alliances et les accords qui assurent la stabilité du monde entier sont systématiquement menacés par le niveau de pensée que l’on peut intégrer en 140 caractères – la notion que quelqu’un ne doive rien dire et rien faire face à un comportement aussi imprévisible est ahistorique et, je crois, profondément malencontreuse)

Wow. Nous allons insister mais il s’agit bien du discours d’un sénateur républicain qui accuse le président des Etats-Unis appartenant au même parti que lui d’avoir un comportement mettant en danger la démocratie et la stabilité du monde ❗️

Jeff Flake a reçu une standing ovation de la part de certains sénateurs venus écouter son discours, notamment Bob Corker et John McCain. D’après CNN, le sénateur démocrate Tim Kaine a quitté l’hémicycle les larmes aux yeux avant de déclarer à la presse que « lorsqu’une personne aussi décente que Jeff Flake pense ne pas pouvoir continuer à servir au Sénat, c’est un jour tragique pour cette institution ».

Le président du Parti Démocrate n’a par contre pas semblé impressionné. Dans un communiqué, il rappelait que Jeff Flake avait voté à 91% avec Donald Trump. Ce qui signifie en faveur de propositions de loi républicaines soutenues par la Maison Blanche.

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La réaction de la Maison Blanche. La porte-parole de la Maison Blanche, Sarah Huckabee Sanders, a qualifié la décision de Jeff Flake de renoncer à se présenter aux élections de 2018 de « probablement une bonne décision vu le peu de soutien dont il dispose en Arizona ». Elle a aussi déclaré que le discours de Jeff Flake n’était pas « digne » d’un sénateur.

Que va-t-il se passer en Arizona en 2018? Qui remportera l’élection visant à désigner le successeur de Jeff Flake au Sénat? Suite au retrait de Flake, de nouveaux candidats républicains pourraient se déclarer et défier la pro-Trump et controversée Kelli Ward. Si celle-ci parvenait malgré tout à gagner la primaire républicaine, les Démocrates auraient une chance de remporter l’élection générale et de reprendre un siège aux Républicains au Sénat. Sauf surprise, la candidate démocrate devrait être Kyrsten Sinema, actuellement députée à la Chambre des Représentants.

BOB CORKER CONTINUE AUSSI À CRITIQUER DONALD TRUMP

Quelques heures seulement avant que Jeff Flake prononce son discours au Sénat, Bob Corker avait lui aussi une nouvelle fois tenu des propos très durs à l’encontre du président Trump. Tout a commencé lorsque ce dernier a publié deux tweets attaquant le sénateur du Tennessee.

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Traduction: Bob Corker, qui a aidé le Président O à nous donner le mauvais Iran Deal & qui ne pourrait même pas être élu contrôleur canin au Tennessee, combat maintenant les réductions d’impôts…..
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Traduction: … Corker a retiré sa candidature au Tennessee quand j’ai refusé de le soutenir, et maintenant il est négatif sur tout ce qui est relatif à Trump. Regardez son bilan!

NB: Bob Corker était totalement opposé à l’Iran Deal. Donald Trump fait peut-être référence au fait qu’il ait été le principal rédacteur de l’INARA, la loi adoptée par le Congrès et obligeant le Président américain à certifier l’accord sur le nucléaire iranien tous les 90 jours. D’autre part, Bob Corker nie avoir demandé à Donald Trump de soutenir sa candidature.

Bob Corker a répliqué sur Twitter.

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Traduction: Toujours les mêmes mensonges de la part d’un président qui ne fait que mentir.

Donald Trump publiera ensuite encore trois autres tweets critiques à l’encontre de Bob Corker.

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Traduction: N’est-ce pas triste que le sénateur sans envergure Bob Corker, qui n’aurait pas pu être réélu dans le grand état du Tennessee, va désormais combattre les réductions d’impôts!
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Traduction: Le sénateur Corker est l’incompétent président du comité des affaires étrangères & regardez à quel point les Etats-Unis se portent mal. Il n’a aucune idée du fait que…..
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Traduction: … le monde entier se moquait de nous et tirait profit de nous. Des gens comme liddle’ Bob Corker ont fait reculé les Etats-Unis. Maintenant nous progressons!

Bob Corker a ensuité été interrogé par le journaliste Manu Raju (CNN) dans les couloirs du Capitole. L’interview était assez incroyable. Extraits.

Raju: Is the President of the United States a liar? (Est-ce que le Président des Etats-Unis est un menteur?)

Corker: The President has great difficulty with the truth. (Le Président a de grandes difficultés avec la vérité)

(…)

Raju: Do you regret supporting him in the election? (Regrettez-vous de l’avoir soutenu lors de l’élection?)

Corker: Let’s just put it this way: I would not do that again. (Disons-le de la manière suivante: je ne le referais pas)

Bob Corker a aussi déclaré au sujet de Donald Trump:

The debasement of our nation will be what he will be remembered most for. (La dégradation de notre nation sera la chose pour laquelle on se souviendra le plus de lui)

Encore une fois, wow.

Corker devait ensuite participer à un déjeuner réunissant plusieurs sénateurs républicains et Donald Trump pour évoquer la réforme fiscale. Le sénateur républicain Thom Tillis avait pensé à apporter du pop-corn !

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Finalement, le président et Bob Corker auraient évité de s’adresser la parole et la réunion se serait déroulée dans le calme.

Au lendemain de l’interview de Bob Corker et du discours de Jeff Flake, Donald Trump s’en prenait toutefois une nouvelle fois aux deux sénateurs sur Twitter.

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Traduction: La raison pour laquelle Flake et Corker se sont retirés de la course au Sénat est très simple, ils n’avaient aucune chance d’être élus. Maintenant ils agissent comme s’ils étaient blessés!
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Traduction: La rencontre avec les sénateurs républicains hier, hormis Flake et Corker, était un festival d’amour avec des standing ovations et de grandes idées pour les Etats-Unis!
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Traduction: Jeff Flake, avec 18% d’opinions favorables en Arizona, a dit que « beaucoup de mes collègues ont parlé franchement ». Vraiment, ils viennent de me faire une standing ovation!

LA VIDÉO DE LA SEMAINE

La nouvelle campagne publicitaire de CNN se passe de commentaires.

LES PROTOTYPES DE LA SEMAINE

L’une des principales promesses électorales de Donald Trump était de construire un mur géant tout au long de la frontière entre les Etats-Unis et le Mexique et de faire payer les frais de construction de ce mur (entre 10 et 20 milliards de dollars selon les estimations) au gouvernement mexicain. Une promesse électorale pour l’instant non tenue. Il faut dire qu’il est évidemment très peu vraisemblable, pour ne pas dire impossible, que le Mexique accepte de payer pour le mur. Donald Trump devra donc obtenir le feu vert du Congrès pour entamer la construction de celui-ci, ce qui semble loin d’être acquis. Cela n’a pas empêché la Maison Blanche de lancer un appel à projets. Plusieurs entreprises ont été sélectionnées pour réaliser des prototypes dans le désert californien, près de San Diego. Les huit prototypes réalisés ont été dévoilés cette semaine. Lequel préférez-vous?

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MEANWHILE, IN VIRGINIA…

En Virginie, la campagne électorale bat son plein. Le 7 novembre prochain, les habitants choisiront leur nouveau gouverneur. Les Démocrates accusent depuis plusieurs semaines le candidat républicain, Ed Gillespie, de mener une campagne populiste destinée à jouer sur les peurs des gens. Dans plusieurs clips de campagne, Gillespie accuse effectivement son opposant démocrate Ralph Northam, qui est aussi le lieutenant-gouverneur sortant, d’être trop complaisant à l’égard du gang MS-13, alors que celui-ci n’est en réalité pas véritablement présent en Virginie.

Cette semaine, c’était au tour des Républicains de se plaindre d’un prospectus distribué aux habitants par l’équipe de campagne de Ralph Northam. Ce prospectus assimile Gillespie à Donald Trump et surtout aux manifestants néo-nazis de Charlottesville.

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Gillespie avait pourtant immédiatement dénoncé les agissements des manifestants de Charlottesville, comme l’immense majorité des Républicains. Mais Northam lui reproche de n’avoir pas ensuite dénoncé assez fortement les propos du président Trump renvoyant dos à dos ces manifestants et les contre-manifestants anti-racistes.

LES DERNIÈRES RÉVÉLATIONS SUR LE « DOSSIER TRUMP »

Au mois de janvier, BuzzFeed avait publié un dossier rédigé par un ex-espion britannique, Christopher Steele, au sujet de Donald Trump et de ses liens avec la Russie. Plusieurs autres médias avaient rapporté que le FBI avait informé le président Obama et le futur président Trump de l’existence de ce dossier mais avaient toutefois choisi de ne pas le publier parce que de nombreuses informations y figurant n’étaient pas vérifiées. Le choix de BuzzFeed de publier le dossier avait été critiqué. Depuis lors, certaines affirmations contenues dans ce dossier ont été vérifiées par le FBI mais d’autres restent toujours non démontrées. Le dossier reste donc à prendre avec des pincettes. En résumé, Steele y affirme qu’il y a bien eu des contacts entre certains membres de l’équipe de campagne de Donald Trump et la Russie dans le cadre de la campagne électorale. Il affirme aussi que la Russie disposerait d’informations compromettantes contre Donald Trump lui permettant de le faire chanter. Le dossier évoque notamment une vidéo du président en compagnie de prostituées dans une chambre d’hôtel à Moscou. L’existence de cette vidéo n’a pour l’instant pas été prouvée.

Mais pourquoi a-t-on reparlé de ce dossier cette semaine? Parce qu’on a appris que la campagne d’Hillary Clinton et le Parti Démocrate avaient financé les recherches de Christopher Steele. Celui-ci avait été recruté par la firme Fusion GPS, basée à Washington et dirigée par deux anciens reporters du Wall Street Journal, pour effectuer des recherches en Russie sur Donald Trump. Fusion GPS avait elle-même été contactée dans un premier temps par le Washington Free Beacon pour effectuer des recherches au sujet de Donald Trump. Le Washington Free Beacon est une publication conservatrice qui ne cachait pas son opposition à Trump lors des primaires républicaines. Le journal appartient à Paul Singer, un homme d’affaires républicain qui soutenait ouvertement Marco Rubio. Rien ne prouve toutefois que Rubio et son équipe de campagne aient été mêlés à la décision du Free Beacon de faire appel aux services de Fusion GPS pour enquêter sur Trump. En avril 2016, alors qu’il devenait évident que Donald Trump allait remporter les primaires républicaines, le Washington Free Beacon a mis fin à son contrat avec Fusion GPS. L’équipe de campagne d’Hillary Clinton et le Parti Démocrate ont alors pris le relais. Ils ont à leur tour payé Fusion GPS pour que Christopher Steele poursuive ses recherches, et ce jusqu’en octobre 2016.

Récapitulons:

Durant les primaires républicaines. Le Washington Free Beacon engage Fusion GPS pour que la firme enquête sur Donald Trump → Fusion GPS confie cette tâche à l’ex-espion britannique Christopher Steele.

Avril 2016. La campagne d’Hillary Clinton et le Parti Démocrate font à leur tour appel à Fusion GPS pour que la firme poursuive ses recherches sur Donald Trump → Christopher Steele poursuit son enquête jusqu’en octobre 2016.

Janvier 2017. Le FBI informe le président Obama et le futur président Trump de l’existence du dossier rédigé par Christopher Steele. Cette information est diffusée et le grand public découvre alors l’existence de ce dossier. Bien que plusieurs éléments du dossier ne soient pas vérifiés, BuzzFeed décide de le publier dans son intégralité.

Octobre 2017. La presse révèle que la campagne d’Hillary Clinton et le Parti Démocrate étaient clients de Fusion GPS (élément jusqu’ici inconnu).

Pour en savoir plus sur le contenu du dossier rédigé par Christopher Steele, vous pouvez lire cet article du Washington Post:

What the Trump dossier says – and what it doesn’t 

Pendant ce temps-là, l’enquête du procureur Mueller sur l’équipe de campagne de Donald Trump et la Russie se poursuit et on annonce que les premières inculpations pourraient être annoncées la semaine prochaine….

LE CHIFFRE DE LA SEMAINE

64,000 ou le nombre de personnes décédées d’une overdose aux Etats-Unis en 2016. Cette épidémie de la drogue (particulièrement les opiacés) est sans doute le sujet le plus important dont on ne parle pas suffisamment. Comme l’a dit Chris Christie, le gouverneur du New Jersey que Donald Trump a nommé à la tête d’une commission chargée de rédiger un rapport complet sur le sujet,

We have 175 people a day dying. We have a 9/11 every two and a half weeks. If a terrorist organization was killing 175 Americans a day on our soil, we would look into how to make it stop. (Nous avons 175 personnes qui meurent chaque jour. Nous avons un 11 septembre toutes les deux semaines et demi. Si une organisation terroriste tuait 175 Américains par jour sur notre sol, nous chercherions un moyen de l’arrêter)

Cette semaine, Donald Trump a réagi en prononçant un discours sur le sujet à la Maison Blanche, lors duquel il a annoncé qu’il proclamait une national public health emergency. Cette décision va pousser les différentes agences fédérales concernées à faire de la lutte contre cette épidémie de la drogue l’une de leurs priorités et d’y consacrer une part plus importante de leur budget. Donald Trump a aussi évoqué la possibilité de réaliser prochainement une grande campagne de prévention. Toutefois, le président aurait pu déclarer une national emergency. C’est d’ailleurs ce qu’il avait annoncé avoir l’intention de faire il y a plusieurs mois, sans jamais passer à l’acte. C’est aussi ce que la commission dirigée par Chris Christie recommandait. Si une national emergency avait été décrétée, les agences fédérales auraient pu réclamer un budget supplémentaire au Congrès afin de lutter contre l’épidémie, au lieu de devoir simplement y consacrer une part plus importante de leur budget actuel (au risque de devoir faire des économies sur d’autres dossiers).

LA POLÉMIQUE DE LA SEMAINE

On ne parle peut-être pas non plus suffisamment de la situation à Porto Rico. Un mois après le passage de l’ouragan Maria, 76% des habitants de l’île sont toujours privés d’électricité ! Et la polémique de la semaine concerne l’attribution d’un contrat d’un montant de 300 millions de dollars à l’entreprise Whitefish Energy pour effectuer des travaux visant à rétablir l’électricité dans plusieurs régions rurales de l’île. Whitefish Energy a été choisie par la PREPA (Puerto Rico Electric Power Authority) au détriment d’autres firmes bien plus importantes. Il faut dire qu’au moment de la signature du contrat, Whitefish Energy, basée à Whitefish, une petite ville du Montana, n’existait que depuis deux ans et n’avait que deux employés à temps plein. Le contrat a suscité de nombreuses interrogations, d’autant que le Secrétaire d’Etat à l’Intérieur, Ryan Zinke, est originaire de la ville de Whitefish et connaît le patron de la firme. Zinke a toutefois affirmé qu’il n’avait pas été impliqué dans la décision prise par les autorités locales porto-ricaines, sans aucune intervention du gouvernement fédéral. C’est aussi ce qu’a affirmé la porte-parole de la Maison Blanche. Après que les interrogations autour du contrat entre la PREPA et Whitefish Energy aient été diffusées dans la presse, la PREPA a choisi de résilier ce contrat.

LES ARCHIVES DE LA SEMAINE

Donald Trump a donné son feu vert à la déclassification de plus de 2,800 documents liés à l’enquête sur l’assassinat de John F. Kennedy. Ces documents inédits sont tous accessibles sur le site web des archives nationales (cliquez ici). Donald Trump a toutefois cédé à la demande du FBI et de la CIA de ne pas encore déclassifier 300 autres documents.

Nous n’avons pas lu et nous ne lirons pas l’ensemble des nouveaux documents déclassifiés. On parle ici de centaines de milliers de pages et nous n’avons pas le temps de nous y consacrer. De plus, les documents sont parfois difficiles à comprendre si l’on ne connaît pas tous les tenants et aboutissants du dossier Kennedy. Nous laisserons donc le travail d’examiner avec soin ces documents aux historiens et nous vous tiendrons informés si des informations importantes sont révélées.

Pour le moment, les nouveaux documents semblent davantage révéler des informations sur la volonté de la CIA d’assassiner Fidel Castro que sur l’assassinat de JFK.

L’un des documents évoque ainsi l’un des plans brièvement envisagé par la CIA pour assassiner Castro: placer des explosifs à l’intérieur d’un coquillage dans une zone fréquentée par le président cubain lors de ses séances de plongée sous-marine ! Castro aurait été attiré par le coquillage géant et la charge explosive se serait déclenchée lorsqu’il s’en serait approché. Cette idée a finalement été rapidement abandonnée.

Un autre document révèle que les Etats-Unis ont aussi envisagé d’introduire des « agents biologiques » qui auraient détruit les récoltes cubaines et poussé les cubains à se révolter et à renverser le président Castro !

Un document du FBI de mai 1964 évoque quant à lui des informations rapportées à l’agence par un informateur. Celui-ci prétendait disposer de preuves démontrant que Lyndon B. Johnson avait appartenu au Ku Klux Klan au Texas. L’informateur n’a toutefois jamais remis au FBI les preuves qu’il prétendait détenir.

LA DÉCLARATION DE LA SEMAINE

The Electoral College is not a creation of the Constitution. It doesn’t have to be there. (Le Collège Électoral n’est pas une création de la Constitution. Il n’a pas à être là)

Tom Perez, président du Parti Démocrate, devant des étudiants. Une déclaration assez hallucinante puisque n’importe quelle personne s’intéressant un tant soit peu à la politique américaine sait très bien que la Constitution prévoit bien l’existence du Collège Électoral.

LE LIVRE DE LA SEMAINE

Sisters First, par Jenna et Barbara Bush, les filles jumelles de George W. Bush. Jenna est aujourd’hui animatrice sur la chaîne NBC. Sa soeur Barbara est plus discrète. Elle est la patronne de Global Health Corps, une association sans but lucratif qui réalise des projets dans le domaine de l’accès aux soins de santé aux Etats-Unis et en Afrique.

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Dans le livre, les deux sœurs retracent leur parcours et évoquent le lien si particulier qui les unit en tant que jumelles. Deux anecdotes extraites du livre:

* Lorsqu’elle avait sept ans, Jenna Bush est entrée avec des serviettes hygiéniques collées sous les aisselles dans la pièce de la Maison Blanche où son grand-père George H.W. Bush, alors président des Etats-Unis, recevait le président chinois Deng Xiaoping ! Ses cousins l’avaient convaincue que ces serviettes devaient être placées sous les bras pour absorber la transpiration.

* Barbara Bush raconte que lors d’un dîner en Italie en 2006, Silvio Berlusconi lui a dit que « Si j’étais plus jeune, j’aurais des enfants avec toi ».

LE TWEET DE LA SEMAINE

En réalité, ce tweet date de l’an dernier. Mais Twitter étant cruel, il a été partagé par de nombreux internautes cette semaine à l’occasion de l’anniversaire d’Hillary Clinton.

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