WEEKLY NEWS FLASH #102

Mini-édition du Weekly News Flash en ce jour de Noël. Avec tout de même une info très importante: l’adoption du Tax Cuts and Jobs Act. Bonne lecture et bonnes fêtes de fin d’année à tous !

JOYEUX NOËL !

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L’ÉVÉNEMENT DE LA SEMAINE

Le Congrès américain a adopté le Tax Cuts and Jobs Act, ambitieux plan de réforme fiscale présenté par les Républicains et soutenu par la Maison Blanche. L’adoption de cette loi constitue la première grande victoire législative pour les Républicains depuis l’arrivée de Donald Trump à la Maison Blanche. Ils en avaient bien besoin après leur échec retentissant à abroger l’Obamacare. Donald Trump peut enfin se targuer d’avoir mené à bien une grande réforme et d’avoir tenu sa promesse de signer une loi de réforme fiscale avant Noël.

Le Tax Cuts and Jobs Act est tout simplement la loi de réforme du système fiscal la plus ambitieuse adoptée aux Etats-Unis depuis 30 ans. Un comité de concertation a travaillé pour mettre en commun les textes adoptés précédemment par les Républicains de la Chambre des Représentants d’une part et par les Républicains du Sénat d’autre part. Les deux textes différaient en effet quelque peu sur certains points. Cette semaine, le texte final a été présenté puis adopté, d’abord par la Chambre des Représentants (227-203) puis par le Sénat (51-48). Au Sénat, tous les Républicains ont voté en faveur du texte et tous les Démocrates ont voté contre. John McCain était le seul absent lors du vote, pour des raisons de santé. Le président Trump a signé le texte ce vendredi, juste avant de prendre la direction de la Floride où il va passer les fêtes de fin d’année. Le Tax Cuts and Jobs Act entrera en vigueur dès le 1er janvier 2018.

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QUE CONTIENT LE TAX CUTS AND JOBS ACT?

L’objectif principal de cette loi est de simplifier le code fiscal américain et de diminuer le montant des impôts réclamés aux citoyens et aux entreprises. Suite à l’adoption du texte, l’immense majorité des citoyens américains va payer moins d’impôts. Les Républicains affirment qu’une famille type de la classe moyenne économisera environ $2,000 par an. Ils affirment également que la baisse des taxes sur les entreprises va contribuer à relancer la croissance économique et la création d’emplois. Plusieurs entreprises ont d’ailleurs immédiatement annoncé qu’elles allaient reverser des bonus à leurs salariés. AT&T a par exemple annoncé que ses 200,000 employés allaient recevoir une prime de $1,000. Wells Fargo a annoncé qu’elle allait augmenter son salaire minimum à $15 de l’heure. Tout ceci n’empêche pas les Démocrates d’affirmer que le Tax Cuts and Jobs Act est avant tout un cadeau fiscal accordé aux grandes entreprises et aux Américains les plus riches. Ils insistent aussi, à juste titre, sur le fait que cette loi va faire drastiquement chuter les recettes fiscales de l’état fédéral et donc creuser dangereusement le déficit. D’après les prévisions, le déficit devrait augmenter de près de 1,5 mille milliards de dollars en 10 ans !

La fiscalité étant un sujet complexe et parfois rébarbatif, nous n’allons pas vous détailler toutes les mesures contenues dans le Tax Cuts and Jobs Act. Mais en voici les grandes lignes.

  • Pour les particuliers

Diminution de l’impôt sur le revenu. Il existait jusqu’à présent sept tranches d’imposition sur le revenu: 10%, 15%, 25%, 28%, 33%, 35% et 39,6%. D’autre part, les personnes gagnant moins de $6,500 par an ($13,000 pour les couples) ne devaient payer aucun impôt sur le revenu. Le Tax Cuts and Jobs Act conserve sept tranches d’imposition mais le taux d’imposition diminue quasiment pour tout le monde: 10%, 12%, 22%, 24%, 32%, 35% et 37%. Le taux d’imposition le plus élevé (pour les personnes les plus riches) passe donc de 39,6% à 37%. Quant aux personnes totalement exemptées d’impôt sur le revenu, elles seront beaucoup plus nombreuses puisqu’il s’agira désormais des personnes gagnant moins de $12,000 par an (ou $24,000 pour les couples). Le nombre de citoyens américains ne payant aucun impôt sur le revenu devrait ainsi passer de 44% de la population à 47,5%.

Le Child Tax Credit est doublé. Il s’agit d’un crédit d’impôt accordé aux parents ayant des enfants mineurs à charge. Il passe de $1,000 par an et par enfant à $2,000 par an et par enfant. Par ailleurs, les parents qui ne payent pas d’impôt sur le revenu ne bénéficient évidemment pas de ce crédit d’impôt. Cependant, avec l’adoption du Tax Cuts and Jobs Act, ils pourront désormais toucher un chèque compensatoire de la part du gouvernement. Le montant de ce chèque sera toutefois moins élevé que le Child Tax Credit perçu par les familles imposées. La première version du Tax Cuts and Jobs Act prévoyait que le montant de ce chèque pourrait s’élever jusqu’à $1,100 par an et par enfant. Mais Marco Rubio, sénateur de Floride, estimait que ce n’était pas suffisant et a insisté pour que cette partie du texte soit modifiée. Il a menacé de ne pas voter en faveur de la nouvelle loi si on ne répondait pas à sa demande. Il a rapidement été soutenu par Mike Lee, sénateur de l’Utah. Les deux sénateurs estimaient qu’il fallait aider davantage les familles les moins aisées ayant des enfants à charge. En mettant la pression sur ses collègues et en menaçant de retirer son soutien au texte, Marco Rubio a obtenu une modification de dernière minute. Le chèque touché par les familles les plus modestes sera finalement de $1,400, soit $300 de plus que ce qui était initialement prévu.

Les droits de succession ne sont pas supprimés mais moins d’héritiers devront s’en acquitter. En effet, ils ne seront désormais plus applicables que pour les héritages de plus de 11 millions de dollars (contre 5,5 millions auparavant).

Enfin, et c’est très important, le Tax Cuts and Jobs Act inclut la suppression de l’individual mandate de l’Obamacare, c’est-à-dire l’obligation légale de souscrire à une assurance maladie. Autrement dit, l’Obamacare reste en place mais les Américains qui ne souhaitent pas s’assurer n’auront plus l’obligation de le faire et ne seront plus sanctionnés d’une amende le cas échéant (à partir du 1er janvier 2019).

  • Pour les entreprises

Diminution de l’impôt sur les sociétés. L’impôt sur les sociétés passe de 35% à 21% ! Il s’agit de la réduction la plus importante de cet impôt dans toute l’histoire des Etats-Unis. (NB: Donald Trump avait déclaré vouloir baisser cet impôt à 15% mais les députés et sénateurs ont jugé cela excessif et ont opté pour un taux de 21%).

Le Tax Cuts and Jobs Act contient un certain nombre d’autres mesures destinées à encourager les entreprises américaines à investir aux Etats-Unis au lieu de délocaliser leurs activités à l’étranger.

  • Et aussi

Le Tax Cuts and Jobs Act prévoit d’autoriser l’exploitation pétrolière et gazière dans une partie du Arctic National Wildlife Refuge, une gigantesque réserve naturelle située en Alaska. Un appel d’offres va être lancé dans les années à venir. Seule une petite partie du site est concernée mais la mesure est tout de même jugée catastrophique par toutes les associations de protection de l’environnement. D’après les défenseurs du texte, cette exploitation permettra de créer un grand nombre d’emplois en Alaska et de garantir aux Etats-Unis une plus grande autonomie énergétique.

DES NOUVELLES DE JOHN MCCAIN…

John McCain n’a pas participé au vote sur le Tax Cuts and Jobs Act. Il était rentré chez lui en Arizona après avoir été hospitalisé pendant quelques jours dans un hôpital du Maryland. Le sénateur souffre d’un certain nombre d’effets secondaires liés à sa chimiothérapie. Il a annoncé qu’il allait se reposer pendant les fêtes et qu’il reprendrait le travail au mois de janvier.

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Traduction: Merci à tous pour votre soutien et vos messages d’encouragement! Je me sens bien et je suis impatient de reprendre le travail après les fêtes.

LE VOTE DE LA SEMAINE

L’Assemblée Générale des Nations Unies a voté en faveur d’une résolution condamnant la décision des Etats-Unis de reconnaître Jérusalem comme capitale d’Israël. 128 pays ont voté en faveur de la résolution, 9 (dont les Etats-Unis et Israël) ont voté contre et 35 pays se sont abstenus.

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Les états membres de l’ONU ont donc majoritairement condamné la décision prise par les Etats-Unis, malgré les menaces de l’ambassadrice américaine Nikki Haley. Celle-ci avait averti que les Etats-Unis retiendraient les noms des pays votant en faveur de la résolution et avait annoncé que, si la résolution était adoptée, les Etats-Unis pourraient revoir leur financement de l’ONU à la baisse. Elle a aussi déclaré que le passage de la résolution n’empêcherait pas les Etats-Unis de déménager leur ambassade à Jérusalem comme annoncé par le président Trump.

Meanwhile… Le président du Guatemala a annoncé que son pays allait suivre l’exemple américain et déménager son ambassade en Israël de Tel-Aviv à Jérusalem.

LE DISCOURS DE LA SEMAINE

Jeff Flake a prononcé un nouveau discours remarqué au Sénat. Il y a dénoncé la radicalisation du discours politique, aussi bien côté démocrate que républicain, et a rappelé qu’une rhétorique extrême pouvait avoir des conséquences dangereuses. À titre d’exemple, il a évoqué la fusillade qui a touché l’équipe de baseball des membres républicains du Congrès en juin dernier. Une fusillade qui a failli coûter la vie au député de Louisiane Steve Scalise et qui a été perpétrée par un individu qui voulait « tuer des Républicains ».

Because of our beliefs and our political affiliation, this individual believed that my colleagues and I should die. Since that day, I’ve struggled to understand this thinking. How could any American look onto a field that June morning where a bunch of middle-aged men were playing baseball and see the enemy? Some of the bombastic rhetoric being offered this week in response to the tax reform bill has given me pause though. If you listen to some of the hyperbolic vitriol that opponents of this bill are producing, the attitude that nearly killed my friend Steve Scalise and threatened many more lives begins to make a perverse kind of sense. When respectable public figures go on television or take to Twitter and announce that thousands, if not millions, of Americans are going to die as a direct result of the passage of the tax reform bill, what impact do we expect this to have on the thinking of many Americans? If a person takes such outlandish statements as truth, attacking members of Congress who supported the measure almost appears to be a moral action. This horrifying logic could lead someone to believe that killing a few legislators might save the lives of millions of Americans. (En raison de nos croyances et de notre affiliation politique, cet individu pensait que mes collègues et moi-même méritions de mourir. Depuis ce jour-là, j’ai du mal à comprendre cette façon de penser. Comment un Américain peut-il regarder un terrain où un groupe d’hommes jouent au baseball et y voir l’ennemi? Une partie de la rhétorique grandiloquente entendue cette semaine en réponse à la loi de réforme fiscale m’a cependant fait réfléchir. Si vous écoutez certaines des attaques au vitriol utilisées par les opposants à cette loi, l’attitude qui a presque tué mon ami Steve Scalise et qui a mis en danger de nombreuses autres vies commence à avoir du sens. Lorsque des figures publiques respectées vont à la télévision ou sur Twitter et annoncent que des milliers, si pas des millions, d’Américains vont mourir en raison de l’adoption de la loi de réforme fiscale, quel impact croyons-nous que cela peut avoir sur la pensée de nombreux Américains? Si une personne prend ces déclarations absurdes pour la vérité, attaquer des membres du Congrès qui ont soutenu cette mesure apparaît presque comme une action morale. Cette logique terrifiante pourrait pousser quelqu’un à croire que tuer quelques députés peut sauver la vie de millions d’Américains)

ET PUISQUE L’ON PARLE DE STEVE SCALISE ET DE RHÉTORIQUE TROP EXTRÊME…

Sur Twitter, Steve Scalise a réagi à un tweet publié par Ben Rhodes, ex-conseiller de Barack Obama à la Maison Blanche. Ben Rhodes commentait lui-même un tweet publié par un autre ancien conseiller d’Obama, Dan Pfeiffer. Dans son tweet, Pfeiffer commentait une photo sur laquelle on aperçoit Mike Pence, Paul Ryan et Mitch McConnell sourire en levant le pouce aux côtés de Donald Trump dans le Bureau Ovale. Il déclarait qu’il espérait que cette photo serait utilisée dans les médias le jour où Donald Trump serait destitué. Ben Rhodes réagissait donc à ce tweet en y ajoutant le commentaire suivant: « Et à côté des nécrologies de Ryan, McConnell et Pence ».

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Voici la réaction de Steve Scalise: « Vous devriez peut-être revoir votre rhétorique ».

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JOHN MCCAIN ET JEFF FLAKE NOMMÉS HOMMES DE L’ANNÉE EN ARIZONA 🌵🇺🇸🌵🇺🇸

Le quotidien Arizona Central a nommé John McCain et Jeff Flake, les deux sénateurs républicains de l’état, comme Arizoniens de l’année 2017, pour leur défense des valeurs américaines dans une société divisée. Et donc aussi pour avoir eu le courage politique de critiquer ouvertement le président Trump, membre de leur propre parti, lorsque cela s’est avéré nécessaire.

Pour lire l’article du Arizona Central, cliquez ici.

L’INCIDENT DE LA SEMAINE

Sarah Palin a appelé le 911 alors que l’un de ses fils était en train d’agresser son mari. D’après le rapport de police, Track Palin est entré à l’intérieur du domicile de ses parents, en Alaska, en brisant une fenêtre et a agressé son père parce que ce dernier avait refusé de lui prêter sa voiture. Suite à l’appel de Sarah Palin, la police est arrivée sur les lieux et a arrêté Track Palin, qui va devoir se présenter devant un tribunal. L’ex-candidate à la vice-présidence a refusé de commenter l’affaire. En 2016, son fils avait déjà été arrêté après avoir frappé sa petite amie. À l’époque, Sarah Palin avait affirmé qu’il souffrait du syndrome de stress post-traumatique depuis son retour de la guerre en Irak.

LE SONDAGE DE LA SEMAINE

D’après un sondage Gallup, 36% des Américains ont une opinion favorable d’Hillary Clinton. Celle-ci est donc toujours aussi impopulaire que Donald Trump.

LES TWEETS DE LA SEMAINE

1. Chaque 23 décembre, Rand Paul célèbre Festivus avec beaucoup d’humour sur son compte Twitter. La tradition consiste en principe à partager avec ses proches les mécontentements de l’année afin de mettre les problèmes à plat avant le réveillon de Noël. Le sénateur du Kentucky en profite généralement pour dénoncer les dépenses inutiles du gouvernement fédéral et pour se moquer gentiment de certains de ses collègues. Cette année, il n’a pas hésité à s’en prendre à Donald Trump. Exemple:

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Traduction: Je voudrais faire une petite pause pour souhaiter un joyeux Festivus à Donald Trump. Nous lui avons dit de prendre congé aujourd’hui, puisqu’il publie déjà les raisons de son mécontentement ici tous les jours.

2. Joyeux Noël de la part de Jeff Flake !

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Traduction: Ce mug a été déposé devant ma porte aujourd’hui. Merci. Un très beau cadeau de Noël.

BONUS – DE LA LECTURE POUR VOS VACANCES

The secret backstory of how Obama let Hezbollah off the hook

Nous vous conseillons vraiment la lecture de cette enquête réalisée par Politico. C’est long (prévoyez une bonne heure de lecture) mais cela vaut clairement le détour. En résumé, l’auteur parle du Projet Cassandra, un projet lancé en 2008 et qui avait pour but d’enquêter sur les pratiques criminelles – trafic de drogue, vente d’armes, etc. – du Hezbollah. On découvre que l’administration Obama a empêché le projet d’aboutir pour ne pas fâcher l’Iran, alors que les discussions autour de l’accord sur le nucléaire iranien étaient en cours.

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