WEEKLY NEWS FLASH #110

What a week ! La semaine qui vient de s’écouler a été plus que chargée en actualité politique et aussi malheureusement marquée par un terrible drame dans une école de Floride. Nous vous résumons le tout. 

#RUSSIAGATE : ROBERT MUELLER INCULPE 13 RESSORTISSANTS RUSSES

Le procureur Mueller a annoncé l’inculpation de 13 ressortissants russes accusés d’ingérence dans la campagne électorale américaine de 2016. Ils sont accusés de complot contre les Etats-Unis. Trois d’entre eux sont également inculpés pour fraude bancaire et cinq pour usurpation d’identité.

L’acte d’accusation de 37 pages confirme que la Russie avait bien mis sur pied une véritable campagne de désinformation visant à dresser les Américains les uns contre les autres et à influencer le résultat de l’élection présidentielle de 2016, comme les services de renseignement américains l’avaient déjà affirmé. La campagne d’ingérence russe menée par l’Internet Research Agency (décrite dans l’acte d’accusation comme « une organisation russe engagée dans des opérations d’ingérence politique et électorale ») a débuté dès 2014. Douze des treize ressortissants russes inculpés travaillaient pour cette agence. Ils ont usurpé l’identité de citoyens américains et/ou créé de fausses identités pour diriger de faux comptes sur les réseaux sociaux (Facebook, Twitter et Instagram). Ces comptes donnaient l’impression d’être dirigés par des citoyens américains politiquement engagés alors qu’il s’agissait en réalité de comptes de propagande russe. L’objectif était d’affaiblir le système politique américain en exacerbant les tensions politiques et culturelles existantes au sein de la société américaine. Et d’inciter les citoyens américains à voter en faveur de certains candidats lors de l’élection présidentielle: Donald Trump, mais aussi Bernie Sanders. Pour cela, les accusés ont propagé de fausses informations concernant les autres candidats à l’élection présidentielle, notamment Hillary Clinton, Marco Rubio et Ted Cruz.

La Maison Blanche a réagi à l’inculpation des 13 ressortissants russes en insistant sur le fait que rien ne prouvait qu’il y ait eu collusion entre ceux-ci et l’équipe de campagne de Donald Trump. Ce qui est vrai à ce stade. Mais l’enquête de Robert Mueller n’est pas terminée.

L’AUDITION DE LA SEMAINE

Intelligence agency heads testify to examine worldwide threats - DC

C’est une audition annuelle qui attire tous les regards. Une fois par an, les responsables des principales agences de renseignement américaines sont interrogés par les membres du comité du renseignement du Sénat (Senate Intelligence Committee) afin de faire le point sur les « menaces à l’échelle mondiale ».

Les responsables interrogés cette semaine

Dan Coats – Directeur du Renseignement National

Mike Pompeo – Directeur de la CIA

Michael Rogers – Directeur de la NSA

Robert Ashley – Directeur de la DIA (Defense Intelligence Agency)

Christopher Wray – Directeur du FBI

Robert Cardillo – Directeur de la NGA (National Geospatial Intelligence Agency)

Les 15 sénateurs membres du comité chargé de les interroger

Côté républicain: Richard Burr, James Risch, Marco Rubio, Susan Collins, Roy Blunt, James Lankford, Tom Cotton, John Cornyn

Côté démocrate: Mark Warner, Dianne Feinstein, Ron Wyden, Martin Heinrich, Angus King, Joe Manchin, Kamala Harris

Lors de son discours d’introduction, Dan Coats a affirmé que:

The risk of interstate conflict, including among great powers, is higher than at any time since the end of the Cold War. (Le risque de conflit inter-étatique, y compris entre les grandes puissances, est au plus haut niveau jamais atteint depuis la fin de la Guerre Froide)

Dan Coats a également cité les cinq principales menaces globales pour la sécurité des Etats-Unis:

1 – Les cyberattaques, essentiellement de la part de la Russie, de la Chine, de l’Iran et de la Corée du Nord.

2 – Les armes de destruction massive et leur prolifération.

3 – Le terrorisme. Selon Dan Coats, les groupes extrémistes tels que l’Etat Islamique et Al-Qaida ont toujours pour objectif de frapper des cibles américaines, mais des attentats contre des cibles plus faciles d’accès sont plus probables en 2018. La menace la plus sérieuse pour les Etats-Unis reste celle des citoyens américains radicalisés, dont les attaques sont difficiles à prévoir.

4 – Les menaces dans l’espace, à savoir le développement par la Chine et la Russie de nouvelles technologies qui devraient bientôt leur permettre de pouvoir détruire des satellites américains en cas de conflit.

5 – Le crime organisé transnational (trafic de drogue, trafic d’êtres humains, braconnage d’espèces menacées, etc).

Les pays les plus souvent cités par Dan Coats comme représentant une menace pour les Etats-Unis ont été la Russie, la Chine, la Corée du Nord et l’Iran.

Concernant la Russie, Dan Coats et les responsables des autres agences de renseignement ont confirmé que les tentatives d’ingérence allaient continuer lors des élections de mi-mandat de novembre prochain.

There should be no doubt that Russia perceives its past efforts as successful and views the 2018 U.S. midterm elections as a potential target for Russian influence operations. (Il ne fait aucun doute que la Russie perçoit ses efforts passés comme une réussite et que les élections de mi-mandat 2018 sont une cible potentielle pour des opérations d’ingérence russe)

Nous vous recommandons la lecture du rapport de Dan Coats (28 pages). Cliquez ici. Ce rapport contient également un chapitre consacré aux dangers liés au réchauffement climatique, tout comme un chapitre notant que la menace d’une pandémie mondiale qui pourrait faire des millions de morts est à prendre au sérieux.

Lors de l’audition, la question de l’influence grandissante de la Chine dans le monde a été largement évoquée, notamment suite à l’intervention de Marco Rubio. Celui-ci estime que la stratégie mise en place par la Chine pour prendre la place des Etats-Unis en tant que première puissance mondiale est la question la plus importante de toutes à long terme. Dan Coats a confirmé que les Chinois agissaient de manière très intelligente et efficace.

La phrase du jour

I can’t give you any certainty about what Kim Jong-Un actually believes. (Je ne peux vous donner aucune certitude à propos de ce que Kim Jong-Un croit vraiment)

Mike Pompeo, directeur de la CIA, en réponse à une question de la sénatrice Dianne Feinstein.

L’ÉCHEC DE LA SEMAINE

Le Sénat a débattu de l’immigration tout au long de la semaine et a rejeté les quatre mesures présentées pour régler le sort des Dreamers et/ou réformer le système d’immigration, alors que la deadline pour l’expiration du DACA est fixée au 5 mars prochain. L’échec est retentissant. Il est aussi intéressant de noter que, même si aucun des quatre amendements présentés n’a obtenu suffisamment de voix pour être adopté, c’est l’amendement Grassley, correspondant à la position soutenue par la Maison Blanche, qui a obtenu le moins de voix.

Les quatre amendements présentés (60 voix nécessaires pour adoption)

1 – Amendement Toomey (54-45)

L’amendement proposé par le sénateur républicain Pat Toomey visait uniquement à augmenter les sanctions pouvant être décrétées par l’état fédéral à l’encontre des sanctuary cities, ces municipalités qui refusent de collaborer avec les services fédéraux de l’immigration.

2 – Amendement Rounds-King (54-45)

Cette proposition bipartisane élaborée par un groupe de 16 sénateurs et présentée par le Républicain Mike Rounds et l’Indépendant Angus King était un compromis visant à donner la possibilité aux bénéficiaires du DACA, ainsi qu’à d’autres personnes arrivées illégalement aux Etats-Unis alors qu’elles étaient mineures (au total environ 1,8 millions de personnes), d’acquérir la nationalité américaine après 10 à 12 ans de présence sur le territoire, tout en accordant un budget de 25 milliards de dollars à la Maison Blanche pour augmenter la sécurité à la frontière. La Maison Blanche et plusieurs élus républicains avaient toutefois indiqué leur opposition à ce compromis, refusant d’accorder la nationalité à un grand nombre d’ « illégaux » et protestant contre le manque de mesures visant à réformer le système d’immigration légale. D’autre part, certains Démocrates s’opposaient également à ce compromis, refusant de débloquer des milliards de dollars pouvant servir à la construction d’un mur à la frontière. Finalement, tous les sénateurs démocrates (sauf 3) ont soutenu cet amendement et 8 sénateurs républicains ont également voté en sa faveur (Lamar Alexander, Susan Collins, Jeff Flake, Cory Gardner, Lindsey Graham, Johnny Isakson, Lisa Murkowski et Mike Rounds).

3 – Amendement McCain-Coons (52-47)

L’amendement bipartisan proposé par le sénateur républicain John McCain et son homologue démocrate Chris Coons avait pour but de régler le sort des bénéficiaires du DACA, en leur accordant la citoyenneté américaine. Quelques mesures en matière de renforcement de la sécurité à la frontière étaient prévues en contrepartie mais aucun budget n’était alloué à la construction du mur.

4 – Amendement Grassley (39-60)

L’amendement proposé par le sénateur républicain Chuck Grassley était celui qui correspondait le mieux à la position défendue par la Maison Blanche, qui s’était d’ailleurs déclarée favorable à son adoption. Cet amendement prévoyait d’accorder la citoyenneté américaine aux bénéficiaires du DACA, mais, à côté de cela, de durcir considérablement les lois du pays en matière d’immigration, en facilitant notamment les procédures d’expulsion et en réduisant l’immigration légale (réduction des possibilités de regroupement familial, suppression du Visa Lottery Program, etc). Cet amendement est celui qui a obtenu le moins de voix. 14 sénateurs républicains ont voté contre son adoption, en dépit du soutien affiché à la proposition par la Maison Blanche (Lisa Murkowski, Jeff Flake, Jerry Moran, Rand Paul, John Kennedy, Susan Collins, Steve Daines, Ben Sasse, Jim Inhofe, John Thune, Ted Cruz, Mike Lee, John Barrasso et Michael Enzi).

LA TRAGÉDIE DE LA SEMAINE

Une nouvelle fusillade de masse dans une école américaine a provoqué une vive émotion cette semaine. C’est la Marjory Stoneman Douglas High School, un lycée situé à Parkland, en Floride, qui a été visée. Ce mercredi 14 février, jour de la St-Valentin, un ancien étudiant du lycée, Nikolas Cruz, 19 ans, a ouvert le feu sur des élèves et des professeurs au sein de l’établissement, tuant 17 personnes. Il a été arrêté peu après par la police et se trouve aujourd’hui en détention. On a rapidement appris qu’il avait été renvoyé du lycée en raison de « problèmes disciplinaires » et que plusieurs personnes de son entourage avaient récemment contacté le FBI pour signaler sa dangerosité. Des questions se posent donc aujourd’hui au sujet de l’inaction du FBI, à tel point que le gouverneur de Floride, Rick Scott, a réclamé la démission du directeur de l’agence. Le FBI a reconnu avoir commis des erreurs dans la gestion du dossier Cruz.

Nikolas Cruz était armé d’un fusil de type AR-15, qu’il s’était procuré en toute légalité. Le débat sur la vente libre d’armes à feu, y compris d’armes de guerre comme le AR-15, risque donc une nouvelle fois de revenir sur le devant de la scène politique. Le sénateur démocrate Chris Murphy a d’ailleurs immédiatement prononcé un discours au Sénat, critiquant une nouvelle fois l’inaction de ses collègues du Congrès.

This epidemic of mass slaughter, this scourge of school shooting after school shooting, it only happens here not because of coincidence, not because of bad luck, but as a consequence of our inaction. We are responsible for a level of mass atrocity that happens in this country with zero parallel anywhere else. (Cette épidémie de tueries de masse, ce fléau des fusillades qui se succèdent dans les écoles, cela n’arrive qu’ici et pas par hasard, pas par malchance, mais en conséquence de notre inaction. Nous sommes responsables d’un niveau d’atrocité qui ne survient que dans ce pays et nulle part ailleurs)

Donald Trump a quant à lui d’abord réagi sur Twitter, présentant ses condoléances aux familles des victimes et affirmant que personne ne devrait jamais se sentir en danger dans une école.

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Traduction: Mes prières et condoléances aux familles des victimes de la terrible fusillade en Floride. Aucun enfant, aucun professeur ni personne d’autre ne devrait jamais se sentir en insécurité dans une école américaine.

Le président s’est ensuite adressé à la nation depuis la Maison Blanche au lendemain de la fusillade. Dans son allocution, il n’a pas mentionné la possibilité de modifier la législation sur les armes à feu mais a affirmé qu’il allait réfléchir à des solutions pour renforcer la sécurité dans les établissements scolaires du pays. Le président s’est adressé directement aux enfants et étudiants américains:

I want you to know that you are never alone and you never will be. You have people who care about you, who love you and who will do anything at all to protect you. (Je veux que vous sachiez que vous n’êtes jamais seuls et que vous ne le serez jamais. Il y a des gens qui se soucient de vous, qui vous aiment et qui feraient n’importe quoi pour vous protéger)

Answer hate with love. Answer cruelty with kindness. (Répondez à la haine par l’amour. Répondez à la cruauté par la gentillesse)

Donald et Melania Trump ont également rendu visite à plusieurs étudiants blessés et hospitalisés en Floride.

L’ex-président Barack Obama a lui aussi réagi sur les réseaux sociaux, appelant une nouvelle fois à un durcissement de la législation sur les armes à feu.

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Traduction: Nous pleurons avec Parkland. Mais nous ne sommes pas impuissants. Prendre soin de nos enfants est notre job le plus important. Et tant que nous ne pourrons pas honnêtement dire que nous en faisons assez pour les garder en sécurité, y compris grâce à des lois de bon sens sur les armes à feu, qui auraient dû être adoptées depuis longtemps et que la majorité des Américains soutient, alors nous devrons changer.

La fusillade de Parkland est la neuvième fusillade la plus meurtrière de l’histoire des Etats-Unis. Cinq des dix fusillades les plus meurtrières ont eu lieu ces cinq dernières années.

Le Top 10 (NB: Lorsque l’assaillant est décédé, en se suicidant ou après avoir été abattu par la police, il n’est pas dénombré parmi les victimes)

1 – Las Vegas (Nevada), 1er octobre 2017, 58 morts

Depuis la fenêtre de sa chambre d’hôtel, Stephen Paddock, 64 ans, ouvre le feu sur une foule assistant à un concert de musique country sur le Strip de Las Vegas. Il tue 58 personnes et en blesse plus de 500 autres avant de se suicider.

2 – Orlando (Floride), 12 juin 2016, 49 morts

Omar Mateen, 29 ans, ouvre le feu dans une boîte de nuit gay de la ville d’Orlando, en Floride. Il tue 49 personnes.

3 – Virginia Tech (Virginie), 16 avril 2007, 32 morts

Seung-Hui Cho, un étudiant de 23 ans, ouvre le feu sur le campus de l’Université de Virginia Tech et tue 32 personnes avant de mettre fin à ses jours.

4 – Newtown (Connecticut), 14 décembre 2012, 27 morts

Adam Lanza, 20 ans, fait irruption dans l’école primaire Sandy Hook et abat 20 enfants âgés de 6 à 7 ans, ainsi que 6 adultes. Il se suicide ensuite. La police découvrira que Lanza avait également abattu sa mère à son domicile peu de temps auparavant.

5 – Sutherland Springs (Texas), 5 novembre 2017, 26 morts

Devin Patrick Kelley pénètre dans la petite église baptiste de la ville de Sutherland Springs et abat 26 personnes. C’est la fusillade la plus meurtrière de l’histoire du Texas.

6 – Killeen (Texas), 16 octobre 1991, 23 morts

Un homme de 35 ans fonce avec sa voiture dans un mur de la Luby’s Cafeteria, un établissement situé dans la ville de Killeen, au Texas. Il sort ensuite de son véhicule et tire sur les clients, tuant 23 personnes.

7 – San Ysidro (Californie), 18 juillet 1984, 21 morts

Un homme de 41 ans tue 21 personnes dans un McDonald’s de San Ysidro, en Californie. Il est abattu par la police une heure plus tard.

8 – University of Texas (Texas), 1 août 1966, 18 morts

Charles Joseph Whitman, un ancien soldat, tire sur la foule depuis l’une des tours situées sur le campus de l’Université du Texas, à Austin. Il tue 16 personnes et en blesse plus de 30 autres. Les enquêteurs découvriront qu’il venait d’abattre sa mère et sa femme quelques heures auparavant.

9 – Parkland (Floride), 14 février 2018, 17 morts

10 – San Bernardino (Californie), 2 décembre 2015 & Edmond (Oklahoma), 20 août 1986, 14 morts dans les deux cas

À San Bernardino, en Californie, un couple abat 14 personnes assistant à une réunion sur leur lieu de travail. L’attaque a été qualifiée de fusillade de masse mais également d’attentat terroriste puisque les assaillants se revendiquaient partisans de l’Etat Islamique. À Edmond, en Oklahoma, un employé de la Poste avait fait feu sur ses collègues, tuant 14 personnes, avant de se tirer une balle dans la tête.

La fusillade de Parkland est d’autre part la quatrième plus meurtrière de l’histoire dans un établissement scolaire et/ou universitaire.

Le Top 5

1 – Virginia Tech (Virginie), 16 avril 2007, 32 morts

2 – Sandy Hook (Connecticut), 14 décembre 2012, 27 morts

3 – University of Texas (Texas), 1 août 1966, 18 morts

4 – Marjory Stoneman Douglas High School (Floride), 14 février 2018, 17 morts

5 – Columbine (Colorado), 20 avril 1999, 13 morts

À noter que la fusillade du lycée de Columbine, qui avait fortement marqué les esprits il y a 19 ans, ne fait désormais même plus partie du Top 10 des fusillades les plus meurtrières de l’histoire américaine…

Marco Rubio particulièrement visé par les critiques. Marco Rubio est sénateur de Floride et un fervent défenseur du Second Amendement. Il a aussi reçu des contributions financières importantes de la part de la NRA lors de ses différentes campagnes électorales. Il a donc été particulièrement visé par les critiques après avoir présenté ses condoléances aux victimes de la fusillade de Parkland, qui s’est déroulée dans son état. Le groupe Avaaz, qui milite notamment pour l’adoption d’une législation plus stricte en matière de port d’armes, a érigé trois panneaux devant les bureaux de Rubio à Miami. L’action s’inspire directement du film Three Billboards Outside Ebbing, Missouri. On pouvait lire sur les trois panneaux d’Avaaz,

Slaughtered in school

And still no gun control?

How come, Marco Rubio?

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« La Floride possède des lois très laxistes en matière de port d’armes, et Rubio, qui est soutenu par la NRA, n’a jamais tenté de les modifier. Le sénateur est l’un des plus gros bénéficiaires des contributions financières de la NRA et a reçu la note A+ de la part de la NRA », a affirmé la directrice d’Avaaz.

À vos agendas. Les élèves du lycée de Parkland, dont certains se sont montrés très déterminés à faire changer les choses après avoir survécu à la fusillade ayant touché leur école, ont annoncé qu’ils allaient organiser une grande manifestation à Washington, D.C. Cette « marche sur Washington », baptisée March for Our Lives et visant à réclamer l’adoption d’une nouvelle législation sur les armes à feu, aura lieu le samedi 24 mars prochain.

D’autre part, CNN a annoncé l’organisation d’un town hall lors duquel des élèves de Parkland et leurs parents pourront interroger des élus. L’émission sera diffusée en direct à la télévision ce mercredi 21 février, soit une semaine exactement après la fusillade. Le journaliste Jake Tapper sera chargé de jouer le rôle de modérateur. CNN a indiqué avoir invité plusieurs élus, dont les sénateurs de Floride Marco Rubio et Bill Nelson, qui ont d’ores et déjà confirmé leur présence. CNN a également indiqué avoir invité le gouverneur de Floride Rick Scott et le président Trump, mais ceux-ci ont décliné l’invitation.

LE PLAN DE LA SEMAINE (#INFRASTRUCTURES)

La Maison Blanche a enfin présenté son plan pour les infrastructures. Ce plan était attendu depuis longtemps puisque la rénovation des infrastructures du pays était l’une des grandes promesses électorales de Donald Trump. Le président voudrait que la somme de 1,5 mille milliards de dollars soit consacrée aux infrastructures au cours des dix prochaines années. Il propose que 200 milliards de dollars d’investissements soient dégagés par le gouvernement fédéral, alors que le reste devrait être dégagé par les états, les municipalités ou les investisseurs privés. Pour que ces acteurs soient incités à investir, Donald Trump prévoit d’assouplir la législation et les régulations qui entourent l’obtention des permis pour la construction de nouvelles infrastructures. Voilà pour la vision de la Maison Blanche. Il ne s’agit toutefois que de la présentation d’objectifs qui devront être validés par le Congrès. Ce qui sera difficile puisque beaucoup de Républicains estiment déjà que le plan de Donald Trump serait bien trop onéreux et que beaucoup de Démocrates estiment au contraire que le gouvernement fédéral devrait investir davantage dans les projets d’infrastructure, les collectivités locales n’ayant souvent pas les ressources suffisantes pour réaliser les projets de grande ampleur nécessaires.

À ce propos, des investissements dans les infrastructures semblent plus qu’urgents dans certains comtés du pays. Un récent article publié par New Republic se penchait ainsi sur la question de l’accès à une eau potable de qualité. Dans de nombreux comtés ruraux des Etats-Unis, l’eau est polluée et présente des risques pour la santé des habitants. Le problème persiste depuis des années, sans que les pouvoirs publics ne réagissent véritablement. Ces photos de verres d’eau du robinet ont été prises par plusieurs habitants d’un comté rural du Kentucky entre 2016 et 2018. Elles illustrent bien l’ampleur du problème. Elles expliquent aussi pourquoi certains Américains se sentent totalement délaissés par les pouvoirs publics depuis des années.

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Ce sont les comtés ruraux, peu peuplés et défavorisés qui sont les plus durement touchés par cette pollution de l’eau. D’après l’article de New Republic, plus de 50% des 5,000 cas de pollution de l’eau relevés en 2015 aux Etats-Unis concernaient des systèmes de distribution servant moins de 500 habitants. La pollution de l’eau serait due, selon les cas, aux produits chimiques utilisés par les agriculteurs, à l’exploitation des mines de charbon ou tout simplement à la vétusté des conduites d’eau en plomb. Vous pouvez lire l’article alarmant de New Republic en cliquant ici.

LE BUDGET DE LA SEMAINE

Outre son plan sur les infrastructures, la Maison Blanche a aussi présenté cette semaine son projet de budget pour l’année fiscale 2019. Rappelons que les budgets présentés par la Maison Blanche ne sont que des déclarations d’intention et que le véritable budget adopté par le Congrès ne correspond généralement pas aux exigences de l’exécutif. Toutefois, le projet de budget de la Maison Blanche permet de donner une bonne idée des priorités du président. Ainsi, comme le projet de l’an dernier, celui de 2019 prévoit d’augmenter le budget alloué au Département de la Défense et de diminuer celui de quasiment tous les autres ministères. La Maison Blanche réclame également toujours un budget de plusieurs milliards de dollars pour la construction d’un mur à la frontière mexicaine. Une revendication qui a pour l’instant été systématiquement rejetée par le Congrès.

Le projet de budget de la Maison Blanche contient aussi une idée qui a attiré l’attention des médias. Reste à voir si elle inspirera les élus du Congrès. Il s’agit de remplacer les chèques mensuels distribués par le gouvernement fédéral aux foyers les plus pauvres pour acheter de la nourriture (les food stamps) par des « paniers de nourriture ». Autrement dit, les foyers concernés se verraient distribuer directement de la nourriture par le gouvernement, plutôt que de l’argent devant leur servir à acheter cette nourriture. Les partisans de la mesure estiment qu’elle permettrait de lutter contre les abus (par exemple, des parents bénéficiaires des chèques qui utilisent l’argent reçu pour acheter des produits non alimentaires au lieu de l’utiliser pour nourrir correctement leurs enfants) et même de garantir aux familles concernées une alimentation plus saine et équilibrée. Les paniers distribués seraient en effet remplis de produits de qualité et exclusivement issus de l’agriculture américaine. Mais les opposants au projet affirment que les familles concernées n’auraient plus la liberté de choisir leurs aliments et se posent des questions sur la manière concrète dont les paniers seraient distribués.

L’AFFAIRE STORMY DANIELS, SUITE

Michael Cohen, l’avocat de Donald Trump, a reconnu cette semaine qu’il avait bien versé la somme de $130,000 à l’actrice porno Stormy Daniels en 2016, en échange de son silence au sujet d’une liaison qu’elle prétend avoir entretenue avec le futur président en 2006. Cohen confirme ainsi les dires du Wall Street Journal, qui a révélé l’affaire au mois de janvier. Michael Cohen affirme toutefois que les $130,000 émanaient de sa fortune personnelle et non des fonds de campagne de Donald Trump. Il affirme même que Donald Trump n’était pas au courant de la transaction et ne l’a jamais remboursé. Autrement dit, Cohen aurait pris personnellement l’initiative de payer Stormy Daniels pour protéger Donald Trump, sans l’avertir. Une version qui semble un peu difficile à croire.

Et une autre affaire gênante pour POTUS… Le New Yorker a révélé que Donald Trump avait entretenu une autre liaison extraconjugale avec une mannequin de Playboy, Karen McDougal. Celle-ci a confirmé avoir entretenu une relation amoureuse avec Donald Trump pendant neuf mois, en 2006 et 2007.

ROAD TO THE MIDTERMS – #MITTFORSENATE IS HAPPENING !

Mitt Romney, ex-gouverneur du Massachusetts et ex-candidat à l’élection présidentielle, a annoncé sa candidature au poste de sénateur de l’Utah. S’il est élu en novembre, il remplacera Orrin Hatch au Sénat en 2019. Ce dernier a récemment annoncé qu’il prendrait sa retraite à l’issue de son mandat. Romney ne devrait pas avoir trop de mal à remporter l’élection puisque l’Utah est un état conservateur et qu’il y est très populaire.

Dans la vidéo annonçant sa candidature, Mitt Romney affirme être candidat dans le but d’ « apporter les valeurs de l’Utah à Washington ». Il déclare notamment ceci:

Utah welcomes legal immigrants from around the world, Washington sends immigrants a message of exclusion. And at Utah’s Capitol Hill, people treat one another with respect. (L’Utah accueille les immigrants légaux du monde entier, Washington envoie aux immigrants un message d’exclusion. Et au Capitole de l’Utah, les gens se traitent les uns les autres avec respect)

LES PORTRAITS DE LA SEMAINE

Les portraits de Barack et Michelle Obama ont été dévoilés à la National Portrait Gallery de Washington. Ce musée détient et expose les portraits de tous les présidents américains et de nombreuses First Ladies. Depuis le début des années 90, le président sortant choisit lui-même l’artiste chargé de réaliser son portrait et discute avec lui de la manière dont il voudrait être représenté. Certains portraits récents sont donc assez peu conventionnels. Et celui de Barack Obama ne l’est certainement pas. Il a été réalisé par l’artiste afro-américain Kehinde Wiley et représente le président assis sur une chaise et entouré d’une haie et de fleurs. Parmi ces fleurs, on retrouve le chrysanthème, fleur officielle de la ville de Chicago, le jasmin, fleur emblématique d’Hawaï, et des lys bleus d’Afrique. Le tout évoquant bien évidemment les racines et le parcours de Barack Obama (et soulignant peut-être aussi l’attachement à la protection de l’environnement dont il a fait preuve au cours de sa présidence?).

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Le portrait de Michelle Obama a quant à lui été réalisé par l’artiste Amy Sherald. Il n’a pas fait l’unanimité puisque de nombreuses personnes se sont étonnées du manque de ressemblance entre la femme représentée par l’artiste et Michelle Obama. Qu’en pensez-vous?

by Amy Sherald

LA GROSSE FRAYEUR DE LA SEMAINE

La femme de Donald Trump Jr. a été brièvement hospitalisée par précaution après avoir ouvert une enveloppe adressée à son mari et contenant une substance blanche suspecte. Vanessa Trump avait elle-même contacté la police de New York après avoir ouvert le courrier.

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Traduction: Reconnaissant que Vanessa & mes enfants soient sains et saufs suite à la situation incroyablement effrayante de ce matin. Vraiment répugnant que certains individus choisissent d’exprimer leurs opinions divergentes à l’aide d’un comportement aussi inquiétant.

LOVE IS IN THE AIR – RUBRIQUE SPÉCIALE ST-VALENTIN 💘💘💘

Certains politiciens américains n’ont pas hésité à publier des messages d’amour sur les réseaux sociaux à l’occasion de la St-Valentin.

L’ex-président Barack Obama 

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Le vice-président Mike Pence

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Le gouverneur du Texas Greg Abbott (la photo vintage est collector, vous ne trouvez pas?)

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Aucun message en revanche du grand utilisateur de Twitter Donald Trump pour Melania, au cas où vous vous poseriez la question…

On a aussi vu le sénateur républicain Thom Tillis débuter une intervention au Sénat en souhaitant une joyeuse St-Valentin à son épouse et en brandissant un petit dessin réalisé pour elle. « Je veux juste que ma femme sache que je l’aime et que j’aimerais pouvoir être avec elle », a-t-il déclaré.

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LE TWEET DE LA SEMAINE

On terminera avec ce tweet très particulier (comme toujours) de la chanteuse Cher…

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