L’ATTITUDE ET LES PROPOS DE DONALD TRUMP AU SOMMET D’HELSINKI SUSCITENT L’INDIGNATION

Après avoir participé au sommet de l’OTAN et avoir visité le Royaume-Uni, Donald Trump s’est rendu à Helsinki pour rencontrer Vladimir Poutine. C’était le septième sommet réunissant les présidents des Etats-Unis et de la Russie depuis la chute de l’URSS. Et le premier depuis l’annexion de la Crimée par la Russie en 2014. 

DONALD TRUMP FAIT DAVANTAGE CONFIANCE À VLADIMIR POUTINE QU’AUX AGENCES DE RENSEIGNEMENT AMÉRICAINES

Voilà comment résumer la conférence de presse commune de Donald Trump et Vladimir Poutine en une seule phrase. Cette conférence de presse d’environ 45 minutes a eu lieu au palais présidentiel d’Helsinki, après que Trump et Poutine se soient entretenus en tête-à-tête et en toute confidentialité (ils n’étaient accompagnés que de leurs interprètes) pendant deux longues heures. Personne ne sait ce qu’ils se sont racontés lors de cet entretien.

Lors de la conférence de presse, Vladimir Poutine a nié toute ingérence russe durant la campagne électorale américaine de 2016. Et Donald Trump a suggéré qu’il le croyait, alors même que l’ingérence russe ne fait plus aucun doute. Toutes les agences de renseignement américaines en attestent, ainsi que des rapports du Congrès et l’inculpation très récente de 12 ressortissants russes par le procureur Mueller. Ils sont accusés d’avoir procédé au piratage informatique du Parti Démocrate et de la campagne d’Hillary Clinton.

Voici ce que Donald Trump a déclaré en référence aux conclusions des agences de renseignement américaines concernant l’ingérence russe:

They said they think it’s Russia. I have President Putin – he just said it’s not Russia. I will say this: I don’t see any reason why it would be Russia. (Ils ont dit qu’ils pensaient que c’était la Russie. Le président Poutine vient de dire que ce n’était pas la Russie. Je dirai ceci: je ne vois pas pourquoi ce serait la Russie)

Ces propos ont été interprétés comme une véritable capitulation de Donald Trump devant Vladimir Poutine et ont suscité l’indignation générale aux Etats-Unis, à juste titre. Cependant, rappelons que ce qu’il s’est passé à Helsinki n’est pas vraiment surprenant pour quiconque a suivi Donald Trump depuis le début de sa campagne électorale. C’était même totalement prévisible. Donald Trump avait déjà remis en cause les conclusions des services de renseignement américains concernant l’ingérence russe à plusieurs reprises. Alors, oui, c’était encore plus choquant de le voir affirmer croire aux dénégations de Poutine aux côtés de ce dernier, face à la presse du monde entier et lors d’un sommet diplomatique de premier plan. Mais ce n’était pas un rebondissement, seulement une confirmation de ce que l’on savait déjà.

L’INDIGNATION GÉNÉRALE

Ce qui est surprenant est que Donald Trump s’obstine à accepter les dénégations de Poutine et à mettre en doute les conclusions de ses propres agences de renseignement, alors même que tous les membres de son administration ont une attitude totalement différente. Que ce soit le Secrétaire d’Etat, le Secrétaire à la Défense, l’ambassadrice aux Nations Unies, les autres ministres, les membres républicains du Congrès, personne hormis le président ne remet en cause le constat selon lequel la Russie a mené une campagne d’ingérence lors de la campagne électorale de 2016, notamment à travers une campagne de promotion de fake news sur les réseaux sociaux. De plus, la politique de l’administration Trump ne peut pas véritablement être qualifiée de pro-russe jusqu’ici. Les Etats-Unis ont par exemple expulsé 60 diplomates russes des Etats-Unis après l’empoisonnement de Sergei Skripal au Royaume-Uni. On a l’impression que les propos complaisants de Donald Trump à l’égard de la Russie sont en contradiction avec la propre politique de son administration. Le président répliquerait sans doute à cette démonstration qu’il veut garder un ton avenant sur la scène diplomatique parce qu’il est nécessaire de rétablir de bonnes relations avec la Russie. Mais il existe une autre théorie qui a de plus en plus d’adeptes. Les Russes détiendraient des informations compromettantes sur Donald Trump – plus précisément, une vidéo du président américain en pleine action avec des prostituées russes lors d’une visite à Moscou – et le feraient chanter. Nous essayons en général de ne pas évoquer dans nos articles de telles théories qui n’ont pas été démontrées. Cependant, à la suite de la performance de Donald Trump au sommet d’Helsinki, on a vu cette théorie, autrefois uniquement relayée sur Internet, être débattue sur les plateaux de télévision. Des journalistes réputés sérieux ont commencé à poser la question: « Serait-il vraiment possible que les Russes aient quelque chose sur Donald Trump? Comment expliquer son attitude d’une autre manière? ». Un élu démocrate a également déclaré pour la première fois lors d’une interview qu’il croyait à cette théorie.

Revenons-en aux réactions politiques à la performance du président à Helsinki. Les critiques ont été très nombreuses, y compris dans le camp républicain. Voici quelques exemples.

John McCain, sénateur républicain de l’Arizona, a qualifié la performance de Donald Trump de « l’une des performances les plus scandaleuses de l’histoire de la part d’un président américain ».

Jeff Flake, autre sénateur républicain de l’Arizona, a qualifié l’attitude du président Trump de « honteuse ».

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Traduction: Je n’aurais jamais pensé voir un jour notre président américain se tenir sur une scène avec le président russe et incriminer les Etats-Unis pour une agression russe. C’est honteux.

Richard Burr, sénateur républicain et président du comité du renseignement du Sénat, a rappelé que: « Vladimir Poutine n’est pas notre ami et ne l’a jamais été. Et il ne veut pas non plus le devenir. Les actions de son régime le prouvent ».

Will Hurd, député républicain et ancien agent de la CIA, a déclaré que: « J’ai vu les services de renseignement russes manipuler beaucoup de gens au cours de ma carrière et je n’aurais jamais pensé que le président américain deviendrait l’un de ceux qui se font avoir par un ancien agent du KGB ».

Cette image a aussi été beaucoup partagée sur les réseaux sociaux.

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LE RÉTROPÉDALAGE LE PLUS RIDICULE DE L’HISTOIRE?

Sous le feu des critiques, Donald Trump, à peine rentré aux Etats-Unis, a déclaré devant la presse qu’il voulait apporter une précision importante concernant ses propos tenus à Helsinki la veille. Le président américain a affirmé qu’il croyait aux conclusions des agences de renseignement américaines et qu’il avait commis une erreur de langage en Finlande. Il a ainsi expliqué très sérieusement qu’il avait utilisé par erreur le mot would au lieu du mot wouldn’t lorsqu’il avait déclaré « I don’t see any reason why it would be Russia » (Je ne vois pas pourquoi ce serait la Russie). Il affirme qu’il voulait dire « I don’t see any reason why it wouldn’t be Russia » (Je ne vois pas pourquoi ce ne serait pas la Russie).

¯\_(ツ)_/¯

 

 

 

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