WEEKLY NEWS FLASH #137

La semaine qui vient de s’achever fut catastrophique pour le président Trump. En une seule journée complètement folle, son ancien directeur de campagne a été reconnu coupable de fraude fiscale et bancaire par un jury populaire et son ancien avocat a déclaré avoir enfreint la loi à sa demande. Retour sur ces événements ainsi que sur le reste de l’actualité. 

RIP JOHN MCCAIN

L’Amérique a appris le décès de John McCain avec émotion ce week-end. Nous avons retracé son parcours ici et parlé des hommages qui se multiplient depuis l’annonce de sa disparition ici.

Dans ce Weekly News Flash, nous reviendrons sur le reste de l’actualité des sept derniers jours. Et il s’est passé des choses importantes.

PROCÈS MANAFORT, LE VERDICT

Le verdict est tombé. Paul Manafort a été reconnu coupable de huit chefs d’accusation sur dix-huit.

5 chefs d’accusation pour fraude fiscale

2 chefs d’accusation pour fraude bancaire

1 chef d’accusation pour dissimulation de comptes bancaires à l’étranger

Pour les dix autres chefs d’accusation, les jurés ne sont pas parvenus à tomber d’accord sur un verdict et le juge a donc prononcé une annulation partielle du procès. Cela signifie que Manafort n’est pas condamné pour ces dix chefs d’inculpation et ne devrait pas être rejugé, mais qu’il n’est pas pour autant blanchi.

Les huit chefs d’accusation pour lesquels Paul Manafort a été reconnu coupable suffiront à le condamner à une très lourde peine de prison. La peine sera prononcée lors d’une audience ultérieure dont la date n’a pas encore été fixée.

L’HOMME DE LA SEMAINE

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Michael Cohen. L’ancien avocat et homme de confiance de Donald Trump a été convoqué devant un tribunal de New York et a plaidé coupable pour huit chefs d’accusation. La plupart concernent des accusations de fraude fiscale, mais Cohen a également plaidé coupable pour violation de la loi encadrant le financement des campagnes électorales. Et il a surtout affirmé avoir enfreint cette loi « à la demande » de Donald Trump lorsqu’il a payé des femmes pendant la campagne électorale de 2016 afin qu’elles ne racontent pas qu’elles avaient eu des relations sexuelles avec son client.

Cet événement sera sans doute à terme bien plus dommageable pour Donald Trump que la condamnation de son ex-directeur de campagne Paul Manafort. En effet, les faits pour lesquels Manafort a été condamné n’ont pas de lien direct avec la campagne électorale de Donald Trump en 2016. Michael Cohen implique quant à lui directement le président, affirmant que celui-ci l’a poussé à enfreindre la loi.

Pour l’ensemble des huit chefs d’accusation pour lesquels il vient de plaider coupable, Michael Cohen risque jusqu’à 65 ans de prison. Sa peine sera prononcée par le tribunal le 12 décembre prochain. En attendant, il peut rester en liberté sous caution.

Notez encore que Michael Cohen a été convoqué au tribunal à la suite d’une longue enquête menée par un procureur de New York. Sa convocation n’était donc pas liée à l’enquête de Robert Mueller sur la Russie. Cependant, l’avocat de Michael Cohen a assuré que son client était désormais prêt à collaborer avec le procureur Mueller et qu’il détenait des informations qui pourraient lui être utiles.

Michael Cohen est donc peut-être bien désormais le plus grand danger pesant sur la présidence de Donald Trump. Un remarquable tournant pour celui qui déclarait encore récemment être prêt à « prendre une balle » pour le président.

LE TWEET DE LA SEMAINE

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Traduction: Si quelqu’un cherche un bon avocat, je lui suggère fortement de ne pas recourir aux services de Michael Cohen!

LA UNE DE LA SEMAINE

La dernière Une du TIME (à droite) est la troisième d’une série réalisée par l’artiste Tim O’Brien.

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LA DÉCLARATION DE LA SEMAINE

I don’t know how you can impeach somebody who has done a great job. I will tell you what, if I ever got impeached, I think the market would crash. I think everybody would be very poor. (Je ne sais pas comment on pourrait destituer quelqu’un qui a fait du bon travail. Je vais vous dire, si j’étais destitué, les marchés financiers s’écrouleraient. Je pense que tout le monde serait très pauvre)

Le président Trump lors d’une interview accordée à Fox News.

L’AFFRONTEMENT DE LA SEMAINE

Lors de cette même interview sur Fox News, Donald Trump a une nouvelle fois violemment critiqué son Ministre de la Justice, Jeff Sessions. Il lui a reproché de ne jamais avoir « pris le contrôle » du Département de la Justice.

I put in an Attorney General who never took control of the Justice Department. Jeff Sessions, never took control of the Justice Department. It’s sort of an incredible thing. (J’ai nommé un Ministre de la Justice qui n’a jamais pris le contrôle du Département de la Justice. Jeff Sessions, il n’a jamais pris le contrôle du Département de la Justice. C’est une chose incroyable)

Alors qu’il choisit généralement de ne pas répondre aux attaques du président, Jeff Sessions a cette fois répliqué très violemment dans un communiqué. On pouvait notamment y lire:

While I am Attorney General, the actions of the Department of Justice will not be improperly influenced by political considerations

//

Tant que je serai Attorney General, les actions du Département de la Justice ne seront pas influencées par des considérations politiques

Ce nouvel affrontement entre Donald Trump et Jeff Sessions a ravivé les craintes de nombreux membres du Congrès de voir le Ministre de la Justice se faire licencier. Le sénateur républicain Ben Sasse a mis le président Trump en garde, affirmant que si Jeff Sessions était injustement licencié, il refuserait de voter en faveur de la nomination de son remplaçant, quel qu’il soit.

I find it really difficult to envision any circumstance where I would vote to confirm a successor to Jeff Sessions if he is fired because he is executing his job rather than choosing to act like a partisan hack. (Il est très difficile pour moi d’imaginer des circonstances dans lesquelles je voterais pour confirmer le successeur de Jeff Sessions si celui-ci était licencié parce qu’il a fait son travail au lieu de choisir d’agir comme un amateur partisan)

LA POLÉMIQUE DE LA SEMAINE

Nouvelle polémique autour d’un tweet de Donald Trump concernant l’Afrique du Sud. Oui, l’Afrique du Sud.

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Traduction: J’ai demandé au Secrétaire d’Etat Mike Pompeo d’étudier attentivement les saisies et expropriations de terres et de fermes et le meurtre à grande échelle d’agriculteurs en Afrique du Sud. « Le gouvernement sud-africain est en train de confisquer les terres des agriculteurs blancs ».

La partie du tweet écrite entre guillemets correspond à une phrase prononcée par Tucker Carlson, animateur sur Fox News. Il semble donc que Donald Trump ait entendu parler de la réforme agraire en Afrique du Sud sur Fox News et ait tweeté ensuite en réaction à ce qu’il venait de voir à la télévision.

Tucker Carlson a présenté la réforme agraire actuellement envisagée par le gouvernement sud-africain comme une mesure raciste prise à l’encontre des citoyens blancs propriétaires de terres. Cet argument est aussi régulièrement repris par les adeptes de la thèse de la suprématie blanche aux Etats-Unis. Ils estiment que leurs frères blancs d’Afrique du Sud vont être injustement dépouillés de leurs biens comme ce fut le cas au Zimbabwe. La réalité est évidemment bien plus nuancée.

Le gouvernement sud-africain envisage effectivement de procéder à une redistribution des terres afin de remédier à des inégalités raciales forgées du temps de l’apartheid et qui ne se sont toujours pas estompées. D’après le Wall Street Journal, 73% des terres agricoles d’Afrique du Sud sont ainsi toujours détenues par des propriétaires blancs, alors que les Blancs ne constituent que 8% de la population du pays. Le plan du gouvernement sud-africain n’est pas encore tout à fait clair à l’heure actuelle. Il s’agit d’un projet qui est en train d’être débattu et qui n’a pas encore été adopté. Il est critiqué par certains observateurs. Faut-il vraiment confisquer leurs terres à certains citoyens sans leur accorder aucune forme de compensation financière? Quelles seront les conséquences économiques d’une telle réforme? La question mérite sans doute d’être débattue calmement. Mais affirmer que des expropriations sont déjà en cours, comme le fait le président Trump dans son tweet, est un mensonge puisque, comme nous venons de le mentionner, le projet n’a pas encore été adopté. D’autre part, les agriculteurs blancs sud-africains ne sont pas victimes d’une campagne d’assassinat à grande échelle, comme l’affirme également à tort le président dans son tweet.

Le sénateur Jeff Flake a répondu au président et a assez bien résumé la situation.

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Traduction: Il est dangereux de gérer la politique étrangère par tweet après avoir vu un seul rapport de presse. Tout d’abord, des réformes agraires ont été proposées au parlement d’Afrique du Sud, mais n’ont pas encore été adoptées. Deuxièmement, il n’y a pas de « meurtre à grande échelle d’agriculteurs » en ce moment en Afrique du Sud.

L’ARRESTATION DE LA SEMAINE

Des agents de l’ICE ont arrêté un ancien nazi résidant aux Etats-Unis. Jakiw Palij, âgé de 95 ans, a été arrêté à son domicile, à New York, et déporté vers l’Allemagne. Le président Trump avait donné son feu vert à l’opération.

D’après le Département de la Justice américain, Palij fut garde au camp d’extermination de Treblinka avant de fuir aux Etats-Unis à la fin de la guerre. Il avait obtenu la nationalité américaine en 1957. Il avait été identifié comme un ancien nazi il y a plusieurs années et plusieurs élus avaient déjà réclamé qu’il soit arrêté et renvoyé en Allemagne. Mais l’Allemagne refusait de l’accueillir. L’administration Trump a donc négocié pendant plusieurs mois avec le gouvernement allemand pour que celui-ci accepte finalement l’extradition.

On ignore si Palij sera jugé en Allemagne. Mais l’administration Trump déclare avoir voulu envoyer un signal fort: les criminels de guerre ne sont pas les bienvenus aux Etats-Unis.

DUNCAN HUNTER, CALL YOUR OFFICE

C’est le scandale de la semaine. Le député républicain de Californie Duncan Hunter et son épouse ont été inculpés pour corruption. Ils sont accusés d’avoir utilisé une partie de l’argent versé sur le compte de campagne d’Hunter (plus de $250,000) pour des dépenses personnelles. Cette pratique est illégale. Un candidat ne peut pas utiliser l’argent qu’il récolte pour sa campagne électorale à des fins personnelles.

Le couple Hunter aurait utilisé cet argent pour se payer des vacances, des places de théâtre, des vêtements, etc. Ils auraient ensuite falsifié les comptes de campagne d’Hunter pour ne pas se faire pincer. Certains achats personnels étaient ainsi comptabilisés comme des dons à des associations caritatives !

Duncan Hunter se dit innocent et affirme être victime d’un appareil judiciaire politisé qui veut le punir de son soutien à Donald Trump. Il a annoncé qu’il plaiderait non coupable, tout comme son épouse. La date du procès n’a pas encore été fixée.

Comme Chris Collins, inculpé pour délit d’initié il y a quinze jours, Duncan Hunter sera malgré tout candidat à sa réélection aux élections de novembre. Il sera opposé au Démocrate Ammar Campa-Najjar.

LES STATISTIQUES DE LA SEMAINE

12% des membres du Congrès américain sont des immigrants ou des enfants d’immigrants, c’est-à-dire qu’ils sont nés à l’étranger ou ont au moins un parent qui est né à l’étranger. Cette statistique est issue d’un fascinant article du Pew Research Center. Au total, ces députés et sénateurs immigrants de première ou deuxième génération sont issus de vingt-trois états différents. La Californie est l’état qui en compte le plus, suivie de New York et de la Floride.

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12 membres du Congrès (11 députés à la Chambres des Représentants et 1 sénatrice) sont nés à l’étranger. Ils sont tous Démocrates, à l’exception d’Ileana Ros-Lehtinen, députée républicaine née à Cuba. Sur les 11 députés concernés, 3 sont nés au Mexique, 2 à Cuba, 2 en Inde, 1 au Guatemala, 1 en République Dominicaine, 1 au Vietnam, 1 à Taïwan. La sénatrice démocrate d’Hawaï Mazie Hirono est quant à elle née au Japon.

53 autres membres du Congrès sont nés aux Etats-Unis mais ont au moins un parent né à l’étranger, parfois les deux. Cela concerne 38 députés et 15 sénateurs, dont 39 sont Démocrates, 13 sont Républicains et 1 est Indépendant (Bernie Sanders, dont le père est né en Pologne).

Il est intéressant de noter que près de la moitié des élus républicains concernés (5 sur 13) ont des origines cubaines. Le père et la mère de Marco Rubio, Carlos Curbelo et Mario Diaz-Balart sont nés à Cuba. Ils représentent tous les trois la Floride au Congrès – Rubio au Sénat, Curbelo et Diaz-Balart à la Chambre. Le père de Ted Cruz, sénateur du Texas, et la mère d’Alex Mooney, député de Virginie Occidentale, sont également nés à Cuba.

Si cela vous intéresse, vous pourrez trouver la liste complète de ces membres du Congrès ainsi que le pays d’origine de leurs parents dans le tableau situé à la fin de l’article du Pew Research Center. Cliquez sur le lien ci-dessous pour y accéder.

Immigrants or children of immigrants make up at least 12% of Congress, Pew Research Center

 

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