WEEKLY NEWS FLASH #161

Cette semaine, nous avons assisté au discours sur l’état de l’Union du président Trump, dit adieu à John Dingell et Walter Jones, beaucoup parlé du Green New Deal et écouté les discours d’annonce de candidature à l’élection présidentielle d’Elizabeth Warren et Amy Klobuchar. Sans oublier de surveiller la situation politique chaotique en Virginie. On vous résume tout cela ci-dessous. Bonne lecture !

L’ÉVÉNEMENT DE LA SEMAINE

Le discours sur l’état de l’Union du président Trump. Pour tout savoir à ce sujet, lisez notre article Retour sur le discours sur l’état de l’Union, version 2019.

À VOS AGENDAS !

Lors de son discours sur l’état de l’Union, Donald Trump a annoncé qu’il rencontrerait une nouvelle fois Kim Jong-Un les 27 et 28 février au Vietnam. Quelques jours plus tard, la Maison Blanche précisait que le sommet aurait lieu à Hanoï. Donald Trump a affirmé qu’il était impatient de revoir Kim Jong-Un et de « faire avancer la cause de la paix ».

LE TWEET DE LA SEMAINE

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Traduction: La Corée du Nord, sous le leadership de Kim Jong-Un, deviendra une grande puissance économique. Il pourrait en surprendre certains mais je ne serai pas surpris, parce que j’ai appris à le connaître et à comprendre parfaitement à quel point il est compétent. La Corée du Nord deviendra une autre sorte de Roquette, une roquette économique!

Rappel: La Corée du Nord reste l’une des dictatures les plus répressives au monde. Comme l’a déclaré Phil Robertson, directeur adjoint de la division Asie à Human Rights Watch, qui vient de publier son rapport 2019 sur le respect des droits humains dans le monde: « Alors que le monde s’ouvre au dictateur nord-coréen Kim Jong-Un, personne ne doit oublier que nous avons affaire à un gouvernement qui obtient de son peuple une obéissance terrifiante à l’aide de la torture, d’exécutions, de la violence sexuelle, du travail forcé et de camps de la mort de type goulag ». Donald Trump n’a pas tort, Kim Jong-Un est effectivement un dictateur très compétent.

LA PHOTO DE LA SEMAINE 🇻🇪

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Cette photo a été prise à la frontière entre la Colombie et le Venezuela. Nicolas Maduro a décidé de faire bloquer les routes reliant les deux pays afin d’empêcher l’acheminement de l’aide humanitaire américaine au Venezuela. À la demande de Juan Guaidó, qu’ils ont reconnu comme président par intérim légitime du pays, les Etats-Unis ont envoyé des colis de nourriture et de médicaments destinés à la population vénézuélienne à Cucuta, une ville colombienne située non loin de la frontière. Cette aide humanitaire reste donc pour l’instant bloquée. Nicolas Maduro a déclaré qu’il n’y avait pas de crise dans son pays. Il a aussi déclaré que les Américains feraient mieux de distribuer leurs colis aux citoyens pauvres de Colombie parce que les Vénézuéliens « ne sont pas des mendiants ».

La photo de la route bloquée a été reprise par le Secrétaire d’état américain Mike Pompeo sur Twitter.

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Traduction: Le peuple vénézuélien a désespérément besoin d’aide humanitaire. Les Etats-Unis et d’autres pays tentent d’aider, mais l’armée vénézuélienne bloque l’acheminement de l’aide avec des camions-citernes et des containers sur ordre de Maduro. Le régime de Maduro doit LAISSER L’AIDE ATTEINDRE LES GENS AFFAMÉS.

Par ailleurs, l’ancien vice-président Joe Biden a pris la parole sur Twitter pour réclamer le départ de Maduro. Il semble ainsi apporter clairement son soutien à la politique de l’administration Trump concernant le Venezuela.

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Traduction: Seul un tyran empêcherait la livraison de nourriture et de médicaments au peuple qu’il prétend diriger. La communauté internationale doit soutenir Juan Guaidó et l’Assemblée Nationale. Il est temps pour Maduro de se retirer et de permettre une transition démocratique. Le peuple vénézuélien mérite mieux.

Enfin, notons que treize pays européens ont désormais rejoint les Etats-Unis et la majorité des pays d’Amérique Latine en reconnaissant à leur tour Juan Guaidó comme président par intérim légitime du Venezuela. La France en fait partie.

LE CHIFFRE DE LA SEMAINE

14 ou le nombre de phénomènes météorologiques extrêmes ou catastrophes naturelles d’envergure qui ont frappé les Etats-Unis en 2018. Au total, le montant des dégâts de ces événements s’élève à plus de 91 milliards de dollars.

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Ces chiffres sont issus du rapport annuel commun de la National Oceanic and Atmospheric Administration (NOAA) et de la NASA. Ce rapport indique également que 2018 fut la quatrième année la plus chaude de l’histoire à l’échelle du globe.

LE DOSSIER DE LA SEMAINE

Le Green New Deal. Si vous suivez un peu l’actualité politique américaine, vous en avez peut-être entendu parler. On vous explique de quoi il s’agit exactement.

Pour l’instant, le Green New Deal n’est pas une véritable proposition de loi. Il s’agit d’une résolution non contraignante de 14 pages, intitulée plus précisément Recognizing the duty of the Federal Government to create a Green New Deal (Reconnaître le devoir du gouvernement fédéral de créer un Green New Deal). Cette résolution a été introduite à la Chambre des Représentants par Alexandria Ocasio-Cortez, cette jeune députée démocrate qui fait décidément beaucoup parler d’elle depuis son arrivée au Congrès. Ocasio-Cortez a également présenté son texte lors d’une conférence de presse, en compagnie du sénateur démocrate Ed Markey.

Que contient la résolution?

Si vous le désirez, vous pouvez lire le texte complet en cliquant ici.

En résumé, le Green New Deal est un projet ambitieux visant à changer la société en profondeur. L’idée de base défendue par Alexandria Ocasio-Cortez et ses alliés est la suivante: la lutte contre le réchauffement climatique doit être une priorité politique absolue et la seule manière de parvenir a des résultats satisfaisants est de s’engager dans un plan gouvernemental de grande envergure semblable au New Deal de Franklin Delano Roosevelt. Mais il ne s’agit pas seulement d’écologie. Alexandria Ocasio-Cortez pense que la lutte contre le réchauffement climatique va de pair avec la promotion d’un modèle économique moins inégalitaire. L’objectif du Green New Deal est donc également de créer de nouveaux emplois et de lutter contre les inégalités sociales.

La première partie du texte de la résolution reprend des informations sur l’impact du réchauffement climatique, afin de souligner pourquoi il est indispensable et urgent que le gouvernement fédéral américain réduise drastiquement les émissions de CO2 « au travers d’une transformation économique ». Il s’agit ni plus ni moins de sauver la planète. Le texte rappelle ensuite que cette transformation économique est également nécessaire pour d’autres raisons, comme le fait que de nombreux Américains n’aient pas accès à une eau propre et à un salaire décent ou le fait que les inégalités économiques n’aient jamais été aussi grandes depuis les années 1920.

La deuxième partie du texte affirme que le gouvernement fédéral a le devoir de créer un Green New Deal pour remplir les cinq objectifs suivants:

  1. Mettre fin aux émissions de gaz à effet de serre
  2. Créer des millions d’emplois et « assurer la prospérité et la sécurité économique de tous les citoyens des Etats-Unis »
  3. Investir dans les infrastructures et l’industrie pour « répondre aux défis du 21ème siècle »
  4. Garantir à tous les citoyens des Etats-Unis un accès à une eau et à un air non pollués, à une nourriture de qualité, à la nature et à un environnement durable
  5. Promouvoir la justice et l’équité pour les populations indigènes, les minorités, les migrants, les communautés touchées par la désindustrialisation, les travailleurs pauvres, les femmes, les retraités, les personnes handicapées, etc.

La troisième partie du texte précise que ces cinq objectifs devront être atteints en 10 ans grâce à une mobilisation gouvernementale de grande envergure. Il s’agit notamment (liste non exhaustive):

– d’investir massivement dans la rénovation des infrastructures

– de faire en sorte que 100% de l’énergie consommée aux Etats-Unis soit de l’énergie verte et renouvelable

– de rénover tous les bâtiments du pays pour qu’ils deviennent écologiquement durables

– de revenir à une agriculture non polluante et durable

– d’investir dans le développement des transports en commun et d’un réseau de trains à grande vitesse (aujourd’hui inexistant aux Etats-Unis)

– de protéger les écosystèmes les plus fragiles et la biodiversité

Enfin, la dernière partie du texte précise que le Green New Deal devrait aussi permettre de garantir à tous les citoyens un emploi bien rémunéré, des congés payés et une retraite confortable. Il est aussi écrit qu’il faut promouvoir un environnement commercial dans lequel chaque personne soit « libérée de toute concurrence déloyale et de la domination de monopoles domestiques et internationaux ».

Comme nous l’avons déjà dit, ce texte n’est pour l’instant qu’une résolution non contraignante. Cela signifie qu’il s’agit avant tout d’une déclaration d’intentions, d’un plan d’action global dont les modalités exactes ne sont pas encore bien définies. La résolution précise d’ailleurs que le Congrès devra passer des lois et adopter des budgets plus précis pour mettre le Green New Deal en œuvre.

Le Green New Deal fait-il l’unanimité?

Non. Pour le moment, 9 sénateurs et 60 députés, tous démocrates, ont d’ores et déjà déclaré soutenir la résolution d’Alexandria Ocasio-Cortez. C’est le cas de certains sénateurs qui sont candidats à l’élection présidentielle de 2020, comme Kamala Harris ou Elizabeth Warren. Mais d’autres élus démocrates se montrent plus sceptiques. Même s’ils adhèrent généralement aux grands principes du Green New Deal, ils estiment que celui-ci sera difficilement réalisable en 10 ans et/ou que la résolution reste trop floue. Comment s’y prendre concrètement? Comment financer tout cela?

La Speaker Nancy Pelosi a ainsi eu des propos assez durs au sujet du Green New Deal en le qualifiant de « green dream ». Ernest Moniz, ex-Secrétaire à l’Énergie pendant la présidence Obama, a quant à lui déclaré que le Green New Deal était irréalisable, en tout cas en l’espace de 10 ans.

I just cannot see how we could possibly go to zero carbon in the 10-year time frame. (Je ne vois pas comment nous pourrions parvenir à zéro émission de gaz à effet de serre en l’espace de 10 ans)

Ernest Moniz a ajouté qu’il vaudrait mieux présenter des objectifs un peu moins ambitieux mais plus réalistes et donc plus susceptibles de convaincre l’ensemble des citoyens.

Côté républicain, on a rapidement qualifié le Green New Deal de projet utopique absurde et accusé les Démocrates d’être des « socialistes » voulant donner bien trop de pouvoir au gouvernement fédéral. Il faut dire que les Républicains ont été bien aidés par Alexandria Ocasio-Cortez elle-même. En effet, la députée a publié sur son site web et distribué à la presse un document de type FAQ pour répondre aux différentes questions que les gens pourraient se poser sur son projet de Green New Deal. Certains passages de ce document ont fait bondir les Républicains. On pouvait par exemple y lire que le Green New Deal devrait permettre de garantir la sécurité économique « à tous ceux qui sont incapables de travailler ou qui ne désirent pas travailler« . Ou encore qu’il serait effectivement difficile de parvenir à remplir les objectifs du Green New Deal en 10 ans « parce que nous ne sommes pas sûrs que nous serons capables de nous débarrasser des pets des vaches et des avions aussi rapidement ». Certains Républicains se sont empressés de déclarer que les Démocrates aimeraient à terme interdire l’élevage des vaches et l’usage de l’avion !

Alexandria Ocasio-Cortez s’est défendue maladroitement en accusant les Républicains de se baser sur de faux documents. Or, ce texte sous forme de FAQ a bel et bien existé. Comme nous l’avons déjà dit, il a été publié sur son site web (dont il a depuis été effacé) et distribué à la presse. En revanche, il faut souligner que les passages les plus polémiques du document, comme l’affirmation selon laquelle le gouvernement devrait à terme garantir un salaire aux personnes qui ne désirent pas travailler, ne figurent pas dans le texte final de la résolution qui a été introduite à la Chambre des Représentants et que nous vous avons présentée ci-dessus. Or, les Démocrates qui ont apporté leur soutien au Green New Deal se basent uniquement sur le contenu de cette résolution. Les idées contenues dans le document de type FAQ publié sur le site web d’Alexandria Ocasio-Cortez ne peuvent pour le moment être attribuées qu’à cette dernière et son équipe.

LA NOMINATION DE LA SEMAINE

Donald Trump a annoncé la nomination de David Bernhardt au poste de Secrétaire à l’Intérieur, vacant depuis la démission de Ryan Zinke à la fin de l’année dernière. Bernhardt, qui était le principal adjoint de Zinke, assurait déjà l’intérim à la tête du ministère depuis le départ de ce dernier. Sa nomination devra être confirmée par le Sénat.

L’AUTRE NOMINATION DE LA SEMAINE

Donald Trump a également nommé David Malpass – qui travaille actuellement au sein du Département du Trésor américain – comme candidat au poste de président de la Banque Mondiale. Selon une règle tacite, le gouvernement américain désigne le président de la Banque Mondiale alors que les Européens désignent celui du FMI. Le candidat désigné doit toutefois être formellement élu par le conseil d’administration de l’institution. Or, le choix de Donald Trump ne fait pas l’unanimité puisque David Malpass a parfois critiqué le fonctionnement de la Banque Mondiale par le passé.

RIP JOHN DINGELL

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John Dingell, ex-député démocrate du Michigan, a tiré sa révérence cette semaine. Il avait 92 ans. Il était bien connu dans le monde politique puisqu’il détient le record historique du plus grand nombre d’années passées au Congrès: 59 ans ! Il a été élu pour la première fois en 1955 et est resté à son poste de député jusqu’en janvier 2015, date à laquelle il avait choisi de prendre sa retraite. Son épouse, Debbie Dingell, âgée de 27 ans de moins que lui, lui a succédé.

Durant ses 59 années passées à la Chambre des Représentants, John Dingell a eu 2,453 collègues ! Bill Clinton avait un jour déclaré que « Les Présidents vont et viennent, John Dingell reste ». En effet, Dingell a servi au Congrès durant les présidences de 11 présidents américains sur 45: Dwight Eisenhower, John F. Kennedy, Lyndon B. Johnson, Richard Nixon, Gerald Ford, Jimmy Carter, Ronald Reagan, George H.W. Bush, Bill Clinton, George W. Bush et Barack Obama. Lorsqu’il est arrivé au Congrès en 1955, il avait 29 ans, soit le même âge qu’Alexandria Ocasio-Cortez aujourd’hui. Si celle-ci voulait rester au Congrès pendant 59 ans comme Dingell, elle devrait y rester jusqu’en 2078 !

Tout au long de sa carrière, John Dingell a milité en faveur de l’amélioration du système des soins de santé aux Etats-Unis. Il a joué un rôle important dans l’élaboration du système Medicare en 1965 et plus récemment de l’Obamacare. Il était d’ailleurs présent aux côtés du président Obama lorsque celui-ci a signé l’Affordable Care Act (nom officiel de la loi plus connue sous le nom d’Obamacare).

Mais John Dingell a aussi parfois été critiqué au sein de son propre camp pour sa défense indéfectible de l’industrie automobile, vitale dans sa circonscription du Michigan. Tout au long de sa carrière, il s’est systématiquement opposé aux législations visant à réguler ce secteur. Il s’est ainsi par exemple opposé à l’imposition de normes concernant les émissions de CO2 des véhicules, et même à l’obligation d’inclure des air bags dans toutes les voitures. Les critiques ont parfois été d’autant plus violentes que son épouse a occupé un poste important au sein de l’entreprise General Motors. John Dingell s’est toujours défendu en affirmant que défense des intérêts de l’industrie automobile était synonyme de défense des intérêts des habitants de sa circonscription.

John Dingell aimait aussi la chasse et était membre de la NRA. Il a servi au sein de l’armée américaine durant la Seconde Guerre Mondiale.

Enfin, ces dernières années, John Dingell était devenu un retraité très actif sur Twitter. Ses tweets étaient souvent drôles et vont nous manquer. Quelques exemple ci-dessous.

Au sujet des sœurs Kardashian, stars de la téléréalité:

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Traduction: Mon staff vient de m’expliquer ce qu’était une Kardashian. Je me pose désormais encore plus de questions.

Au sujet des utilisateurs de Twitter:

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Traduction: 99% d’entre vous ne méritent même pas 140 caractères

Et l’un de ses derniers tweets, publié le mois dernier, lorsque les nouveaux membres du Congrès ont pris leurs fonctions:

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Traduction: Alors que le nouveau Congrès prend ses fonctions, un petit conseil pour les nouveaux membres que j’avais moi-même reçu en 1955: Pendant les six prochains mois, vous allez vous demander comment vous avez bien pu arriver là. Et puis un jour vous allez arriver dans l’hémicycle, regarder autour de vous, et vous demander comment tous les autres idiots ont bien pu arriver là.

RIP, Mr. Dingell.

RIP WALTER JONES

La semaine a malheureusement été marquée par deux décès. Outre John Dingell, le député républicain Walter Jones nous a également quittés. Il est décédé le 10 février, jour de ses 76 ans.

Walter Jones représentait la Caroline du Nord à la Chambre des Représentants depuis 1995. Il avait fait beaucoup parler de lui en 2003 lorsqu’il avait réclamé que l’on cesse de qualifier les frites de la cafétéria du Congrès de « French Fries » et qu’on les rebaptise « Freedom Fries« . Jones était en colère contre la France en raison de son opposition à la guerre en Irak, dont il était alors un fervent défenseur. Mais ce que l’on sait moins, c’est que Walter Jones a totalement changé d’avis quelques années plus tard et amèrement regretté son soutien à la guerre en Irak. Il a alors commencé à écrire aux familles des soldats américains morts en Irak et en Afghanistan. En 2017, il a déclaré avoir écrit 12,000 lettres. « C’est ma façon de demander à Dieu de me pardonner mon erreur ».

LES AFFICHES DE LA SEMAINE

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Attention, guerre des affiches ! Les députés Joaquín Castro et Mo Brooks ont décidé de livrer un combat par affiches interposées dans l’un des couloirs du bâtiment qui abrite les bureaux des membres de la Chambre des Représentants.

Joaquín Castro est Démocrate. Mo Brooks est Républicain. Leurs bureaux se situent l’un en face de l’autre. Joaquín Castro a affiché sur le mur du couloir à côté de la porte de son bureau une affiche montrant les portraits de six Dreamers, nom donné à ces  immigrants arrivés aux Etats-Unis lorsqu’ils étaient mineurs et bénéficiant du programme DACA, dont l’avenir est incertain. Mo Brooks a répliqué en affichant à son tour sur le mur du couloir à côté de son bureau une autre affiche montrant les portraits de huit citoyens américains assassinés par des immigrants qui séjournaient illégalement aux Etats-Unis. L’affiche affirme que « Ces Américains assassinés par des illégaux avaient aussi des rêves ».

Si cet épisode peut sembler anecdotique, il reflète néanmoins assez bien le dialogue de sourd actuel entre Démocrates et Républicains sur la question de l’immigration.

MEANWHILE, IN VIRGINIA…

Le chaos politique est total en Virginie.

Souvenez-vous. La semaine dernière, le gouverneur démocrate Ralph Northam refusait de démissionner malgré la publication par la presse d’une photo jugée raciste figurant sur sa page du yearbook de son école de médecine. Cette photo montre une personne grimée en noir et une autre déguisée en membre du Ku Klux Klan. Northam a d’abord admis être l’une des deux personnes sur cette photo et s’est excusé, avant de se raviser et de dire que, tout compte fait, il ne se rappelait pas être l’une des deux personnes sur la photo 🤔. Il a en revanche avoué avoir porté une blackface lors d’un concours de danse où il imitait Michael Jackson. De très nombreux élus démocrates ont déclaré que Ralph Northam devrait démissionner mais, à l’heure où nous écrivons ces lignes, il est toujours en poste. Et ce n’est pas tout.

Cette semaine, le lieutenant-gouverneur Justin Fairfax – qui serait amené à succéder à Northam si celui-ci démissionnait – a été accusé de viol par deux femmes. Elles l’accusent toutes les deux de les avoir forcées à lui faire une fellation. La première accusatrice déclare que les faits se sont déroulés dans une chambre d’hôtel en marge de la Convention Nationale Démocrate de 2004. La seconde affirme que les faits remontent à 2000, lorsqu’elle et Fairfax étaient étudiants à l’université. Justin Fairfax a réagi en clamant son innocence. Il déclare que ces accusations sont mensongères et que les relations qu’il a eues avec ces deux femmes étaient consenties.

D’autre part, Mark Herring, Attorney General de l’état et deuxième dans l’ordre de succession au gouverneur, a publié un communiqué pour avouer qu’il avait porté une blackface pour se déguiser en rappeur lors d’une soirée étudiante en 1980 et s’en excuser. Il avait alors 19 ans. Dans son communiqué, il affirme qu’il n’avait pas conscience à l’époque de tout ce que le port d’une blackface pouvait représenter de négatif.

Ralph Northam, Justin Fairfax et Mark Herring sont tous les trois Démocrates. S’ils devaient tous démissionner (ce qui ne semble toutefois pas être à l’ordre du jour), ce serait le Speaker de la Chambre des Délégués de Virginie, Kirk Cox, qui deviendrait gouverneur. Or, celui-ci est Républicain.

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LE SONDAGE DE LA SEMAINE

Ralph Northam devrait-il démissionner? Les habitants de Virginie sont très partagés. 47% d’entre eux estiment que leur gouverneur devrait  démissionner et 47% d’entre eux estiment qu’il ne devrait pas démissionner.

D’autre part, 58% des citoyens afro-américains de Virginie pensent que Northam ne devrait PAS démissionner 🧐

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ROAD TO 2020

Elizabeth Warren et Amy Klobuchar ont déclaré leur candidature à l’élection présidentielle ce week-end.

  • Elizabeth Warren est officiellement candidate à l’élection présidentielle de 2020

La sénatrice du Massachusetts avait déjà annoncé la création d’un exploratory committee au mois de décembre. On se doutait donc qu’elle allait être candidate. C’est désormais officiel.

Elizabeth Warren a prononcé son discours formel d’annonce de candidature devant plusieurs centaines de supporters rassemblés devant une usine située dans la ville de Lawrence, dans le Massachusetts. La sénatrice, qui se situe très à gauche sur l’échiquier politique, a mis en avant sa volonté de lutter contre les excès du capitalisme et de la finance. Elle déclare vouloir réformer un système qui ne profite qu’aux plus riches.

La polémique « Pocahontas ». Attendez-vous à en entendre encore parler au cours de la campagne électorale. Donald Trump se moque régulièrement d’Elizabeth Warren en la surnommant Pocahontas. Pourquoi? Parce que Warren a toujours affirmé qu’elle avait des ancêtres amérindiens et qu’elle se considérait comme une amérindienne. Certains Républicains l’ont accusée d’avoir mis cet élément en avant pour obtenir des promotions au cours de sa carrière. Pour tenter de mettre fin à la polémique, Warren avait décidé il y a quelques mois de faire un test ADN et d’en publier les résultats. Ce fut un échec puisque le test a seulement prouvé qu’elle avait sans doute un ancêtre amérindien très lointain, comme de nombreux Américains.

  • Amy Klobuchar est candidate à l’élection présidentielle de 2020

On se souviendra de l’annonce de candidature de la sénatrice du Minnesota. Elle avait en effet choisi de prononcer son discours à l’extérieur. Or, il fait plutôt froid au Minnesota au mois de février. Ce qui n’a pas empêché les fans de Klobuchar de faire le déplacement. Du chocolat chaud leur a été distribué gratuitement. Et la sénatrice s’est exprimée sous une tempête de neige.

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Amy Klobuchar est sans doute la plus centriste des Démocrates ayant annoncé leur candidature à l’élection présidentielle jusqu’ici. Bien que populaire dans son état, elle n’est pas encore très connue sur la scène nationale. Il sera donc intéressant de voir comment sa campagne évolue.

Amy Klobuchar, call your office. Quelques jours avant son annonce de candidature, Amy Klobuchar a dû faire face aux accusations de plusieurs anciens collaborateurs l’accusant d’être une patronne irrespectueuse et cruelle. Le Huffington Post et BuzzFeed ont publié des articles basés sur les témoignages de près d’une dizaine de personnes ayant travaillé pour Klobuchar. Ces personnes décrivent toutes une ambiance de travail détestable. Elles affirment que la sénatrice humilie régulièrement les membres de son staff et est sujette à des crises de colère incontrôlables. BuzzFeed a même mis la main sur des e-mails envoyés par Klobuchar à des membres de son équipe et dans lesquels elle critique souvent le travail d’une personne et menace de la licencier si elle ne s’améliore pas. Or, ces e-mails ne sont pas envoyés uniquement à la personne concernée. Ils sont souvent transmis à tous les membres de l’équipe. Plusieurs des anciens employés de Klobuchar qui ont parlé à BuzzFeed affirment qu’ils ont décidé de s’exprimer parce qu’ils pensent que le caractère de la sénatrice l’empêcherait de faire une bonne présidente des Etats-Unis. Notons toutefois que certains autres anciens employés d’Amy Klobuchar ont pris sa défense. Ils affirment qu’elle est une patronne exigeante mais que son comportement n’est en rien inapproprié. Alors qui faut-il croire? Impossible évidemment de le savoir avec certitude. Néanmoins, il est avéré qu’Amy Klobuchar compte parmi les sénateurs dont l’équipe est la plus souvent renouvelée. Entre 2001 et 2016, 36% des membres de son staff ont quitté leur poste. Le Huffington Post a également affirmé que trois personnes avaient déjà refusé un poste au sein de son équipe de campagne en raison de sa réputation désastreuse au Capitole. Interrogée par des journalistes à ce sujet, voici ce qu’Amy Klobuchar a répondu:

Yes, I can be tough. […] I have high expectations for myself. I have high expectations for the people who work for me, but I have high expectations of this country. And that is what we need. (Oui, je peux être dure. […] Je suis très exigeante envers moi-même. Je suis très exigeante envers les personnes qui travaillent pour moi, mais je suis aussi très exigeante pour ce pays. Et c’est ce dont nous avons besoin)

  • Le point sur les candidats démocrates à l’élection présidentielle de 2020

✅John Delaney

✅Andrew Yang

✅Tulsi Gabbard

✅Julián Castro

✅Kamala Harris

✅Marianne Williamson

✅Cory Booker

✅Elizabeth Warren

✅Amy Klobuchar

  • Bill Weld redevient membre du Parti Républicain

Bill Weld est un ancien gouverneur du Massachusetts. À l’époque où il a occupé ce poste, il était membre du Parti Républicain. Mais en 2016, il avait quitté le GOP pour rejoindre le Parti Libertarien, qui l’avait désigné comme colisiter de Gary Johnson pour l’élection présidentielle. Cette semaine, on a appris que Bill Weld avait quitté le Parti Libertarien pour redevenir membre du Parti Républicain. De quoi alimenter les rumeurs quant à une possible candidature face à Donald Trump lors d’une primaire républicaine….

 

 

 

 

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