WEEKLY NEWS FLASH #183

Nous avons beaucoup de choses à vous raconter cette semaine. Ne perdons pas de temps et rentrons tout de suite dans le vif du sujet. Attachez vos ceintures !

LA DÉMISSION DE LA SEMAINE, OU LES CONSÉQUENCES POLITIQUES DE L’AFFAIRE EPSTEIN

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Le Secrétaire au Travail Alexander Acosta (photo ci-dessus) a remis sa démission au président Trump cette semaine. Cette démission est une conséquence politique directe de l’affaire Epstein. Explications.

Jeffrey Epstein (photo ci-dessous) est un millionnaire américain qui a été récemment arrêté et inculpé pour trafic sexuel de mineures.

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Il est accusé d’avoir, entre 2002 et 2005, attiré des jeunes filles mineures dans sa résidence à Manhattan et dans sa villa à Palm Beach (Floride) et de leur avoir demandé de lui accorder des faveurs sexuelles contre de l’argent. D’après l’acte d’accusation, Epstein demandait à ses victimes de se déshabiller pour lui faire des massages. Durant ces massages, il avait l’habitude de se masturber et de toucher le sexe de ses victimes avec ses mains ou des sex toys. Il aurait aussi payé certaines de ses victimes pour qu’elles recrutent d’autres jeunes filles et les convainquent de venir le voir. Les enquêteurs ont aussi retrouvé des centaines de photos pédopornographiques à son domicile.

Jeffrey Epstein a décidé de plaider non coupable. Il est actuellement en détention. Il devra comparaître ce lundi 15 juillet devant le tribunal. Le juge décidera alors de poursuivre ou non la détention en attente de son procès.

Il faut savoir qu’Epstein avait déjà été inquiété par la justice pour des faits d’abus sexuels sur mineures en 2008. L’affaire avait été instruite en Floride par Alexander Acosta, qui était procureur à l’époque. Le procureur Acosta avait accepté de passer un accord avec Epstein. Pour échapper à des poursuites fédérales pour trafic sexuel de mineures, ce dernier avait accepté de plaider coupable pour un délit moins grave, à savoir celui d’avoir sollicité les services de prostituées mineures. Il avait été condamné à une peine de 18 mois de prison et son nom avait été ajouté au fichier des délinquants sexuels. Epstein a finalement purgé 13 mois de prison, mais l’accord passé avec le procureur l’autorisait à quitter la prison six jours par semaine pendant plusieurs heures pour pouvoir travailler à son domicile.

En novembre dernier, le Miami Herald avait publié un article revenant sur cet accord conclu par le procureur Acosta, devenu ministre du Travail, et le qualifiant de « deal of a lifetime » pour Jeffrey Epstein.

À la suite de la nouvelle inculpation d’Epstein, les critiques pesant sur Alexander Acosta n’ont fait que s’amplifier. Accusé d’avoir été trop laxiste avec un pédophile – peut-être parce que celui-ci était une personne influente et riche – , sa position était devenue intenable. Acosta a bien tenté de se justifier lors d’une conférence de presse, mais n’a convaincu quasiment personne. Les appels à la démission n’ont cessé de se multiplier dans les rangs de l’opposition démocrate.

Vendredi, Alexander Acosta annonçait finalement sa démission. Il a affirmé qu’il serait injuste que l’on parle davantage du Département du Travail pour l’affaire Epstein que pour la bonne santé de l’économie. Le président Trump a quant à lui affirmé qu’Acosta avait fait un « job fantastique » en tant que ministre et qu’il regrettait qu’il ait choisi de démissionner. Il a précisé que son adjoint, Pat Pizzella, allait assurer l’intérim à la tête du Département du Travail en attendant qu’un nouveau ministre soit nommé.

Jeffrey Epstein, Donald Trump et Bill Clinton. La presse américaine a souligné cette semaine que Jeffrey Epstein avait bien connu Bill Clinton et Donald Trump. Ceux-ci se seraient toutefois éloignés de lui après sa condamnation en 2008.

Il est établi que Bill Clinton a voyagé à quatre reprises à bord du jet privé d’Epstein au début des années 2000. Mais, d’après son porte-parole, l’ancien président ignorait tout des crimes du millionnaire. Il ne lui aurait plus adressé la parole depuis plus de dix ans.

Donald Trump a lui aussi bien connu Jeffrey Epstein puisque celui-ci fréquentait régulièrement le Mar-a-Lago dans les années 90 et au début des années 2000. L’une des victimes d’Epstein a même affirmé qu’elle avait été « recrutée » alors qu’elle travaillait au Mar-a-Lago. En 2002, dans une interview accordée au New York Magazine, Donald Trump avait déclaré qu’il appréciait beaucoup Epstein, ajoutant que:

It is even said that he likes beautiful women as much as I do, and many of them are on the younger side. (On dit même qu’il aime les belles femmes autant que moi, et bon nombre d’entre elles sont plutôt jeunes)

Les opposants du président se sont évidemment emparés de cette déclaration pour suggérer que Donald Trump était sans doute au courant des activités pédophiles d’Epstein et qu’il pourrait même avoir lui-même abusé de jeunes filles mineures. Précisons que rien ne permet jusqu’ici de le prouver. Il semblerait par ailleurs que Donald Trump ait coupé les ponts avec Epstein et lui ait même interdit de continuer à fréquenter le Mar-a-Lago à la suite de sa condamnation en 2008.

L’INCIDENT DIPLOMATIQUE DE LA SEMAINE

Une autre démission est loin d’être passée inaperçue cette semaine. Il s’agit de celle de l’ambassadeur du Royaume-Uni en poste à Washington. Kim Darroch a jeté l’éponge après que des commentaires peu élogieux à l’encontre de l’administration Trump qu’il avait transmis à son gouvernement à Londres aient fuité dans la presse britannique. Darroch y qualifiait notamment l’administration Trump d’ « incompétente ».

La première ministre britannique Theresa May a rapidement pris la défense de son ambassadeur, affirmant qu’il faisait bien son travail. En colère, le président Trump s’en est pris à Theresa May et à l’ambassadeur sur Twitter. Il a affirmé que la Maison Blanche ne travaillerait plus avec ce dernier.

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Traduction: J’ai été très critique sur la façon dont le Royaume-Uni et la première ministre Theresa May ont géré le Brexit. Quel désordre elle et ses représentants ont créé. Je lui ai dit comment il faudrait s’y prendre, mais elle a décidé de faire autrement. Je ne connais pas l’Ambassadeur, mais il n’est pas aimé ni bien considéré aux Etats-Unis. Nous ne travaillerons plus avec lui. La bonne nouvelle pour le merveilleux Royaume-Uni est qu’ils auront bientôt un nouveau Premier Ministre. Bien que j’aie totalement apprécié la magnifique Visite d’Etat le mois dernier, c’est la Reine qui m’a le plus impressionné!

Face à l’hostilité du président Trump et à la tournure prise par les événements, Kim Darroch a finalement décidé de démissionner. Dans sa lettre de démission, il affirme que « la situation actuelle fait qu’il est impossible pour moi de continuer à exercer mes fonctions comme je le voudrais ».

LE SCANDALE DE LA SEMAINE

Hier, Donald Trump a créé le scandale en publiant une série de tweets invitant quatre députées démocrates – Alexandria Ocasio-Cortez, Rashida Tlaib, Ilhan Omar et Ayanna Pressley – à retourner dans leurs pays d’origine. Or, ces quatre députées, arrivées récemment au Congrès et qui incarnent l’aile la plus à gauche du Parti Démocrate, sont toutes citoyennes américaines. Les Etats-Unis sont donc leur pays. Trois d’entre elles – Ocasio-Cortez, Tlaib et Pressley – y sont d’ailleurs nées. Où pourraient-elles bien retourner? Seul le cas d’Ilhan Omar est un peu différent. Elle est née en Somalie et est arrivée aux Etats-Unis en tant que réfugiée à l’âge de dix ans. Elle a plus tard obtenu la nationalité américaine.

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Traduction: Très intéressant de voir des députées démocrates « progressistes », qui sont initialement venues de pays dont les gouvernements sont une catastrophe complète et totale, les pires, plus corrompus et ineptes au monde (en admettant qu’ils aient seulement un gouvernement qui fonctionne), expliquer haut et fort et brutalement au peuple des Etats-Unis, la Nation la plus grande et la plus puissante au monde, comment notre gouvernement devrait être géré. Pourquoi ne retournent-elles pas dans les endroits totalement dévastés et infestés par le crime d’où elles sont venues pour aider à les réparer. Qu’elles reviennent ensuite et nous montrent comment on fait. Ces endroits ont vraiment besoin de votre aide, vous devez partir vite. Je suis sûr que Nancy Pelosi serait très heureuse d’organiser rapidement votre voyage!

Les quatre députées visées par le président incarnent la diversité raciale des Etats-Unis. Alexandria Ocasio-Cortez est hispanique, Ayanna Pressley est afro-américaine et Rashida Tlaib et Ilhan Omar sont les deux premières femmes musulmanes élues au Congrès américain. De nombreux élus démocrates se sont donc empressés de dénoncer les tweets racistes du président, affirmant qu’il n’aurait jamais suggéré à des opposants démocrates de race blanche de « retourner dans leur pays ». Nancy Pelosi, dont les relations avec les quatre jeunes députées concernées ne sont pourtant pas particulièrement au beau fixe, a déclaré que les tweets de Donald Trump prouvaient que son véritable objectif avait toujours été de « rendre à l’Amérique sa blancheur ».

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Traduction; Lorsque Donald Trump dit à quatre députées américaines de retourner dans leurs pays, il réaffirme que son plan de « rendre à l’Amérique sa grandeur » a en réalité toujours consisté à rendre à l’Amérique sa blancheur. Notre diversité est notre force et notre unité est notre pouvoir.

Le député Justin Amash, qui a récemment quitté le Parti Républicain et siège désormais au Congrès en tant qu’Indépendant, a également réagi.

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Traduction: Dire à ces citoyennes américaines (dont la majorité sont nées ici) de « retourner » dans « les endroits infestés par le crime d’où elles sont venues » est raciste et répugnant.

Du côté des élus républicains, c’est le silence radio pour l’instant.

LE DUEL À DISTANCE DE LA SEMAINE

Donald Trump vs Paul Ryan. Avant de s’en prendre à Alexandria Ocasio-Cortez, Rashida Tlaib, Ilhan Omar et Ayanna Pressley ce week-end, Donald Trump avait passé une bonne partie de la semaine à s’énerver contre l’ex-Speaker républicain Paul Ryan.

Tout a commencé lorsque le Washington Post a publié un article contenant des extraits d’un livre du journaliste Tim Alberta consacré au Parti Républicain. Ce livre doit paraître le 16 juillet mais certains journalistes ont déjà pu le lire. On apprend dans l’article du Post que Paul Ryan a accordé un entretien à Tim Alberta pour les besoins de son livre et s’est exprimé très ouvertement. En résumé, il se montre très critique à l’encontre du président Trump. Il affirme notamment qu’il a décidé de quitter le Congrès parce qu’il ne se voyait pas travailler pendant encore deux ans avec le président. Il affirme aussi que Donald Trump ne savait absolument rien de la manière dont fonctionne un gouvernement et qu’il s’est senti obligé de développer une bonne relation avec lui afin de pouvoir lui prodiguer des conseils et l’influencer positivement. Paul Ryan affirme que les personnes entourant Donald Trump l’ont dissuadé à de nombreuses reprises de prendre de mauvaises décisions, mais qu’au fil du temps, il écoute de moins en moins les conseils qui lui sont adressés.

Those of us around him really helped to stop him from making bad decisions. All the time. We helped him make much better decisions, which were contrary to kind of what his knee-jerk reaction was. Now I think he’s making some of these knee-jerk reactions. (Avec ceux qui l’entourent, nous l’avons vraiment aidé à ne pas prendre de mauvaises décisions. Tout le temps. Nous l’avons aidé à prendre de meilleures décisions, qui étaient contraires à ses réactions hâtives. Je pense que maintenant il prend ces décisions hâtives)

Les propos de Paul Ryan rappellent le fameux éditorial rédigé par un membre anonyme (toujours non identifié) de l’administration Trump et publié dans le New York Times en septembre 2018. L’auteur y affirmait que de nombreux membres de l’administration menaient une campagne de résistance interne contre le président.

Tout cela n’a évidemment pas du tout plu à Donald Trump. Comme à son habitude, le président a répliqué sur Twitter en qualifiant Paul Ryan d’incapable et de « canard boiteux ». Dans une série de trois tweets consécutifs, il a aussi affirmé que lorsque Mitt Romney avait choisi Paul Ryan comme colistier pour l’élection présidentielle de 2012, il avait tout de suite affirmé qu’il s’agissait d’une erreur. Ce n’est en réalité pas le cas. À l’époque, Donald Trump avait déclaré que Paul Ryan était un « gars incroyable » et que sa présence sur le ticket républicain allait mobiliser les électeurs.

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Traduction: Paul Ryan, le candidat à la vice-présidence vaincu et ex-Speaker de la Chambre, dont le bilan est atroce (hormis durant mes deux premières années en tant que président), a fini par devenir un canard boiteux, laissant son parti en plan comme collecteur de fonds et comme leader….. Quand Mitt a choisi Paul, j’ai dit aux gens que c’était la fin de sa campagne présidentielle. Il a quitté le Congrès parce qu’il ne savait pas comment gagner. Ils m’ont fait une standing ovation dans le grand état du Wisconsin et l’ont hué jusqu’à ce qu’il quitte la scène. Il m’a promis un Mur et il a échoué (c’est tout de même en train d’arriver!)…. Il avait la Majorité et l’a laissée s’envoler avec son mauvais leadership et son mauvais timing. Il n’a jamais su comment s’en prendre aux Démocrates comme ils s’en prennent à nous. Il était temps qu’il quitte le Congrès!

Après avoir publié ces tweets, le président a encore parlé de Paul Ryan lorsqu’il a répondu aux questions de la presse avant d’embarquer dans son hélicoptère pour un déplacement. Il a répété que l’ex-Speaker était incompétent et a ensuite suggéré qu’il avait peut-être été payé pour dire du mal de lui !

 Maybe he gets paid for that. (Peut-être qu’il est payé pour cela)

Une accusation immédiatement démentie par Tim Alberta, l’auteur du livre contenant les propos de Paul Ryan. Sur Twitter, le journaliste a affirmé qu’il n’avait évidemment jamais rémunéré Ryan pour que celui-ci lui accorde un entretien.

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Traduction: Je peux confirmer que je n’ai pas payé Paul Ryan pour l’interview. (Il m’a, en revanche, offert une bière à deux heures de l’après-midi)

Mitt Romney s’est ensuite emmêlé, prenant la défense de son ancien colistier. Sur Twitter, évidemment.

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Traduction: Si nous avons perdu en 2012, c’est uniquement de ma faute; Paul Ryan fut un champion pour faire campagne sans relâche, récolter des fonds et pour la cause conservatrice. Étant la seule personne capable d’unir la Chambre, il a accepté le poste de Speaker pour rendre service au pays. Son leadership désintéressé et son travail politique tout au long de sa vie ont été critiques pour aboutir à la réforme fiscale qui a permis de booster l’économie. Un homme comme Paul Ryan ne se présente pas souvent.

Le lendemain, Donald Trump n’était visiblement toujours pas calmé et publiait encore de nouveaux tweets pour qualifier Paul Ryan de « faible, incapable et stupide ».

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Traduction: Le leader de la minorité républicaine à la Chambre Kevin McCarthy est un leader bien supérieur au canard boiteux Paul Ryan. Plus dur, plus intelligent et un bien meilleur collecteur de fonds, Kevin a déjà rassemblé 44 Millions de Dollars. Les chiffres de la dernière année de Paul étaient, selon Breitbart, « épouvantables ». Les gens comme Paul Ryan ont presque tué le Parti Républicain. Faible, inefficace et stupide ne sont pas exactement les qualités que les Républicains, ou les CITOYENS de notre pays, recherchaient. En ce moment, notre optimisme est plus fort que jamais, bien meilleur que du côté des Radicaux de Gauche Démocrates. Vous verrez l’année prochaine!

Paul Ryan n’a jusqu’à présent pas réagi aux critiques du président.

L’IMAGE DE LA SEMAINE

Le vice-président Mike Pence et plusieurs sénateurs républicains (dont Lindsey Graham, Mike Lee et Thom Tillis, que l’on peut apercevoir dans la vidéo ci-dessus) ont visité deux centres de détention pour migrants au Texas. Plusieurs sénateurs démocrates avaient été invités à les accompagner mais ont tous décliné l’invitation. Plusieurs journalistes avaient également été invités à participer à la visite, ce qui explique que nous en ayons des images.

Le groupe s’est d’abord rendu dans un centre récemment construit à Donna pour accueillir des familles avec enfants. D’après les journalistes ayant participé à la visite, ce centre était équipé de l’air conditionné, d’un nombre suffisant de lits de camp, de vêtements et de produits de première nécessité pour les détenus, etc. Les enfants disposaient aussi d’une salle pour regarder des dessins animés en espagnol.

Le vice-président et les sénateurs ont ensuite visité un second centre de détention réservé aux hommes adultes, à McAllen. Dans ce centre, les journalistes ont pu filmer plusieurs centaines d’hommes rassemblés derrière une grille dans un espace trop petit pour qu’ils puissent tous s’y allonger pour dormir. Il n’y avait d’ailleurs aucun lit de camp ou autre matelas. Les hommes sont contraints de dormir à même le sol. D’après les journalistes, la chaleur dans la salle était accablante et l’odeur de transpiration difficilement supportable. Les hommes derrière le grillage ont affirmé à la presse que certains d’entre eux étaient là depuis plus de trente jours et n’avaient jamais pu se doucher ou se brosser les dents. Les surveillants ont affirmé que des douches avaient été récemment installées dans le bâtiment, que les détenus recevaient trois repas par jour et étaient soignés s’ils tombaient malades. Les images ont néanmoins choqué beaucoup d’Américains. Certains ont reproché à Mike Pence et aux sénateurs de ne pas avoir adressé un seul mot aux détenus.

Après la visite, Mike Pence a déclaré que les conditions de détention dans le centre de McAllen n’étaient pas acceptables, mais qu’elles étaient le résultat d’un afflux de migrants sans précédent qui a submergé les centres existants. « Pour être honnête avec vous, je n’ai pas été surpris par ce que nous avons vu », a déclaré le vice-président à la presse. Il a affirmé que s’il avait autorisé des journalistes à l’accompagner, c’était en partie pour que les Américains se rendent compte de l’ampleur de la crise à laquelle le gouvernement est confronté. Mike Pence a aussi affirmé que les 4,6 milliards de dollars récemment débloqués par le Congrès allaient permettre d’améliorer rapidement la situation. Cet argent devrait effectivement être utilisé pour améliorer les infrastructures existantes et construire de nouveaux centres semblables au premier centre visité par le vice-président et les sénateurs. D’après Mike Pence, ce premier centre correspond aux standards que le gouvernement américain veut atteindre partout et le plus rapidement possible.

D’après les Démocrates, les conditions inhumaines de détention des migrants sont inacceptables et le résultat de la politique de tolérance zéro de l’administration Trump, qui veut que toute personne arrêtée pour avoir pénétré illégalement sur le territoire américain soit emmenée dans un centre de détention.

ROAD TO 2020

Cette semaine, l’un des candidats à l’investiture démocrate s’est retiré de la course, alors que le milliardaire Tom Steyer a annoncé qu’il s’y joignait.

  • Eric Swalwell met un terme à sa campagne

Après seulement trois mois, Eric Swalwell a renoncé. N’ayant jamais réussi à percer dans les sondages ni à récolter des fonds suffisants, le député de Californie a mis un terme à sa campagne pour la présidence. On se souviendra essentiellement de sa performance lors du premier débat démocrate, lors duquel il avait accusé Joe Biden de ne pas vouloir « passer le flambeau » à la jeune génération. Swalwell était aussi le candidat ayant le programme le plus drastique concernant les armes à feu. En plus d’interdire la vente de certaines armes de guerre, il voulait forcer les Américains qui en possèdent déjà à les restituer au gouvernement.

Eric Swalwell a annoncé qu’il serait candidat à un nouveau mandat à la Chambre des Représentants en novembre 2020.

  • Tom Steyer annonce sa candidature à l’élection présidentielle de 2020

Après avoir déclaré en janvier qu’il ne se présenterait pas, le milliardaire et activiste Tom Steyer a annoncé qu’il avait changé d’avis et était finalement candidat aux primaires démocrates. Steyer a récemment financé une campagne de communication visant à encourager les élus démocrates à entamer une procédure d’impeachment contre le président Trump. Il aura les moyens de financer lui-même sa campagne électorale.

Ci-dessous, la vidéo d’annonce de candidature de Tom Steyer. Il y dénonce avant tout la mainmisse des grandes entreprises et du capital sur le système politique. On y apprend aussi que son père a été assistant du procureur au procès de Nuremberg.

  • Le point sur les candidats démocrates à l’élection présidentielle de 2020

Après l’abandon d’Eric Swalwell et l’annonce de la candidature de Tom Steyer, la liste des candidats à l’investiture démocrate compte toujours 24 noms.

✅John Delaney

✅Andrew Yang

✅Tulsi Gabbard

✅Julián Castro

✅Kamala Harris

✅Marianne Williamson

✅Cory Booker

✅Elizabeth Warren

✅Amy Klobuchar

✅Bernie Sanders

✅Jay Inslee

✅John Hickenlooper

✅Beto O’Rourke

✅Kirsten Gillibrand

✅Wayne Messam

✅Tim Ryan

✅Pete Buttigieg

✅Seth Moulton

✅Joe Biden

✅Michael Bennet

✅Steve Bullock

✅Bill de Blasio

✅Joe Sestak

✅Tom Steyer

  • La publicité électorale de la semaine

Dans ce clip assez réussi, Joe Biden critique la politique étrangère de Donald Trump, notamment son attitude complaisante avec les dictateurs.

Joe Biden a par ailleurs prononcé cette semaine un discours lors duquel il a présenté sa propre vision en la matière. Il a affirmé que l’une de ses priorités serait de replacer la défense de la démocratie et des droits de l’homme au cœur de la politique étrangère américaine.

Joe Biden a notamment annoncé que, s’il était élu, il organiserait durant sa première année de mandat un Sommet pour la Démocratie réunissant les pays démocratiques alliés de l’Amérique, des organisations de la société civile et les représentants des réseaux sociaux. L’objectif de ce sommet serait de prendre des engagements communs pour 1) lutter contre la corruption, 2) lutter contre la progression de l’autoritarisme et 3) promouvoir le respect des droits de l’homme.

Joe Biden a aussi affirmé vouloir mettre un terme aux guerres menées par les Etats-Unis au Moyen-Orient, notamment en Afghanistan.

Pour en savoir plus → https://joebiden.com/americanleadership/

  • Joe Biden est le candidat démocrate le plus riche après Tom Steyer

Après le milliardaire Tom Steyer, qui vient d’annoncer sa candidature, Joe Biden est le plus riche des candidats à l’investiture démocrate. L’ancien vice-président a dévoilé ses récentes déclarations de revenus. Elles montrent qu’il a gagné 11 millions de dollars en 2017 et 4,6 millions de dollars en 2018, essentiellement grâce aux revenus issus de la vente de ses livres et de ses discours rémunérés. Lorsqu’il était sénateur, Joe Biden était l’un des membres les moins riches du Congrès, mais il s’est considérablement enrichi depuis la fin de son mandat de vice-président.

Après Tom Steyer et Joe Biden, les candidats démocrates les plus fortunés sont Kamala Harris, Bernie Sanders et Elizabeth Warren.

  • L’initiative originale de la semaine

En règle générale, les candidats à l’élection présidentielle insistent plutôt sur les soutiens qu’ils reçoivent de la part d’autres élus ou de célébrités. Bernie Sanders a choisi de faire tout l’inverse. Cette semaine, il a publié sur son site web une liste de personnalités qui ne le soutiennent pas. Il s’agit essentiellement de grands patrons qui ont critiqué publiquement certaines de ses propositions, comme Lloyd Blankfein, ex-patron de la banque Goldman Sachs. « Il n’est pas surprenant que ces patrons et milliardaires soient unis contre notre mouvement. Ces gens ont tout intérêt à préserver le statu quo pour pouvoir continuer à exploiter les travailleurs américains », a déclaré Sanders. Tout en haut de la page de son site web consacrée à ces « non-soutiens », on retrouve une citation de Franklin Delano Roosevelt: « Je vous demande de me juger en fonction des ennemis que je me suis fait ».

Pour accéder à la page en question → https://berniesanders.com/anti-endorsements/

  • La tournée de la semaine

À bord d’un bus, Kirsten Gillibrand a traversé trois états – Pennsylvanie, Ohio et Michigan – en deux jours dans le cadre d’une tournée baptisée Trump Broken Promises Tour. Ces trois états avaient été remportés par Donald Trump en 2016. Gillibrand y a effectué six arrêts pour rencontrer les électeurs et dénoncer les promesses non tenues de Donald Trump.

  • La promesse de la semaine

Jay Inslee a déclaré lors d’une conférence rassemblant de nombreux activistes démocrates qu’il demanderait à Megan Rapinoe d’être sa Secrétaire d’Etat s’il était élu à la Maison Blanche. Megan Rapinoe est l’une des joueuses de l’équipe de football américaine qui vient de remporter la Coupe du Monde. Lors de la fête organisée à New York pour célébrer la victoire de son équipe, elle avait prononcé un discours aux accents politiques, affirmant notamment que:

We have to love more, hate less. We got to listen more and talk less. We got to know that this is everybody’s responsibility. Every single person here, every single person who’s not here, every single person who doesn’t want to be here. Every single person who agrees and doesn’t agree. It’s our responsibility to make this world a better place. (Nous devons aimer plus et haïr moins. Nous devons écouter plus et parler moins. Nous devons réaliser que c’est la responsabilité de chacun. Chaque personne ici, chaque personne qui n’est pas ici, chaque personne qui n’a pas envie d’être ici. Chaque personne qui est d’accord ou n’est pas d’accord. C’est notre responsabilité de faire du monde un endroit meilleur)

Sans vouloir manquer de respect à Megan Rapinoe, il n’est pas certain que la promesse de nommer une joueuse de football au poste de ministre des Affaires Étrangères fera décoller la campagne de Jay Inslee.

DES MEMBRES RÉPUBLICAINS DU CONGRÈS FORMENT LE « CAUCUS TEDDY ROOSEVELT POUR LA CONSERVATION »

À l’initiative du sénateur républicain Lindsey Graham, plusieurs sénateurs et députés républicains ont formé un caucus (= nom donné aux groupes informels de parlementaires) pour travailler sur les questions liées à la conservation et à la protection de l’environnement. Ils lui ont donné le nom de Teddy Roosevelt, ex-président des Etats-Unis connu pour avoir créé les premiers parcs nationaux américains.

S’il n’est pas certain que le travail de ce groupe aboutira à quoi que ce soit de concret, sa simple création a pour but de faire passer un message fort. Certains élus républicains tiennent à faire savoir qu’eux aussi croient à la réalité du réchauffement climatique. On sait que le président Trump estime qu’il s’agit d’un « canular » et que beaucoup d’élus républicains sont encore sceptiques quant à la réalité du phénomène. La situation serait-elle tout doucement en train de changer?

Lors de la présentation du groupe, Lindsey Graham a en tout cas déclaré que « lorsque 9 scientifiques sur 10 affirment que les émissions de CO2 créent un effet de serre et que la planète se réchauffe, je crois les neuf et pas le dernier ». Il a aussi affirmé que le président Trump devrait reconnaître la réalité du problème.

Graham et ses collègues affirment toutefois que les solutions républicaines aux problèmes environnementaux seront des solutions innovantes et « qui ne détruiront pas l’économie », contrairement au Green New Deal proposé par certains Démocrates.

À VOS AGENDAS !

Le témoignage de Robert Mueller au Congrès, initialement prévu pour le 17 juillet, a été reporté au 24 juillet.

RIP ROSS PEROT

Le milliardaire texan Ross Perot est décédé d’une leucémie. Il avait 89 ans. En 1992, il était parvenu à recueillir 19% des voix à l’élection présidentielle, une performance exceptionnelle pour un candidat indépendant. George H.W. Bush a d’ailleurs longtemps pensé que Ross Perot lui avait coûté sa réélection. La question de savoir si Bill Clinton l’aurait emporté si Ross Perot n’avait pas été là fait encore débat aujourd’hui dans le milieu de la science politique. Quatre ans plus tard, Ross Perot s’était à nouveau présenté à l’élection présidentielle mais cette fois sous les couleurs du Reform Party, un parti politique qu’il avait créé. Il avait recueilli 8% des voix.

LA STATUE DE LA SEMAINE

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La reconnaissez-vous?

Il s’agit de Melania Trump. La toute première statue de la First Lady a été inaugurée en Slovénie, son pays d’origine. Il s’agit d’une statue en bois réalisée par un artiste local. Si le visage n’est pas très ressemblant, on reconnaît la tenue bleue que portait Melania lors de la cérémonie d’investiture de son mari en janvier 2017.

LE TWEET DE LA SEMAINE

On dirait que la Space Force de Donald Trump a donné des idées à Emmanuel Macron…

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BONUS – HUIT RÉALISATIONS DE FRANK LLOYD WRIGHT CLASSÉES AU PATRIMOINE MONDIAL DE L’UNESCO

Le Secrétaire à l’Intérieur américain David Bernhardt s’est félicité de la décision de l’UNESCO de classer huit réalisations de l’architecte Frank Lloyd Wright au patrimoine mondial. Il s’agit des sites suivants:

Taliesin West, Scottsdale, Arizona

Hollyhock House, Los Angeles, Californie

Frederick C. Robie House, Chicago, Illinois

Unity Temple, Oak Park, Illinois

Solomon R. Guggenheim Museum, New York City

Fallingwater in Mill Run, Mill Run, Pennsylvanie

Herbert and Katherine Jacobs House, Madison, Wisconsin

Taliesin, Spring Green, Wisconsin

À visiter si vous passez dans le coin…

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