WEEKLY NEWS FLASH #197

Abou Bakr Al-Baghdadi est mort, le président Trump qualifie les Républicains qui ne le soutiennent pas de « pourriture humaine » et une ancienne conseillère à la sécurité nationale qualifie un sénateur de « connard ». Bienvenue dans votre dernière édition du Weekly News Flash !

BREAKING NEWS – LA MAISON BLANCHE ANNONCE LE DÉCÈS D’ABOU BAKR AL-BAGHDADI

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L’information est tombée hier. Abou Bakr Al-Baghdadi est mort. Le président Trump s’est adressé à la nation depuis la Maison Blanche pour annoncer que le leader de l’Etat Islamique avait été éliminé lors d’un raid mené par les forces spéciales américaines dans le nord-ouest de la Syrie ce samedi 26 octobre 2019.

Le site où se cachait Al-Baghdadi avait été localisé et faisait l’objet d’une surveillance de la part de la CIA depuis plusieurs mois. Ironie du sort au vu de l’actualité récente: les Kurdes ont semble-t-il aidé la CIA à localiser et à surveiller le repère du chef terroriste. Celui-ci était situé à Barisha, dans la province syrienne d’Idlib, tout près de la frontière turque.

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Carte montrant le lieu où s’est déroulé le raid qui a conduit à la mort d’Abou Bakr Al-Baghdadi (Source: CNN)

Une fois certaine de la présence d’Al-Baghdadi sur les lieux, la CIA a partagé ses informations avec le Pentagone, qui a planifié l’opération militaire à laquelle le président Trump a donné son feu vert ce week-end. L’opération avait été baptisée Opération Kayla Mueller, du nom d’une travailleuse humanitaire américaine enlevée par l’Etat Islamique en Syrie en 2013. Kayla Mueller a été retenue en otage puis assassinée par l’organisation terroriste en 2015. Elle aurait été violée à plusieurs reprises par Abou Bakr Al-Baghdadi.

Les forces spéciales américaines sont arrivées à Barisha à bord de huit hélicoptères. Les soldats américains ont tué plusieurs combattants de l’Etat Islamique présents sur les lieux au cours de l’assaut, ainsi que deux épouses d’Al-Baghdadi. D’autres combattants de l’EI ont été capturés. Abou Bakr Al-Baghdadi a tenté de s’échapper, mais il a été poursuivi par un chien de l’armée américaine. Il s’est retrouvé coincé dans un tunnel sans issue et s’est alors suicidé en faisant exploser sa veste drapée d’une ceinture d’explosifs. Le président Trump a déclaré qu’il était mort « en gémissant, en pleurant et en criant ». « Il est mort comme un chien », a-t-il encore ajouté.

Deux soldats américains ont été légèrement blessés au cours de l’opération, tout comme le chien qui a poursuivi Al-Baghdadi.

L’Opération Kayla Mueller est sans doute l’opération militaire la plus décisive menée par l’armée américaine depuis le raid qui a conduit à la mort d’Oussama Ben Laden en 2011 au Pakistan.

Le président Trump a indiqué que des documents très importants avaient également été saisis lors de l’opération – y compris des documents relatifs aux futurs plans d’action de l’Etat Islamique.

LA PHOTO DE LA SEMAINE

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De gauche à droite: le conseiller à la sécurité nationale Robert O’Brien, le vice-président Mike Pence, le président Trump, le Secrétaire à la Défense Mark Esper et plusieurs officiers de l’armée américaine surveillant le déroulement de l’Opération Kayla Mueller depuis la Situation Room de la Maison Blanche. (Photo rendue publique par la Maison Blanche).

LE RETRAIT DES TROUPES AMÉRICAINES DE SYRIE CONTINUE DE SUSCITER LA COLÈRE À WASHINGTON

Tout le monde à Washington s’est réjoui du succès de l’opération qui a conduit à la mort d’Abou Bakr Al-Baghdadi ce week-end, mais, au cours des jours précédents, la décision du président Trump de retirer les troupes américaines de Syrie avait continué à susciter de nombreuses réactions négatives et indignées.

Lundi 21 octobre. Des images de citoyens kurdes insultant les soldats américains qui quittent la Syrie font le tour du monde. Certains Kurdes jettent des tomates sur les chars américains qui évacuent la région. D’autres se positionnent devant les chars en brandissant des pancartes sur lesquelles on peut lire des messages comme: « Aux soldats américains qui quittent le nord-est de la Syrie en ce moment: dites à vos enfants que les enfants des Kurdes ont été tués par les Turcs et que nous n’avons rien fait pour les protéger ».

Une photo prise par un correspondant de l’AFP circule beaucoup sur les réseaux sociaux. On y voit un soldat américain à bord d’un char évacuant la Syrie. Il porte au bras l’insigne des combattants kurdes en signe de solidarité.

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À Washington, le président Trump continue de défendre sa décision et affirme que « nous n’avons jamais accepté de protéger les Kurdes pour le restant de leur vie ». Il annonce toutefois qu’un petit nombre de soldats américains pourraient finalement rester stationnés dans l’est de la Syrie pour « protéger le pétrole ». Personne ne sait vraiment ce que le président entend par là.

Mardi 22 octobre. Mitch McConnell et plusieurs de ses collègues républicains introduisent au Sénat une résolution condamnant la décision du président Trump de retirer les troupes américaines de Syrie. Une résolution semblable avait été adoptée la semaine dernière à la Chambre des Représentants. La résolution introduite au Sénat demande également au président Trump de ne pas retirer davantage de troupes du Moyen-Orient tant qu’il ne peut pas démontrer au Congrès que l’Etat Islamique et Al-Qaïda ont été définitivement vaincus.

Pendant ce temps-là, Recep Tayyip Erdogan et Vladimir Poutine se rencontrent à Sochi, en Russie, pour discuter de l’avenir de la Syrie. La rencontre est très symbolique. Le futur de la Syrie semble être entre les mains de la Russie et de la Turquie. Les Etats-Unis sont totalement absents. L’accord négocié par Poutine et Erdogan prolonge toutefois le cessez-le-feu négocié la semaine dernière par le vice-président américain Mike Pence à Ankara. Les Kurdes bénéficient d’un délai supplémentaire pour évacuer la zone dont la Turquie affirme qu’elle va prendre le contrôle. Cette zone a été étendue, avec le feu vert de Vladimir Poutine. Erdogan a l’intention d’y établir une « safe zone » et d’y renvoyer des millions de réfugiés syriens qui vivent actuellement en Turquie. La Turquie et la Russie annoncent également que leurs troupes patrouilleront conjointement le long de la frontière turco-syrienne.

Mercredi 23 octobre. Lors d’une audition au Congrès, l’envoyé spécial des Etats-Unis pour la Syrie, James Jeffry, confirme que plus d’une centaine de combattants de l’Etat Islamique ont profité de l’offensive turque pour s’échapper des prisons dans lesquelles ils étaient retenus par les Kurdes. Jeffry affirme que les Etats-Unis ignorent où ils se trouvent désormais.

Jeudi 24 octobre. Recep Tayyip Erdogan affirme à la télévision turque que les Etats-Unis devraient livrer Mazloum Kobani, le commandant kurde des Forces Démocratiques Syriennes, à la Turquie.

LES DERNIÈRES NOUVELLES DE L’IMPEACHMENT INQUIRY

Cela fait désormais plus d’un mois que le lancement de l’impeachment inquiry a été annoncé par la Speaker Nancy Pelosi. C’était le 24 septembre dernier.

Cette semaine, de nouveaux témoins ont été entendus par les comités compétents du Congrès, toujours à huis clos. Plusieurs députés républicains ont aussi participé à un mouvement de protestation contre le supposé manque de transparence du processus. Résumé ci-dessous.

  • Bill Taylor a témoigné devant le Congrès

Bill Taylor est l’actuel ambassadeur des Etats-Unis en Ukraine. Il a succédé à Marie Yovanovitch à ce poste après que celle-ci ait été démise de ses fonctions au printemps dernier. Bill Taylor est un diplomate expérimenté et a déjà été ambassadeur en Ukraine sous la présidence de George W. Bush.

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Bill Taylor photographié lors de son arrivée au Capitole

Le témoignage de Bill Taylor est peut-être le plus important de tous les témoignages délivrés jusqu’ici. Il a en effet confirmé que le président Trump avait bien ordonné de suspendre l’envoi d’aide militaire à l’Ukraine afin de mettre la pression sur le président ukrainien Volodymyr Zelensky pour que celui-ci annonce l’ouverture d’une enquête sur l’entreprise qui employait le fils de Joe Biden.

Le Washington Post a obtenu le texte que Bill Taylor a lu à l’ouverture de son audition. Pour ceux qui voudraient le lire en entier, le texte de 15 pages est accessible ici.

En résumé, Bill Taylor affirme que la Maison Blanche a bien refusé de délivrer 400 millions de dollars d’aide militaire à l’Ukraine (pourtant approuvée par le Congrès) tant que le président ukrainien n’annoncerait pas publiquement l’ouverture d’enquêtes concernant à la fois:

– le rôle supposé joué par l’Ukraine dans le piratage informatique des serveurs du Parti Démocrate en 2016 (ndlr: il s’agit en réalité d’une théorie du complot sans fondement, mais à laquelle le président Trump semble croire).

– Burisma, l’entreprise ukrainienne qui employait le fils de Joe Biden.

Bill Taylor a affirmé que Gordon Sondland, l’ambassadeur des Etats-Unis auprès de l’Union européenne, lui avait dit que le président Trump voulait absolument que le président Zelensky annonce publiquement l’ouverture de ces enquêtes.

Bill Taylor a aussi expliqué que lorsqu’il s’était inquiété de ce qui était en train de se passer, Gordon Sondland lui avait expliqué que Donald Trump envisageait la politique étrangère comme un business.

Ambassador Sondland tried to explain to me that President Trump is a businessman. When a businessman is about to sign a check to someone who owes him something, he said, the businessman asks that person to pay up before signing the check. (L’ambassadeur Sondland a essayé de m’expliquer que le président Trump est un businessman. Lorsqu’un businessman est sur le point de signer un chèque pour quelqu’un qui lui doit quelque chose, a-t-il dit, le businessman demande à cette personne de régler sa dette avant de signer le chèque)

Bill Taylor affirme aussi que les Ukrainiens étaient bien au courant des raisons pour lesquelles ils n’avaient pas reçu l’aide promise. D’après son témoignage, Gordon Sondland aurait directement averti l’un des principaux conseillers du président Zelensky, Andriy Yermak, de ce qui était en train de se passer et de ce que voulait le président Trump.

Ambassador Sondland told Mr. Yermak that the security assistance money would not come until President Zelensky committed to pursue the Burisma investigation. (L’ambassadeur Sondland a dit à Mr. Yermak que l’argent lié à l’assistance militaire ne serait pas délivré tant que le président Zelensky ne s’engagerait pas à enquêter sur Burisma)

  • Des députés républicains ont mené une action de protestation au Capitole et ont ainsi retardé l’audition d’un témoin de cinq heures !

Scène incroyable au Capitole ce mercredi. Une trentaine de députés républicains ont pénétré de force dans la salle où l’un des témoins convoqués dans le cadre de l’impeachment inquiry devait être interrogé. Ces députés entendaient ainsi protester contre la manière dont les Démocrates organisent les auditions et, selon eux, le manque de transparence du processus. Ils ont organisé un sit-in dans la salle et s’y sont même fait livrer des pizzas ! En raison de ce mouvement de protestation, l’audition du témoin en question (Laura Cooper, une employée du Pentagone) a finalement démarré avec cinq heures de retard !

En outre, des députés démocrates ont accusé certains des députés républicains ayant participé à ce mouvement de protestation d’avoir pénétré à l’intérieur de la salle avec leurs téléphones portables, ce qui est interdit par le règlement. La salle où les auditions des témoins ont lieu est en effet une SCIF (Sensitive Compartmented Information Facility), un local protégé dans lequel il est interdit de pénétrer avec un téléphone ou tout autre appareil électronique. Le député républicain de Floride Matt Gaetz, qui menait le mouvement de protestation républicain, a publié le tweet ci-dessous alors que les députés avaient déjà pénétré à l’intérieur de la SCIF. Il a toutefois plus tard assuré que le tweet avait été publié par des membres de son staff qui ne se trouvaient pas à l’intérieur de la pièce.

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Traduction: BREAKING: J’ai emmené plus de 30 de mes collègues à l’intérieur de la SCIF où Adam Schiff organise des auditions secrètes. Nous sommes toujours à l’intérieur – plus de détails à venir.

Comme nous vous l’expliquions déjà la semaine dernière, les Républicains reprochent aux Démocrates d’avoir décidé d’organiser les auditions des témoins à huis clos, empêchant ainsi le grand public de pouvoir entendre tout ce qui y est dit. Cette réalité nous semble pouvoir faire l’objet d’un débat.

En revanche, les députés ayant participé au sit-in ont également mis en avant un autre argument plus que douteux pour justifier leur action. Ils se sont plaints de ne pas pouvoir assister aux auditions des témoins. Il est vrai que certains d’entre eux ne peuvent pas y assister, mais il s’agit d’un processus tout à fait normal. Il est tout à fait courant au Congrès que seuls les députés membres d’un comité participent aux auditions organisées par ce comité. En réalité, les députés républicains membres des comités chargés de l’impeachment inquiry participent aux auditions et peuvent y interroger les témoins, tout comme leurs collègues démocrates. À l’inverse, les députés qui ne sont pas membres des comités concernés, qu’ils soient Républicains ou Démocrates, ne participent pas aux auditions. Encore une fois, il s’agit d’un processus tout à fait traditionnel. Les députés qui ont participé au sit-in le savent très bien. Ils savaient aussi que leur action serait très médiatisée et espéraient sans doute que certains citoyens qui ne connaissent pas bien le fonctionnement du Congrès croiraient à leurs arguments et penseraient que les Démocrates empêchent effectivement les Républicains d’assister aux auditions des témoins. Ce n’est pas du tout le cas.

  • Au Sénat, Lindsey Graham a introduit une résolution condamnant le manque de transparence supposé de l’impeachment inquiry menée par la Chambre des Représentants

Le sénateur républicain Lindsey Graham a introduit une résolution au Sénat pour condamner le manque de transparence supposé de l’enquête menée par les Démocrates à la Chambre des Représentants. Graham a précisé qu’il ne s’agissait pas de dire que le président Trump n’avait rien fait de mal, mais d’inciter la Chambre des Représentants à faire preuve de plus de transparence.

Tous les sénateurs républicains ont signé la résolution introduite par Lindsey Graham, à l’exception de Mitt Romney, Susan Collins et Lisa Murkowski.

  • Les avocats du lanceur d’alerte déclarent que leur client ne souhaite pas témoigner devant le Congrès

Les avocats du lanceur d’alerte dont le rapport a tout déclenché – et dont l’identité n’a pas été révélée – ont indiqué que leur client ne souhaitait pas témoigner devant le Congrès. D’après eux, les différents témoins qui ont déjà été entendus ont largement confirmé la véracité des faits dont le lanceur d’alerte avait attesté dans son rapport. Ils affirment que celui-ci n’en sait pas plus et qu’il ne serait donc pas utile de le faire témoigner et de révéler ainsi son identité.

L’anonymat du lanceur d’alerte est un autre point de discorde entre Républicains et Démocrates. Les Républicains estiment que le lanceur d’alerte est un témoin essentiel et qu’il devrait être convoqué pour une audition. Les Démocrates entendent préserver son anonymat en vertu de la législation américaine qui protège les lanceurs d’alerte.

  • Donald Trump a créé la polémique en comparant l’impeachment inquiry à un lynchage

Voici le tweet qui a créé la polémique cette semaine. Le président Trump y compare l’enquête dont il fait l’objet à un lynchage.

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Traduction: Donc un jour, si un Démocrate devient Président et que les Républicains gagnent la Chambre, même par une petite majorité, ils pourront prononcer l’impeachment du Président, sans procès équitable ni justice ni respect des droits légaux. Tous les Républicains doivent se souvenir de ce dont ils sont ici les témoins – un lynchage. Mais nous GAGNERONS!

Au-delà du fait que l’argument du président selon lequel il ne dispose d’aucun droit est extrêmement discutable, comparer un processus constitutionnel à un lynchage semble plutôt maladroit. Le terme a effectivement une signification historique bien particulière aux Etats-Unis. Plusieurs élus républicains ont d’ailleurs critiqué le tweet du président. Le leader des Républicains à la Chambre des Représentants, Kevin McCarthy, a déclaré que « ce n’est pas le langage que j’utiliserais » et le leader des Républicains au Sénat, Mitch McConnell, a déclaré que « vu l’histoire de notre pays, je ne comparerais pas cela à un lynchage. C’est un choix de mots malheureux ». La sénatrice Susan Collins a affirmé que le président n’aurait jamais dû faire une telle comparaison.

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Traduction: « Lynchage » nous rappelle des images d’une période terrible de l’histoire de notre nation, et le Président n’aurait jamais dû faire cette comparaison.

Jeb Bush a écrit sur Twitter que le président n’était pas une victime et que « assimiler sa situation à un lynchage est grotesque ». Interrogé par des journalistes, le sénateur Marco Rubio a déclaré: « Je pense qu’il y a au moins 150 autres mots dans la langue anglaise qui auraient été plus adéquats qu’un mot qui évoque des souvenirs terribles d’un temps où des Américains étaient pendus à un arbre à cause de la couleur de leur peau. Ce n’est donc pas le mot que j’aurais choisi ».

D’autres élus républicains ont pris la défense du président Trump, affirmant qu’il était normal qu’il soit frustré. Lindsey Graham a déclaré devant la presse que la comparaison à un lynchage n’était pas inappropriée.

  • « Pourriture humaine », l’autre tweet polémique de la semaine

Le président Trump a déjà accusé à plusieurs reprises les diplomates interrogés dans le cadre de l’impeachment inquiry d’être des « Républicains anti-Trump », autrement dit des Républicains qui ne l’ont jamais soutenu et qui comploteraient contre lui pour mettre un terme à sa présidence. Cette semaine, le président a publié un tweet dans lequel il déclare que ces Républicains sont peu nombreux mais encore plus dangereux que les Démocrates. Il les qualifie même de « pourriture humaine ».

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Traduction: Les Républicains anti-Trump, bien qu’il n’en reste pas beaucoup et qu’ils soient sous respirateur, sont d’une certaine manière pires et plus dangereux pour notre Pays que les Démocrates qui ne font rien. Faites attention à eux, c’est de la pourriture humaine!

Jay Nordlinger, rédacteur en chef de la célèbre publication conservatrice National Review, qui n’a jamais été très favorable au président, a souligné sur Twitter qu’un tel langage était très semblable à celui utilisé au cours de l’histoire par de nombreux dictateurs pour désigner leurs adversaires.

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Traduction: « Pourriture humaine ». Est-ce tellement différent de la manière dont plusieurs dirigeants autoritaires ont désigné leurs opposants et leurs critiques au fil des années – à travers les générations et les siècles? Les adeptes de Castro utilisent un mot: « gusanos », « vers de terre ». Faites attention à ce genre de choses. C’est un signal inquiétant.

LA DÉCLARATION DE LA SEMAINE

He was totally unequipped to handle the genius of our great president. (Il n’était pas du tout prêt à gérer le génie de notre grand président)

Non, nous ne sommes pas en Corée du Nord. Cette phrase a été prononcée par la porte-parole de la Maison Blanche, Stephanie Grisham, au sujet de John Kelly, l’ex-chef de cabinet de la Maison Blanche. Elle réagissait à des propos prononcés par Kelly lors d’une interview accordée au Washington Examiner. Kelly a déclaré que lorsqu’il avait quitté la Maison Blanche, il avait conseillé au président Trump de le remplacer par quelqu’un qui ne répondrait pas favorablement à toutes ses demandes, sous peine de finir destitué.

I said whatever you do, don’t hire a « yes man », someone who won’t tell you the truth – don’t do that. Because if you do, I believe you will be impeached. (J’ai dit: quoi que vous fassiez, n’engagez pas un « monsieur oui », quelqu’un qui ne vous dira pas la vérité – ne faites pas cela. Parce que si vous le faites, je crois que vous serez destitué)

LE LIVRE DE LA SEMAINE

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Vous souvenez-vous de la fameuse carte blanche rédigée par un membre anonyme de l’administration Trump et publiée par le New York Times en septembre 2018? Cette carte blanche dont l’auteur affirmait qu’il faisait partie d’une résistance au président Trump au sein même de l’administration? Et bien, cette personne a écrit un livre, intitulé « A Warning », « Un avertissement ». Il paraîtra le 19 novembre. La couverture a été dévoilée par l’éditeur (photo ci-dessus).

L’auteur a décidé de rester anonyme. Il est présenté comme Anonymous. Il dit vouloir mettre en garde le public américain contre les dérives du président Trump avant l’élection de 2020. Anonymous a aussi déclaré vouloir reverser une grande partie des bénéfices qui seront générés par la vente de son livre à l’Association des Correspondants de la Maison Blanche et à d’autres organisations qui se battent pour la liberté de la presse.

La maison d’édition a refusé de préciser si Anonymous faisait encore partie de l’administration Trump à l’heure actuelle. (C’était le cas lorsque sa carte blanche a été publiée par le New York Times l’an dernier mais plusieurs personnalités importantes ont quitté l’administration depuis, comme John Kelly, James Mattis, Nikki Haley, etc.).

Les questions que tout le monde se pose sont donc les suivantes: Mais qui est donc Anonymous? Faut-il croire à tout ce qu’il/elle raconte? S’il s’agit d’envoyer un message fort au peuple américain, pourquoi rester anonyme au lieu de s’exprimer publiquement? La démarche est-elle justifiable?

LA BOURDE DE LA SEMAINE

Lors d’un meeting à Pittsburgh, le président Trump a déclaré que son administration construisait un mur au Colorado.

We’re building a wall in Colorado, we’re building a beautiful wall, a big one that really works, that you can’t get over, you can’t get under and we’re building a wall in Texas. (Nous construisons un mur au Colorado, nous construisons un beau mur, un grand mur qui fonctionne vraiment, qu’on ne peut pas escalader, sous lequel on ne peut pas passer et nous construisons un mur au Texas)

Un mur au Colorado? Sauf que cet état n’est même pas situé le long de la frontière avec le Mexique. Il a en revanche une frontière avec l’état américain du Nouveau Mexique, ce qui a conduit de nombreux internautes à se moquer du président Trump en partageant l’image ci-dessous sur les réseaux sociaux.

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LA VIDÉO DE LA SEMAINE

Ce week-end, le président Trump s’est rendu au stade pour assister à un match de l’équipe de baseball de Washington. Il s’agissait de l’un des matchs des World Series, la prestigieuse finale de la MLB, qui oppose cette année les Washington Nationals aux Houston Astros.

Le président n’a pas été très bien accueilli. Lorsqu’il est apparu sur l’écran géant du stade, de nombreux supporters l’ont hué et certains se sont même mis à chanter Lock him up! (Enfermez-le!). Pour rappel, lors de la campagne électorale de 2016, les supporters de Donald Trump avaient pris l’habitude de chanter Lock her up! à chaque fois que leur candidat faisait allusion à Hillary Clinton.

LE CHIFFRE DE LA SEMAINE

37% ou le pourcentage d’électeurs républicains qui affirment que rien ne pourra changer l’opinion positive qu’ils ont du président Trump, d’après une enquête réalisée par le Public Religion Research Institute.

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ROAD TO 2020

Le caucus de l’Iowa, c’est désormais dans moins de 100 jours ! Il reste donc de moins en moins de temps aux candidats aux primaires pour convaincre…

  • Tim Ryan n’est plus candidat à l’élection présidentielle

Le député de l’Ohio a annoncé qu’il mettait un terme à sa campagne présidentielle et qu’il serait candidat à un nouveau mandat à la Chambre des Représentants.

  • Le sondage de la semaine

Pete Buttigieg est en train de grimper dans les sondages en Iowa. Selon le dernier sondage réalisé par USA Today et la Suffolk University dans cet état, il arrive désormais en troisième position, derrière Joe Biden et Elizabeth Warren, mais devant Bernie Sanders. Buttigieg est désormais crédité de 13% des intentions de vote, contre 6% dans le même sondage au mois de juin dernier.

Intentions de vote au caucus démocrate de l’Iowa (Sondage USA Today/Suffolk University)

Joe Biden 18%

Elizabeth Warren 17%

Pete Buttigieg 13%

Bernie Sanders 9%

Tom Steyer 3%

Autres candidats 11%

Électeurs indécis 29%

  • L’autre sondage de la semaine

D’après un sondage Quinnipiac, 47% des Américains pensent que le Parti Démocrate a glissé trop à gauche ces dernières années, alors qu’ils ne sont que 37% à penser que le Parti Républicain a glissé trop à droite.

  • Rashida Tlaib apporte son soutien à Bernie Sanders

Après Ilhan Omar et Alexandria Ocasio-Cortez, c’est la députée du Michigan Rashida Tlaib qui a apporté son soutien officiel à Bernie Sanders dans le cadre de la primaire démocrate. Les trois jeunes députées ont été élues lors des dernières élections de mi-mandat. Omar et Tlaib sont les deux premières femmes musulmanes élues au Congrès.

  • Le dernier débat démocrate de l’année 2019 aura lieu le 19 décembre à Los Angeles

Le sixième débat démocrate aura lieu le 19 décembre à Los Angeles. Il sera co-organisé par Politico et PBS. Le Parti Démocrate a annoncé de nouveaux critères de qualification plus stricts pour ce débat. Seuls les candidats crédités d’au moins 4% des voix dans minimum quatre sondages différents et ayant récolté de l’argent d’au moins 200,000 donateurs différents pourront y participer. Les candidats ont jusqu’au 12 décembre pour se qualifier.

LE DÉCÈS DE LA SEMAINE

L’ex-député démocrate du Michigan John Conyers est décédé ce week-end. Il avait 90 ans. John Conyers a occupé son poste de député à la Chambre des Représentants de 1965 jusqu’à sa démission en 2017. Il avait démissionné après avoir été accusé de harcèlement sexuel par plusieurs anciennes collaboratrices.

LES FUNÉRAILLES DE LA SEMAINE

Le cercueil d’Elijah Cummings a été exposé dans le Statuary Hall du Congrès, où plusieurs de ses anciens collègues sont venus lui rendre un dernier hommage. Le député du Maryland est décédé la semaine dernière à l’âge de 68 ans.

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Elijah Cummings a ensuite été enterré à Baltimore. Les anciens présidents Bill Clinton et Barack Obama ont pris la parole lors des funérailles, auxquelles plus de 4,000 personnes ont assisté.

LA DÉMISSION DE LA SEMAINE

La députée démocrate de Californie Katie Hill a démissionné cette semaine, quelques jours après avoir reconnu qu’elle entretenait une liaison avec un membre de son staff. Si elle n’avait pas démissionné, Hill aurait pu être sanctionnée par le comité d’éthique de la Chambre des Représentants. Le règlement d’ordre intérieur de la Chambre a en effet été récemment modifié et interdit désormais explicitement les relations intimes entre les élus et les membres de leur staff. Cette modification du règlement est intervenue après que, en pleine explosion du mouvement #MeToo, plusieurs élus aient été accusés de harcèlement sexuel par d’anciennes collaboratrices.

La Speaker Nancy Pelosi a salué la démission de Katie Hill, affirmant que celle-ci avait reconnu son erreur de jugement et que « nous devons nous assurer qu’un climat d’intégrité et de dignité règne au Congrès, comme dans tous les autres lieux de travail ».

Katie Hill était députée depuis moins d’un an. Elle avait été élue lors des élections de mi-mandat de novembre 2018, battant un député républicain sortant. Avant son élection, elle dirigeait une organisation à but non lucratif venant en aide aux personnes sans-abri à Los Angeles. Elle était considérée par certains observateurs comme une étoile montante du Parti Démocrate.

L’INSULTE DE LA SEMAINE

He’s a piece of shit. (C’est un connard)

Susan Rice, ancienne conseillère à la sécurité nationale du président Obama, au sujet du sénateur républicain Lindsey Graham. Susan Rice a tenu ces propos alors qu’elle participait à une interview pour un podcast.

Lindsey Graham a répondu sur Twitter.

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Traduction: Susan Rice était un désastre ambulant en termes de sécurité nationale. Son « Best Of »: la débâcle de Benghazi, l’accord sur le nucléaire iranien, le retrait d’Irak/création de l’Etat Islamique, la ligne rouge en Syrie, le génocide du Rwanda. Si elle était d’accord avec moi, je me demanderais ce que j’ai fait de mal!

LE PSEUDO DE LA SEMAINE

« C’est moi ». Ce sont les mots que Mitt Romney a utilisés pour confirmer qu’il possédait un compte Twitter secret sous le pseudo de Pierre Delecto. Le sénateur républicain avait d’abord révélé lors d’une interview qu’il utilisait un compte Twitter secret pour suivre incognito les conversations politiques sur le réseau social. Une journaliste de Slate a alors mené sa petite enquête et affirmé qu’elle pensait avoir découvert le compte secret de Romney, à savoir le compte d’un certain Pierre Delecto. Mitt Romney a ensuite confirmé qu’il s’agissait bien de son compte secret.

Sous l’identité de Pierre Delecto, Mitt Romney a notamment « aimé » plusieurs tweets critiques à l’encontre du président Trump publiés par d’autres utilisateurs, dont un qui affirmait: « Si ça, c’est un génie stable, je n’aimerais pas voir ce que ferait un idiot instable » ¯\_(ツ)_/¯.

MEANWHILE, IN FLORIDA…

Un nouvel hôtel Hard Rock a ouvert ses portes au nord de Miami. Particularité? Il a la forme d’une guitare géante ! Le bâtiment, haut de 137 mètres, compte plus de 600 chambres et plusieurs casinos. Sa construction a coûté 1,5 milliard de dollars. Il pourra aussi accueillir des concerts et autres événements. Maroon 5 et Sting vont s’y produire prochainement.

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L’hôtel appartient à la très riche tribu amérindienne des Séminoles. Alors que beaucoup de tribus amérindiennes sont encore confrontées à la pauvreté, ce n’est pas le cas des Séminoles, qui se sont lancés dans l’exploitation d’hôtels et de casinos à la fin des années 70 et ont très bien réussi. La tribu a racheté le groupe Hard Rock  il y a un peu plus de dix ans et gère désormais les dizaines de Hard Rock Cafés et Hard Rock Hotels éparpillés à travers le monde. D’après son président, la marque Hard Rock génère plus de 6 milliards de dollars de revenus chaque année et tous les membres de la tribu séminole profitent du pactole. En effet, toute personne ayant au moins 25% de sang séminole reçoit une partie des profits du groupe. D’après les estimations du magazine Forbes, chaque membre de la tribu reçoit ainsi, dès sa naissance, $128,000 par an. Chaque Séminole serait donc déjà millionnaire lorsqu’il atteint l’âge de 18 ans !


PS: JUSTIN TRUDEAU RÉÉLU AU POSTE DE PREMIER MINISTRE DU CANADA

Nous vous parlions la semaine dernière du soutien apporté par Barack Obama à Justin Trudeau. L’ancien président américain doit être ravi puisque Trudeau a bien été réélu au poste de premier ministre du Canada. Il sera toutefois désormais à la tête d’un gouvernement minoritaire. Son parti est arrivé en tête des élections législatives, mais n’a pas obtenu la majorité des sièges au parlement.

 

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