WEEKLY NEWS FLASH #30

Comme chaque lundi, retour sur l’actualité politique des sept derniers jours. Bonne lecture 😉

LES ÉLECTIONS DE LA SEMAINE

De nouvelles primaires ont eu lieu dans cinq états cette semaine. Pour plus d’informations sur les résultats, consultez notre article Le bilan des primaires du mardi 15 mars.

L’ABANDON DE LA SEMAINE

Suite à sa défaite lors de la primaire de Floride, Marco Rubio a mis fin à sa campagne présidentielle. Ils ne sont désormais plus que trois candidats à l’investiture républicaine : Donald Trump, Ted  Cruz et John Kasich.

L’HOMME DE LA SEMAINE

Merrick Garland. Il s’agit de l’homme choisi par le Président Obama pour succéder à Antonin Scalia à la Cour Suprême.

Merrick Garland aux côtés de Barack Obama lors d'une conférence de presse à la Maison Blanche
Merrick Garland aux côtés de Barack Obama lors d’une conférence de presse à la Maison Blanche

Petit rappel pour les distraits : Antonin Scalia, l’un des neuf juges de la Cour Suprême, est décédé en février. La Constitution prévoit qu’il revient au Président des Etats-Unis de nommer les juges de la Cour Suprême. Ses choix doivent cependant être confirmés par le Sénat. Suite à l’annonce du décès du juge Scalia, Barack Obama avait annoncé avoir l’intention de remplir son devoir en lui trouvant un successeur. Mais les Républicains, majoritaires au Sénat, estiment qu’étant donné que Barack Obama est en fin de mandat, la tâche de nommer le successeur de Scalia devrait revenir au futur Président, qui aura été élu en connaissance de cause par le peuple américain. Ils ont donc déclaré qu’ils bloqueraient toutes les initiatives du Président Obama en la matière. Pour plus de détails à ce sujet, vous pouvez lire notre article Le juge Antonin Scalia est mort (et c’est une information politique importante).

Qui est Merrick Garland ?

Il est âgé de 63 ans. Si sa nomination était confirmée, il deviendrait la personnalité la plus âgée nommée à la Cour Suprême depuis plus de quarante ans. Il est diplômé de la prestigieuse Harvard Law School. Il a travaillé dans le privé mais aussi au Département de la Justice. Il y a notamment été le procureur en charge de l’instruction dans l’affaire de l’attentat d’Oklahoma City. Il est aujourd’hui juge à la Cour d’Appel du District of Columbia. Il a été nommé à ce poste par le Président Bill Clinton en 1997. À l’époque, sa nomination avait été approuvée par le Sénat et de nombreux sénateurs républicains s’y étaient montrés favorables. Parmi eux, cinq sénateurs toujours en poste aujourd’hui, dont John McCain.

En choisissant Merrick Garland, Barack Obama semble avoir voulu désigner une personnalité capable de faire l’unanimité. Mais malgré le fait que certains Républicains aient voté en faveur de sa nomination en 1997, les sénateurs républicains semblent décidés à camper sur leur position. Quelques soient ses qualités, il y a donc très peu de chances que la nomination de Garland soit confirmée par le Sénat.

LES SOUTIENS DE LA SEMAINE

  • Rick Scott / Donald Trump

Au lendemain de la primaire de Floride, le gouverneur de Floride, Rick Scott, a apporté son soutien à Donald Trump. Dans un message publié sur sa page Facebook, il déclare qu’il est temps pour le Parti Républicain d’accepter le choix des électeurs et de se rassembler autour de ce dernier.

With his victories yesterday, I believe it is now time for Republicans to accept and respect the will of the voters and coalesce behind Donald Trump. (Avec ses victoires d’hier, je crois qu’il est désormais temps pour les Républicains d’accepter et de respecter la volonté des électeurs et de s’unir derrière Donald Trump)

If we spend another four months tearing each other apart, we will damage our ability to win in November. (Si nous passons quatre mois de plus à nous déchirer, nous réduirons nos chances de gagner en novembre)

Certains observateurs pensent que Rick Scott fait partie des candidats potentiels à la vice-présidence en cas de victoire de Donald Trump.

  • Lindsey Graham / Ted Cruz

Aussi incroyable que cela puisse paraître, Lindsey Graham a annoncé qu’il allait participer à une récolte de fonds pour la campagne de Ted Cruz. Comme beaucoup de ses collègues républicains plus modérés, Graham a longtemps été très critique vis-à-vis de Ted Cruz et de son refus catégorique de faire le moindre compromis avec les Démocrates au Sénat. Graham n’a même jamais caché son inimitié pour Cruz. Il y a quelques mois, il déclarait encore qu’avoir à choisir entre Trump et Cruz revenait à  devoir choisir entre se faire tirer une balle dans la tête ou se faire empoisonner. Il semble avoir changé d’avis et considérer aujourd’hui que Cruz est un moindre mal comparé à Trump.

I have doubts about Mr. Trump. I don’t think he’s a Republican. I don’t think he’s a conservative. I think his campaign is built on xenophobia […] I think he would be a disaster for our party and as Senator Cruz would not be my first choice, I think he is a Republican conservative who I could support. (J’ai des doutes à propos de Mr. Trump. Je ne pense pas qu’il soit un Républicain. Je ne pense pas qu’il soit un conservateur. Je pense que sa campagne est construite sur la xénophobie […] Je pense qu’il serait un désastre pour notre parti et même si le sénateur Cruz n’était pas mon premier choix, je pense qu’il est un Républicain conservateur que je peux soutenir)

Graham ne cache donc pas que son soutien à Ted Cruz n’est pas vraiment un choix du cœur mais qu’il intervient dans le but de faire barrage à Donald Trump. Il ne sera sans doute pas le dernier au sein de l’establishment républicain à adopter cette position.

LE MESSAGE DE LA SEMAINE

Celui que Mitt Romney a publié sur sa page Facebook. Il a annoncé qu’il voterait en faveur de Ted Cruz lors du caucus de l’Utah ! Romney a pourtant fait campagne récemment aux côtés de John Kasich en Ohio. Il n’apporte en réalité pas un soutien définitif à Ted Cruz. Son choix s’inscrit dans la logique qu’il avait déjà incité les électeurs républicains à adopter : celle de voter pour le candidat ayant le plus de chances de battre Donald Trump dans leur état. En Utah, il s’agit de Ted Cruz. La logique de Romney est donc plus que jamais le Tout sauf Trump. Il écrit notamment qu’il y a désormais un choix à faire entre le « Trumpisme » et le « Républicanisme ». Le premier étant associé « au racisme, à la misogynie, au sectarisme, à la xénophobie, à la vulgarité, et, plus récemment, aux menaces et à la violence ».

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Donald Trump n’a pas tardé à réagir. Lors d’un meeting à Salt Lake City, il n’a pas hésité à remettre en question la foi de Mitt Romney :

Are you sure he’s a Mormon? Are we sure? (Êtes-vous sûr qu’il est un mormon? En sommes-nous sûrs?)

Mais puisque l’on parle des mormons, tout semble indiquer que Donald Trump a du mal à les convaincre de voter en sa faveur.

LE SONDAGE DE LA SEMAINE

Le caucus de l’Utah aura lieu le mardi 22 mars. Voici les résultats du dernier sondage réalisé auprès des électeurs républicains de cet état (intentions de vote) :

Ted Cruz 53%

John Kasich 29%

Donald Trump 11%

Donald Trump devrait donc subir une lourde défaite en Utah. Or, une majorité de la population de l’Utah est mormone. Et tout semble indiquer que les mormons n’apprécient guère Trump. Ils représentent pourtant un groupe religieux totalement acquis à la cause du Parti Républicain. Mais lors de la primaire de l’Idaho, état abritant le plus grand nombre de mormons après l’Utah, Donald Trump avait été largement distancé par Ted Cruz (28% des voix contre 45%). Et on a pu constater que plus un comté comptait d’habitants mormons, moins le score de Donald Trump y était élevé. Ainsi, dans le comté le plus mormon de l’état (où les mormons représentent 95% de la population), Donald Trump n’a obtenu que 8% des voix, contre 57% pour Ted Cruz et 27% pour Marco Rubio.

Comment expliquer cette aversion des mormons, qui sont pourtant fortement républicains, à l’égard de Donald Trump? Plusieurs éléments d’explications sont possibles.

1. Ces dernières années, l’Eglise de Jésus-Christ des saints des derniers jours (véritable nom de l’église mormone) a défendu des positions modérées en matière d’immigration. Elle s’est notamment déclarée opposée à une politique d’expulsion trop stricte, qui conduit à la séparation des familles. Dans de nombreux sondages, on observe également qu’une large majorité des mormons considèrent l’immigration comme un atout plutôt que comme un danger pour la société américaine.

2. Les mormons ayant été eux-mêmes persécutés au début de leur existence, ils sont très attachés au respect de tous les cultes. Ils ont récemment dénoncé certaines dérives islamophobes. Lorsque Donald Trump avait proposé d’interdire toute immigration musulmane aux Etats-Unis, l’église avait même publié un communiqué. Il commençait par les mots suivants :

The Church of Jesus Christ of Latter-day Saints is neutral in regard to party politics and election campaigns. However, it is not neutral in relation to religious freedom. (L’Eglise de Jésus-Christ des saints des derniers jours se veut neutre en ce qui concerne la politique et les campagnes électorales. Cependant, elle n’est pas neutre en ce qui concerne la liberté religieuse)

Le communiqué rappelait ensuite que Joseph Smith, le fondateur de l’église, avait dit être prêt à mourir pour défendre les droits de toute religion qui serait victime de persécutions.

Preuve de cette ouverture, le gouverneur républicain de l’Utah, Gary Herbert, est le seul gouverneur républicain du pays à avoir déclaré être prêt à continuer d’accueillir des réfugiés syriens dans son état.

3. Donald Trump ne représente pas vraiment les valeurs religieuses, morales et familiales défendues par les Mormons.

Revenons-en au sondage réalisé en Utah. Il indique que Donald Trump devrait y subir une lourde défaite, mais il y a encore plus intéressant. Seulement 29% des électeurs républicains interrogés ont déclaré qu’ils voteraient en faveur de Donald Trump en novembre s’il était le candidat de leur parti à l’élection générale ! 25% d’entre eux ont déclaré qu’ils inscriraient le nom d’un autre candidat sur leur bulletin de vote (le rendant ainsi nul), 15% qu’ils voteraient pour le candidat d’un autre parti et 7% ont même déclaré qu’ils voteraient pour le candidat démocrate.

Sondage réalisé auprès d'électeurs républicains de l'Utah
Sondage réalisé auprès d’électeurs républicains de l’Utah

L’ANNULATION DE LA SEMAINE

Un nouveau débat républicain devait être organisé par Fox News ce lundi 21 mars. Les trois derniers candidats à l’investiture – Donald Trump, Ted Cruz et John Kasich – auraient dû s’y affronter. Mais Donald Trump a déclaré qu’il refusait d’y participer. Officiellement parce qu’il avait un discours prévu à la même heure. John Kasich a rapidement déclaré que si Donald Trump n’était pas présent, il ne viendrait pas non plus. Résultat : Fox News a annoncé que le débat était purement et simplement annulé. Seul Ted Cruz l’a regretté. Il s’était dit prêt à débattre face à Trump et Kasich, ou même uniquement face à Kasich.

LE RISQUE DE LA SEMAINE

L’élection de Donald Trump à la présidence des Etats-Unis représenterait un risque majeur pour la stabilité du monde. C’est du moins l’avis du magazine The Economist, qui a placé l’élection de Trump parmi son Top 10 des « risques mondiaux ». Le magazine évoque notamment les conséquences néfastes d’une possible guerre économique entre les Etats-Unis et le Mexique ou entre les Etats-Unis et la Chine, ou encore le fait que l’élection de Trump aiderait les réseaux terroristes à recruter davantage de volontaires. Notons que c’est la première fois que The Economist place l’élection d’un Président des Etats-Unis comme étant un risque majeur.

LA DÉCLARATION DE LA SEMAINE

I’m speaking with myself because I have a very good brain. (Je parle avec moi-même parce que j’ai un très bon cerveau)

Déclaration de Donald Trump lors d’une interview sur MSNBC, alors qu’on lui demandait qui étaient ses conseillers en matière de politique étrangère. Cela n’est pas la première fois que des journalistes interrogent Donald Trump à ce sujet. Il a à de nombreuses reprises promis qu’il rendrait publique la liste de ses conseillers en la matière, mais il ne l’a toujours pas fait. Cette semaine, il a donc déclaré que son premier conseiller n’était autre que lui-même. Pour être honnête, il a également dit être à l’écoute de nombreuses autres personnes, sans plus de précisions.

LES INSULTES DE LA SEMAINE

Donald Trump avait aussi décidé de recommencer à s’en prendre violemment à la journaliste Megyn Kelly cette semaine. Il a une nouvelle fois publié une longue série de tweets peu respectueux à son encontre. Il estime que Kelly n’est pas objective à son égard. Il l’a traitée de « malade » et de « folle » dans plusieurs tweets, tout en appelant ses supporters à boycotter son émission. Un exemple parmi d’autres :

Traduction: Tout le monde devrait boycotter l'émission de Megyn Kelly. Cela ne vaut jamais la peine de regarder. Toujours à taper sur Trump! Elle est malade & la personne la plus surestimée à la tv.
Traduction: Tout le monde devrait boycotter l’émission de Megyn Kelly. Cela ne vaut jamais la peine de regarder. Toujours à taper sur Trump! Elle est malade & la personne la plus surestimée à la tv.

Fox News a jugé utile de réagir dans un communiqué pour réaffirmer son soutien complet à sa journaliste. Le communiqué dénonçait une « obsession maladive » de Trump à l’encontre de Kelly.

LES INFOS INUTILES DE LA SEMAINE

Ted Cruz a révélé vingt-cinq anecdotes le concernant à l’hebdomadaire US Weekly. Nous vous en avons sélectionnées quelques-unes. Vous serez ainsi ravis d’apprendre que Ted Cruz a fait la douloureuse expérience d’être malade pendant plusieurs jours après avoir été attaqué par un poulpe (!), qu’il a fait l’ascension du mont Fuji au Japon lorsqu’il était étudiant, qu’il est un grand joueur de Candy Crush où il a atteint le niveau 350, qu’il porte des bottes de cow-boy presque tous les jours, qu’il a vu tous les épisodes des séries House of Cards et Breaking Bad, ou encore qu’il ne mange que de la soupe lorsqu’il est seul à Washington le soir (ndlr: sa femme et ses enfants vivant au Texas).

LE TWEET DE LA SEMAINE

Lorsque Ted Cruz copie un tweet de Donald Trump affirmant qu’Hillary Clinton a été impliquée dans la corruption durant toute sa carrière et y ajoute le commentaire suivant : « Alors pourquoi lui avoir versé des milliers de dollars? »

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